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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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"L'homme total" Une approche de l'éducation tout au long de la vie 97

VII. Paradigme de l’éducation tout au long de la vie

 

1. Pourquoi apprendre toute la vie ?

 

En regardant autour de nous, il est simple de constater que l’éducation et le système scolaire tentent par nombre de réformes de s’orienter vers de nouvelles voies. Alain Bournazel à grand renfort de statistiques donne un panorama plutôt alarmant de notre système éducatif. Il l’explique dans un premier temps par le fait que ce «mammouth » n’a pas su s’adapter à l’évolution de la société et du bouleversement dans les modes d’éducation et de vie. Pourtant, ajoute A. Bournazel, le système éducatif a bougé mais peut-être trop lentement, en mettant en place des structures trop longtemps pensées et dépassées par le mouvement rapide de la société. L’éducation doit se produire dans une nouvelle forme afin de s’adapter à ce que souhaitent les futures générations. « Le concept d’éducation tout au long de la vie apparaît donc comme l’une des clés d’entrée dans le XXIe siècle. Il dépasse la distinction traditionnelle entre éducation première et éducation permanente. Il répond au défi d’un monde en changement rapide (J. Delors, 1996, p. 20) ».

 

Jacques Ardoino, dans Éducation et politique, évoque dans le dernier chapitre un plan pour une amélioration du système éducatif. Il propose, pour ce changement, non pas des petites réformes qui pointeraient un point par ci et par là mais une refonte totale du système français. Il dit qu’il faut revoir l’éducation depuis sa base. Bien qu’il ne se prononce pas sur l’éducation tout au long de la vie, la notion d’homme inachevée apparaît et semble conduire vers les prémices à la constitution de l’Homme total. « Placé sous le signe de l’inachèvement, la formation de l’homme dans une société démocratique contemporaine s’effectue tout au long de son existence. Elle doit être, tout à la fois, politique, scientifique, technologique et psychologique. Le savoir, le savoir-faire et le savoir être et devenir y seront nécessairement associés (J. Ardoino, 1977², p. 346) ».

 

En 1972, suite à promulgation de la loi sur la formation professionnelle et de la formation continue comme constitutive de la formation permanente, Edgar Faure présente, à la commission U.N.E.S.C.O. sur l’éducation, son rapport : apprendre à être : le monde de l’éducation aujourd’hui et demain. Il tente dans ce rapport d’élaborer les bases d’une éducation tout au long de la vie en s’appuyant sur l’éducation permanente et le désir inné d’apprendre, pour que la société de demain soit plus humaine. Pourtant à sa lecture, une différence s’impose entre ce qui est institué depuis peu autour de la formation permanente, principalement dédiée à l’adulte, et le programme qu’E. Faure décrit dans son rapport. Celui-ci s’explique selon quatre postulats qui reprennent les idées permettant la construction d’une société éducative dont la conception serait un humanisme scientifique. Les quatre postulats concernent la construction d’une communauté internationale, dans laquelle les destins de chaque nation convergent vers des principes de solidarité entre les peuples. La démocratie doit permettre à chaque homme de se réaliser pleinement. L’éducation doit être tournée vers l’épanouissement complet de l’homme dans toute sa richesse et sa complexité de ses expressions et de ses engagements. Et donc l’homme doit être prêt à appréhender toute la vie un savoir en constante évolution, pour apprendre à être.

 

La formation des adultes s’est imposée au cours des années 60 pour favoriser l’expansion des besoins sociaux et économiques. Trois organismes (U.N.E.S.C.O., O.C.D.E. et conseil de l’Europe) ont pensé à des stratégies éducatives comme l’éducation récurrente et l’éducation et formation continue. Pourtant, c’est en 1971, que la loi sur la formation permanente valide la volonté sociale d’entrer dans une société éducative. Puis, en 1997, la formation professionnelle continue, remplace l’expression éducation des adultes qui désignait jusqu’alors un ensemble plus large de pratiques d’apprentissages.

 

« L’éducation des adultes désigne l’ensemble des processus d’apprentissage, formels ou autres, grâce auxquels les individus considérés comme adultes dans la société à laquelle ils appartiennent, développent des aptitudes, enrichissent leurs connaissances et améliorent leurs qualifications techniques ou professionnelles ou les réorientent en fonction de leurs propres besoins et de ceux de la société. Elle englobe à la fois l’éducation formelle et l’éducation permanente, l’éducation non formelle et toute la gamme des possibilités d’apprentissage informel et occasionnel existant dans une société éducative multiculturelle où les démarches fondées sur la théorie et sur la pratique ont leur place (F. Laot, 2002, p. 12) » (109).

 

 

(109) Déclaration de Hambourg, paragraphe 3, UNESCO, 1997.

 

Sandrine Deulceux

http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

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