Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

Publicité

Journal de lecture : lundi 4 février 2008

Lundi 4 février 2008


Claude Cherki-Nicklès, Michel Dubec, Crimes et sentiments, Paris, Ed Seuil, Coll. «L’épreuve des faits», 1992, 280p. 


Le livre fait partie du lot dont j’ai parlé auparavant. Dans le lot, il n’y a pas de classement, le choix de lecture est dicté par l’intérêt que je porte au sujet du livre ou du moins à son titre. Dans ce cas précis, il s’agit de sentiments.


Après L’éducation sentimentale, La confusion des sentiments et des fragments de Nietzsche dans Le gai savoir, je lis Crimes et sentiments qui m’apporte un regard psychologique sur les sentiments. C’est une lecture de deux experts psychiatriques sur les actes criminels et sur leurs auteurs. L’expertise psychiatrique est une approche ou interprétation des faits qui répond à la logique commandes et demandes. La commande provient de la justice tandis que les demandes sont diverses, elles répondent aux patients, aux hôpitaux, aux familles, à la défense, etc.


Les auteurs du livre décrivent différents types d’actes criminels : l’infanticide, le viol, la pédophilie, le parricide, le crime passionnel, le vol, la perversité… Je dis description, le terme n’est pas exact, il s’agit plutôt d’interprétation après coup. L’expert psychiatre vise une reconstruction symbolique des faits par le biais de la parole, lorsqu’il parvient à faire surgir cette parole. Il essaie par ailleurs de plonger les accusés dans leur histoire personnelle et familiale. Il ne s’agit pas pour lui de juger, mais d’aider à élucider les faits et le juge à décider.


L’expert a en face de lui des «monstres», qui sont comme tout le monde, mais qui un jour ou l’autre passent à l’acte transgressant la loi humaine. Les mécanismes de ce basculement sont décrits dans ce livre et font souvent l’objet des commentaires des médias dans les rubriques des faits divers.


"Psychiatrie et justice" pourrait être un titre de livre, bien que les auteurs ne s’attardent pas trop sur cette relation ambigüe. Ils se contentent de rappeler la date de la loi 1810 qui institue cette relation qui lie «la folie» ou «l’aliénation» à la justice, en vue d’établir la responsabilité de l’inculpé au moment des faits. «La dame qui a tué sa copine, elle l’a découpé en petits morceaux et l’a mise dans des sacs poubelles avant de la jeter dans une rivière», scène racontée dans une émission de télé.


J’ai en tête la mort de quelqu’un que j’ai connu et qui a été assassiné par son amant. A l’époque, il y a moins d’un an, on a évoqué l’éducation sentimentale.


Ce livre traite non pas les sentiments, mais les dérives des sentiments. Il n’évoque pas les individus en tant que tels, mais les sujets auteurs d’actes criminels. Il tente de revenir sur les sentiments, l’amour, la haine, la séparation, Œdipe, exprimés en actes par leurs porteurs, leurs auteurs.


Penser l’éducation sentimentale doit tenir compte de cette relation entre le moi et les sentiments. Zweig comme Flaubert mettent le doigt sur la confusion de cette relation. Ce livre traite à peu près du même sujet, mais vu d’un angle psychiatrique et judicaire.


Benyounès Bellagnech

Mis en ligne par Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article