Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Dimanche 9 novembre 2008
Le contrat ou le trafic sont la forme d’échange qui reflète la promesse (Le terme est explicité dans ce qui précède). Au cas où la promesse n’est pas tenue, tout type de châtiment devient possible. Nietzsche estime que depuis l’âge primitif, ce type de rapport entre le créancier et le débiteur a prévalu. D’où le droit des maîtres, c’est-à-dire les créanciers sur les débiteurs qui ne tiennent pas leur promesse. «La compensation consiste donc en une assignation et un droit à la cruauté»p88. Nietzsche donne des exemples des anciens Egyptiens et de Rome.
«C’est dans cette sphère du droit d’obligation que le monde des concepts moraux ’faute’ ou ’conscience’, ’devoir’, ’sainteté du devoir’ a son foyer d’origine; -à ses débuts, comme tout ce qui est grand sur la terre, il a été longuement et abondamment arrosé de sang»pp88-89.
Nietzsche insiste sur le fait que c’est sur la base de cette cruauté que la morale a été bâtie. La morale des puissants, j’entends, et il donne des exemples de fêtes et cérémonies autour des peines capitales et autre cruauté. «Sans cruauté, point de réjouissance, voilà ce que nous apprend la plus ancienne et la plus longue histoire de l’homme- et le châtiment aussi a de telles allures de fête»p91.
L’échange, l’estimation de la valeur, le commerce entre gens égaux en puissance, sont à l’origine de toute pensée. Acheteur et vendeur, promesse, assoient le droit et la cruauté, entre les égaux et le châtiment contre les faibles. Nietzsche estime que la différence entre l’homme et l’animal se situe d’abord dans cette sphère.
Nietzsche explique que le non respect du contrat conduit au conflit et à la cruauté.
«C’est-ce qui explique pourquoi la guerre même (y compris le culte des sacrifices guerriers) a revêtu toutes les formes sous lesquelles le châtiment apparaît dans l’histoire»p99.
Plus la communauté croît et s’enrichit, moins on accorde d’importance à ce que l’on appelle les petits délits, du fait qu’ils ne nuisent pas aux plus riches. C’est le droit pénal, mais c’est surtout la «grâce».
Il faut chercher l’origine de la justice dans ce qui précède. Nietzsche s’attaque à Dühring et tente de démontrer que le ressentiment et la réactivité sont essentielles dans l’explication de la justice.
[Je ne suis pas convaincu de ce que je viens d‘écrire, cela manque de clarification. Il faudrait que je précise la notion du ressentiment et donc relire ce fragment de six pages]
Le ressentiment serait le sentiment réactif. Ce que j’ai écrit ci-dessus est faux. C’est le contraire qui est vrai. La justice, la loi, l’institution fonctionnent dans l’état de guerre et de conflit. Cela a du sens dans la pensée de Nietzsche. Le ressentiment et la réactivité ne peuvent être à l’origine de la justice. Celle-ci est à relier au châtiment.
Benyounès Bellagnech
Mis en ligne par Bernadette Bellagnech
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