Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Mercredi 24 septembre 2008,
De la voie du créateur : ce n’est pas un éloge de la solitude, mais Nietzsche en fait ici l’hymne!…
«Avec mes larmes va dans ta solitude, ô mon frère. J’aime celui qui au-dessus et au-delà de lui-même veut créer et, de la sorte, court à sa perte»p 86. L’auteur écrit au début de ce texte: «‘Celui qui cherche, c’est à sa perte que facilement il court. Toute solitude est faute’, ainsi dit le troupeau. Et au troupeau longtemps tu appartiens» p 84.
De petites jeunes et de petites vieilles : «En l’homme vraiment homme est un enfant caché qui veut jouer. Allons! Vous autres femmes, en l’homme découvrez donc l’enfant!p88. «Que l’homme ait crainte de la femme lorsqu’elle aime : car elle offre tout sacrifice et tout le reste pour elle est sans valeur»p 89. Ces propos sur les femmes de la bouche de la vieille et de la jeune, ainsi parlait Zarathoustra.
De la morsure de la vipère : Nietzsche raconte l’histoire de la morsure d’une vipère ou d’un serpent qui le réveille et lui permet de tenir un discours sur la justice et la morale : «Le négateur de la morale, ainsi m’appelle les gens de bien et les justes; amorale est mon histoire.
Si vous avez un ennemi, ne lui rendez le bien pour le mal, car ce serait lui donner honte. Mais prouvez-lui qu’il vous fait du bien (…)
Et subîtes-vous une grande injustice, ajoutez-y sur le champ cinq petites injustices. Il est affreux de voir quelqu’un sur qui ne pèse que l’injustice»pp 90-91.
D’enfant est le mariage = traité sur le mariage libéré de la transcendance religieuse et n’obéissant qu’à l’ultime ici-bas, je nomme le désir de création.
«Soif du créateur, vers le surhomme flèche tendue et nostalgie : parle, mon frère, est-ce là ton vouloir quand tu te veux marier? Sacrés me sont pareil vouloir, pareil mariage»-p94.
De la libre mort :
«Ainsi moi-même veux mourir, afin que par amour de moi, vous mes amis, de la Terre ayez meilleur amour; et Terre veux à nouveau devenir afin d’avoir repos en celle qui m’enfanta» p 97.
«A la bonne heure mourir, c’est-ce qu’enseigne Zarathoustra»p95.
De la prodigue vertu : on retrouve la question du maître et disciple sur le chemin du surhomme. «0 vous les solitaires du jour d’hier, ô vous les séparés, quelque jour vous devez être un peuple : de vous, qui vous-mêmes vous élûtes, doit naître et grandir un peuple élu - et de lui le surhomme»p 102. Un vrai disciple de Zarathoustra est celui qui dépasse le maître, sans cela il serait mal considéré. Il cite l’exemple de vénération qui un jour s’effondre et rien ne subsiste de cette relation maître et disciple. Aimer le maître et le haïr à la fois peut être conçu dans la séparation. C’est-ce que dit Zarathoustra dès le début.
Nietzsche reprend ce paragraphe en deuxième partie : «…et seulement quand vous m’aurez tous renié, à vous je veux revenir.
En vérité, mes frères, c’est avec d’autres yeux qu’alors je chercherai mes perdus; d’un autre amour alors je vous aimerai»p 106.
L’enfant au miroir : La première partie se termine par la séparation. Zarathoustra s’en va dans la solitude. Il décide de repartir à la recherche d’amis et d’ennemis, mais cette fois-ci il repart sur de nouvelles bases. Souvenons-nous de midi et de la prodigue vertu, de l’or qui luit au soleil sur terre. «Ah! Puissé-je m’entendre, de par le charme de mon pipeau, à vous rappeler jusqu’à moi! Ah! Que ma lionne Sagesse apprenne à tendrement surgir! Et beaucoup déjà avons ensemble appris !
Ma sauvage sagesse par des monts solitaires est devenu gravide; sur des rochers déserts elle a mis bas son petit, son dernier-né.
Maintenant par des arides solitudes, elle gambade en bouffonnant, et cherche et cherche tendre gazon-ma vieille sauvage sagesse!
Sur le tendre gazon de vos cœurs, ô mes amis!-sur votre amour elle voudrait nicher ce qu’il y a de plus cher!»p 109.
La sagesse de Zarathoustra est une liane sauvage. Deuxième étape du voyage de Zarathoustra.
Aux iles fortunées : «Créér-voila le grand rachat de la souffrance et ce qui rend la vie légère. Mais pour être le créateur il est besoin de peine et de force métamorphose»p111. Tant qu’à créer Dieu qui donne le tournis, il faut créer le lointain, c’est-à-dire soi-même.
Des compatissants : contre tous les compatissants. «Ainsi contre la compassion soyez-moi mis en garde : c’est d’elle que pour les hommes encore vient une lourde nuée ! En vérité, aux signes de tempête je n’entends ! Mais aussi notez cette parole; tout grand amour encore est au-dessus de toute sa compassion ; car ce qu’il aime, il veut encore le créer!.
‘Moi-même, je m’offre à mon amour, et à mes prochains comme à moi‘-ainsi va la parole de tous les créateurs.
Mais tous les créateurs sont durs»pp 116-117
Des prêtres : description négative de l’espèce : «De trous était fait l’esprit de ces rédempteurs; mais en chaque trou ils avaient mis leur délire, leur bouche-trou, qu’ils ont appelé Dieu »p120.
Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org