Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

Publicité

Georges Lapassade : De Vincennes à Saint-Denis. Essais d'analyse interne rééd en ligne (73)

15 mars

 

 

Quand je fais une intervention socianalytique dans un établissement en venant du dehors, je ne peux pas voir ce qui s'y passe, comme je le peux à la fac où je suis au courant de la vie institutionnelle en y pratiquant tous les jours. Si je débarque dans un établissement sans rien connaître de ce qui s'y passe, et pour quelques jours seulement, je peux seulement, au mieux, animer une analyse faite par les membres. Je viens pour l'animer, mais aussi pour « déranger » les « routines ». Ces routines, ensemble des éléments du système, constituent un classement. Les membres classent à toutes fins pratiques, ils rangent et produisent de l'ordre. Les routines, c'est aussi ce qui reste implicite, les allants de soi du système qu'on ne remet pas en cause s'il n'y a pas une crise qui exige des « argumentations ».

 

 

Lorsque j'institue une socianalyse, je dérange le rangement, je demande à voir le fonctionnement, je le rends « étrange » en l'arrêtant sur le dispositif d'intervention.

 

 

Harvey Sacks décrit la société comme « une machinerie avec deux trous en façade. De ces trous s'écoule une substance agréable, tandis que par derrière elle rejette des détritus ». Les sociologues établis s'intéressent aux bons problèmes qui sortent par la façade, ce sont les «grandes questions » ; l'ethnométhodologie prend ce qui reste, ce qui est vu sans être remarqué. La sociologie, dit-il, pourrait devenir une science rigoureuse si elle trouvait une manière de procéder qui permettrait   d'espérer   pouvoir   traiter   les   détails des événements réels, de manière formelle et informative. On en vient à étudier alors « la manière dont une conversation fonctionne », mais pas son contenu.

 

 

La première considération me convient, mais pas le programme de recherches formalisées qui débouche sur les analyses de conversations.

 

 

Je cherche dans mes lectures un encouragement à bricoler un mélange constant de sociologie spontanée et d’ethnologie ; préservé dans ma passion ludique pour ce qui se passe dans les institutions où je suis et qui deviennent mes lieux de vie.

 

 

Georges Lapassade

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article