Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
1. Henri Lefebvre (est) ou (et) la contradiction
Henri Lefebvre est la contradiction. Il évolue dans une dialectique continuelle où sa complexité se visualise par toutes les contradictions qui le traversent. Il est un paradoxe, je le découvre lors de la lecture de son livre La Somme et le Reste. Par exemple : il quitte Paris et termine ses jours à Navarrenx dans la maison de sa mère dont il héritera. Pourtant, « l’horreur et le refus, la révolte s’étendirent pour moi au pays de ma famille maternelle. On ne m’offrait pas d’autres vacances, je n’y venais que pour traîner les chemins poussiéreux jusqu’aux montagnes (la mer à une centaine de kilomètres par des routes difficiles, à travers le pays basque, était trop loin pour que j’y aille plus qu’une ou deux fois pendant l’été) ma solitude obstinée. J’avais pris en dégoût le village natal de ma mère, N… (H. Lefebvre, 19594, p. 243)».
Toutefois ce qui orientera davantage le sens de cette biographie, c’est de définir quelle est la posture principale de ce chercheur. Remi Hess pour sa part a préféré découper sa vie en moments suivant les situations vécues. Toutefois, lorsque je lis l’ensemble de ces textes, je découvre que ce chercheur est empreint davantage de philosophie ou de sociologie (81). Bien qu’il prenne sa retraite en tant que sociologue, sa sociologie reste toujours particulière et ne relève d’aucun autre modèle conformiste. En effet, il laisse toujours apparaître une part de philosophie. Pour comprendre ces deux postures, il est intéressant de faire l’analyse de son parcours de vie, dans ce mouvement dialectique du vécu et du conçu. Comprendre Henri Lefebvre, c’est saisir sa totalité en tant qu’homme, philosophe et sociologue car selon H. Lefebvre, « l’oeuvre rassemble ce qui par ailleurs se disperse (H. Lefebvre, 1980a, p. 204) ». Ainsi le lire profondément, c’est recueillir, la connaissance rassemblée dans chacun de ses ouvrages.
(81) Je mets ici de côté sa pratique de l’histoire car je pense qu’elle est inséparable des deux autres. Aussi, je fais de même pour sa pratique des sciences dures (pour le moment) car elle est constitutive de son esprit de la logique.
Sandrine Deulceux
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