Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

Publicité

R. Hess, G. Weigand : Analyse institutionnelle et pédagogie rééd en ligne (104)

Nous pouvons voir que cette démarche, cette posture est commune au paradigme herméneutique et à celui de l'analyse institutionnelle. Le paradigme, c'est l'ensemble des problèmes, des techniques, des méthodes qu'une discipline scientifique, qu'un mouvement, qu'un courant de pensée, cherche à travailler, à perlaborer. Lorsque l'on parle de l'école de Francfort ou de l'école de l'analyse institutionnelle, par exemple, on dit par là-même que les membres d'une école sont ceux qui partagent un même paradigme... La démarche herméneutique insiste sur la notion d'interprétation. L'analyse institutionnelle insiste sur la notion d'analyse. On pourrait opposer les deux notions. Cependant, bien que les mots renvoient à des horizons de pensée différents, il nous semble important ici de percevoir que le mot interprétation et le mot analyse, dans la pratique, renvoient tous les deux à une démarche, à un effort, à un travail de mise en contexte, à un travail de compréhension... Ainsi, si l'on réinterpréte le travail de Schleiermacher au début du XIX siècle sur le terrain de la pédagogie, on s'apercevra qu'il n'est pas éloigné de celui de certains pédagogues ou anthropologues institutionnalistes de la fin du XX siècle.

 

Sur le plan de la traduction franco-allemande, on traduit comprendre par verstehen. Si l'on se penche un peut sur la manière dont ces deux mots se sont formés, on s'aperçoit que comprendre vient de cum prendere (prendre avec, c'est-à-dire zusammen nehmen) alors que ver-stehen signifie plutôt faire tenir debout. La même réalité sémantique ne se structure pas dans le même horizon des mots en français et en allemand... Ce n'est pas très important dans l'apprentissage premier d'une langue, mais ce type de différence sémantique peut avoir de grande conséquences lorsque l'on commence à entrer dans la compréhension de la complexité des cultures.

 

Donc, le point commun qu'il y a entre l'école herméneutique et celle de l'analyse institutionnelle, c'est que les deux démarches tentent d'aider à trouver, à formuler, à exprimer les questions que se posent les gens (l'auteur, dans l'interprétation des textes; les membres dans la dynamique des groupes) sans forcément les formuler parce qu'elles restent dans le non-dit, dans ''implicite.

 

Dans l'animation herméneutique, on n'est pas dans la transmission de savoir. On cherche seulement à exprimer, à traduire quelque chose qui est là, mais pas forcément dit, exprimé, explicité. Même quelque chose de formulé n'est pas forcément intégré. L'explicitation est donc un travail qui demande du temps, qui accepte la pédagogie de la redondance, qui exige l'écoute de l'autre.

 

Analyser une situation, c'est mettre à jour la transversalité qui la traverse, c'est chercher à comprendre le contexte qui explique ce qui s'y passe. Il n'y a pas de théorie préalable, seulement une volonté contrôlée de description et de mise en mot.

 

Dans une conférence qu'il a faite à Berlin en mai 1999, dans le cadre d'une rencontre franco-allemande sur l'observation participante, Hans Nicklas a donné sa définition de l'observation participante. Dans cet exposé, il expliquait que pour l'observation participante classique, il est nécessaire d'avoir formulé a priori des questions bien définies avant de regarder la réalité. C'est, selon lui, la condition pour faire oeuvre scientifique. Cette idée de concepts bien formulés a priori comme condition de l'activité de recherche est aux antipodes de la posture de l'animateur herméneutique... Pour faire comprendre cette idée, il faudrait évoquer une participante à notre groupe qui disait que la culture propre ne peut pas parvenir à la traduction... Peut-on comprendre Irène, mais derrière elle n'importe qui, quand elle nous parle? En quoi consiste "sa" culture? En quoi et jusqu'où est-elle partageable? Chacun d'entre nous a une spécificité indexicale d'appartenances qui le rendent profondément incompréhensible. Celui qui n'a pas vécu de l'intérieur l'expérience de l'Allemagne de l'est, durant trente ou quarante ans par exemple, peut-il se mettre à la place de quelqu'un qui a vécu cette réalité?

 

L'animation herméneutique pose l'hypothèse optimiste que la communication est tout, de même, possible si les personnes partagent ensemble, au même moment, un intérêt de connaissance commun. Le travail de l'animateur est d'aider à l'émergence des intérêts de connaissance qui peuvent traverser le groupe à un moment particulier.

 

En fait, dans un groupe de 20 personnes, la dialectique plenum (assemblée générale)/petits groupes devrait se poser en fonction de l'étendue d'un intérêt singulier de connaissance à l'intérieur du groupe à un moment particulier (singulier?).

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article