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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Georges Lapassade : De Vincennes à Saint-Denis. Essais d'analyse interne rééd en ligne (84)

18 mai

 

 

Ma proposition de mars pour la constitution des UFR dans le prolongement des formations de premier cycle était le résultat ramassé d'un long travail d'analyse et d'intervention. Par ma présence insistante de tous les jours à l'Université et en dépit du fait que je ne suis dans aucune instance de pouvoir, peut-être par l'effet de cette situation excentrique, j'ai pu constater très vite que le mirage des nouveaux DEUGS, en septembre, créait la confusion partout et fonctionnait comme un agent de désorientation.

 

 

Partant de là, j'en suis venu à dire aux Assises que, par un malheureux malentendu, ceux qui avaient inventé les faux DEUGS en janvier 84 avaient en réalité produit sans le savoir l'esquisse des futures UFR. Ils ébauchaient un découpage qui irait, dans l'avenir, au-delà du premier cycle. Venant après, j'ai interprété les faux DEUGS comme l'annonce inconsciente des futures UFR.

 

 

Ma lutte pour rétablir la Vérité sur les premiers cycles, puis pour faire établir une brochure conforme à la réalité, a duré toute l'année. Elle constitue l'un des fils conducteurs de mon travail et de mon journal.

 

 

J'ai constaté cette année que l'analyse, si analyse il y a, était faite par les gens qui sont actifs dans l'université. Je peux commencer à en dresser la liste : il y a Frioux et les gens du conseil, ceux de la commission pédagogique comme Michel Debeauvais et Maurice Courtois, les étudiants actifs dans nos institutions, en particulier ceux de la liste autogestionnaire, il y a le personnel « ATOS » engagé dans les premiers cycles, comme Marie Jo, les secrétaires des nouvelles formations et les enseignants qui en sont responsables. L'analyse institutionnelle n'est pas faite par tous, ce n'est pas exactement un déploiement de l'accountability garfinkelienne.

 

 

Dans l’institution, les analystes (ou analysants sans analystes ?) sont ceux qui font marcher la réforme

 

 

Mon Journal raconte mes relations difficiles avec ce qui fût notre « courant institutionnaliste ». C'est une seconde piste pour le lire, un autre thème. Je le crois inséparable du premier thème, l'enquête sur la mise en place de la réforme à Paris VIII et aussi, bien sûr, du thème de l'ethnométhodologie.

 

 

Tous ces événements, s'ajoutant à d'autres plus anciens, ont fait finalement que j'ai l'impression plutôt agréable, en ce moment, de redécouvrir l'analyse institutionnelle avec des yeux neufs.

 

 

Je fais « l'analyse » avec ceux qui la font dans la fac où les dispositifs sont déjà là : les commissions, les Assises, quelquefois le Conseil.

 

 

J'ai tenté, dans l'hiver 70, pendant trois mois, de faire l'analyse institutionnelle de l'Université du Québec à Montréal et, de ce long séjour socianalytique j'ai conservé le souvenir d'un modèle d'organisation universitaire : c'est ce « modèle québécois » pour lequel j'ai souvent fait de la propagande dans notre Université, pendant plus de dix ans.

 

 

Avec la mise en place de la réforme, cette année, j'ai cru que le moment était enfin venu d'appliquer ce modèle : nos départements devenaient comme au Québec fournisseurs de services, c'est à dire de cours, pour les nouvelles formations. Le dispositif paraissait fonctionner ça et là, et j'en surveillais les effets, en particulier pour les sciences de l’Education. J’expliquais dans nos AG que nous devions « investir » dans les DEUGS. Pour convaincre nos chargés de cours, je disais aussi que notre enveloppe en heures complémentaires allait diminuer pendant que celle des DEUGS augmenterait d'autant. Ces discours ont eu quelques effets, mais limités et j'y ai probablement donné trop de mon temps.

 

 

Avec l'installation des UFR,- si on les installe vraiment un jour -, il peut se faire que ce modèle ne fonctionne plus, sauf peut-être sur un point : si le Président Frioux parvient à obliger les enseignants titulaires, dès l'an prochain, à faire la moitié de leur service « dans les DEUGS ». Mais cela ne va pas installer pour autant ce modèle d'achat et vente des enseignements, avec des départements définis comme « centres de ressources » et des formations clientes.

 

 

 

Georges Lapassade

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

 

 

Lien vers le nouveau blog :http://journalcommun.overblog.com/

 

 

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