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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Journal de lecture : Jeudi 11 janvier 2007

Jeudi 11 janvier 2007, 9 heures                                    

 

Lors d’un échange téléphonique avec Remi, quelques jours avant la fin 2006, je lui explique que je vis une dissociation dans mes lectures. En effet, je fixe des objectifs très précis, par exemple, lire tous les textes que j’ai de ou sur Hegel, soit une dizaine de livres environ. Ce n’est pas énorme si je ne fais que cela. Une semaine pourrait suffire, afin d’atteindre cet objectif. Pourquoi lire Hegel ?

 

La réponse est simple. Je mène une recherche sur la dialectique et je ne peux pas avancer sans que la pensée hégélienne, la plus dialectique qu’il soit, ne soit assimilée. C’est un besoin de clarification qui s’impose à moi car j’estime qu’une pensée bien saisie doit être claire et limpide pour celui qui la reçoit. J’ai lu Sartre, Henri Lefebvre, René Lourau, mais pour les comprendre, il faut lire Hegel. Tâche que je me suis imposé, il y a quelques temps.

 

Le 7 décembre 2006, lors de la journée sur Henri Lefebvre, organisée par Remi Hess à Paris 8, j’ai constaté la difficulté qu’éprouvaient certains intervenants à parler d’Henri Lefebvre. L’exemple de Jenny est frappant. Elle commence son intervention par l’universel, le particulier, et le singulier. Elle bafouille et se plante complètement. Barbara intervient pour sauver la situation en expliquant la triade conceptuelle par l’exemple du chien !

 

Jenny a le droit de se tromper comme tout un chacun, mais il faut noter que Remi Hess a fait appel pour cette journée à des spécialistes, comme lui d’ailleurs, d’Henri Lefebvre ; ce qui suppose un auditoire en partie averti. Dans ce cas, l’intervenant doit prendre ses précautions et éviter de dire des choses qu’il ne comprend pas ou ne maîtrise pas. Or, malheureusement, il y a encore des gens qui croient qu’en matière de philosophie, on peut dire n’importe quoi, du fait de la « nature » abstraite de cette pensée. De mon côté, je ne crois pas à cela, bien au contraire, la philosophie, c’est ce qu’il y a de plus précis, de plus clair, de plus identifiable et par conséquent de plus simple, sauf qu’il faut l’appréhender avec sérieux.

 

Dans le cas présent, je note que Lénine disait que l’on ne peut pas comprendre Marx si l’on ne lit pas Hegel, en précisant qu’il s’agit de « science de la logique » ou tout simplement la grande œuvre de Hegel qui est la Logique. Lorsque l’on lit Henri Lefebvre, on se rend bien compte de cette nécessité de lecture de Marx, Hegel, Lénine, etc.

 

En entendant parfois certains parler d’Henri Lefebvre, je me dis que ceux qui n’ont jamais été marxistes ne peuvent pas transmettre la pensée lefebvrienne car ils sont incapables de la comprendre. Bien entendu, j’emploie le terme marxiste au sens large du terme : vision du monde, de l’histoire et de l’homme. Il ne s’agit pas du marxisme partisan qui souffre du réductionnisme extrême.

 

Pour aboutir à ce marxisme, le passage par Hegel s’impose comme une nécessité.

C’est pour toutes ces raisons que je décide de lire et relire Hegel. Suivant ainsi la méthode régressive-progressive défendue par Henri Lefebvre, lequel affirme qu’il l’a trouvée chez Marx.

 

Pour revenir à mon objectif cité ci-dessus, je ne l’ai pas atteint, en raison de ma dispersion entre plusieurs lectures, parfois pour des contraintes pratiques : temps, espace, disponibilité, fête, famille ou ami. Ou encore pour des rencontres ou des hasards… Hegel dit : pour faire de la philosophie, il faut être libéré des soucis matériels et mondains. Je n’ai pas ce privilège, mais je tiens à comprendre et c’est vital pour moi. Je continue donc à lire Hegel.

 

J’en étais à G.W.F Hegel, Le droit naturel (1). L’ouvrage comprend 200 pages dont la moitié est du traducteur, commentateur. Présenté sous forme scolaire, l’ouvrage est rendu difficile à lire. Contrairement aux ouvrages de Hegel lus précédemment, celui-ci très alourdi par les notes…etc. et est presque illisible. Je l’ai lu entièrement, mais je n’ai pas retenu grand chose. Pourtant, la question du droit est intéressante car elle renvoie à la politique et à l’Etat qui sont au cœur de la philosophie hégélienne. Je jette un coup d’œil sur le livre, que j’ai terminé il y a plus d’une semaine. Je constate que je n’ai pas souligné grand chose. C’est bien la preuve de la difficulté rencontrée au cours de la lecture.

 

Je reprends la lecture de l’Encyclopédie de la Pléiade et j’observe que je me suis arrêté à la page 883 au paragraphe suivant : « L’Etat est le moment suprême de l’esprit objectif (mais non pas de l’esprit absolu, art, religion, philosophie). Il est la pleine réalisation de l’esprit objectif. La conscience individuelle, en sacrifiant à l’Etat ses intérêts particuliers et même, dans une guerre, sa propre vie, s’élève à un universel supérieur à la société civile où chacun n’est guidé que par ses intérêts, et progresse donc dans la réalisation de l’esprit ». p 883.

 

Avec Hegel, la dialectique mène à tout, y compris à la religion, Chrétien, Luthérien qu’il fût, il aborde le christianisme d’une manière historique et dialectique : Création, Incarnation, Passion et Résurrection du Christ. Négation, affirmation ou l’infini dans le fini.

 

Fichte me donne raison de ne pas m’arrêter à la lecture de la partie concernant Hegel, car je découvre chez le premier les prémices de la dialectique. « Tout doit être compris suivant la notion de conflit » p 907.

 

(1) G.W.F Hegel, Le droit naturel, trad. et préface par André Kaan, Paris, Gallimard, 1972.

Benyounès Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

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