Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Samedi 29 octobre, 14 h,
Ce matin, j’ai relu les épreuves du livre de Luca Paltrinieri, La Sanction scolaire, une approche socio-clinique, à paraitre chez Petra. C’est un livre remarquable. Il expose très clairement la différence entre règle et loi. Son chapitre sur le « groupe-sujet » est objectivement génial.
J’ai associé sur le fait que jeudi, j’ai mis à la porte de mon cours deux étudiants qui « bavardaient ». J’enseigne 6 heures d’affilée et je ne supporte pas que des gens viennent organiser, dans mon cours, un « salon » rival du mien, car, d’une certaine manière, mon cours est une sorte de salon où l’on vient pour participer à une méditation collective.
Je leur ai demandé de sortir. Ils ne bougeaient pas. Alors, j’ai commencé à remballer mes affaires et j’ai dit.
- Vous ne sortez pas ? Eh bien, c’est moi qui pars ! J’ai fait mes 40 ans. Je vais prendre ma retraite ! Adieu !
Surprise dans le groupe.
Finalement, les deux « délinquants » sortent. Je commente :
- Vous n’êtes pas obligés d’être présents à mes cours, mais si vous venez, j’exige de vous une présence à ce qui se fait ici !
Personne n’est contraint de suivre mes délires. A leur place, souvent, j’écrirai mon journal. Cela permet d’être sujet, mais sans déranger le prof !
Je suis conscient que peu de collègues peuvent avoir ma désinvolture de l’être. S’ils n’étaient pas sortis, je ne serai jamais revenu. C’est ainsi que l’on constitue des « groupes-sujet ».
J’adore mes étudiants. Je les aime. Je ne supporterai jamais que certains sabotent la beauté du moment pédagogique. J’attends de ce moment qu’il soit une transe, une hystérie ! Sinon, je pars. Je retourne dans mon atelier pour peindre. La « transe pédagogique », sinon rien ! Cela m’amuserait que mes étudiants lisent cela.
Ce qui rend insupportable une certaine manière de vivre le métier de prof, c’est que, pour gagner son salaire, l’enseignant soit obligé de faire un métier de gardien de prison. Experice ne sera jamais une prison ! C’est un espace où l’on vient pour jouir du plaisir d’être ensemble.
Remi Hess
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