Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

Publicité

"L'homme total" Une approche de l'éducation tout au long de la vie 75

2.2.1 Des recueils de textes

 

Le livre Karl Marx Morceaux choisis est un livre collectif. Il est écrit en 1934 par les membres du groupe des philosophes. Henri Lefebvre et Norbert Gutterman écrivent une préface de trente pages pour montrer l’importance de l’oeuvre. Cette préface est descriptive du cheminement de Karl Marx et de son implication dans le communisme. Ce livre contredit le fait que le marxisme serait une philosophie idéaliste. En effet, par son contact avec « la pratique, avec la vie quotidienne des hommes et des masses au cours de l’histoire et dans l’action révolutionnaire, le marxisme reste une «Weltanschauung » ; il est une pensée de la totalité qui s’élève à la totalité, en perdant ce qu’il y avait d’unilatéral dans une spéculation et une contemplation sans efficience, incapable d’agir sur le monde sans relation réelle avec le mouvement de la nature ou de l’histoire (H. Lefebvre et G. Gutterman, 19343, p. 17) ». Il est écrit aussi une allusion en rapport à la montée du fascisme (98) en Allemagne.

 

Paul Nizan n’a écrit aucun texte d’introduction mais présente de nombreux extraits définissant ce champ chez Karl Marx comme sa critique de la philosophie d’Hegel. À la lecture de cet ouvrage, les chapitres permettent de saisir la construction philosophique de K. Marx. Des concepts y sont développés comme celui de l’idéalisme et de la dialectique. L’histoire prend une place prépondérante dans les recherches qu’entreprend ce philosophe, comme celui de classe, de superstructure et d’infrastructure, liés à l’aspect capitaliste de la concurrence. Ce livre reprend aussi la place de l’état bourgeois et la révolution prolétarienne. Quant à la seconde partie du livre qui définit K. Marx comme économiste. Jean Duret écrit une introduction pour montrer le choix des textes et faire ainsi un panorama suffisamment explicite de l’oeuvre du Capital, les extraits proviennent des quatre tomes. Il précise alors que la vision de K. Marx était juste et visionnaire. Les thématiques présentées sont stratégiques. L’objectif est aussi de vulgariser l’oeuvre pour que tous puissent se saisir du Capital avec une interprétation plus juste. Ainsi, Jean Duret a trouvé  judicieux au préalable de présenter la méthode de travail de K. Marx, puis de faire ressortir les thèmes les plus marquants de son oeuvre comme les concepts de valeur, de capital, et de plus value. Pour étayer l’ensemble et mettre au fait le prolétariat de leur condition, il présente aussi l’aspect de la division du travail, du machinisme.

 

Toujours en collaboration avec Norbert Gutterman, Henri Lefebvre édite deux autres tomes des textes de Karl Marx. Le premier paraît en 1963, puis l’année suivante le second. Les extraits sont présentés dans un ordre chronologique pour permettre au lecteur de comprendre l’évolution de la pensée scientifique de K. Marx. Le premier tome s’arrête à la période de 1857.

 

En 1939, deux autres livres sont édités. Ces livres sont liés à Hegel et Lénine. Pour Henri Lefebvre, il est important de comprendre la pensée d’Hegel car de là émerge les idées de Marx. Le premier concerne un recueil de textes Morceaux choisis de Hegel. Le second concerne une reprise des cahiers de Lénine sur la dialectique de Hegel. Le recueil de Morceaux choisis de Hegel, reprend l’ensemble des textes permettant de déterminer la naissance de l’Esprit subjectif et objectif (99). H. Lefebvre et Norbert Gutterman explicitent ce processus dans l’introduction de ce livre car le mouvement dialectique est le moyen d’atteindre la connaissance. Celle-ci s’enrichit dialectiquement dans le mouvement de l’histoire. Ce projet de livre permet aux deux auteurs de proposer un résumé de la doctrine d’Hegel sur le processus de la connaissance (100). Ainsi dans ce bréviaire, les passages reprennent les textes parlant de l’Idée, de la nature, de l’homme, de l’histoire et de la religion.

 

En 1935, Henri Lefebvre et Norbert Gutterman écrivent le texte de l’introduction du livre reprenant la traduction des cahiers de Lénine qui est un recueil de notes lorsqu’il a lu Hegel. Au sujet de ce livre, H. Lefebvre ne trouva pas d’audience au moment de sa publication en 1938. Il définit ce silence comme la marque d’une incompréhension quant aux idées marxistes et les appréciations de Lénine sur les textes d’Hegel. Il définit aussi cette incompréhension par rapport au manque de connaissance aussi des philosophes soviétiques. Il estime qu’en 1914, Lénine devient un vrai dialecticien. Pour Henri Lefebvre « l’introduction à ces notes de Lénine contient des éléments qui auraient pu devenir féconds, s’il y avait eu en France - avant ou après la libération - un mouvement de pensée marxiste sérieux, nourri, stimulé, au lieu d’être écrasé par les « leçons » des soviétiques et des politiques (H. Lefebvre, 19594, p. 491) ».

 

Son travail sur Lénine se poursuivra par l’édition d’un livre en 1957 : Pour connaître la pensée de Lénine. Bien qu’il pense au moment de la rédaction de ce livre que Lénine est un grand révolutionnaire, plus tard, il regrettera de l’avoir écrit. Ce livre a pour but d’expliquer le léninisme, comme philosophie la plus proche du marxisme.

 

(98) Pour ces deux auteurs, leur préface est un moyen de montrer la puissance du marxisme contre le fascisme hitlérien « « Tod dem Marxismus » - « Mort au marxisme ». Ce mot d’ordre hitlérien se lit jusque sur les murs des hameaux, en Allemagne, et le paysan le plus isolé de Franconie ou de Bavière sait déjà ce que saura bientôt le paysan de Bretagne ou de Dauphiné ; que le marxisme est une des forces qui se livrent les plus grands combats de l’histoire (H. Lefebvre et G. Gutterman, 19343, p. 7) ».

 

(99) « L’esprit subjectif, c'est d'abord l'âme, esprit uni au corps ; puis la conscience, âme qui nie son unité avec le corps afin de se penser pour elle-même ; la raison, enfin, qui résout la contradiction de l'âme et de la conscience et atteint la certitude que l'esprit et la nature ne font qu’un. Quittant le stade du « je », l'esprit objectif, contrairement à l’esprit subjectif, s'affirme comme monde du droit, monde où règne une sorte de volonté collective diffuse, une espèce de raison de la société (H. Lefebvre et N. Gutterman, 1938a, p. 13) ».

 

(100) « Au centre des trois grands moments de sa systématique, la Logique, la Philosophie de la nature, la Philosophie de l'esprit se trouve un processus, une histoire en quelque sorte, celle dialectique, du mouvement qui conduit de l'opposition statique entre deux abstractions pures - l'être, le non-être, la thèse, l'antithèse - à un stade nouveau, celui de la synthèse qui lève (aufheben) la contradiction (Aufhrben a dans le langage un double sens : conserver, garder, et aussi faire cesser, finir. Il inclut déjà l'élément négatif, en ce sens que quelque chose est enlevé à son immédiateté et, par suite, à une existence exposée aux influences extérieures afin de le garder, la synthèse est ce mouvement fondateur qui passe de l'abstrait au concret, des deux purs abstraits stérilement isolés à leur liaison en une croissance commune dans le réel. La synthèse est un événement, elle est le devenir : «Ce qui résulte est un nouveau concept, plus élevé et plus riche que le précédent, car elle est enrichie par la négation ou par l'opposé du concept précédent : ainsi, elle le contient, et elle contient même plus que lui et elle est l'unité de ce concept et de son opposé ». Cet événement est l'avènement d'une réalité supérieure (H. Lefebvre et N. Gutterman, 1938a, p. 12) ».

 

Sandrine Deulceux

http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article