Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Lundi 13 novembre 2000, 9 h 30
Je me suis installé dans la salle A428 à St Denis. C'est la salle que je partageais avec René Lourau… N'ayant pas grand chose à faire avant midi trente, heure à laquelle Lucette doit me conduire avec Georges et Christine pour l'avion de Berlin. Je veux profiter du calme de cette salle, où il n'y a personne ce jour-là à cette heure pour noter quelques faits survenus depuis hier. Vers 16 h, Zineb, l'épouse d'Ahmed, survient chez moi. Elle apporte une centaine du n° 9 des Dossiers pédagogiques intitulé : Raymond Fonvieille, l'instituteur de Gennevilliers.
Je suis interrompu par un étudiant qui veut que je lui fasse une attestation de validation d'acquis. Il arrive de Tunisie avec un visa d'études. Je m'exécute en pensant que les cours commencés depuis un mois continuent à accueillir ainsi des gens qui débarquent… Ce n'est pas facile d'enseigner dans des conditions aussi éclatées…
Je reviens à mes moutons : l'AI. Le numéro des Dossiers est très réussi. Je suis, encore une fois, fier d'Ahmed et de ce qu'il produit. Il a eu la bonne idée de demander la bibliographie de ses articles à Raymond. Celui-ci lui a renvoyé en juin 2000. En dehors du fait que je serais incapable de recenser tous mes articles (j'en ai fait une liste jusque vers 1990, ensuite je n'ai tenté que de conserver une liste exhaustive de mes livres publiés en France ou à l'étranger), je trouve que la publication de cette liste est formidable. On comprend beaucoup de choses de Raymond à travers ce listing.
Parmi les auteurs, j'ai apprécié particulièrement l'article de Jean-François Marchat. Il y a aussi un texte de Gilles, mais qui n'apporte rien. Tout ce qu'il dit est déjà dit par les autres textes. La seule information originale qu'il apporte est le fait qu'il soit directeur du Laboratoire de recherches en analyse institutionnelle. Heureusement qu'il le dit, car personne n'aurait eu l'idée d'en informer le lecteur marocain. Ce que j'ai trouvé bien chez Gilles c'est sa lucidité lorsqu'il écrit : "N'occupant cette fonction (celle de Directeur) que depuis quelques mois, je ne pense pas qu'elle singularise beaucoup mes propos" (p. 13). Effectivement. Une autre phrase qui a retenu mon attention dans ce texte et qui me semble intéressante à commenter est la suivante (il parle de Raymond) : «De même, il suivait de près le travail du comité de rédaction des Cahiers de l'implication, revue créée par René Lourau avec des thésards et nouveaux docteurs appartenant à ce que l'on désigne souvent maintenant comme la "troisième génération" de l'analyse institutionnelle». Je ne sais qui est ce "on" qui désigne ainsi, mais ce "on" se trompe. Pour moi, cette question des générations est à reprendre.
Remi Hess
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