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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Lettre de l'ESPER n°18 (1) - Juin 2012

La Lettre de L’ESPER (L’Economie Sociale Partenaire de l’Ecole de la République) n°18 – Juin 2012

 

EDITORIAL

 

Par Roland Berthilier, Président

 

Le deuxième tour des élections législatives va sans doute confirmer la dynamique de changement insufflée le 6 mai dernier par l’élection d’un nouveau Président de la République.

 

Cette dynamique s’est manifestée, au lendemain de la présidentielle, par la nomination d’un nouveau Gouvernement, autour du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Cette constitution a été l’occasion de plusieurs annonces positives, comme le respect de la parité, le renouvellement générationnel - éléments auxquels nous, militants de l’économie sociale et de l’éducation, sommes particulièrement attachés dans un souci de revitalisation démocratique. Pour ce qui nous concerne directement, la création d’un Ministère délégué à l’économie sociale et solidaire, rattaché au Ministre de l’économie nous donne un signe très positif.

 

Ce dernier élément était d’ailleurs une forte demande des acteurs de l’ESS. En dédiant à l’ESS un Ministère, de surcroît rattaché à Bercy, on consacre la pleine reconnaissance institutionnelle d’une économie qui a bien ses particularités propres : la gouvernance démocratique, la propriété collective, la finalité non lucrative. Et de fait, on reconnaît la nécessité d’une économie plurielle, composée notamment du secteur public, du secteur privé capitaliste, et de l’ESS : cette dernière doit donc avoir droit de cité et de développement dans l’ensemble de l’économie.

 

Si les élections législatives confirment les orientations du 6 mai, reste à ce que cette création ministérielle soit accompagnée de la mise en place d’une organisation administrative adéquate, et surtout de moyens conséquents…

 

Les premières prises de position du Ministre Benoit Hamon (voir page 7) mettent en avant les questions de création d’emploi et de financement de l’ESS : des pistes évidemment pertinentes, qu’il faudra préciser, et à propos desquelles les organisations de l’ESS devront contribuer.

 

Un premier signe pourrait être la présence de représentants de l’ESS à la conférence sociale qui va se tenir les 9 et 10 juillet, comme le nouveau Ministre l’a annoncé. Mais il faudra poursuivre ces cadres réguliers de concertation et d’impulsion associant les acteurs de notre secteur. L’ESPER y prendra toute sa part, en particulier sur le dossier qui la concerne, l’éducation à l’économie sociale et solidaire : comme vous le verrez dans le communiqué de presse publié suite à l’annonce du nouveau gouvernement (voir page 2), un rendez-vous a déjà été demandé en ce sens à Benoit Hamon, et un autre à Vincent Peillon pour le côté Education nationale.

 

De premières annonces encourageantes pour notre secteur donc, mais qu’il faudra amplifier et concrétiser, ce qui se justifie d’ailleurs chaque jour un peu plus par le contexte politique et économique. En effet, la situation en Grèce ou en Espagne vient nous rappeler que la crise née des impasses du système capitaliste libéral dominant est toujours loin d’être derrière nous. La mise en place d’un modèle de développement alternatif, basé sur d’autres moteurs que la course permanente à la rentabilité et au profit pour quelques-uns, est donc plus que jamais nécessaire. Et l’ESS, à travers le modèle d’économie et de société qu’elle promeut, y a évidemment toute sa place…

 

Ce qui nous amène à conclure sur un autre rendez-vous de ce début d’été, le sommet environnemental international de Rio + 20, dont on ne parle peut-être pas assez au vu des enjeux pourtant vitaux, au sens propre du terme, qu’il recouvre. Car ONG comme institutions internationales, telles l’ONU ou l’OCDE, ont bien mis en garde : l’état de la planète se dégrade à grande vitesse, les ressources naturelles se raréfient, tandis que le développement démographique se poursuit, et que ce sont bientôt 9 milliards d’êtres humains qui peupleront la Terre… Des décisions politiques courageuses, de haute vue, considérant le long terme et non pas l’intérêt direct immédiat, doivent être prises au niveau international. Chaque pays devrait y contribuer selon ses moyens. Espérons que le nouveau Président français et son gouvernement pèsent en ce sens dans la balance ; et de notre côté, mobilisons également les militants de l’éducation et de l’ESS pour porter à bras le corps ce sujet d’avenir, cette nécessité d’un autre modèle qui doit garantir rien de moins que notre survie.

 

Lettre transmise par Bernard Jabin

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