Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Mardi 10 octobre 2006,
Au lieu de poursuivre la lecture d’Henri Lefebvre, - je me suis arrêté ce matin à la page 26 -, j’ai décidé de lire Jacques Demorgon, Critique de l’interculturel, L’Horizon de la sociologie (1). La préface de Remi Hess est intitulée « Le travail du moment interculturel, l’apport de Jacques Demorgon ». Quinze pages à mettre au compte de la théorie des moments que Remi Hess ne cesse de développer ici et là dans des articles, des préfaces, des éditoriaux, des ouvrages individuels ou collectifs dans sa pratique de la danse et des séminaires. Je note cela au passage pour me souvenir que la théorie des moments se trouve également dans cet ouvrage.
Pourquoi j’ai décidé de lire ce livre ? Tout d’abord, le mot « critique » m’a attiré. Il s’agit d’un concept que j’essaie par ailleurs de clarifier pour moi d’abord, pour mon usage propre avant de penser à l’exposer selon ma compréhension et l’acception ou le sens que je lui donne.
Dans mes lectures précédentes, y compris les plus récentes, je cherchais le sens philosophique du terme « critique ». Il faut remonter à Descartes et surtout à Kant et Hegel pour se faire une idée plus ou moins claire de la critique. J’en ai déduit que le concept est très vaste et que pour le saisir, il me faut relire certains grands ouvrages, c’est ce que j’ai fait cette année, profitant de ma maladie et de la limite de mes déplacements de soin. C’est chez Marx, Lénine, Sartre, Lefebvre, que la notion s’éclaircit.
Je connais de vue Jacques Demorgon. J’ai assisté à quelques unes de ses interventions, notamment lors de la préparation du colloque « Pédagogues sans frontières ». Le peu que je savais sur lui m’encourageait à le lire. Il a recours à la dialectique et à l’analyse institutionnelle.
C’est pour ces raisons (critique, dialectique, analyse institutionnelle) que je suis amené à lire ce livre.
Enfin, depuis quelque temps, j’ai senti un manque de suivi de ma part des activités en matière d’interculturel, mis à part des informations sur l’OFAJ. Le livre collectif sur l’observation participante m’a poussé à m’interroger davantage sur l’interculturel.
La lecture de ce livre de Jacques Demorgon m’a été bénéfique : du point de vue de l’approche globale de l’interculturel. L’émergence de la notion et son déploiement dans la recherche notamment chez les Américains. L’auteur s’appuie sur des connaissances transdisciplinaires n’hésitant pas à employer des concepts nouveaux : intérité, transduction, dissociation existentielle, sociétologie, interculturation, transdisciplinarité…
L’usage de cette multitude de concepts est loin d’être abusif. L’auteur tente à chaque fois de les contextualiser un tant soit peu et de les expliquer.
Cette critique de l’interculturel est un plaidoyer pour l’interculturel antagonistique. L’auteur défend une thèse d’une manière plus ou moins impliquée.
Content d’avoir lu le livre rapidement, je saisis l’occasion pour lire un autre ouvrage de Jacques Demorgon, L’interculturation du monde (2). La préface est signée par Lucette Colin et Remi Hess. Elle porte sur ce que contient le livre comme apport essentiel à l’interculturation du monde.
Les sociétés des communautaires tribales. En Asie et en Europe et l’alliance politique ou religieuse, font l’objet du chapitre I. Cette forme sociétale précéda la forme royale-impériale qui prime en Europe à rallier l’économique. Mais après le contrôle du religieux et du politique, l’économique et l’informationnel sont à leur tour en vue. Le Japon et l’acculturation antagoniste géopolitique (voir les tableaux pp 26-27).
(1) Jacques Demorgon, Critique de l’interculturel, L’Horizon de la sociologie, préface de Remi Hess, Paris, Anthropos, coll. Anthropologie, 250p, 2005.
(2) Demorgon Jacques, L’interculturation du monde, Paris, Anthropos, 2000, 180 p.
Benyounès Bellagnech
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