Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

Publicité

Journal d'Hélène M., un exemple de journal de formation pour la licence en Sciences de l'éducation à l'IED de Paris 8 (3)

JOURNAL n°1

du 30/10/2010 au 27/01/2011

 

INTRODUCTION

Le temps est provisoirement venu d'essayer de tirer quelques réflexions de cet objet écrit non identifié. Provisoirement, car l'urgence de le rendre ce jour ne me laisse pas le temps suffisant pour prendre de la distance, de la hauteur, même si un petit pas dans ce sens s'est fait avec le travail de mise en forme et d'indexicalisation.

 

K. a accepté de me lire, même si je ne peux valider sa matière dans mon cursus. Mon inscription à Paris 8 s'est faite sur cette volonté d'approcher la pratique du journal, ce journal sera totalement finalisé pour la remise à cette enseignante.

 

C'EST QUOI CE JOURNAL?

Tout au long de ce travail cette question s'est posée.

C'est quoi ce journal ? Qu'est-ce que je suis en train de faire ? Est-ce un journal de lecture ? Est-ce que je réponds à la demande ? Et puis d'autres questions : est-ce trop intime? Trop long? Y a-t il assez de réflexions ou au contraire de trop?

Pourtant, régulièrement je suis allée consulter les journaux des étudiants précédents mis en ligne sur la plateforme et j'ai toujours constaté à quel point ils étaient différents les uns des autres.

Pourquoi tant de questions?

Ayant une pratique du journal intime assez longue, il y a toujours eu, durant ces trois mois, une sorte de combat pour ne pas retomber dedans. Vaincue d'avance je me suis arrangée comme je pouvais avec ce que je suis et ce qu'on me demandait. J'ai trouvé un compromis le 27/11/2010 en nommant ce journal, Journal de ma formation.

Quelques temps après, j'ai fait un retour sur cet acte en le qualifiant d'instituant. Le détournement de la commande n'était plus un compromis mais une affirmation de ce que j'étais, une sorte de révolte contre l'institution, contre des évaluations que je ne voulais pas subir, contre ces études qui me prennent tant de temps. Remettre de la vie dans ce qui me semblait presque être une entrée au couvent. Paradoxalement, alors que je me libérais de l'emprise de l'institution, je tombais, je crois, sous celle de mon journal. Remi Hess lorsqu'il évoque la théorie des moments dit que cela permet

d'objectiver ce qui nous objective. Objectivée par la formation, je m'en suis dégagée par le journal qui m'a à son tour objectivée.

Lorsqu'il a fallu rendre mon premier journal en psychosociologie, je me suis rendue compte de l'énormité du travail qu'une mise en forme nécessite et que paradoxalement le retour sur mon écrit m'en éloignait peu à peu, il me devenait étranger. Il est devenu un objet extérieur à moi, un objet d'étude à traiter. Examinons la parole de cette étudiante qui est entrée en formation à distance à Paris 8 en L3 des Sciences de l’Éducation le 30/11/2010. J'ai objectivé mon journal.

Loin de moi, l'idée de nier, les découvertes et les fantastiques rencontres que j'ai faite lors de ces trois mois : l'approche de la dialectique, la découverte de Schleiermacher et du premier romantisme allemand, la théorie des moments.... et puis bien sûr cette cerise sur le gâteau qu'est Georges Lapassade et ce surcroit d'envie de vivre que ses écrits ne cessent de me procurer.

Cependant, le plus grand apport restera ce qui s'est passé avec ce journal. J'ai touché quelque chose réellement, je l'ai vécu, il me reste à passer au conçu. Des ébauches sont là, en germe, et je suis heureuse d'avoir découvert par ces enseignements le travail fantastique qui a déjà été mené sur la pratique du journal, sa théorisation et je me réjouis déjà à l'idée de l'aborder le plus systématiquement possible.

C'est en 2006 que je suis tombée par hasard sur le livre de Remi Hess, La pratique du journal, l'enquête au quotidien. Cela avait été une révélation, alors j'ai pratiqué, toute seule, dans mon coin, faisant mes petites découvertes, testant des applications, au gré des occasions.

Ce n'est qu'avant hier que je l'ai ré-ouvert pour m'aider dans mon travail d'indexicalisation. D'une part car il me fallait le retrouver (je n'ai cessé de le prêter pour tenter de « contaminer » d'autres à cette pratique) et d'autre part car inconsciemment, je crois que je sentais qu'il allait trop m'influencer et que je ne pourrais plus mener cette expérience librement.

Librement !

Durant ces presque 3 mois, je me suis souvent interrogée sur le silence de K. dans le cours du journal appliqué. Je n'en connais pas le sens réel, mais je peux aujourd'hui en mesurer les effets.

Cet espace créé, pour mettre en ligne mon journal, ce petit groupe qui s'est constitué dans cette matière, s'est révélé être comme le divan chez un psychanalyste. Je n'ai pas pu mener d'analyse, vivant en campagne (j'en parle dans ce journal), mais je sais ce que j'attends d'un professionnel : qu'il soit là et qu'il se taise.

K. s'est tue et je l'en remercie.

Au cours de l'écriture de ce journal, je n'ai cessé de me battre et de rationaliser mon refus des évaluations « je m'en fous, je ne veux pas changer de métier », « je ne vais pas me mettre à courir, à mon âge, derrière un bout de papier ». En relisant mon journal, j'ai souvent souri, en voyant ma mauvaise foi et mes gesticulations intellectuelles sur ce sujet.

En approchant la mise en forme pour le cours de psychosociologie, en tentant de la systématiser pour celui des Grandes Figures de la pédagogie, j'y ai attribué un autre sens. Se soumettre à la validation, aux évaluations, ce n'est pas aller chercher une note, c'est accepter de rendre un travail inachevé, de faire un compromis acceptable pour soi et pour l'autre. Rendre un travail inachevé, c'est s'autoriser à faire une pause pour continuer ensuite, ou pas !

Depuis que j'ai découvert le livre de Remi Hess, j'ai souvent pensé et parfois tenté d'utiliser cet outil avec d'autres mais sans m'y investir vraiment. Ces derniers temps, avant mon entrée à Paris 8, la mise en place de rédaction de journaux militants commençait à m'obséder sérieusement, d'où mon inscription.

Je comprends maintenant pourquoi il était bon d'attendre. Cette expérience vécue, de commencer un journal extérieur à soi, devant avoir un début et une fin, doit être testée sur soi avant d'en parler à d'autres, il me semble que c'est un rite de passage. Une idée à travailler peut-être......

Alors voilà, je tiens à remercier les enseignants qui m'ont permis de vivre cela, les copines du journal pour leur présence et leur soutien, et puis celles et ceux qui ont accepté que je les néglige pendant que je menais cette expérience.

 

le 26/01/2011 5h33

 

Hélène M.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article