Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
C’est l’humanité qu’on assassine
A Gaza et en Palestine, c’est l’humanité qu’on assassine. Ce slogan scandé en ce moment par des millions de personnes dans le monde, ajoute au sentiment d’écœurement et de réprobation du massacre des populations palestiniennes, une touche d’interrogation. C’est qui ce « on » qui assassine l’humanité ? Ne serait-il pas l’humanité elle-même ou une partie de l’humanité ? Si c’est le cas, pourquoi donc s’indigner contre et condamner cette humanité ?
Difficile d’arrêter les questions que suscitent tout acte de guerre contre les humains, sauf peut-être la mort, car comme le disent souvent par exemple les proches d’enfant assassiné : « rien ne peut nous rendre notre enfant ». Ceci est la limite ou la fin et non pas l’infini. Pas de pensée possible, pas d’horizon et pas de temps pour le défunt, ni pour ses proches.
L’homme n’a de cesse d’inventer les moyens de sa survie comme ceux de sa mise à mort : les outils, la technique, le savoir, l’idéologie, la religion, la politique et les institutions. La tragédie des uns engendre la tragédie des autres et le tout converge vers le vide de substance du concept de l’humanité.
Ce qui se joue tragiquement en terre de Palestine comme partie de l’humanité et du monde, en tant que particularité atteint ou atteindra l’universel, car au-delà de toute polémique, de quelle nature qu’elle soit, l’enjeu reste la négation de l’autre et cela dure depuis presque un siècle.
On a l’impression d’avoir affaire au faux dilemme suivant : ma vie dépend de la mort de l’autre et seule la mort de l’autre est à même d’assurer ma vie. C’est un dilemme existentiel, si l’on part du principe qu’exister, c’est respirer, c’est vivre.
Tant que nous ne nous poserons pas le problème fondamental de l’existence du peuple palestinien, nous allons continuer à assister à l’assassinat de l’humanité qui a tendance à s’amplifier en ce début du 21ème siècle.
Benyounès Bellagnech
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