Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Mardi 18 novembre 2008,
Ce chapitre traite des Allemands, tels que Nietzsche les connaît. Il commence par souligner les bons côtés de la nation allemande avant d’y émettre ce qu’il appelle ses objections :
- «Les Allemands s’ennuient maintenant de l’esprit, les Allemands se méfient maintenant de l’esprit. La politique dévore tout le sérieux que l’on pourrait mettre aux choses vraiment spirituelles»p66.
-Les ravages de l’alcoolisme, la bière dans tous les milieux. Il s’agit d’une dégénérescence collective.
-Le dépérissement de l’esprit dans son instinct.
- Pas d’éducation de noblesse. Les lycées et l’université sont des lieux d’apprentissage utile, la science qui domine au lieu et place de la pensée.
-Les éducateurs doivent apprendre à voir, à penser, à parler et à écrire; dans ces trois choses, le but est une culture noble.
«Savoir danser avec les pieds, avec les idées, avec les mots: faut-il que je dise qu’il est aussi nécessaire de le savoir avec la plume, - qu’il faut apprendre à écrire? - Mais en cet endroit, pour des lectures allemandes, je deviendrais tout à fait une énigme…»p73.
Flâneries inactuelles
Les dernières lignes de ce chapitre résument ce que veut dire tout le reste. En effet, chaque fragment de ces cinquante pages contient une idée, une opinion, un point de vue et parfois une analyse. Cela commence par certains auteurs, se termine également par des auteurs et entre les deux des notions morales ou des concepts tombent sous les coups de marteau, la justice, l’égalité, la morale, la religion, la classe ouvrière, la philosophie.
Lire le chapitre sans s’arrêter m’est apparu comme la méthode spécifique pour ce texte. Les détails de chaque auteur cité ou thème abordé ne peuvent être saisis que dans l’ensemble. Nietzsche, dans ses flâneries, met en œuvre sa philosophie critique.
«L’aphorisme, la sentence, où le premier je suis passé maître parmi les Allemands, sont les formes de l’éternité»; mon orgueil est de dire en dix phrases ce que tout autre ne dit pas en un volume…
J’ai donné à l’humanité le livre le plus profond qu’elle possède, mon Zarathoustra : Je lui donnerai sous peu son livre le plus indépendant»p125.
Ce que je dois aux anciens
Est-ce une introspection? Non. Nietzsche rejette plus qu’il prend. Dès le lycée, il constate : «J’avais tout appris d’un seul coup. Serré, sévère, avec au fond autant de substance que possible, une froide méchanceté à l’égard de la belle parole et aussi à l’égard du beau sentiment - c’est à toutes ces qualités que je me suis deviné»p127.
Nietzsche rejette et ne retient par exemple de Rome qu’Horace. Quant aux Grecs, pas grand-chose non plus à retenir si ce n’est Thucydide et Dionysos.
Dans cette configuration, Platon devient le pire ennemi ou le philosophe de la décadence. Nietzsche termine par un hymne à la vie que l’Eglise a tout le temps combattu.
«L’origine de la tragédie fut ma première transmutation de toutes les valeurs : par là je me replace sur le terrain d’où grandit mon vouloir, mon savoir - moi le dernier disciple du philosophe Dionysos - moi le maître de l’éternel retour…»p135.
Le Marteau parle
Le chapitre précédent n’est pas le dernier de ce livre. C’est une erreur que je me presse de corriger. En fait, Nietzsche conclut le livre par un extrait d’Ainsi parlait Zarathoustra : Devenez durs! p138.
Benyounès Bellagnech
Mis en ligne par Bernadette Bellagnech
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