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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Journal d'Hélène M., un exemple de journal de formation pour la licence en Sciences de l'éducation à l'IED de Paris 8 (29)

Retour en psychosociologie

21/11/2010 3 h 52 Originel Ragtime, Claude Bolling

 

Problème d'organisation de mon travail. Passé beaucoup de temps sur la pratique du journal et la dialectique (alors que je ne pourrai valider cet EC). Je suis passée hier à la psychosociologie et à ses grands fondateurs et je m'aperçois que ça fait 13 jours que je n'ai pas écrit pour cette matière....Alors bien sûr, j'ai lu les autres cours, mais là où je dysfonctionne c'est sur le compte-rendu de l'évolution de notre groupe militant. Depuis mes derniers écrits dans ce journal, il y a eu des échanges de mails et une réunion et une dynamique s'est poursuivie. Mais avant de parler de cela, voyons les fondateurs!

 

Message posté sur le forum de psychosociologie :

La séquence débute par l'évocation des expériences de Mayo et je l'ai complétée par la lecture de l'ouvrage de D. ANZIEU et J. M. MARTIN (1) sur ce sujet. C'est le sujet qui m'a le plus retenue et notamment à cause du sentiment de révolte que ces lectures ont provoqué chez moi. J'avoue que ce n'est pas très scientifique, mais je me suis étouffée lorsque dans le livre il est dit au sujet des ouvrières de la filature qui étaient passées dans la test-room : « Finalement, les cinq ouvrières de l'assemblage sont licenciées avec tout le personnel jeune pendant l'été 1932 : les conditions exceptionnelles dans lesquelles elles ont oeuvré pendant cinq ans les ont tellement marquées qu'elles connaîtront de grandes difficultés à se réadapter à un travail de condition courante. » (2) Se pose pour moi la question de la déontologie dans ce type d'études. Pour répondre à la demande d'un employeur uniquement intéressé par l'augmentation du rendement, un chercheur met en péril l'équilibre et les futures conditions d'existence des salariées.

Par ailleurs, je n'en sais pas assez sur les études de MAYO, mais dans le peu que j'ai lu, je ne vois pas d'indication sur la prise en compte du contexte global dans lesquelles se passent ces recherches et là, j'ai envie de parler de mon expérience professionnelle.

J'ai déjà dit que je travaillais dans un hôpital psychiatrique. C'est une association privée à but non lucratif exerçant une mission de service public. J'y exerce depuis 10 ans. Nous avons vu se succéder une série d'interventions d'organismes extérieurs, les uns missionnés pour des audits, les autres pour une recherche-action-formation. L'avant dernier audit a été mené dans un centre de post-cure dans lequel les dysfonctionnements étaient récurrents. L'auditeur a procédé par entretiens individuels. Le jour de la restitution publique de son audit au personnel, cet auditeur a cité nommément les personnels pour appuyer ses conclusions (untel a dit ça sur untel). Je vous laisse imaginer les conséquences sur la vie de l'institution.

Autre exemple. Dans le cadre de l'invitation du gouvernement à ouvrir des négociations sur les risques psychosociaux au travail dans les entreprises de plus de 1000 salariés, la direction a établi un questionnaire sur le stress au travail qui nous a été remis il y a 2 mois. Les réponses à ce questionnaire devaient être traitées par le médecin de la santé au travail. A ce jour, seuls 10% du personnel a répondu et toute les semaines, les salariés sont invités à ne pas oublier de le renvoyer. Il s'avère que même si ce questionnaire est anonyme, les mentions de l'âge, de la profession et du

service dans lequel on exerce permettent parfaitement d'identifier l'auteur de la réponse. Or, les salariés connaissent bien le médecin du travail chargé du dépouillement et la règle implicite qui s'impose lorsque nous allons à la visite annuelle est « dis ce que tu veux que la direction sache, le reste tu le caches ». Nous savons parfaitement pour en avoir fait maintes fois l'expérience, qu'elle ne respecte pas le secret professionnel.

Enfin, jeudi dernier, j'ai été convoquée, comme d'autres salariés, à un entretien mené par des étudiants d'une école de commerce afin d'améliorer le questionnaire de satisfaction au travail qui a vu le jour il y a 2 ans et qui n'est apparemment pas concluant. Mon entretien fut bref.

-Bonjour Madame M.

-Bonjour Monsieur....

-Alors je vais vous poser des questions et à chaque fois vous jugerez de dire toute la vérité, rien que la vérité (grand sourire)

-(silence)

-C'était une blague bien sûr (sourire gêné)

-(silence)

-Première question : pourquoi pensez-vous que seul 10% des personnels ont répondu au questionnaire sur le stress au travail?

-Parce qu'il n'est pas assez anonymisé !

-Deuxième question : pour vous, qu'elle est votre principal motif d'insatisfaction au travail?

-Je ne répondrais pas à cette question, je ne sais ce que vous allez en faire.

-Ah mais je vous assure, c'est anonyme.

-Vous m'avez accueillie par : Bonjour Madame M., pour moi, ce n'est plus anonyme. Par ailleurs, j'estime avoir des représentants du personnel qui connaissent parfaitement mes conditions de travail, et s'il y a un problème, je m'adresse à eux. Si la direction veut améliorer les conditions de travail, elle n'a qu'à les écouter.

-Vous ne souhaitez donc pas répondre aux questions?

-Non,

-Bien, merci, au revoir Madame M..

Maintenant, j'attends de voir si l'anonymat a bien été respecté ;-)

Je suis un peu longue, mais j'avais envie de citer ces exemples pour dire que dans le fonctionnement des groupes intervient aussi, l'histoire/les expériences collectives de ce groupe (la multitude d'audits subis), l'évolution de la société en général (conscience des effets néfastes des modes de management, de l'illusion qu'on veut nous donner de participer aux décisions par des cercles de qualité ou autres, de l'évolution du rapport, non au travail, mais à l'emploi en général). Je ne sais pas, si des enquêtes comme celle de Mayo pourraient encore s'effectuer maintenant.

Sur Moreno : ce qui m'a le plus interpellée, c'est lorsqu'il est mentionné que l'objectif de Moreno est de permettre au groupe de retrouver sa spontanéité créatrice, caractéristique des groupes en fusion.

Cela m'a fait penser à mon expérience militante et notamment à la différence que j'ai pu constater entre mon militantisme que je qualifierais d'institutionnel, dans le cadre, d'un syndicat, d'un parti politique (expérience brève et douloureuse), celle dans les collectifs (d'éducation populaire ou des collectifs tels que ceux pour la défense de la sécurité sociale, pour le non au TCE, contre la réforme des retraites). Dans le fonctionnement des syndicats ou partis, il est très difficile d'expérimenter des formes d'action, de faire bouger des lignes, alors que dans les collectifs même si les logiques syndicales ou de partis interviennent (lorsque les collectifs en comprennent), il y a plus d'émulation.

C'est encore plus visible lorsque ce sont des collectifs citoyens sans appartenances revendiquées. La forme « collectif » contient souvent en son sein l'idée de sa propre fin. Le collectif est opportuniste, éphémère et je me demande si ce n'est pas une des composantes essentielle de l'énergie qui peut s'y déployer.

Sur Lewin, en fait, je n'en parlerai pas tout de suite, car j'ai envie de le travailler un peu plus et notamment car je tiens en ce moment mon journal militant. Je décris ce qui se passe dans la fin du collectif retraite, sa possible évolution vers autre chose et j'essaie de relier ce qui s'y passe avec mes lectures.

Sur Rogers : c'est un auteur dont j'ai beaucoup entendu parlé lors de mes études d'assistante sociale, il y a....25 ans! Il sert pour soutenir le travail de technique d'entretien. J'ai particulièrement retenu le passage où il est mentionné que la pédagogie de Rogers a pour but celui des individus formés et non celui des enseignants et que l'on apprend mieux lorsque l'enseignement correspond à un problème qu'on rencontre. Et cela a tout de suite fait raisonnable avec une petite expérience que je viens de vivre avec Paris 8....

Voilà 3 semaines que mon « squelette » a été validé. Pour l'UE, aide à la réussite, j'avais choisi la pratique du journal, parce que c'est une pratique que j'ai déjà (sans théorie) et que j'ai des questions particulières qui se posent la concernant. Je m'y suis beaucoup investie, peut-être plus que dans les autres matières. Or, cette semaine, je reçois mon attestation d'équivalence et j'y vois que je suis obligée de prendre l'EC d'accueil! Je ne conteste pas la pertinence de cet EC mais le fait que je sois obligée de revenir sur un de mes choix me rend très réticente. Je vais donc voir en quoi consiste cet EC et là, je découvre que son mode de validation est une fiche de lecture d'un ouvrage qui sera déterminé au hasard. Deux jours après, je prends acte que le hasard me donne à lire un livre que j'ai déjà en partie lu lorsque je faisais ma formation de formateur de terrain (Le lien éducatif : contre jour psychanalytique de Mireille CIFALI) et sur lequel j'ai pas mal de notes. Je pourrai considérer que je m'en sors bien. Mais ce serait faire abstraction de ce qui motive ma reprise d'études qui n'est pas lié à la volonté d'avoir un diplôme ou de changer de profession, mais à celle de développer justement cette pratique du journal, de lui donner un sens. D'où mon choix de Paris 8. Le résultat est qu'ayant prévu de passer ma licence en 2 ans, je me garde l'EC d'accueil pour ma seconde année.

 

(1) D; ANZIEU, J. M. MARTIN, « La dynamique des groupes restreints », PUF Paris, le psychologue, 7ème édition, 1982, 396pages. Passage pages 69-77, Les relations humaines dans l'industrie : Mayo.

 

(2) p73

 

Hélène M.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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