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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Georges Lapassade : De Vincennes à Saint-Denis. Essais d'analyse interne rééd en ligne (77)

21 avril

 

 

A Beaubourg, l'autre soir, un conteur humoriste nous racontait des histoires qui étaient des Pastiches des Mille et Une Nuits. L'une d'elles présentait l'agonie d'un voyageur perdu dans le désert. Arrivé au comble de l'épuisement, il croit voir en bas de la dune, dans une belle vallée, un minaret sans mosquée. Il s'en étonne. Il dit : « Suis-je donc tellement épuisé que je ne puisse apercevoir qu'un demi-mirage seulement ? »

 

 

Le rêve d'une radio libre pour Paris VIII nous venait d'ailleurs et nous en avons hérité par hasard. Un jour de février 1982, quatre animateurs parmi lesquels, d'anciens vincennois venaient s'installer « en squats » dans nos murs ; ils y étaient invités par un enseignant qui fût leur prof d'animation. Toutes les radios libres, à ce moment là, faisaient dans le rêve et produisaient du rêve, chaque nuit, et même chaque jour. Elles induisaient du rêve, - j'en ai fait l'expérience -, par des émissions oniriques.

 

 

L'époque était favorable à ces rêves. On n'était pas sorti de « l'état de grâce », il fût, dans nos milieux, un état de transe collective.

 

 

Avec nos amis les squatters, on élabora, non sans peine, un compromis qui permit d'obtenir la dérogation au monopole d'Etat en matière de radiodiffusion : on utilisa une association ambitieuse, mais totalement inactive jusque là qui regroupait deux ou trois enseignants de Paris VIII autour de projets grandioses. Et cela permit d'obtenir la dérogation.

 

 

Les difficultés ont commencé à ce moment là. La principale, et elle est de taille, tenait au fait que personne dans notre Université n'a envie visiblement d'y faire fonctionner une radio libre, et pas même les étudiants. S'ajoutait à cela l'impossibilité d'établir un modus vivendi avec nos partenaires de l'autre association dans le partage de la fréquence, ce qui engendrait des conflits continuels, d'ailleurs fort utiles, pour expliquer pourquoi ça ne marchait pas.

 

 

On a cependant réussi à installer un « studio radio » dans le Service audio-oral de notre Université, ce qui n'est d'ailleurs pas une grande affaire : il suffit pour cela, comme chacun sait, de relier une table de mixage, quelques micros, des platines et des lecteurs de cassettes à un émetteur... Or, mis à part l'émetteur, tout le reste constitue l'équipement de base d'un studio son : nous avions ainsi les moyens techniques normaux, dans un Service utilisant environ 25 personnes à plein temps, pour assurer la base matérielle, manquaient seulement les gens pour parler, dans les micros, faire tourner les disques, les présenter.

 

 

Quelques adolescents de la banlieue voisine, lycéens ou chômeurs, sont venus animer cette radio jusqu'au jour où, dans l'hiver, 84-85, tout s'est subitement arrêté. Il y a eu d'abord la mise en réparation d'une table de mixage : elle aurait pu être faite en deux jours, mais pour des raisons administratives, de retard à signer les devis de réparations, la panne devait durer plus d'un mois.

 

 

Au retour du matériel réparé, il manquait des fils pour des raccords avec l'émetteur.

 

 

Puis on apprenait que rien n'allait plus à FMR, nouvelle association qui réunissait les deux Associations précédentes sans les réunir, tout en les réunissant quand même, et que par conséquent, les plages horaires pour les émissions parties du studio installé à la fac ne nous étaient plus accordées...

 

 

Au cours du premier semestre universitaire de l'an 1984-1985, j'ai décidé d'utiliser la mise en place d'un nouveau DEUG des Communications et sciences du langage pour tenter, par un enseignement d'UV, de créer chez les nouveaux étudiants de Paris VIII inscrits en première année un groupe d'animation radio. Mais la radio est « tombée en panne » dès le début de mon enseignement et, comme je l'ai indiqué déjà, elle ne s'en est plus relevée, du moins jusqu'à la fin de mon UV en février 85 de, sorte que, contrairement à l'annonce de mon programme, je n'ai pas pu passer à l'antenne les productions que les étudiants, aidés par un technicien du département d'animation, ont pu réaliser sur des magnétophones.

 

 

Le succès de ces 15 productions inutilisables était 91 exceptionnel, et par conséquent tellement inadmissible que le technicien a dû quitter l'animation.

 

 

J'ai compris alors qu'il était inutile d'insister et, quittant les « DEUG », je suis retourné à mon département d'origine, les sciences de l'éducation, pour y reprendre un enseignement de routine qui n'exigeait pas de support matériel autre que l'usage épisodique d'un magnétoscope.

 

 

Georges Lapassade

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

Lien vers le nouveau blog :http://journalcommun.overblog.com/

 

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