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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 12:23

Lundi 21 juillet

 

Conscient de la difficulté que je rencontre lorsque je mène de front une telle lecture en ayant recours au journal. Dans certaines disciplines, la tâche parait facile compte-tenu de la facilité des idées ou de l’unité de l’objet ou encore l’accessibilité de la méthode, etc. Ce n’est pas le cas en philosophie. Lorsque je pense, qu’il n’y a pas longtemps, j’ai lu L’existentialisme d’Henri Lefebvre, sans beaucoup d’enthousiasme, je réalise que je n’ai pas retenu grand-chose de cette lecture.


C’est aussi le cas aujourd’hui ; je me trouve un peu dans la même situation vis-à-vis de ce que j’ai lu hier, notamment sur Parménide. La place qu’occupe celui-ci dans la philosophie est prépondérante, pourtant, je n’ai retenu de lui, interprétée par Nietzsche, que la question de l’être et le non-être (le néant). Faut-il reprendre cette lecture ? Je me rends compte que le temps de la lecture philosophique est plus long que le temps consacré à d’autres lectures.


De ce que je viens de lire, je note brièvement que Nietzsche passe à Anaximandre, le décrivant d’abord comme un voyageur errant. Il attribue à celui-ci une pensée qui contredit cette vie errante, précisant qu’elle est plutôt celle d’un vieux sédentarisé. Bien qu’Anaximandre soit contemporain d’Héraclite et de Parménide, celui-ci essaie de combattre l’idée du devenir et du passage ou du lien entre l’être et le non-être.

Il est à noter que Nietzsche trouve dans la pensée d’Anaximandre, l’origine de la pensée : concepts et mots qui ne veulent rien dire.


L’idée de l’être Unique, indivisible, immuable, développée par Anaximandre, est la philosophie que Nietzsche soumettra à une critique radicale.


« Le concept de l’être ! Comme si l’origine empirique la plus misérable n’apparaissait pas déjà dans l’étymologie du mot !
Car esse signifie au fond respirer : si l’homme emploie ce mot en parlant de toutes les choses, c’est que, par métaphore, c’est-à-dire par un procédé illogique, il transpose la conviction qu’il respire et qu’il vit, à toutes les autres choses dont il conçoit l’existence comme une respiration analogue à la sienne». p.73


Dans la continuité, Zénon participe à la fondation de la métaphysique en mettant au centre la notion ou le concept de l’infini. Nietzsche rapporte les démonstrations de cette théorie en citant l’exemple d’Achille et la tortue ou encore celui de la flèche immuable et stable. Il s’agit, pour l’auteur, de pousser la logique jusqu’au bout, niant ainsi le réel et le sensible. Zénon rejoint Parménide.


« La pensée et cet être noueux, rond comme une boule, absolument massif et mort, figé et immobile, devaient d’après Parménide, et pour la terreur de l’imagination, coïncider absolument et être parfaitement un. Qu’importe que cette identité contredise les sens ».
p 76.


La page 77 est à relire pour dégager la critique de Nietzsche adressée à la pensée précédente de l’être infini et immuable, ainsi qu’à la vérité de l’identité réelle de l’être et de la pensée que sont les sens eux-mêmes.


Anaxagore, Empédocle et Démocrite sont classés par l’auteur parmi les ennemis de l’Un. L’être immuable, Anaxagore prône le mouvement des êtres. Nietzsche n’utilise pas le matérialisme, titre que l’on donne à ces philosophes. Néanmoins, il évoque la matière et son mouvement dans l’espace, ce que Parménide qualifie d’illusion. L’auteur développe cette polémique avec des arguments contradictoires des uns et des autres, p 78.


Le mouvement est pris au sérieux par Anaxagore. Il se heurte à l’infini de Parménide, mais il essaie de le résoudre. Il est confronté à l’origine de tout mouvement et il recourt à la mécanique et par la suite au corps qui agit sur un autre corps. Le nous agit sur les autres matières. Ce nous est l’esprit. « Bref, Anaxagore admettait qu’il y avait eu à l’origine des temps un premier mouvement qui était en quelque sorte le germe de tout le devenir, c'est-à-dire de tout changement, de tout déplacement, de toute révolution des substances éternelles et de leurs particules. Même si l’esprit est par lui-même éternel, il n’est nullement contraint de s’épuiser depuis des éternités à mouvoir en tout sens des grains de matière, et dans tous les cas il y a eu un temps ou un état de ces particules de matière – peu en importe la durée longue ou brève – dans lesquels le Nous n’avait pas encore agi sur elles, dans lesquels elles ne se mouvaient pas encore. C’est la période qu’Anaxagore appelle le chaos ». p 87.


En terminant la transcription du paragraphe ci-dessus, je me suis interrogé sur ce que signifie le chaos. Nietzsche se charge de l’explication dans les pages suivantes. Il s’agit en fait de l’ensemble de la théorie d’Anaxagore. L’auteur nous explique que le philosophe, contrairement à Parménide, construit sa théorie du chaos sur la base de l’observation de la nature, du vivant, de la matière : les arbres, le pain qui devient chair, l’or qui concentre les particules, le rapprochement des corps, etc. D’où viennent ces mouvements et où se dirigent-ils ? Quel en est le principe ? L’éther et l’air, le mélange qui crée l’univers.


Nietzsche conclut ce chapitre sur le chaos en paraphrasant Kant subjugué devant Anaxagore : « Donnez-moi la matière, et je construirai un monde ! ». p 94.


Alors que cette référence à Kant donne l’impression qu’il en termine avec Anaxagore, Nietzsche poursuit son explication de cette théorie d’Anaxagore. Il l’inscrit dans le contexte grec et l’origine de ce Nous, principe de tout mouvement rejoint ; ce qui a été dit par Héraclite et qui résume toute la civilisation grecque.


« Le devenir n’est pas un phénomène moral, c’est un phénomène esthétique »
ou encore la valeur de l’existence pour Anaxagore est « de me permettre de contempler le ciel et l’ordre du cosmos ». C’est le jeu de l’enfant et le travail de l’artiste.


« S’interdire de jouer librement avec les possibles », voici une phrase extirpée de son contexte qui me fait bondir. En effet, depuis ma décision de travailler sur le possible, je réagis à chaque fois que je tombe sur le mot possible.


Nietzsche dit que la pensée d’Anaxagore domine en quelque sorte la pensée grecque ; la preuve en est qu’Empédocle et Démocrite devaient se positionner par rapport à elle. Simplifier ce qui est complexe. Le mouvement est simplifié par le Nous qui devient l’amour et la haine avec Empédocle, lequel sera suivi plus tard par Socrate et Platon. Voir conclusion p 104-105. Le pessimisme et l’optimisme interviennent en s’imposant dans le débat.


« Le Tragique considéré comme un jeu. Le génie. Héraclite : rivalité, jeu ».
p 106.

« Le savoir n’est pas la source de la justice et n’est pas fécond.

Il nie la civilisation ». p 107.

Quand on a la foi, on n’a pas besoin de connaissance !.

« La volonté de caractériser : méthode pour arriver au rationnel. L’essence de la matière est la logique absolue. Le temps, l’espace, la causalité, postulats de l’effet possible » p 108.

« La nature procède de même dans tous les domaines, une loi qui vaut pour l’homme vaut pour toute la nature. L’homme est vraiment un microcosme. Le cerveau, chef d’œuvre de la nature » p 109. Ces extraits font partie de notes de Nietzsche préparant le cours sur les Grecs. C’est un mélange de résumé et de projet de cours suivants. Il reprend l’idée de la tragédie et de la lutte contre les mythes : c’est ce que font les Grecs, dans la pensée et en politique : séparation ou rapprochement des cités.


Quelques pages détaillant le parcours d’Empédocle, coordinateur de la pensée grecque, mais aussi créateur d’une nouvelle voie mêlant la nature et l’homme. Ce dernier, comme le cosmos, est entre l’amour et la haine, les choses qui se rapprochent et les choses qui s’éloignent. Les choses ici équivalent les corps et la matière. Il intègre à la fois le fini et l’infini, ainsi que les quatre principes.


Il faut noter que Nietzsche s’attarde sur Empédocle mi-homme, mi-dieu de la Grèce. Avec lui, on commence à entrer dans l’ère de Pythagore.

 

Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/

               

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 09:20

Dimanche 20 juillet

 

Je me suis précipité hier en parcourant rapidement les propos sur Anaximandre. J’ai failli passer outre une partie qui me semble intéressante à transcrire ici. Qui est en fait Anaximandre ? « Il vivait comme il écrivait, il parlait avec autant de solennité qu’il s’habillait. Il levait la main, il posait le pied comme si cette vie eût été une tragédie dans laquelle il était prédestiné à jouer un rôle héroïque » p.49.


Anaximandre dépasse Thalès et sa volonté ou son besoin de réduire la pluralité à l’unité en s’interrogeant : « Comment la pluralité est-elle possible ? » p.43. La pluralité se dévore sans cesse et se nie elle-même. La cause en est la mort, d’où la morale ; elle n’est pas justifiée, mais elle s’expie sans cesse par la mort.


L’impossibilité de trouver une origine de l’indéfini qui devient défini, autrement-dit, le passage de l’un à l’autre, conduit Anaximandre à la mystique, à la contemplation de l’univers dans une nuit prolongée. Le devenir reste indéfinissable car il est infini et indéfini.

Sans cette note que j’allais omettre, il me serait difficile d’établir le lien entre Anaximandre et Héraclite, tel que Nietzsche essaie de le faire. On a l’impression avec lui d’un enchaînement d’idées. En effet, chaque philosophe part du point où son prédécesseur s’est arrêté.


L’intuition contre la raison, c’est le credo d’Héraclite : « Toute chose, en tout temps, réunit en soi tous les contraires » p.46. Aristote accuse cette expression de crime suprême contre la raison, de pêché contre le principe de contradiction. Tout le devenir naît du conflit des contraires. La justice éternelle est une lutte permanente des contraires.

Dois-je ajouter autre chose à ce que dit Nietzsche sur Héraclite ? Non, pour l’instant, je me contente d’admirer le passage et de me dire qu’il faut que je revienne aux sources de la dialectique, c’est-à-dire à Héraclite.


Il faut noter qu’en commentant ce dernier, Nietzsche revient et cite souvent Schopenhauer et pas les autres philosophes allemands, pourquoi ?


Plus j’avance dans ce chapitre consacré à Héraclite, plus je me dis que Nietzsche fait la part belle à ce philosophe. Aussi, je constate que le commentaire est plus approfondi avec des textes à l’appui en bas de page. Je ne sais pas si cette édition de l’ouvrage est du fait de l’auteur, de l’éditeur ou encore du traducteur ! En tout cas, l’étude d’Héraclite se prolonge, comparée aux études de ses prédécesseurs.


La forme, la métamorphose, le feu, la mer, la terre, le jeu, l’enfant et l’artiste, ce sont les notions qu’étudie Nietzsche en introduisant sa grille de lecture et sa philosophie qui est également une démarche de recherche et de commentaire. « Ce qu’Héraclite a contemplé, la présence de la loi dans le devenir et du jeu dans la nécessité, sera désormais contemplé éternellement, c’est lui qui a levé le rideau sur ce spectacle sublime.» p.61.


Bien qu’il vécut à peu près à la même époque que les philosophes cités, Parménide pose les mêmes questions que ses prédécesseurs, mais il apporte des réponses tout à fait opposées  à celles d’Anaximandre et d’Héraclite.


Parménide invente quelque chose de nouveau, que l’on peut résumer dans l’être et le non-être. Il réalise le passage de l’un à l’autre par l’Aphrodite et le désir qui s’éteint avec la mort.

 

Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/

 

 

    

     

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 17:22
Samedi 19 juillet

 

Ce matin, je ne vais consacrer qu’une petite heure à la philosophie. J’ai rendez-vous à 10h30 pour finaliser le n°1 du bulletin du RESAO.


Nietzsche consacre à peine quatre pages au successeur de Thalès. Du « tout est un », nous passons avec Anaximandre de Milet à la notion de l’indéfini, l’illimité, l’infini. L’auteur rapporte la phrase suivante, précédée par un commentaire élogieux sur le style d’Anaximandre : « Ce dont naît ce qui existe est aussi ce vers quoi procède la corruption selon le nécessaire ; car les êtres se paient les uns aux autres la peine et la réparation de l’injustice, suivant l’ordre du temps. » p.40


Sur la base de cette phrase, Nietzsche développe un commentaire ou une interprétation démontrant la profondeur de la pensée d’Anaximandre. En effet si le défini est voué à la disparition et à la mort, il ne reste donc que le devenir. Toutefois, quelle pourrait être l’origine de ce devenir ou son principe ? Il ne peut pas être dans le défini. Il s’agit donc de la métaphysique.

 

Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/

  

 

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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 14:22
Vendredi 18 juillet

 

Je commence tôt ce matin par m’interroger sur ce que j’ai retenu de la lecture de la veille.


J’ai souligné quelques passages que je reprends ici : « Qu’est ce que la beauté sinon l’image où nous trouvons reflétée la joie extraordinaire qu’éprouve la nature quand une possibilité (c’est moi B qui souligne) de vie, nouvelle et féconde, vient d’être découverte ? Et qu’est ce que la laideur, sinon le dépit contre soi-même, quand on doute que l’art soit encore capable de nous séduire en faveur de la vie ? » p.28

Je suis attiré par les définitions, non pas par celles des dictionnaires et ce malgré leur utilité, mais par celles des philosophes. L’auteur donne une définition de la beauté et de la laideur, non pas en vue d’expliquer ce que ces mots veulent signifier, mais la définition intervient dans l’élan du discours, dans son flux ; c’est un passage vers quelque chose, afin d’atteindre un but lointain et proche à la fois. C’est la vie et la civilisation grecques qui intéressent l’auteur, lequel cherche à expliquer pourquoi la philosophie est grecque, présocratique et non pas autre chose.


Je souligne encore : « Chaque fois qu’un homme s’est trouvé tenté de se retirer à l’écart et de refermer autour de lui une barrière d’isolement égoïste, la philosophie a été prête à aggraver son isolement et à le détruire par cet isolement. Elle est dangereuse dès qu’elle ne jouit plus de la plénitude de ses droits, et seule une parfaite santé nationale lui assure ces droits – encore n’est-ce pas vrai de tous les peuples». p.26. Je me demande pourquoi je reprends ce passage ? Probablement parce qu’il me parle. En effet j’ai remarqué que mes lectures philosophiques surviennent à des moments où je décide de m’isoler, de ne pas trop me déplacer et d’éviter certaines activités dites de distraction, en d’autres termes, d’être en compagnie des autres. Pourtant, Nietzsche a l’air de dire que c’est le contraire qu’il faut pour le philosophe et la philosophie. En le suivant, j’en déduis que je ne suis pas philosophe et que ce que je fais n’est pas de la philosophie. Qu’est-ce que je suis en train de faire donc ? Je lis des livres de philosophie. Pourquoi ? Pour l’instant, je n’ai pas de réponse à cette question.


Nietzsche écrit plus loin que ces philosophes sont des inventeurs. « En effet, ils ont inventé les principaux types de l’esprit philosophique auxquels la postérité toute entière n’a rien ajouté d’essentiel » p.28 


Après des considérations générales sur la philosophie grecque du V et VI siècle, l’auteur propose d’étudier ces philosophes un par un. Il commence par Thalès. Auparavant, il conclut ces considérations en disant « (…) ayez d’abord une civilisation, puis vous apprendrez ce que veut la philosophie et ce qu’elle peut » p.34.


Pour résumer l’idée principale qui fait de Thalès le premier philosophe, l’auteur nous apprend que le principe « Tout est un » que l’on retrouve chez tous les autres mystiques, constitue le point de départ philosophique. « Le mot grec qui désigne le sage est lié étymologiquement à sapio, je goûte, sapiens, le dégustateur, sisyphos, l’homme au goût extrêmement subtil. Une faculté aigue de goûter et de connaître les choses, une aptitude remarquable au discernement constitue donc, dans l’esprit du peuple, l’art propre au philosophe » p.38.


Pour distinguer la philosophie des autres modes de pensée, l’auteur explique : « La science se précipite sans choix, sans délicatesse, sur tout ce qui est connaissable, avec le besoin aveugle de tout connaître à tout prix ; la pensée philosophique au contraire est toujours sur la piste de ce qui mérite d’être su, des connaissances grandes et essentielles».  p.38.


Pour revenir à la pensée de Thalès, Nietzsche la résume dans : « L’eau est le principe de toute chose ». Plus loin, il reprend sa définition du philosophe : « Le philosophe cherche à faire résonner en lui la symphonie universelle et à la projeter hors de lui en concepts. Contemplatif comme l’artiste, compatissant comme l’homme religieux, curieux des fins et des causes comme le savant, tout en se dilatant aux mesures du macrocosme, il conserve assez de présence d’esprit pour se considérer froidement comme le reflet de l’univers ». p 39.

 

Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/

 

   

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 09:39

Journal philosophique

 

    Jeudi 17 juillet 2008

 

La publication de « Dialectique et pédagogie du possible, métanalyse » dans la collection « Philosophies » est le déclencheur de l’idée d’écrire ce journal. En effet ,une telle décision ne se prend pas avant d’avoir le temps de mûrir. Dans cette thèse publiée, on trouve maintes références à des ouvrages philosophiques ou à des philosophes. Ma formation universitaire de base est philosophique.

Depuis ma rencontre avec l’analyse institutionnelle, mon intérêt pour la philosophie n’a pas entièrement disparu, mais il a quand même diminué sensiblement.

Ma rencontre avec Augustin est l’occasion de parler philosophie, je me souviens du jour où il m’a invité à manger dans un restaurant turc ; nous avons beaucoup parlé philosophie car, à l’époque il préparait une thèse sur Kierkegaard.

La rencontre, dans le cadre des irrAIductibles de L. fut aussi l’occasion d’aborder des thèmes d’ordre philosophiques. L. a également soutenu une thèse dans la discipline. Avec elle, les discussions se transforment rapidement en disputes, c’est la raison pour laquelle il m’est arrivé une fois de lui écrire que « la philosophie ne m’intéresse pas en ce moment !».

J’ai écrit quelque part que j’étais un lecteur de Nietzsche, ce qui demeure encore vrai. Parfois cette lecture prend l’allure d’un repos. Je suis, comme on dit, en vacances et même si j’ai plusieurs projets d’écriture, je me remets à la lecture de Nietzsche, avec une particularité cette fois-ci, non pas par envie de systématiser cette pensée, laquelle d’ailleurs ne s’y prête pas, mais tout simplement, par envie de l’annoter et d’en laisser une trace écrite. Le Journal de lecture se prête à cet exercice, mais il pose le problème de la dispersion, alors que l’écriture ou le style philosophique a besoin de concentration, de centration, voire parfois d’organisation : Décider de relire Nietzsche est en soi un acte philosophique.

Pourquoi le lire ? Comment le lire ? Par quel livre commencer cette lecture ?...

Hier, j’ai posé devant moi six ouvrages de Nietzsche, j’ai pris au hasard La naissance de la philosophie à l’époque de la tragédie grecque, Ed. Gallimard, Coll. «idées» réed. 1981. J’en ai entamé la lecture et c’est à ce moment là que l’idée d’écrire ce journal surgit. Je la mets en pratique à partir d’aujourd’hui.

On me taxe de philosophe, je vais essayer de le devenir. Je ne ferai pas de thèse universitaire de philosophie, mais je vais travailler la philosophie pour moi.

Je retiens de l’introduction de l’ouvrage l’idée de génie, de la simplicité et de la profondeur. Ce sont les trois qualités attribuées aux Grecs. Ces derniers sont philosophes et maîtres immortels parce qu’ils sont simples. Nietzsche annonce qu’il va enseigner cela au cours de l’année 1872 ou peut-être avant. 

 

Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/

   

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