Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Vendredi 16 octobre, 16 h (suite)
Hier, j’ai rencontré mon collègue Antoine Savoye dans les couloirs de la fac… Il m’a apostrophé de manière sympathique.
- Encore une rentrée !
Je n’y avais pas réfléchi. Oui ! Reprendre la fac… Cela fait des années que nous surmontons ce temps de la rentrée.
Le hasard fit que l’on s’est croisé encore une fois.
- Dans Chimères, j’ai lu un article d’Alain Brossat, notre collègue de philosophie, qui parle de Paris 8, de la crise de l’université, etc. Je n’ai pas été convaincu, lui dis-je.
- Que dit-il ?
- Il parle du mouvement de l’an passé… Je ne parviens pas à saisir ce qui s’est passé. Je me sens très loin de ces choses. Depuis L’Université en transe, la répétition des grèves érode ma compréhension des enjeux.
- Il te faudrait refaire du terrain ! me dit mon ancien ami.
- Oui. Tu as raison, mais je trouve qu’avec l’âge on a tendance à faire évoluer ses terrains. L’Université ne m’intéresse plus. J’ai envie d’autre chose… Quand on voit la biographie de René Lourau, on s’aperçoit que son premier « terrain » a été la classe, et que progressivement, il s’est orienté vers autre chose…
Je pensais à L’analyseur Lip qui n’avait plus rien à voir avec l’autogestion dans une classe de 3ème…
- Antoine, je voudrais te dire que je viens de terminer un livre sur H. Lefebvre dont je corrige les épreuves, dans la collection « Les grands théoriciens » chez Ellipses. C’est une collection à 6 euros, très bien charpentée. On nous donne un cadre solide. Il n’y a plus qu’à faire le remplissage… J’ai pensé qu’il manquait un Le Play dans cette collection... N’aurais-tu pas envie de faire cet ouvrage ?
Moi, le titre qu’il me faudrait faire : G. Lapassade, sa vie, ses œuvres, ses concepts.
- Le R. Lourau serait plus difficile à proposer, dis-je à Sandrine, alors que nous prenions le café au Nord-Sud…
- Est-ce qu’Anthropos est prêt à publier d’autres livres de Lefebvre ?, me demande Sandrine. On a en réserve Au-delà du structuralisme, le Pascal, le Descartes.
- Je ne sais pas. Je n’ai pas revu Jean, depuis notre échec avec le livre d’Augustin… Je vais devoir y retourner.
Augustin voudrait que je remonte à l’assaut…
Si je larguais tout cela, je me mettrai au piano… J’ai évoqué ma lassitude avec Sandrine, mais très brièvement…
- Le colloque G. Lapassade a été un vrai succès, mais j’en suis sorti vraiment fatigué… Les IrrAIductibles…me fatiguent. J’ai envie de devenir avocat !
Il faudrait explorer ce qui se joue en ce moment chez moi. Je veux tourner une page, mais quelle page ? Ce serait un bon thème pour produire quelques nouvelles pages dans ce carnet.
Sandrine m’a obligé à faire le tour des textes qui paraissent… Il y en a encore pas mal.
Pourtant, je ne parviens pas à finir « Du journal de lecture au journal de recherche ». C’est bien dommage. Constantin l’attend pour les jours qui viennent…
Gaby attend aussi un texte sur la théorie des moments.
Pourquoi cela est-il si difficile pour moi de m’y mettre ? Je crois que derrière ma résistance, il y a une raison de fond.
- Et le numéro de Pratiques de formation ? Me demande encore Sandrine ?
- Oui, oui. Il est terminé, mais c’est surtout Lucette qui s’y est investie.
- Et le numéro de Cultures et sociétés ?
- C’est pareil. Il va sortir. D’ici 3 ou 4 jours…
Quand tout cela sera sorti, peut-être pourrais-je produire quelque chose de solide ?… Il faut changer de posture. Mes échanges avec Laetitia Gérard m’aideront probablement à changer l’horizon de mes textes…
Bon, il va être 19 h 30. Il me faut y aller.
Remi Hess
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