Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Jeudi 18 septembre 2008,
Lire le journal d’un philosophe est une manière d’accéder à sa pensée par petits bouts. Cela permet en effet de suivre les étapes de l’élaboration des idées. Kierkegaard aurait pu écrire un traité sur l’amour d’une manière abstraite, en ayant recours au patrimoine philosophique. Ainsi, on aurait un livre de lui traitant de l’amour. Il fait le choix d’appeler son journal Le journal du séducteur. Il se pose d’emblée comme sujet de sa méditation ou plutôt de sa réflexion. Le lecteur ne fait que suivre la démarche du philosophe. De la rencontre, en passant par les fiançailles jusqu’à la rupture des fiançailles. Chemin faisant des thèmes secondaires s’introduisent dans la démarche descriptive, informative ou encore explicative. Tout cela écrit sous forme de prose, tantôt de lettres ou correspondances, tantôt de dissertations sur une question précise.
Ce journal, comme celui de Kafka, regorge d’idées qui sont susceptibles d’intéresser le lecteur des 19, 20 et 21ème siècles. Je le classe dans les références de l’éducation sentimentale.
Soren Kierkegaard, Traité du désespoir, Ed Gallimard, coll. Idées, 1969. (Première édition française en 1949). L’ouvrage est écrit en 1848 et publié en 1849 sous le titre La maladie mortelle.
Peut-être pas duplicité, mais dissociation. Cette phrase me vient à l’instant en réaction au dernier mot de l’introduction qui compte 46 pages, quand même ! signée Jean-J Gateau. Elle retrace le parcours de Kierkegaard en mettant en exergue l’éducation de ce dernier et son rapport avec le père. L’auteur pense que cette éducation hostile et rigoureuse a déterminé définitivement le devenir de Kierkegaard.
Une chose m’intéresse dans cette introduction. Il s’agit des références aux journaux de Kierkegaard. Ceci conforte la lecture que j’ai faite du Journal du séducteur et m’incite à lire ses journaux. Ainsi, Kierkegaard serait un grand diariste qu’il faudrait étudier.
«D’ordinaire, le réel confirme le possible, ici il le nie»p 61. Il me semble que je vais faire une lecture très éclectique de cet ouvrage. Je vais volontairement faire en sorte de ne retenir que ce qui me convient et laisser de côté la dimension religieuse de l’auteur. Rien ne m’oblige à essayer de tout comprendre, notamment lorsqu’il s’agit de formules abstraites.
«Un poignard ne vaut rien pour tuer des pensées»p 66. «Le moi est formé d’infini et de fini. Mais sa synthèse est un rapport, qui, quoique dérivé, se rapporte à lui-même, ce qui est la liberté. Le moi est liberté. Mais la liberté est la dialectique des deux catégories du possible et du nécessaire»p 82.
«Le moi contient autant de possible que de nécessité, car il est bien lui-même, mais il doit le devenir»p 94.
Dans ce chapitre «Personnification du désespoir», Kierkegaard a recours au possible et au nécessaire. Dit-il des choses accrochantes? Non, je ne le pense pas. Exemple: «La personnalité est une synthèse de possible et de nécessaire»p 101.
La dialectique de Kierkegaard a l’air d’être trop abstraite pour quelqu’un comme moi qui cherche en ce moment des pistes concrètes ou des réponses à des questions précises. La dialectique de Kierkegaard est duale et manque de médiation. Ceci ne veut pas dire qu’elle est sans intérêt. Le moi de ce philosophe est utile à la compréhension de l’existence et de l’existentialisme.
Benyounes Bellagnech
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