Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Vendredi 11 novembre, 14 h,
Je m’aperçois que mardi, j’ai « oublié » un fait significatif. Lors de mon cours de mardi, j’avais apporté quelques livres à vendre aux étudiants. Parmi eux, Vers un romantisme révolutionnaire de Lefebvre que j’avais reçu la veille de l’éditeur.
Sarah me l’achète, en plus du livre qu’elle m’avait « commandé » : La pratique du journal.
Après la pause, elle vient me voir :
- Je me suis fait voler les deux livres que je viens d’acheter.
Je lui ai rendu le Romantisme. J’étais en rupture de stock pour l’autre.
Que penser de ce fait ?
J’ai commencé à réfléchir tout à l’heure à cet « analyseur » dans Les formes de l’intérité, journal qui m’avait été subtilisé par un étudiant du 3 au 10 novembre (M1).
Il faudrait réfléchir à ces faits.
Emporter chez soi l’un de mes journaux ne correspond pas à l’institution que j’ai mise en place dans mes cours : les étudiants peuvent lire mes journaux pendant mes cours.
J’ai d’ailleurs provoqué jeudi des groupes de 6 où les étudiants lisaient les journaux les uns des autres. Ce fut une expérience intéressante.
Malheureusement, c’était mon dernier cours « Le journal de recherche ». J’aurais aimé poursuivre cette expérience de lecture transversale des journaux…
J’ignore si l’étudiant qui avait emporté avec lui Les formes de l’intérité et Le journal des journaux l’a fait par inadvertance ou, au contraire, de manière réfléchie. Il me faudra lui demander. Toujours est-il que je trouve grave de séparer un journal en train de s’écrire de son auteur. C’est comme si on passait dans l’atelier d’un peintre et qu’on se saisisse du tableau qu’il est en train de peindre pour l’exposer chez soi durant une semaine. C’est incongru, non ?
Je vis déjà mal que Lucette me demande de quitter mon ordinateur, alors que j’y travaille pour accéder à internet (son branchement internet est en panne). D’accord, mais interrompre le travail de l’autre en cours de route semble vraiment un acte qui perturbe le moment créateur. Comment surmonter ce type d’attitude ?
Pour l’absence de mes journaux, j’ai réagi en en écrivant d’autres. J’ai rapporté Philosophie de Sainte Gemme pour suppléer à l’absence, ainsi que Redevenir (écrivain). Cela fait longtemps que je n’avais pas écrit dedans. Cependant, c’est dérangeant.
Lucette pense, comme quelques autres, que je passe trop de temps à écrire mon journal. C’est certainement vrai. Je devrais faire autre chose. Mais quoi ? Avoir une maitresse ? Pourquoi pas ! Je ne suis pas sûr que cela lui plairait davantage. J’écris parce que rien de plus intéressant ne se présente à moi. J’essaie de tuer l’ennui comme je peux. Je ne fais de mal à personne. Certains, même, trouvent quelque intérêt à me lire. Charlotte n’a pas caché son plaisir à lire Louise.
Actuellement, je vis des doutes dans plusieurs moments. Dois-je quitter Paris 8 pour la Catho ? Voilà une question qui me travaille. Gaby a répondu simplement à cette question : « Garde les deux ancrages. Tu peux être ici et là ! ».
C’est ce qu’a fait Janusz Korczak. Il était directeur d’un orphelinat pour enfants juifs et d’un autre pour enfants catholiques, puisqu’en Pologne, en 1918, on ne pouvait pas mélanger dans le même établissement Juifs et Cathos !
Plutôt que se questionner sur le choix à faire, il vaut mieux se questionner sur la meilleure manière de ne pas faire de choix, de continuer à être ici et là.
Pourtant, à certains moment, il faut être ici plutôt que là. Ainsi, mardi, à l’heure de mon cours de M2, je suis convoqué à une réunion du doctorat en ligne à l’ISP. Lucette m’a dit : « Tu dois assurer ton cours ! Ils devaient s’enquérir de ton emploi du temps avant de décider d’une heure de réunion ! ».
Elle a raison.
Ensuite, il y a la réunion des irrAIductibles. Je ne puis la manquer. J’étais absent mardi. C’est déjà trop !
La seule chose à faire, c’est d’envoyer un mail pour donner mes disponibilités.
Remi Hess
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