Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Le temps d'écrire
Il m'arrive de rédiger mon Journal, en semaine, dans la journée. Je ne suis pas toujours occupé dans la fac : si je m'en tenais à mes strictes obligations professionnelles, j'y serais seulement un jour par semaine, comme la plupart de mes collègues. Je n'y passerais pas ma vie. Je viendrais pour mes cours du jeudi matin (les 2 U.V., chacune de 2 heures 30) et peut-être pour le séminaire de D.E.A. auquel je participe au soir de ce même jour.
Je pourrais donc me mettre à écrire le Journal à tout instant, de 9 h ou de 10 h le matin à 23 h et parfois même minuit. Les seules contraintes sont les horaires des transports entre Paris et Saint-Denis, les repas et, surtout, la possibilité de disposer d'une machine à traitement de textes, pour l'écriture directe, la seule dont je suis capable, au fond.
Si je trouve une machine disponible dans la journée, je vais y travailler. C'est généralement un lieu ouvert, où les gens passent, viennent travailler, ce qui donne lieu à des conversations, que je me sens tenu, souvent, de noter aussitôt, afin de rester fidèle à la première règle, qui est la description permanente de l'indexicalité.
Mais les «nuisances» sont, comme dit Garfinkel, «immenses, absolues et irrémédiables ». Je ne peux jamais tout noter, je dois choisir continuellement et souvent me cramponner pour ne pas me laisser complètement envahir par le vertige de l'indexicalité.
Georges Lapassade
Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech
voir : http://journalcommun.overblog.com
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