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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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L’analyse institutionnelle au Brésil (1)

L’analyse institutionnelle au Brésil

 

Sous la direction de Lúcia Ozório

Préface de Remi Hess

Editions AISF, collection « Transductions »

 

 

 

PREFACE

 

 

 

L'analyse institutionnelle au Brésil

 

 

Avant 2002, je ne connaissais pas l'Amérique. J'ai expliqué pourquoi : avec René Lourau, en 1974, nous nous étions répartis nos interventions : moi, j'investissais l'Europe de l'Est, les pays orientaux, et lui l'Ouest et les pays latins. J'ai été fidèle à cet engagement, malgré des invitations répétées au Mexique, aux Etats-Unis, au Brésil, en Argentine.


J'avais 55 ans quand j'ai posé le pied pour la première fois en Amérique ! C'était au Brésil. Sonia Altoé m'avait demandé cette année-là de venir à Rio pour participer au Colloque sur L'héritage de René Lourau. J'y vais. C'est mon premier contact avec le Brésil.


L'année suivante, en 2003, je suis invité quinze jours à Brasilia pour participer à un colloque sur la multiréférentialité. On y parle de René Lourau, de Georges Lapassade, mais c'est surtout Jacques Ardoino la référence à l'AFIRSE-Brésil (500 adhérents). En même temps, je rencontre des lecteurs de mes travaux. Certains participants sont des disciples d'Henri Lefebvre. Ils ont lu la traduction portugaise de mon livre sur La sociologie d'intervention (1983), préfacée par René Lourau, et en français mon livre sur Lefebvre.


En 2004, je fais, avec Lucette Colin, un voyage à Salvador de Bahia et à Maceo. Là encore, on aborde l'analyse institutionnelle par le biais de la pédagogie. Sergio Borba qui a fait sa thèse à Paris 8 avec Guy Berger, décide de lancer un solide chantier avec moi sur le long terme. Je rencontre Joaquim Barbossa, de Sao Paulo, qui est un adepte du journal de recherche. Il me traduit un texte sur la théorie des moments qui paraît à Sao Paulo. Je lui fais connaître Christine Delory-Momberger, dont il traduit d'abord un article sur les histoires de vie. Christine sera à Sao Paulo en septembre 2005. Le Brésil y traduit un de ses ouvrages sur Les histoires de vie.


En 2005, on annonce la parution de Produire son œuvre, le moment de la thèse, à Brasilia, dans une traduction de Sergio Borba. A cette occasion, je suis invité à faire une tournée dans 7 ou 8 universités brésiliennes (cette expédition se met en place). Le voyage se fera au second semestre. Mais en février, sur la route de Buenos Aires (où je rencontre les Institutionnalistes argentins qui travaillent en relation avec les Brésiliens), je fais escale à Sao Paulo. Plusieurs autres ouvrages sont en cours de traduction, mais il y a aussi des projets de nouveaux livres... Plusieurs des auteurs du livre que l'on va lire, se sont eux-mêmes lancés dans des chantiers de traductions.


Du côté français, on se met à tisser des liens avec plusieurs groupes de recherche. On invite des collègues brésiliens à venir enseigner comme professeurs invités à Paris 8. Sur le plan des traductions, j'ai entrepris la traduction du livre de Sergio Borba sur l'évaluation (un classique au Brésil). On prépare un livre de Lucia Ozorio, etc. Le travail interculturel est toujours un peu lent. Cependant, grâce aux IrrAIductibles, des textes paraissent ! Et maintenant que je fais connaissance avec le Brésil, j'accepte de diriger des étudiants brésiliens en maîtrise, en DEA, en thèse.


Parallèlement au travail brésilien, je découvre New York, San Francisco. Je suis invité à parler à Stanford, Berkeley. L'AI entre vraiment en Amérique.


Incontestablement, c'est tout de même au Brésil que se trouve l'avenir de l'AI. Ce pays est jeune. En pleine expansion intellectuelle. L'analyse institutionnelle a toujours été une théorie qui s'est développée dans la pratique. Et c'est la praxis qui se trouve le moteur du développement théorique. R. Lourau disait qu'il y avait une relation étroite entre genèse théorique et genèse sociale. Au Brésil, on a l'impression que la prophétie de l'AI est vraiment d'actualité. Aller au Brésil donne un sens à la vie d'un Institutionnaliste, car on y sent la pertinence du paradigme... Du coup, je me sens le devoir d'écrire mes voyages. J'ai publié Voyage à Rio,  sur les  traces de René Lourau,  en 2003 (Téraèdre).


Actuellement, je prépare l'édition des Journaux de voyage à Brasilia, Salvador, Maceo. Je pense qu'ils sortiront en 2005, avant ma prochaine tournée...


Je veux faire connaître Gaby Weigand à nos amis brésiliens... Pour moi, dans mon rêve pour tisser une toile entre l'Europe institutionnaliste et l'Amérique institutionnaliste, le Brésil et la France devraient pouvoir être des médiateurs, ceux que l'on peut désigner comme des chefs de chantier. Or, certains pays font mieux que nous sur le terrain de la médiation : ainsi, l'Italie, la Suisse où des amis de René Lourau (Armando Bauleo, un Argentin, par exemple) ont fait souche. Les groupes opératifs (qui sont si proches de nous) existent fortement en Italie, en Espagne, en Suisse. En France, personne ne les connaît vraiment ! Il faut parvenir à combler certains déficits culturels sur le terrain des échanges. Félix Guattari, René Lourau, Georges Lapassade ont fait beaucoup au Brésil. Il faut poursuivre ce chantier. Le colloque de juin 2005 sera un jalon. Le livre que l'on va lire est un autre jalon indispensable. Vive le Brésil institutionnaliste !


 

Remi Hess, 25 mai 2005

 

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

 

 

 

voir : http://journalcommun.overblog.com

 

et : http://lesanalyseurs.over-blog.org

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