Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Jeudi 25 décembre 2008,
J’ai un peu forcé la nuit dernière sur la nourriture et la boisson. Le sommeil a été perturbé et le réveil difficile. Quelles sont les conséquences sur la lecture et l’écriture, cette journée de jeudi me le dira.
«Tous les instincts et toutes les puissances qui sont approuvés par la morale m’apparaissent comme identiques par essence à ceux qu’elle calomnie et répudie; par exemple la justice, forme de la volonté de puissance, la volonté de trouver le vrai, moyen de la volonté de puissance»p375.
Chapitre VI Psychologie de l’art
Je peux résumer ce chapitre par la phrase suivante : l’art est volonté de puissance exprimée d’une manière raffinée. L’ivresse, l’amour et la beauté. La laideur : état de faiblesse et de dégénérescence.
«Pour l’artiste, la «beauté» est en dehors de toute hiérarchie parce que dans la beauté les contraires sont maîtrisés, ce qui est le signe suprême de la puissance exercée sur une réalité opposée; cela sans tension. Qu’il n’y ait plus besoin de violence, que tout suive et obéisse si aisément et obéisse de l’air le plus aimable du monde, voila ce qui réjouit la volonté de puissance de l’artiste»p388.
Avant de passer au chapitre 7, je dois noter que cette lecture est extrêmement éclectique. Le chapitre que je viens de terminer est très intéressant du point de vue esthétique. Nietzsche développe sa théorie sur l’art qui reste liée à ces concepts fondamentaux, mais en même temps il rentre dans les détails de l’art, de l’artiste, de la danse, de la musique…etc. Faire l’impasse de l’esthétique chez Nietzsche serait une faille dans la lecture de l’ensemble de l’œuvre du philosophe.
Chapitre VII L’organisme social
«Le désir le plus redoutable et le plus profond de l’homme, son besoin de puissance - c’est-ce qu’on appelle la «liberté» - est celui qu’il faut le plus longtemps tenir en bride. C’est pourquoi la morale, jusqu’à présent, avec son penchant instinctif et inconscient pour la pédagogie et l’élevage, a été préoccupée de tenir en bride le besoin de puissance; elle vilipende l’individu tyrannique et, en glorifiant la prévoyance sociale et le patriotisme, elle souligne l’importance de l’instinct de puissance du troupeau»p359.
«Le moi est encore un phénomène si rare! Le besoin d’un Etat, d’institutions sociales, d’Eglises, etc., ne s’est pas affaibli : voyez les guerres! Et les «nations»!»p392.
«Les jugements moraux sont des épidémies qui ne durent qu’un temps» p397.
«Je vais tenter une justification économique de la vertu. - Le but voulu est de rendre l’homme aussi utilisable que possible et de le rapprocher autant qu’il se peut de la machine infaillible. Il faut à cette fin, l’équiper en vertus machinales- (il faut lui apprendre à ressentir comme supérieur en valeur les états dans lesquels il fournit un travail utile et machinal; pour cela il est nécessaire que les autres travaux lui deviennent odieux, dangereux et soient décriés autant que possible).
La première pierre d’achoppement, c’est l’ennui, la monotonie qu’entraîne toute activité machinale. Apprendre à le supporter et mieux qu’à le supporter - à voir l’ennui environné d’un charme supérieur - tel a été jusqu’à présent la tâche de toute espèce d’enseignement supérieur. Apprendre ce qui nous importe pas, et voir dans cette activité «objective» un «devoir»; apprendre à apprécier isolément le plaisir et le devoir - telle est la tâche inappréciable et le chef d’œuvre de l’enseignement supérieur. C’est pourquoi le philologue a été jusqu’à présent l’éducateur en soi, parce que son activité elle-même est le modèle d’une autonomie qui atteint au grandiose; sous ses drapeaux, le jeune homme apprend à «piocher»: première condition pour arriver un jour à faire machinalement son devoir (de fonctionnaire, d’époux, d’esclave de la bureaucratie, de liseur de journaux et de soldat). Une telle existence a peut-être plus grand besoin qu’une autre d’être philosophiquement justifiée et transfigurée; il est nécessaire que les sensations agréables soient dévalorisées et rabaissées au rang inférieur par quelque instance infaillible; le «devoir en soi», peut être même une émotion respectueuse en présence de tout ce qui est désagréable - et cette façon d’émettre des ordres qui ne tiennent compte ni de l’utilité, ni du plaisir, ni du moindre à-propos, impérativement.
… La forme machinale de l’existence représentée comme la forme la plus élevée, la plus respectable de l’existence. (Type : Kant, fanatique de ce concept formel «Tu dois»)pp400-401.
«Le problème de la civilisation a rarement été bien saisi. La fin n’en est pas le bonheur d’un peuple, ni le développement sans entrave de tous ses dons; elle apparaît dans la juste proportion de ces développements. Sa fin dépasse le bonheur terrestre; cette fin, c’est la production de grandes oeuvres»p403.
Chapitre VIII La vie épuisée et la vie jaillissante.
Termine ce chapitre sans rien écrire. Fatigue ou répétition! Fin du TI de «La volonté de puissance».
Benyounes Bellagnech
Mis en ligne par Bernadette Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org