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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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R. Hess, G. Weigand : Analyse institutionnelle et pédagogie rééd en ligne (81)

 

L'adulte est un état métastable - un, parmi d'autres, des états modifiés de conscience (Lapassade, Les états modifiés de conscience, 1987), une façon parmi d'autres de se dissocier, même si ce type de dissociation n'est pas compris dans la classification des pathologies. Le rêver nous fait passer, inchoativement, néoténiquement, d'un état modifié de conscience à un autre état - disons plutôt d'un moment à un autre moment au sens hégélien de phases et déphasages concomitants. La variable vitesse est essentielle dans la narration que chacun de nous essaye de reconstituer sur le rêver. C'est la tyrannie de la vitesse absolue, que connaissent les cadres commerciaux, industriels ou administratifs. Le libéralisme a rendu de plus en plus onirique le budget-temps diurne du bon cadre, dont 50% des actions, paraît-il, ne durent pas plus de neuf minutes. Avec Internet, le risque de fragmentation, de dissociation, ne cesse de croître pour ces cadres et pour ceux qui tentent de les singer". (R. Lourau, Le Rêver, inédit, 1998).

 

Ce passage, à cause de sa densité, a l'intérêt de reprendre et de lier ensemble : dissociation, analyse régressive-progressive, théorie des moments, inscription de la pensée institutionnaliste dans une filiation hégélienne. Il s'agit de l'introduction d'un ouvrage inédit consacré au rêve. Ce livre se termine 'd'ailleurs par un chapitre intitulé "L'autre logique", dans lequel un paragraphe concerne la transduction. Il s'intitule Transduction, individuation. Nous nous permettons de le citer longuement, puisque ce texte est totalement introuvable (1). II est une sorte de conclusion de l'ouvrage, qui se réfère aux textes I, II, III, IV, et V, qui constituent les chapitres qui précèdent ce raisonnement (2). Ce texte nous intéresse aussi pour montrer que le rêve est une sorte de lieu privilégié de cette autre logique :

 

"Attraction/répulsion(gravité);actualisation/potentialisation;hétérogènéisation/homogénéisation : la "raison contradictoire" fonctionne dans le cerveau et dan autres choses, le rêver constituant une exposition universelle permanente de fonctionnement sur lequel la logique binaire, non-contradictoire, pose pudiquement la feuille de vigne de deux opérations privilégiées, la déduction et l’induction auxquelles s'ajoutent, pour les besoins de la pulsion interprétative, l'association d'idées ou d'images en fonction d'une grille préétablie: une pensée modélisante offre des avantages heuristiques pour la science instituée, et aussi de graves défauts réductionnistes, liés au découpage trop sélectif et excluant d'un champ.

 

Contre ces risques et en passant nécessairement par la critique de la notion de champ, la logique de Gilbert Simondon apparaîtrait comme une nouvelle mouture de l'associationnisme si le rôle fondamental, pour lui, de la relation - et de la propagation de proche en proche, à partir d'un centre, de cette relation -n'avait une tout autre signification. Car ce ne sont pas, à la différence de l'associationnisme, des idées ou des images qui sont mises en relation, mais des éléments qui ne viennent au jour que par cette propagation transductive. C'est la relation qui crée le ré mental aussi bien que physique, biologique ou social. Elle est première constituante, et cette place n'est plus occupée par des éléments déjà existants qui viendraient s"'associer" plus ou moins librement.

 

Ces éléments pré-existants selon la logique habituelle, ces substances que l'on sépare avant d'effectuer des efforts méritoires afin de découvrir leurs rapports (et d'abord les substances que seraient le sujet et l'objet) ressortissent d'une philosophie hylémorphique, postulant le dualisme entre matière et forme, fond et forme, contenu et contenant, dont a vu (Texte I) comment un artiste comme Stokhausen pouvait allègrement se passer... Héritage de Platon et d'Aristote, le postulat hylémorphique, avant les découvertes de la physique moderne, était rarement interrogé par la philosophie dite oçcidenïtale. Comme Lupasco, Simondon (ainsi que son continuateur Ravatin) s'appuie sur les apports scientifiques du vingtième siècle, avec un intérêt plus particulier pour la théorie de l'information, d'où l'emprunt du terme transduction, que l'on voit employé déjà aussi bien en physique qu'en biologie moléculaire (cf. les travaux contestés du biologiste Jacques Benveniste).

 

 

(1) Comme deux autres ouvrages de cette époque (La clé des champs et Implication/transduction), cet inédit avait été donné à R. Hess pour l'édition, mais l'auteur est décédé avant qu'un contrat d'édition ne puisse être signé.

 

(2) Nous avons supprimés ces renvois, ici inutiles.

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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