Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
2.2.7 L’influence des mouvements
En 1971, Henri Lefebvre s’applique dans une approche du mouvement structuraliste. Le livre, Au-delà du structuralisme est un recueil d’articles permettant de saisir le sens réel de ce mouvement. L’important est de connaître les germes de ce courant et de les dépasser. Il considère que le structuralisme actuel entre en contradiction avec la réalité de la connaissance. Ainsi «ce recueil n’a donc pas pour but seulement de contester le structuralisme, encore moins de le condamner, mais de contribuer à le connaître. L’arrogance dogmatique de certains structuralistes pendant leur belle époque ne saurait justifier un dogmatisme opposé (H. Lefebvre, 1971b, p. 16) ». Il explique dans l’introduction que la connaissance a une structure plus complexe. Donc, il reprend des thématiques traitant à la fois du marxisme et des différents domaines de la connaissance pour dépasser ce structuralisme actuel. Son dernier article Le paradoxe d’Althusser, commence par une remarque contre le stalinisme. C’est une critique contre tout ce que le système peut engendrer comme contradiction comme le stalinisme et l’hégélianisme en acte, c'est-à-dire, l’accomplissement de la structure de l’État. Il condamne les théoriciens actuels de ne rester que dans le mimésis et la reproduction. Henri Lefebvre termine en définissant l’idéologie structuraliste comme un fétichisme de l’espace. « Pour elle, le flux du temps s’enlise dans l’espace actuel, comme un fleuve qui descend vers une mer immobile se perd dans un delta de boue et de marécage (que les « indigènes » prennent pour un pays merveilleux parce que c’est leur contrée, leur «environnement ») (H. Lefebvre, 1971b, p. 416) ». En 1975, H. Lefebvre réédite ce livre sous le titre L’idéologie structuraliste en reprenant l’ensemble des articles du premier livre.
Le mouvement situationniste a eu aussi beaucoup d’influence sur les livres présentant la révolution. Ce mouvement avait l’idée de promulguer la révolution comme un moment de fête et d’euphorie collective. Ainsi, il écrit le livre La proclamation de la commune en 1965 et L’irruption de Nanterre au sommet, après les évènements de mai 1968. Ce mouvement situationniste avait l’idée d’une utopie négative comme critique de l’ordre établi. Henri Lefebvre est surtout attiré par la structure d’ambiance que représente la « New Babylone » car elle est représentative de ce que peut signifier son sens de l’habiter, où chaque moment de la vie s’inscrit dans une ambiance particulière. Pour lui, c’est le départ de ses recherches dans le domaine de l’urbanisme. L’un de ses livres Le droit à la ville permet justement de faire une critique des espaces d’habitation construit pendant les années soixante car « le droit à la ville se manifeste comme forme supérieure des droits : droit à la liberté, à l'individualisation dans la socialisation, à l'habitat et à l'habiter. Le droit à l'oeuvre (à l'activité participante) et le droit à l'appropriation (bien distinct du droit à la propriété) s'impliquent dans le droit à la ville (H. Lefebvre, 1968²a, p. 125) ».
Sandrine Deulceux
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