Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Samedi 13 décembre 2008,
Stefan Sweig, Nietzsche, Ed Stock, Coll. «La bibliothèque cosmopolite»,1996, 150p.
Lu hier une trentaine de pages rapidement. Je n’ai rien écrit sur cette lecture. Je vais relire ces trente pages.
«Je fais cas d’un philosophe dans la mesure où il est capable de fournir un exemple». Considérations inactuelles.
Tragédie sans personnages qui se joue par Nietzsche dans la solitude presque absolue. Sans amis, ni femmes, ni enfants; même les lieux sont passagers et éphémères. Cette tragédie se confond avec la vie et l’œuvre de Nietzsche qui sont le principal acteur, sans scènes, ni témoins, ni spectateurs. La volonté et le grand destin se conjuguent en Lui.
Portrait bref de Nietzsche sur lequel un regard d’un homme de lettres est posé. On a l’impression que la vie de Nietzsche peut être décrite en une journée : chambre d’hôtel, vieux meubles, minimum pour écrire, peu de nourriture, santé très fragile, pas de relations, insomnie, médicaments… La journée ainsi décrite résume au moins 15 ans de sa vie.
Zweig décrit la souffrance extrême de Nietzsche en lien avec la nature et le climat. «Je ne suis ni esprit, ni corps, mais une tierce chose. Je souffre pour tout et partout»p 34 Nietzsche.
L’auteur nous fait une révélation heureuse sur la liberté de Nietzsche. En effet, la souffrance ou la maladie a été d’un grand secours à Nietzsche, lui permettant d’échapper au service militaire, à l’université en tant que philologue, mais encore au livre (libéré du livre). «La douleur cherche toujours à connaître les causes, tandis que plaisir a tendance à rester où il est sans regarder en arrière»p39.
«Je connais mieux la vie, parce que j’ai été si souvent sur le point de la perdre»p 40 Nietzsche.
La maladie de Nietzsche le pousse à chercher en profondeur pour se découvrir. La santé vient au bout de la douleur, telle une perspective de transformation de soi. C’est la jouissance et le raffinement tant souhaité. Les deux extrêmes se lien entre eux pour donner une pensée.
«Les deux extrémités du sentiment pénètrent en même temps sa poitrine haletante, et dans ses tempes frémissantes le sang fait bruire à la fois la vie et la mort en une musique unique et apocalyptique»p43.
Oser comparer Don Juan à Nietzsche, offre à Zweig la possibilité d’aller aux tréfonds de la philosophie. Celle-ci reste une aventure maîtrisée pour les grands, tels que Kant, Hegel, Schopenhauer… tandis que pour Nietzsche, c’est tout à fait le contraire, c’est une aventure tout court avec laquelle il vit et respire. Conquérant sans glorifier l’objet de la conquête, il n’habite pas la pensée, il la savoure et entre en elle. «C’est l’éternelle vitalité qui importe, et non pas la vie éternelle»p55 Nietzsche.
Benyounès Bellagnech
Mis en ligne par Bernadette Bellagnech
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