Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Dans le train entre Tours et Paris
Hier matin, j'ai eu la confirmation que mon voyage à Mayotte va se faire. Je vais y partir avec Lucette. On va avoir la mission de mettre en place une maîtrise de sciences de l'éducation. J'ai reçu la lettre de mission du vice-recteur. Ce que je trouve intéressant, c'est de pouvoir faire cela sur mon service… En même temps, c'est une vraie intervention d'analyse institutionnelle. Elle suscite, notamment à Paris 8, des réactions multiples qu'il me faut noter. Cependant, c'est un dossier spécifique et je développerai la description de ce travail "exotique" ailleurs. Ce que je veux seulement dire, c'est que ce chantier est pour moi d'une importance "politique" extrême. Il va devenir ma priorité de recherche. Je pense que ce travail peut prendre une ampleur considérable… Mon ambition est de faire de Mayotte une tête de pont, permettant de répondre aux besoins de formation des Comores, et pourquoi pas de Madagascar?
Sonia Altoé me demande aussi de rédiger un programme de cours pour le Brésil… Il faut, enfin, que je réponde à cette demande. C'est l'occasion de reformuler l'AI. La demande porte sur des enseignements d'analyse institutionnelle.
Il y a un peu de dépression dans le ton de mes écrits d'aujourd'hui. Pourquoi? Normalement, le mercredi, je m'occupe de Romain. Aujourd'hui, j'ai fait le choix d'aller faire une thèse. Rétrospectivement, je le regrette. Certes, j'ai été heureux de faire mon métier, de rencontrer des collègues… Mais, du coup, j'ai annulé mon mercredi avec Romain. Pour aller à Mayotte, d'accord. Mais pour Tours! Il faut arrêter cet activisme. Ils ne m'ont même pas donné les papiers de remboursement de voyage… On a vraiment bien mangé, mais tout de même! En dehors de ce contexte de démission par rapport à mon rôle de père, il y a le fait que je dors mal actuellement. Je me fais soigner les dents et cette nuit, j'ai eu mal. La conjugaison du mal de dent, de la déception par rapport à l'AG Paris, la plainte continuelle de Lucette par rapport à mes papiers qui traînent et ne sont pas rangés, tout cela se cumulant me fait perdre ma force et ma vie. Je survis mal au manque de sommeil. En même temps, c'est un passage, car bientôt, sur le terrain de la santé, tout sera en ordre. Comme je le disais à Gaby Weigand hier : cela me permettra de me lancer dans un grand chantier d'écriture. Prochain chantier à gérer: mon courrier en retard et l'organisation des soutenances de thèse en instance. Le reste se fera naturellement.
Me relisant, je m'aperçois que je n'ai pas dit que mes insomnies avaient un bon côté : elles me permettent de regarder les J.O.
Paris, mercredi 8 novembre 2000, 11 h
Pendant que Romain regarde un dessin animé, je note mon plaisir d'avoir retrouvé ce carnet… Christine vient de m'appeler pour m'annoncer qu'elle a trouvé des billets pour Berlin… Nous allons emmener Georges Lapassade dans un colloque sur L'Observation participante. Il a préparé un texte pour l'occasion.
Christine a beaucoup travaillé sur notre livre commun Le Sens de l'histoire. Il avance vite en ce moment et bien. J'ai corrigé les cent premières pages ce week-end, à la suite des épreuves du n° 40 de Pratiques de formation sur René Lourau. Ce dernier dossier sera exceptionnellement bien. Je suis très fier de ce numéro, qui est réussi sur plusieurs plans.
Actuellement, je ne vis pas très bien au niveau existentiel. J'aurais beaucoup de goût à écrire, mais je suis débordé par le travail. Lucette aussi travaille énormément, notamment sur le dossier Mayotte. Je considère ce chantier comme une socio-analyse. C'est là-dessus que je voudrais écrire, c'est-à-dire valoriser des textes déjà produits… Il y a aussi la correspondance avec de Luze à rendre prochainement, si je veux qu'elle paraisse en début d'année 2001.
J'ai commandé des exemplaires de La clé des champs que je vais faire lire à mes étudiants.
En relisant mes entretiens avec Christine, je m'aperçois de tout ce que je dois à René. C'est énorme. Beaucoup de positif, mais aussi des échecs, des déceptions… Je suis dans une période, où je pourrais produire des choses nouvelles… Romain m'appelle.
Remi Hess
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