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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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"L'homme total" Une approche de l'éducation tout au long de la vie 64

1.1.2 Pourquoi la philosophie ?

 

La philosophie est une science qui permet d’apporter la connaissance de la raison, par l’étude rationnelle de la nature et la théorie de l’action humaine. Elle semble toujours vouloir saisir les causes premières, la réalité absolue et les fondements des valeurs humaines. Elle tend alors à s’élever vers une connaissance qui devient abstraite dans le développement du concept car la particularité disparaît au prix d’une généralisation des études. Ce qui conduit alors à une vision méthodique et universalise les problèmes de la vie. La critique la plus négative quant à ce champ est qu’elle transforme les concepts en dogme. Le dogmatisme est pour Henri Lefebvre l’effet le plus destructeur, il tend à aliéner la population et conduit à une mystification du vécu. À ce sujet H. Lefebvre souhaite écrire un livre dont l’un des chapitres mettrait en évidence « les antinomies de la philosophie comme telle, aujourd’hui : dogmatisme ou inconsistance - prétention à régir les sciences, ou modestie plus ou moins affectée du philosophe le réduisant à suivre les savants à la trace - Critique impuissante ou courtisanerie vis-à-vis du pouvoir, etc. (H. Lefebvre, 19594, p. 3) ».

 

Pour H. Lefebvre, la philosophie ne peut le contraindre à une telle vision. Le rôle du philosophe « est de pousser au bout jusqu’à leur extrême, certaines idées (H. Lefebvre, 19594, p. 432) ». Pour lui, qui travaille sur le vécu, il se trouve alors dans une impasse quand la philosophie travaille sur du vide. Ses recherches philosophiques ont toujours tendance à se heurter à la singularité que l’histoire lui renvoie. Généraliser lui semble difficile car même la base semble exister dans tout dépassement. Le monde change, évolue dans un flux héraclitéen. La critique qu’il peut faire à la philosophie est qu’elle reste simplement contemplative. Pour lui, il faut aller vers la fin de la philosophie et laisser la place au matérialisme dialectique. C’est une nouvelle philosophie qui va vers le dépassement de la philosophie traditionnelle car « la décision philosophique dernière et suprême, c’est de nier (dialectiquement) la philosophie. Le matérialisme philosophique disparaît non parce qu’il est faux en philosophie. La notion de « matière » se résout dans celles de praxis et d’appropriation ; pas de praxis sans une réalité objective sur laquelle elle agit, qu’elle connait et dont elle tire un produit. Quant à la dialectique, elle se saisit dans les faits - non au sens empiriste du terme -, dans les actes et les moments de la praxis (H. Lefebvre, 19594, p. 27) ». Ainsi, dans l’ensemble de ses textes, Henri Lefebvre prend de la distance par rapport à la philosophie. Avec le temps, celle-ci n’a plus la même saveur que dans sa jeunesse. La sociologie lui semble plus concrète, lui donne la possibilité de travailler sur le vécu et de se diriger vers la praxis. C’est en repartant davantage dans le passé de sa vie que peut surgir les ruptures qui le conditionnent dans ce changement de posture.

 

Sandrine Deulceux

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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