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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Pour une culture de l'utopie (9) : L’analyse institutionnelle au Brésil (94)

 

Utopies en tant qu'ancres symboliques (4)

 

 

Si nous vivons de nos jours l'impasse du discrédit attribué à la fonction des utopies, nous ne pouvons oublier que l'utopie a toujours eu dans l'histoire de l'humanité une fonction de critique sociale, fonctionnant plutôt comme une invitation à ne pas prendre les formes de vie qui se présentent pour des formes définitives, irréversibles et naturelles. Dans ce sens, elle pourrait remplir l'importante mission d'arracher les sujets du marécage du sens commun qui institue les sens auxquels nous devrions nous plier. L'utopie a ici une fonction d'invitation à l'imagination. Elle permet aux sujets de faire un lieu des espaces où ils vivent. Elle ouvre donc des lieux pour des images possibles. Tout acte créatif porte en soi une utopie. Le sens de l'utopie ne serait-il pas, dans un premier temps, d'aller vers la réalité, mais surtout contre la réalité. On pense volontiers à l'utopie comme quelque chose en dehors de la réalité, illusion, évasion, fantasme, délire, projets vides. Cette forme d'utopie fonctionnerait dans le vecteur classique présent - futur. Son horizon serait toujours une recherche de devenir réel. Si nous nous restreignons à cette perspective, ces formes utopiques perdent leur force. Comme le propose Roger Dadoun (1), nous pouvons inverser le sens du vecteur et penser à l'utopie comme à un mouvement qui va du futur au passé, dans un courant contre la réalité. L'utopie acquiert ici sa vertu de critique sociale.

 

 

Il s'agit, par conséquent, d'images qui peuvent fonctionner comme des ancres symboliques fondant des lieux. Cette voix de l'imagination, que nous devrions tellement attendre des intellectuels, se consolide quand ceux-ci se compromettent, de par leur œuvre, dans le débat des valeurs de leur temps. La culture fait lien social et pour cela elle ne peut devenir territoire privatif de quelques-uns et zone réduite d'experts qui ne sont pas toujours prêts à lutter pour le bien commun et qui oublient aisément la dimension politique d'une production. Si nous pensons la culture en tant que voyage, comme le suggère James Clifford, nous percevons qu'elle crée de nouveaux territoires de circulation et de vies possibles. Elle doit nécessairement être présente dans toute politique d'inclusion sociale.

 

 

Il est de plus en plus nécessaire d'avoir une utopie qui remplisse la fonction de réveil et qui puisse combattre les multiples visages de la violence à laquelle nous nous confrontons : la violence du dogmatisme, la violence de l'hégémonie des formes du sens commun qui empêchent l'apparition du nouveau, en anesthésiant les singularités, la violence des discussions politiques vides d'attitudes.

 

 

 

(1) BARBANTI, Roberto (org.). "L'art au XX siècle et l'utopie" Paris, L'Harmattan, 2000.

 

 

 

Edson Luiz André de Sousa

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

 

 

voir aussi : http://journalcommun.overblog.com


 

 

et : http://lesanalyseurs.over-blog.org 

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