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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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"L'homme total" Une approche de l'éducation tout au long de la vie 29

2.1.3.4. La conscience anticipante comme générateur de l’intuition

 

La conscience anticipante conduit l’intuition. Elle est pour Ernst Bloch Principe espérance. L’espoir donne un autre niveau aux possibles. Pour ce philosophe, «penser c’est franchir». C’est « le rêve vers l’avant ».

 

« Une préoccupation majeure de cette partie est la découverte et la prise de conscience du non encore conscient ainsi que de sa spécificité. C'est-à-dire de ce qui est encore relativement inconscient, sur la face tournée de l’autre côté, vers l’avant, et non sur celle située en arrière. Sur la face d’un Nouveau en émergence, qui n’a encore jamais été conscient, et non plus de quelque chose d’oublié et de passé dont il s’agirait simplement de souvenir, c'est-à-dire de quelque chose qui aurait sombré dans le subconscient archaïque (E. Bloch, 1976, p. 19) ».

 

Ernst Bloch explique la conscience anticipante par ce qui nous pousse vers l’avant, le souhait comme le désir de conduire la volonté d’aller vers la réalisation de ce que la conscience nous dicte. C’est une forme de pulsion, son assouvissement devient nécessaire. L’instinct de conservation, conduit l’homme à résoudre son dilemme, ce qui induit l’effet d’anticipation. D’après E. Bloch, cette conscience est anticipante, lors des rêves éveillés. Pour moi penser, c’est rêver, c’est construire des possibles.

 

« Combien de fois ne se trouve-t-on pas devant quelque chose qui peut être ! Ou qui peut être différent de ce qu'il a été jusque-là, raison pour laquelle on peut y changer quelque chose. Or cela serait impossible s'il n'y avait pas du possible dans et devant ce quelque chose. Nous voilà au seuil d'un champ fort vaste, et il s'agit maintenant de l'explorer. Déjà le fait qu'un «pouvoir-être» (ein Kannsein) puisse être énoncé ou pensé ne va nullement de soi. Il y a là quelque chose d'encore ouvert, quelque chose qui peut être signifié différemment, prendre d'autres dimensions, être introduit dans de nouvelles relations, bref qui peut être changé. Là où l'on ne peut plus rien, là où plus rien n'est possible, la vie s'arrête (E. Bloch, 1976, p. 270) ».

 

Il présente les différentes formes de possible : formel, objectif, conforme à la structure de l’objet réel, objectivement réel…

 

Pour Ernst Bloch la réalisation des possibles se traduit par la souffrance de l’être de devoir toujours poursuivre vers l’avant, à la recherche de l’essentiel…

 

Dans mon analyse ainsi menée, j’ai tenté de démontrer le sens que pouvait prendre le possible afin d’expliciter la démarche qui s’exerce alors dans l’expression de la phase progressive. Penser vers l’avant semble utopique au premier abord, car il est difficile de pouvoir réaliser l’ensemble de nos intuitions même si nous pensons que la stratégie et le programme ont bien planté leur décor.

 

Sandrine Deulceux

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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