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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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"L'homme total" Une approche de l'éducation tout au long de la vie 54

Bilan et précision sur les communautés de référence

 

J’ai tenté de décrire ma vie et de comprendre ce qui me pousse à toujours construire celle-ci comme une aventure. Dans ces quelques pages, je pense avoir laissé de côté quelques parties, volontairement, pour conserver ainsi une part d’intimité sur des évènements jugés futiles pour le sujet. Après cette reprise de mon histoire de vie, je m’aperçois que ma personnalité s’est transformée au cours de ces années. Les formations suivies et les personnes côtoyées m’ont aidée à évoluer. L’appartenance aux diverses communautés de référence : famille, amis, collègues, aide à donner du sens à la vie.

 

Pendant l’année 2008-2009, j’ai réussi à entrer dans une posture instituante. En adhérant à plusieurs communautés de référence, je me suis propulsée au devant de la scène. L’importance de la communauté dans l’apprentissage a été prépondérante dans ma traversée du master 1. Lorsque l’année suivante je n’ai pas poursuivie dans ce même sens, l’éloignement a augmenté ma difficulté à m’intégrer dans cet univers. Ce manque d’impulsion offert par la communauté m’a ralentie dans ma progression. En cette période d’août 2010, je suis contrainte de terminer mon mémoire. Aurais-je réussi à terminer avant dans d’autres circonstances ?

 

Dans ce bilan, il me semblait important d’aborder le sens des communautés de référence. Ce concept développé par Remi Hess m’a permis de démontrer la force de l’autoformation lorsque j’ai intégré l’un de ses groupes. Mon expérience la plus remarquable a été celle de mon engagement en 2008 - 2009 au sein des IrrAIductibles et du séminaire de l’école doctorale dirigé par Remi Hess à Paris 8. La communauté de référence est une communauté particulière dans laquelle pourrait s’inclure les communautés de pratique. Pourtant, l’expression de communauté de référence relève d’aspects plus complexes, dont la forme est plus globale car elle s’intègre dans un moment. Les membres qui s’inscrivent dans le groupe entrent dans le même moment et apporte chacun leur pratique. L’objectif est de mutualiser les compétences de tous et d’atteindre des objectifs propres à le faire perdurer. La communauté, comme le groupe, ou la personne, doivent se produire sans cesse et projeter des idées, pour donner du sens à la communauté et se créer des besoins pour se construire un devenir.

 

Ce mot de communauté provient du latin communis qui signifie l’appartenance à tous ou qui peut prendre la signification de quelque chose d’ordinaire. Suivant les régions et les cultures, cette racine latine communis a signifié à la fois la charge et la fonction comme le don ou le service rendu. Le terme de commun s’apparente à l’acte de changer ou d’échanger. On retrouve aussi par la racine grecque le verbe muer ce qui peut donner aussi en allemand le sens d’échanger de vouloir dire et en anglais de signifier. Les représentants français de la famille latine s’organisent autour des notions de groupe partageant un même intérêt et d'intérêt collectif : communion, communier et excommunier, communiquer (« transmettre à l'ensemble »), communal (et communauté, communautarisme), commune (avec communard, communisme), ainsi que municipal, municipalité, l'’xemption de charge étant l’immunité, d’où le sens de « qui est protégé» (immuniser, immuno-) ; le don se retrouve dans rémunérer et munificence.

 

Le terme de communauté se définit aussi comme un groupe social dont les membres vivent ensemble, ou ont des biens et des intérêts communs. Les communautés sont des collectivités, des corps de métier ou la société. Par exemple : il existe des communautés de travail qui sont des associations ou des corporations qui sont nommées aussi communautés de pratique. L’État aussi est une communauté nationale, elle forme alors la nation, la patrie. Il existe d’autres formes de communautés comme urbaine ou la Communauté européenne. Les premières communautés d’ordre religieux se sont établies vers 1538, les membres des groupes religieux vivaient ensemble et observaient des règles ascétiques et mystiques comme les congrégations, ou les communautés de moines et de chanoines. Vers 1960, des groupes de personnes se rassemblent pour vivre en mettant leurs moyens d'existence en commun. Ils font référence alors aux pratiques Saint Simonienne ou de Charles Fourier prônées dans le phalanstère. Le nombre de personnes qui se réunissent en communauté peut aller de très peu, comme un noyau familial à beaucoup plus comme les groupes composés par l’origine de la nation, de la religion, de l’ethnie. Depuis le XVIe, la communauté entre époux correspond au régime matrimonial dans lequel tout ou partie des biens des époux sont communs.

 

Dans cette description sommaire des principes d’une communauté, il est important de remarquer que l’objectif de la cohésion du groupe est un élément qui est mis en commun et relie les membres de la communauté. Opposé aux biens matériels, le sensible aussi peut garantir un rapport entre les membres d’un groupe. Dans ce cas les affinités de goûts, des idées, des intérêts, de l’affection, des souvenirs et de l’espérance peuvent donner une force aux groupes pour se produire en tant que communauté.

 

Dans cette relation entre commun et communauté, l’acte de l’apprentissage s’inscrit, car la vie en communauté, ou même la constitution du groupe demande à chacun de partager, d’échanger la connaissance, d’apprendre à vivre ensemble. Dans cette description de la communauté celle-ci se précise lorsque j’ajoute le terme de référence. Quelle est la référence de ce groupe ? Pour Remi Hess, la communauté prend du sens et de la profondeur car elle se construit et s’inscrit dans le moment et par les transversalités de chacun.

 

Ainsi, Remi Hess écrit : « Pour chaque moment, je crée une communauté de référence différente. Si je milite sur le plan politique ou syndical, ce sont les camarades qui partagent avec moi cette appartenance, qui vont constituer une bonne partie de cette communauté ; mais si, parallèlement, je développe une activité de footballeur, ces camarades du syndicat ne formeront plus ma communauté de référence. Sur le terrain du sport, j’ai un autre groupe de référence que sur le terrain de la lutte politique, ou sur celui de mon activité de peintre. [...] On voit qu’une communauté de référence se compose non seulement de personnes du passé du moment, mais aussi de personnes du présent du moment. J’ai même une conception prospective : je pense que l’on peut associer des plus jeunes dans la construction d’un moment. Il y a donc dans la communauté de référence des vivants et des morts, mais aussi des personnes à naître ! Car le moment survit aux personnes… (R. Hess et S. Deulceux, 2009, p. 16)

 

La référence permet d’inscrire le groupe dans une action dans laquelle l’ensemble de celui-ci peut se référer, ou se situer selon chaque membre. C’est un moyen de se définir une autorité, un mot d’ordre, ou une pratique donnant lieu à la cohésion du groupe. C’est aussi le signe pour se reconnaître une valeur intrinsèque au groupe, C’est le sens et la désignation du groupe. C’est son paradigme.

 (…)

 

Sandrine Deulceux

http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

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