Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
VI Organisation et bureaucratie dans les entreprises industrielles p 126
Alain Touraine définit la démocratie, en référence au modèle weberien, selon 3 critères :
- les conditions d'accès aux postes, les statuts et les rôles, les droits et les devoirs, les contrôles et les sanctions sont définis d'une manière fixe, impersonnelle,
- les différents emplois sont définis par leur situation dans une ligne hiérarchique et par une délégation d'autorité,
- l'organisation bureaucratique n'est qu'un système de transmission et d'exécution de décisions prises ailleurs.
Une fois cette typologie posée, Touraine constate que l'administration fonctionne selon ce modèle mais que l'entreprise beaucoup moins. Il reconnaît qu'il peut y avoir une bureaucratisation du travail notamment lorsque celui-ci est chronométré, rationalisé. Touraine lie le phénomène de la bureaucratisation à celui de l'effacement d'une conscience de classe.
Lapassade reproche à Touraine de ne reconnaître la bureaucratie qu'en faisant référence au modèle de l'administration alors que pour lui, la bureaucratisation se trouve exactement dans le contrôle et la standardisation de travail ouvrier.
Une autre critique de la position de Touraine est émise par Jean Delvaux qui pense que la définition de Touraine est en voie de dépassement dans le sens où l'univers bureaucratique s'étend à tous les domaines de la vie (J'ai beaucoup de difficultés à comprendre cette partie).
Claude Lefort, comme Delvaux pense qu'aborder la bureaucratie comme un organe de transmission, d'un pouvoir externe est réductif. Il se pose la question de savoir qui fait partie de la bureaucratie.
Lefort pense qu'il faut différencier les personnels ayant une certaine maîtrise de leur travail et où le contrôle est un contrôle technique, de ceux qui n'ont pas de compétences spécifiques et qui dépendent de la bureaucratie et dont la position se révèle en fait ambiguë car son idéal de carrière est de progresser dans la hiérarchie et c'est donc un idéal bureaucratique.
Plus tard, Touraine précisera que la bureaucratie recouvre en fait plusieurs significations :
- un type d'organisation défini comme système précis et hiérarchisé de fonctions et non d'individus,
- un type de fonctionnement des organisations marqué par un attachement excessif à la lettre des règlements et par une routine qui résiste à la transformation de ces règlements,
- le pouvoir exercé par les dirigeants des grandes organisations et surtout des organisations volontaires.
Là j'avoue que j'ai un peu calé et que je n'ai pas compris le débat que Lapassade introduit vis-à-vis des positions de Touraine. Finalement après la lecture de cette partie, je crois que je ne suis pas une bureaucrate, vu que je dispose d'une technicité, que mon travail n'est pas chronométré, ni standardisé. Cela, à la différence des infirmiers qui tout en présentant une technicité, se sont vus depuis peu, imposé des tâches chronométrées.
Lors de mon activité syndicale comme secrétaire du CHST de l'hôpital, je m'étais fortement intéressée aux questions de management et de leurs conséquences notamment en termes de souffrance au travail. En lisant cette partie, je me suis demandée si finalement la bureaucratie avait des liens, était synonyme de management. Je suis allée rapidement voir dans les index des livres sur le management si le terme bureaucratie y figurait et en fait, sur 8 ouvrages, je n'ai relevé le terme que dans celui d’Ève Chiapello et Luc Boltanski, Le nouvel esprit du capitalisme (1).
Le 21/12/2010 2 h 25
D'un seul coup j'ai un doute, dois-je mettre toutes mes notes de lecture dans ce journal? Il va être trop long, imbuvable! En fait, ce n'est plus un journal de lecture, c'est un journal brouillon. Dès que j'ai un peu de temps, je travaille ça.
Le message d'Augustin m'a redynamisée, je commençais à me laisser aller, à vouloir arrêter ces études à cause de l'emprise qu'elles exercent sur moi, envie d'en sortir, de retrouver la vie et non de rester enfermée dans mon bureau à lire, écrire, lire, écrire...
Finalement, je crois que je lirai le livre de Cifali cette année. Je l'avais parcouru il y a quelques années, mais il va tomber à point pour analyser ce qui se passe pour moi dans ce rapport au savoir.
Lorsque que je m'étais replongée dans les études en 2006, je m'étais inquiétée de la manière dont je les avais investies. J'avais alors décidé de commencer une psychanalyse pour étudier ce qui se jouait en moi. Vivant en campagne, le choix des analystes est réduit. J'en avais trouvé un cependant (pour l’anecdote il exerçait dans un lieu-dit Le Petit Pény...). J'ai arrêté le jour où il a laissé 10 messages sur mon portable pour s'excuser de l'annulation d'un rdv. Son dernier message m'expliquait en long et en large qu'il avait perdu sa grand-mère, qu'il y tenait beaucoup, qu'il devait aller à son enterrement. Déjà, j'avais été choquée lorsqu'à la fin d'une séance il m'avait parlé d'autres membres du personnel de l'hôpital qui venait consulter chez lui. Je me rappelle qu'il avait 6 nains de jardin dans sa salle d'attente. Je me suis dit qu'il en manquait un et qu'on avait dû le lui piquer et j'aurais bien aimé lui en piquer un aussi. Peut-être reprendrais-je un rdv juste pour ça.
J'ai acheté des pastilles anti-souris, mais ça n'a pas l'air de marcher très bien.
(1) Ève Chiapello et Luc Boltanski, Le nouvel esprit du capitalisme, Gallimard, Paris 1999.
Hélène M.