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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 16:55

Jeudi 31 juillet,

 

Georges Lapassade est décédé hier dans la matinée. L’information m’est parvenue hier dans l’après-midi. Je commence à ruminer, à retourner les pages du passé et à essayer de me remémorer des souvenirs. L’œuvre de Georges est abondante, elle fera certainement l’objet d’études et de commentaires de toute sorte. C’est moins son œuvre que sa vie qui me passionne. Je dois écrire un article pour les IrrAIductibles sur Georges que j’ai connu et avec qui j’ai travaillé.

 

68. Volonté et consentement. L’auteur a recours au sage dans ce fragment. Ce sont les hommes qui corrompent les femmes. C’est l’homme qui a besoin d’éducation. L’homme est volonté et la femme est consentement.

 

69. Aptitude à la vengeance. C’est une attitude qui doit prévaloir chez l’homme comme chez la femme.

 

70. Les dominatrices des maîtres sont des femmes héroïques. L’auteur dit les voir subtilement au théâtre.

 

71. De la chasteté féminine : L’éducation de la femme à l’époque de l’auteur ne traite pas de la sexualité et de l’amour. La grande surprise du mariage où elle rencontre « Dieu et la bête ». L’énigme et le scepticisme subsistent après cette rencontre et s’y ajoute le désir d’avoir des enfants. « On ne saurait être assez tendre envers les femmes » p 145.

 

72. Les mères. Les animaux et les artistes. La beauté, la grossesse, la contemplation et la domination. La parabole de l’amour.

 

73. Sainte cruauté. Tue l’enfant. Il n’est pas plus cruel de le laisser vivre ! dit le saint.

 

74. Les femmes sans succès : ce sont celles qui parlent devant celui qu’elles aiment. C’est le secret qui séduit les hommes.

 

75. Le troisième sexe : les femmes petites.

 

76. le plus grand danger : décrit ici en deux pages. L’homme et l’universalité contre l’arbitraire et l’anarchie, c’est la sauvegarde de l’espèce. L’universel exige l’unanimité, mais il y a toujours des désirs et des impulsions non satisfaites, cela permet la création du nouveau. Eloge de la folie et de l’exception qui ne doit pas tendre à la règle.

 

77. la bonne conscience animale : Le vulgaire de l’Europe méridionale est comparé ici au vulgaire de Pompéi ou de l’Antiquité. Proche de l’animal car ce dernier a les mêmes droits que les humains. La différence est dans le mauvais ou le bon goût. Il y a besoin des deux, dit Nietzsche, l’un, le masque est pour le peuple, alors que le goût raffiné et choisi est réservée aux nobles à l’élite.

 

78. Nos raisons d’être reconnaissant : la considération de nous-mêmes en tant que héros nous vient des artistes.

 

Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/

 

 

 

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 09:42

Mercredi 30 juillet,

 

Ce matin, je commence à lire vers 7 heures. Je ne me rends pas compte que j’oublie d’écrire la date et plonge dans le livre que je lis et dans ce journal. Après avoir terminé le livre premier, j’essaie de relire ce journal, afin de voir ce que j’ai retenu ce matin. Je ne retrouve pas de date. En fait, je retrouve le début dans la différence des traces du stylo, elles sont moins foncées ce matin par rapport à la veille. Pourquoi ? Probablement à cause de la lumière puisque hier après-midi, j’ai travaillé dans l’autre chambre moins éclairée que là où je travaille à l’instant. J’en suis donc resté à la générosité et ses affinités, fragment 49.

Je termine donc le « livre premier » et avant d’entamer le « livre deuxième », je fais une pause qui me permet de constater que la lecture du Gai Savoir reste longue et périlleuse. Cela n’entame en rien ma volonté d’aller jusqu’au bout de cette lecture, même si certains événements autour de moi me préoccupent un peu et me déstabilisent parfois.

 

Est-ce que je peux, en tant que lecteur, m’entendre avec Nietzsche ? Nul ne le sait, y compris moi. En tout cas, j’ai de belles dents, je n’ai plus mal. Quant à l’estomac, je n’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est que je dois médicalement perdre du poids. La lecture de Nietzsche peut-elle m’y aider ? Ces interrogations surviennent à l’occasion du passage au livre deuxième. Le prétexte est une question sur ce que j’ai retenu du livre premier. Résumé en un mot, le livre traite de l’homme.

 

Livre deuxième :

 

57. Aux réalistes : L’auteur demande de sortir de leur « sobriété » comme à lui-même de sortir de l’ivresse et se demande si les réalistes sont capables de s’enivrer. Auparavant, il s’interroge sur ce qu’il y a de réel lorsque l’on regarde les montagnes et les nuages.

 

58. On ne peut détruire qu’en tant que créateurs : cela a coûté cher de comprendre les choses. Tout ce qui est transmis de génération en génération se résume dans l’apparence : la mesure, la couleur, le poids, l’habillage, à tel point que tout cela se confond avec l’essence de la chose. pour créer autre chose, il faut d’abord détruire : « Il suffit de créer de nouveaux noms, des appréciations, des vraisemblances nouvelles pour créer à la longue de nouvelles « choses » p137.

 

59. Nous autres artistes : comparés à l’amour d’une femme qui pousse à refuser de voir en elle ainsi que dans la nature et le corps tout ce qui est répugnant. C’est le cas des croyants qui ne veulent pas voir les créatures. « Nous autres artistes ! Nous autres dissimulateurs de la nature ! Nous autres lunatiques et chercheurs de Dieu ! Nous autres voyageurs au silence de mort, voyageurs infatigables sur des hauteurs que nous ne discernons pas comme hauteurs, que nous prenons pour des plaines, pour nos certitudes » p 138.

 

60. Les femmes et leur action lointaine : fragment poétique et philosophique sur les femmes.

 

61. A l’honneur de l’amitié comme sentiment sublime et le plus élevé par comparaison avec la fierté.

 

62. Amour. L’Amour pardonne même la convoitise au bien-aimé.

 

63. La femme dans la musique. Vent ? de chaleur et de pluie amène l’humeur musicale, de même que pour les églises et pour les pensées amoureuses des femmes.

64. Sceptiques : femmes vieilles qui doutent de tout.

 

65. Dévouement. A propos des femmes complètement dévouées – histoire fort mélancolique !

 

66. La force des faibles. Il s’agit des femmes.

 

67. Simuler sa propre nature : la femme.

 

Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/

 

 

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 09:14

Mardi 29 juillet 2008,


 

25. Non prédestiné à la connaissance. Ce sont ceux qui reculent devant les choses nouvelles sous prétexte qu’ils contredisent la vérité admise par l’opinion.

 

26. Que signifie vivre. Cela veut dire rejeter sans cesse ce qui tend à mourir. Nietzsche va loin en disant qu’il faut être impitoyable vis-à-vis de toute faiblesse jusqu’à devenir assassin !

 

27. Celui qui renonce, c’est celui qui vole au-dessus de tout et va le plus haut possible.

 

28. Nuire par ce que l’on a de meilleur. Cette puissance peut aller si loin jusqu’à causer des nuisances à son auteur même.

 

29. Suppléments de mensonge. En France, on a défendu et combattu les trois unités d’Aristote. Par conséquent, on finit par se charger de suppléments de mensonges. Telle est la tâche de tous les conservateurs.

 

30. Comédie des hommes célèbres. Il s’agit d’un type de relation qu’entretiennent les hommes politiciens célèbres avec les gens dont ils ont besoin pour maintenir leur célébrité :

 

31.Commerce et aristocratie : « Acheter et vendre passe maintenant pour quelque chose d’aussi vulgaire que lire et écrire… ». L’auteur explique que la chasse a été pratiquée par tous à une certaine époque et ensuite, elle est devenue une pratique réservée aux nobles. Ainsi sera le sort du commerce un jour, c’est à dire que la majorité n’aurait pas besoin d’acheter et vendre et cela deviendra une spécialité de quelques-uns. « L’acte d’acheter et de vendre comme un luxe de sensibilité » p 111.

« (…) en revanche, il se pourrait que d’ici-là, la politique se trouvât totalement discréditée,  qui dès maintenant cesse d’être un métier de gentilhomme : et il est possible qu’un jour on la considérât comme assez abjecte pour la classer, ainsi que toute littérature partisane et journalistique, sous la rubrique de la « prostitution de l’esprit » p 112.

 

32. Disciples indésirables : ceux qui ne savent pas dire non et ceux qui disent toujours « d’une certaine manière ». Nietzsche les souhaite à ses ennemis. Socrate : philosophe qui a corrompu les jeunes.

 

33. Hors de la salle des séances. L’homme est un animal bénin qui est devenu plus méfiant et plus méchant parce qu’il a la science !

 

34. Historia abscondita : L’histoire reste encore voilée, elle n’a pas tout révélé.

 

35. Hérésie et sorcellerie : deux postures de pensée méchante contre le christianisme et le religion.

 

36. Dernières paroles : Socrate comédien qui a levé le masque à l’approche de sa mort. Auguste et autre Tibère, ce qu’ils auraient pu dire avant leur mort.

 

37. En raison de trois erreurs : on a favorisé le développement de la science : Newton, Voltaire et Spinoza. Bonté et sagesse de Dieu à comprendre. Le lien entre la morale, la science et le bonheur et enfin, désintéressé, inoffensif, suffisant à soi-même.

 

38. Les natures explosives : Ce sont les jeunes qui s’enflamment pour une cause sans discernement. Il n’y a pas besoin de chercher la légitimation de l’explosion.

 

39. Changement de goût : est mieux que le changement d’opinion. Cela commence avec des individus isolés, des singularités qui imposent leur nouveau goût sur le reste du monde.

 

40. Du manque de la forme distinguée : De temps à autre, je peine à comprendre ce que veut dire Nietzsche dans un fragment. Celui-là n’est pas l’exception, il interroge la fascination par et la soumission à la forme. L’industrie emprunte la soumission au modèle militaire. Or, ce dernier le fait avec un certain regard justifié par le commandement et la soumission. L’entrepreneur soumet, exploite des gens qu’il ne connaît même pas. Cela pousse la masse à se jeter dans les bras de ceux qui sont nés pour commander : les socialistes. Ce que déplore notre auteur.

 

41. Contre le repentir qui n’est pas du fait des penseurs, des maîtres, mais des disciples.

 

42. Travail et ennui : Nietzsche distingue entre deux catégories d’hommes, ceux qui acceptent n’importe quel travail aussi ennuyeux soit-il, et les autres artistes et médiateurs qui ne font que le travail dans lequel ils éprouvent du plaisir.

Lenteur asiatique et précipitation européenne drogue-alcool.

 

43. Ce que trahissent les lois : On peut dire leurs origines qui résident dans la position de certains actes : les Wahabites (femme et fumée) et les Romains femme et boisson alcoolisée. Les lois sanctionnent cela.

 

44. Les motifs que l’on croit. L’humanité vit avec les croyances aux motifs de ses actes et non pas de ce qui étaient réellement ses motifs. L’intérêt de ces derniers reste secondaire.

 

45. Epicure : relation particulière avec ce philosophe au regard de qui la mer de l’existence s’est apaisée. Modestie de la volupté unique.

 

46. Notre étonnement. Le bonheur de trouver des résultats de la science qui ne changent pas.

« Perdre pied pour une fois ! Planer ! errer ! être fou ! – voilà qui appartient au Paradis et aux délices d’antan : tandis que notre béatitude est semblable à celle du naufragé qui a pris terre, qui pose ses deux pieds sur la vieille terre ferme – étonné de ne la point sentir osciller » p122.

 

47. Du refoulement des passions. L’auteur souligne qu’à son époque, contrairement aux siècles précédents, l’expression des passions est devenue courante. Il attend des générations suivantes l’explosion de ses passions et non pas leurs formes.

 

48. Connaissance de la misère. La recette contre la misère est la misère. Il faut avoir connu la misère du corps et celle de l’âme. Nietzsche s’insurge contre l’hypersensibilité de l’époque, qu’il considère comme la véritable misère « du temps présent ».

 

49. La générosité et ses affinités : Ce texte est d’une grande pertinence. L’auteur décrit l’homme généreux, lequel peut passer d’une grande générosité à une grande méchanceté. Comme d’habitude, Nietzsche pousse à l’extrême des sentiments contradictoires. Le passage rapide d’un sentiment vers son contraire : du plaisir au dégoût par exemple : « C’est dans cette opposition que se résout la crise de la sensibilité, chez un tel par une certaine froideur, chez tel autre par le rire, chez un troisième par des larmes et des sacrifices de soi » p 126. « Il y a dans la générosité le même degré d’égoïsme que dans la vengeance, mais c’est une autre qualité d’égoïsme » p 126.

 

50. L’argument de l’isolement : Il « démolit même les arguments qui soient en faveur d’une personne ou d’une cause ! Ainsi parle en nous l’instinct grégaire » p 127.

 

51. La véracité : admise est celle issue de l’expérience.

 

52. Ce que d’autres savent de nous : est plus important que ce que nous savons sur nous-mêmes.

Où le bien commence : Là où la vision du regard cesse de discerner la nature perverse d’une impulsion. L’auteur lie la gaieté à la vie des enfants et des peuples et dit que le pessimisme est le produit de la mauvaise conscience des penseurs.

 

54. La conscience de l’apparence. L’auteur part du rêve à la connaissance de l’apparence. « Parmi tous les rêveurs, moi aussi en tant que ‘connaissant’, je danse ma propre danse » p 129, en entretenant la durée du rêve.

 

55. Le sens de la noblesse. Le thème de la noblesse revient souvent chez Nietzsche. Il en donne ici quelques caractères : rareté, singularité, la bravoure sans honneurs, la modestie et enfin l’avocat de la règle.

Il faut s’arrêter à cette notion chaque fois qu’elle apparaît dans les écrits de Nietzsche car elle peut éclairer sa définition de l’homme et de la civilisation.

 

56. Le désir de la souffrance : pour en tirer des raisons d’agir. C’est le sentiment des jeunes générations qui ne supportent pas l’ennui. Ainsi elles cherchent des ennemis extérieurs, le malheur pour pouvoir s’exprimer.

 

Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/

 

 

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 08:56

Lundi 28 juillet 2008,

 

20. Dignité de la folie. Un jour, dans des milliers d’années, l’intelligence sera partagée par tous. La vérité a eu le même sort, lorsque le mensonge est devenu nécessaire. Il sera de même pour l’intelligence et à ce moment-là, la noblesse signifiera avoir des folies dans la tête. Il faut rappeler que la noblesse a un sens très particulier chez Nietzsche.

 

21. Aux docteurs du désintéressement. La liberté que je prends en menant cette lecture me permet de faire le tri dans ce que je retiens. Ici, Nietzsche introduit la contradiction au sein de la morale. « Les motifs de cette morale contredisent ses principes » p 100, dit-il. – Je saute sur ce qui concerne l’éducation.

Extrait : « L’éducation procède absolument ainsi : elle cherche, par une série de stimulants et d’avantages, à déterminer chez l’individu une manière de penser et d’agir laquelle, une fois devenue habitude, impulsion et passion, domine en lui au détriment de son avantage ultime, en ‘faveur du meilleur intérêt commun’ » p 98.

 

22. L’ordre du jour pour le roi. Un rêve décrit si bien que l’on oublie en le lisant qu’il s’agit du rêve de l’auteur. Pas besoin d’en dire davantage pour me laisser l’occasion de le relire.

 

23.  Les indices de la corruption. Analyse spécifique du phénomène de la corruption. Nietzsche parle de quatre indices : la superstition face à la croyance en dépréciant cette dernière. Le relâchement, la méchanceté et les prémisses des individus incarnés par les tyrans. Il conclut le fragment par Napoléon. « Le terme de ‘corruption’ n’en est qu’un de mépris pour la période automnale d’un peuple »  p 105.

 

24. Différents mécontentements. Puis-je conclure que le fragment traite de l’importance de deux sortes de faiblesse : féminité et virilité. En tout cas, voici la conclusion : « L’Europe est une malade qui doit une suprême reconnaissance à son incurabilité et à l’éternelle métamorphose de sa souffrance : ces situations, ces dangers, ces douleurs et ces expédients par leur renouvellement incessants ont fini par provoquer cette irascibilité qui est presque autant que du génie, et en tout cas la mère de tout génie » pp 106-107.

 

Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/

 

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 11:34

Dimanche 27 juillet 2008,

 

4. Ce qui conserve l’espèce : Ce sont les laboureurs de l’esprit. Les bonnes impulsions et aussi les mauvaises participent à la conservation de l’espèce. Ce sont les grands hommes qui franchissent les barrières et les frontières, qui remettent en cause le bon ordre moral, pour mettre en place un autre, lequel sera à son tour ébranlé. La dialectique est très présente dans les textes de Nietzsche.

 

5. Les devoirs absolus. On sait que le « tu dois » est moral. Pour se convaincre et convaincre les autres, on a recours aux valeurs morales comme valeurs absolues. L’auteur cite les politiques, les religieux, etc. et n’écarte pas les descendants de la noblesse.

 

6. Perte de dignité. Les penseurs anciens l’avaient et disposaient du temps pour cela. Ce n’est plus le cas à présent, la vitesse l’a emporté. « Nous pensons trop rapidement, et en cours de route, et en pleine marche, au milieu des affaires de toutes sortes, quand même il s’agirait de peu de préparation, de peu de silence même ;  - cela se passe comme si nous portions dans la tête une machine perpétuellement en roulement, même dans les conditions les moins favorables » pp80-81.

 

7. Notes pour les laborieux : c’est un fragment très intéressant qui se présente comme un programme d’étude de la vie quotidienne des hommes. Programme qui à l’époque de Nietzsche n’avait pas encore été entamé. « La science serait-elle en mesure de fixer des buts de l’agir, après s’être montrée capable d’ôter et d’anéantir pareils buts ? ».

 

8. Vertus inconscientes : invisibles à l’œil nu, l’auteur les compare à de fines écailles sur une sculpture,  en précisant que même Dieu a besoin d’un microscope pour les voir. « Et c’est là que les adeptes de la moralité instinctive diront : ‘Bravo ! Il tient au moins pour possibles des vertus inconscientes – voilà qui suffit !’ » p 84.

 

9. Nos éruptions. Des qualités humaines enfouies qui surgissent de temps à autre et à un temps précis que nul ne peut prévoir cette irruption.

 

10. Une sorte d’atavisme. Je ne sais pas ce que cela veut dire. Ce fragment est à mettre en lien avec le précédent.

 

11. La conscience : qualité humaine qui s’est constituée tardivement. L’homme n’a pas toujours été conscient, bien qu’il a tendance à se concevoir autrement. « S’assimiler le savoir, se le rendre instinctif, voila qui constitue une tâche absolument nouvelle, à peine discernable, dont le regard humain devine tout juste la lueur – une tâche qui n’est discernée que de ceux qui ont compris que seules jusqu’à présent nos erreurs s’étaient assimilées à nous et que toute notre conscience ne se rapporte qu’à des erreurs ! » pp 86-87.

 

12. Des buts de la science. Ce fragment a fait l’objet d’une transcription intégrale dans ma thèse. Je ne le reprends pas.

 

13. De la doctrine du sentiment de puissance. Faire du bien et du mal aux autres, lesquels ? Pourquoi et comment et pour quelle fin ? A voir plus tard dans un autre ouvrage.

A propos de l’atavisme, je viens de vérifier le mot dans le dictionnaire Larousse. Atavisme signifie les caractères ancestraux qui reviennent chez l’homme. Le lien que j’ai essayé d’établir avec les irruptions tient la route.

 

14. Tout ce que l’on nomme l’amour. Les différentes sortes d’amour et de possession et parmi elles l’amour sexuel, qualifié parfois d’égoïsme, bien qu’il n’en donne pas l’impression. Nietzsche cite à ce propos l’expérience des Grecs : Sophocle et Eros.

« Mais qui donc connaît cet amour ? Qui l’a éprouvé ? Son Vrai nom est amitié » p 92.

 

15. Vue à distance : La montagne donne au paysage un certain charme à tel point que l’on décide de la grimper et là on est déçu. Certaines personnes à qui l’on doit déconseiller la connaissance de soi-même. Comparaison de l’auteur.

 

16. Passer la passerelle qui peut devenir infranchissable parfois. Nietzsche parle ici de lui-même.

 

17. Motiver sa pauvreté : nymphe : j’aurais du m’en douter, la référence aux Grecs est chose très présente chez Nietzsche. C’est le cas ici de ce mot d’origine grecque et qui a plusieurs sens. Je retiens ici le premier : beauté féminine parfaite ou encore quelque chose en lien avec la source du jardinier.

 

18. Fierté antique : Qualité du philosophe grec qui le distinguait de l’esclave. Ceci est étranger à notre époque. « Cette fierté aussi nous est étrangère et inconcevable : même analogiquement le mot ‘esclave’ a perdu pour nous son plein sens » p 95.

 

19. Le mal : L’auteur donne l’exemple de l’arbre qui pousse plus haut et des conditions hostiles à sa croissance. « Le poison dont meurt une nature plus faible est un fortifiant pour le fort – aussi n’a-t-il cure de le considérer comme poison » p  96.

 

Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/

 

 

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 14:10

Samedi 26 juillet

 

Avant d’entamer la lecture du quatrième ouvrage de Nietzsche, j’écris une méditation datant d’hier soir sur mon rapport à l’histoire. Je n’ai jamais été très attiré par l’histoire, probablement parce que mon premier contact avec un texte historique l’a été avec le Coran, si l’on peut considérer ce texte comme historique. Il m’a été transmis par un vieux et c’est sans doute un second motif de mon hostilité à l’histoire bien que le personnage du fkih ne me fut pas antipathique ; je ne le détestais pas, le considérant comme un grand-père. De surcroît, c’était un proche de la famille, oncle de mon père.


Les choses assimilées par cœur et sous la contrainte disparaissent une fois l’épreuve passée et le danger écarté. L’histoire en tant que discipline scolaire fait partie de ces choses.


C’est contre l’école et l’Etat que j’ai établi un peu plus tard un certain rapport avec l’histoire.

C’est une sorte de contre–histoire. Fus-je nietzschéen avant de lire Nietzsche ? En quelque sorte oui. On se construit contre et pas seulement avec, contre le père, la famille, l’Etat, etc. L’histoire qui m’a d’abord attiré est celle des héros qui ont combattu l’ennemi, Abdelkrim Khattabi, Ben Barka, Moha ou Hammou Zaiani… avec le marxisme j’ai élargi mon champ arabe et universel de l’histoire des héros et des révolutions.


Mon échec à l’université au Maroc est dû entre autre à ma répugnance à l’égard de la pensée arabo-musulmane officielle enseignée dans les institutions étatiques et religieuses. En effet, je détestais lire les anciens, parce que, d’une part, je ne comprenais rien et d’autre part, je trouvais cela absurde et sans aucune utilité. Le débat sur le passé ne me passionnait guère.


Le marxisme comme méthode d’approche de l’histoire m’a réconcilié avec celle-ci, tout en m’astreignant à lire et à m’intéresser à ce qui nourrit le débat et l’action révolutionnaire : la révolution française, la pensée du 19ème siècle en Occident, les révolutions du 20ème siècle, etc. En lisant cette histoire, j’avais l’impression de participer à « la révolution » actuelle.


Nietzsche dit que l’histoire n’a d’intérêt que si elle est conçue à partir du présent qui tend vers le possible ou l’avenir, vers le sublime. Il dénonce la culture germanique qui ne fait que « congeler » l’histoire à l’aide du papier pâle. Son plaidoyer visant à s’élever contre cette culture est également adressé aux jeunes pleins de vie et non pas aux vieux tournés vers le passé.


Problème : Est-ce que Nietzsche lui-même ne ferait pas partie désormais du passé et de l’histoire à dépasser ?


Nietzsche, Le gai savoir, introduction et traduction de Pierre Klossowski, UGE, « 10/18 », réed.1973, 450p.


34 pages d’une introduction dense, lue et relue. Je viens de la relire pour la nième fois. Faut-il la relire encore une fois pour en tirer quelques leçons. Il est vrai que ce texte pourrait être lu pour répondre à certaines questions que je me garde de poser maintenant.


Klossowski tord le coup à l’idée, selon laquelle Nietzsche serait le philosophe du racisme et de la race pure. Il s’attaque également au fait qu’il soit le philosophe de la volonté pure ou de la puissance pure. Il met en avant la question de l’éternel retour du même, du monde et de l’univers. On trouve par ailleurs des explications sur le rapport à l’histoire que j’ai évoqué à l’occasion de la lecture de Considérations inactuelles ou intempestives, l’auteur de l’introduction se référant au même ouvrage de Nietzsche.


J’appréhende un peu la lecture de ce livre que j’avais déjà lu, mais pas entièrement, me semble-t-il.


Ce n’est pas d’une préface qu’il s’agit, nous avertit Nietzsche d’entrée de jeu, mais de quoi s’agit-il en fait ? D’une certaine manière de philosopher ou d’aborder la philosophie – Le gai savoir.


Je me rends compte à l’instant de l’intérêt d’avoir lu les livres précédents de l’auteur. Je retrouve de temps à autre des idées qui ressurgissent dans la trame du texte et je découvre dans le même temps les choses que je ne connaissais pas. Cette pseudo préface donne le ton de ce que je vais apprendre.


Le philosophe médecin de la civilisation, c’est du déjà vu. En revanche, le philosophe malade reste à voir et à démontrer. Nietzsche rejette la philosophie malade du savoir et opte pour la guérison et la bonne santé. Il réoriente la philosophie vers le corps, tant négligé et oublié par celle-ci.


« Toute philosophie qui assigne à la paix une place plus élevée qu’à la guerre, toute éthique qui développe une notion négative, toute métaphysique et toute physique qui prétendent connaître au final, un état définitif quelconque, toute aspiration, de prédominance esthétique ou religieuse, à un à-côté, à un au-delà, à un en-dehors, à un au-dessus-de, autorisent à se demander si la maladie n’était pas ce qui inspirait le philosophe »
pp 40-41.


Attente : « J’en suis encore à attendre d’un philosophe médecin, au sens exceptionnel de ce terme, dont la tâche consisterait à étudier le problème de la santé globale d’un peuple, d’une époque, d’une race, de l’humanité – et qui un jour aurait le courage de porter mon soupçon à l’extrême et d’oser avancer la thèse : en toute activité philosophique, il ne s’agissait jusqu’à alors du tout de trouver la ‘vérité’, mais de quelque chose de tout à fait autre, disons de santé, d’avenir, de croissance, de puissance, de vie… » pp 41-42.


« Un art de la transfiguration, voila ce qu’est la philosophie »
p 42.


Glorifier l’art. Ainsi on peut résumer le reste de cette préface. C’est un thème déjà abordé, je risque de le retrouver dans le reste du texte.


Je vais essayer une lecture des fragments : première remarque, ils sont numérotés. Il suffit donc de donner le numéro du fragment sans être obligé de le reprendre entièrement. Inviter les mangeurs à goûter ses plats, les vieilles recettes en inspireront de nouvelles. Ainsi commence le livre. C’est 1 et 2 le bonheur de la découverte (p 49). L’oubli est sain. Je lis les fragments les uns après les autres, ils sont tous uniques. Chaque fragment a sa spécificité et traite un aspect : nature, corps, animal, plante, nourriture, ciel, astres, chaleur, glace.

Je m’arrête à la page 54 qui s’adresse au lecteur, ce n’est pas le premier fragment, mais il y en a d’autres avant.

« A mon lecteur :

De bonnes dents, un bon estomac –

C’est ce que je te souhaite !

Et si tu as digéré mon livre

Certainement tu sauras t’entendre avec moi ».


Après plaisanterie, ruse et vengeance qui comptent 63 fragments, je passe au livre premier écrit d’une manière différente. Pourquoi cette différence de formes ? Dans le chapitre 1, on trouve 56 fragments de tailles plus ou moins importantes, comparées à ceux de la préface.

Livre premier :

  1. Les docteurs du but de l’existence. En 6 pages, le fragment traite de la morale. Les docteurs des buts de l’existence sont donc les moralistes, ceux qui disent « tu dois », car, ce sont eux qui ont inventé une deuxième existence, tentant ainsi de donner une seule dimension à l’existence sans vie. Nietzsche estime que tout ce que fait l’humain, le bien et le mal, sert à perpétuer l’espèce. Sans cela, il aurait déjà péri.
  2. La conscience intellectuelle. Contrairement à ce que l’on peut attendre, la conscience dont il s’agit ici n’a aucun rapport avec ce que l’on appelle la raison. Nietzsche n’est pas contre ceux qui ne pensent pas, mais s’interroge sur l’isolement de l’intellectuel et sur l’absence d’interrogation chez ce dernier.
  3. Noble et vil : Pour une fois, l’auteur traite de la passion chez les nobles et l’interprétation des vulgaires. Ceux-ci ne comprennent pas et pour se justifier, ils ont recours à la raison et l’utilité, voire la déraison ou la folie. Le noble poursuit sa passion jusqu’au bout, en risquant jusqu’à sa vie. L’auteur donne l’exemple de l’animal qui, par impulsion amoureuse ou de protection de sa progéniture, ne recule pas devant les dangers.

 

Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/

 

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 17:36

Vendredi 25 juillet,

 

Trois points de vue : monumental, antiquaire et critique. Le rapport à l’histoire est ainsi démontré au service de la vie.

 

« La connaissance du passé, dans tous les temps, n’est souhaitable que lorsqu’elle est au service du passé et du présent, et non point quand elle affaiblit le présent, quand elle déracine les germes vivaces de l’avenir. Tout cela est simple, simple comme la vérité et celui-là même en est persuadé qui n’a pas besoin qu’on lui en fasse la démonstration historique » p 103.

 

Dans la Naissance de la philosophie… , j’ai constaté que Nietzsche n’utilise pratiquement pas le terme culture, tandis que ce mot revient souvent dans l’ouvrage que je suis en train de lire. Pourquoi ? Par-delà le rapport à l’histoire qui semble être l’objet de ce livre, je remarque que l’auteur construit – au sens de bâtir- une critique de la modernité. Pour ce faire, il s’attaque à la culture moderne basée sur la forme et en premier lieu l’écriture. Il met en cause les historiens et les érudits, leur reprochant une certaine manière de traiter la culture sous l’angle de la matière morte. A leurs yeux, la culture se trouve dans les livres et non pas dans la vie, comme ce fut le cas chez les Grecs.

 

Encore une attaque en règle contre l’esprit allemand, enfermé dans l’intimité, sans lien avec l’extérieur et distinguant entre la forme et le contenu, privilégiant la première sur le second.

 

« Et pour ne laisser aucun doute sur la façon dont j’entends cette détresse, cette nécessité, cette compréhension, je veux affirmer ici expressément que c’est l’unité allemande dans ce sens supérieur que nous aspirons à atteindre, avec plus d’ardeur que l’unité politique, l’unité de l’esprit allemand et de la vie allemande, après l’anéantissement des contrastes entre la forme et le contenu, l’être intime et la convention » pp 111-112.

 

« Toute philosophie moderne est politique ou policière, elle est réduite à une apparence savante par les gouvernements, les églises, les mœurs et les lâchetés des hommes. On s’en tient à un soupir de regret et à la connaissance du passé » p116.

 

Un petit passage sur la critique sans effet. La critique qui ne débouche pas sur une nouvelle critique et qui n’a aucun effet sur l’action et la vie n’est pas une critique pour Nietzsche ; il dénonce ici la neutralité de l’historien qui ne fait pas l’histoire.

 

« Donc, c’est l’homme supérieur et expérimenté qui écrit l’histoire. Celui qui n’a pas eu dans sa vie des événements plus grands et plus sublimes que n’en ont eu ses semblables ne sera pas à même d’interpréter ce qu’il y a dans le passé de grand et de sublime. La parole du passé est toujours parole d’oracle. Vous ne l’entendez que si vous êtes les constructeurs de l’avenir et les interprètes du présent » p 131.

 

« Il faut opposer aux effets de l’histoire les effets de l’art, et c’est seulement quand l’histoire supporte d’être transformée en œuvre d’art, de devenir un produit de l’art, qu’elle peut conserver des instincts et peut-être même éveiller les instincts » p 133.

 

Peut-on déceler dans les pages 132-141 une esquisse de propos sur l’éducation ? Oui et non. Nietzsche s’attaque d’abord à la science et à son développement très rapide en lien avec le marché et la division du travail. Il décèle une dérive des savoirs et des savants que les adolescents et les jeunes doivent ingurgiter. L’auteur y voit un danger sur les forces de la vie et sur la science soumise à la division du travail et aux besoins utilitaires de la société. Bref, il s’agit pour lui d’un aveuglement.

 

C’est en évoquant les lois que l’auteur parle des masses, en disant que le diable et les statistiques les emportent. Nietzsche estime que les historiens dissimulent le sublime dans les masses aux envies, besoins, etc. bas. Ce sont les grands hommes, les génies et héros qui font l’histoire et quand une idée se propage dans les masses qui la portent, cela ne signifie pas que la gloire vient de là. Bien au contraire, il donne l’exemple du christianisme combattu d’abord et ensuite repris par des hommes forts, les Romains.

 

Nietzsche avoue que lui-même a souffert de la tendance historique dominante en Allemagne.

 

« Et pourtant, j’ai confiance en la puissance inspiratrice qui, à défaut d’un génie, conduit ma barque, j’ai confiance en la jeunesse et je crois qu’elle m’a bien guidé en me poussant maintenant à écrire une protestation contre l’éducation historique que les hommes modernes donnent à la jeunesse » p 168.

 

« La culture ne peut naître, croître et s’épanouir que dans la vie, tandis que chez les Allemands, on l’épingle comme une fleur de papier, on s’en couvre, comme d’une couche de sucre, ce qui fait qu’elle reste toujours mensongère et inféconde » p 169.

 

Les dernières pages du livre sont consacrées à l’éducation de son époque à laquelle il est très hostile. C’est une mauvaise éducation qui enrôle les jeunes dans la culture au détriment de la vie. Nietzsche prône l’école de la vie contre la conception pâle de la culture allemande. Cette jeunesse qu’il vénère s’élèvera contre la culture des vieux.

 

Décidé à poursuivre la lecture de Nietzsche, la chronologie de la parution de ses ouvrages me conduit à Humain trop humain. Je vais chercher ce livre dans ma bibliothèque et si je ne le retrouve pas, je passerai au Gai Savoir pour respecter un tant soit peu la chronologie. Tant pis si j’ai un trou dans la lecture de l’œuvre de Nietzsche, il faut que je me débrouille autrement.

Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/

  

 

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 10:26

Jeudi 24 juillet

 

Lecture de notes à la fin du livre. Je n’ai pas à en parler, car elles reprennent grosso modo les idées exprimées dans le corps du texte. Je commence à m’interroger tardivement sur la tragédie, - le tragique -, autrement–dit sur ce qui fait dire à Nietzsche que la philosophie est née dans la tragédie. Cependant, il a suffit d’un coup de ciseaux – Socrate – pour qu’elle meure. Nietzsche ajoute par ailleurs deux autres raisons de la disparition de cette philosophie : la guerre contre les Perses et l’unification d’Athènes par le centre.

 

Après ce cours magistral sur la philosophie grecque, je me demande ce que je dois lire et pourquoi ?

 

Nietzsche, Seconde considération intempestive, de l’utilité et de l’inconvénient des études historiques pour la vie, Ed. Garnier - Flammarion, 1988, Trad. Henri Albert, introduction, bibliographie, chronologie de Pierre-Yves Bourdil.

 

Il ne s’agit pas d’un choix réfléchi, mais d’une simple succession chronologique. Je ne dois pas avoir la première considération, à supposer qu’elle existe. Je lis donc la seconde.

 

Une introduction en 67 pages que je lis rapidement - 3 heures - sans chercher à en retenir grand-chose, car il s’agit d’un commentaire sur un texte que je n’ai pas encore lu. Nietzsche contre l’histoire ! Alors que je viens de lire La naissance de la philosophie qui a l’air de plaider pour tout le contraire de cette position. Là où je m’attendais à une continuité, je m’aperçois du contraire, de la rupture déjà constatée avec Socrate. Paradoxalement, les Grecs ont fondé l’histoire et je ne crois pas que Nietzsche leur reproche cela. A l’inverse, il aurait plutôt tendance à privilégier une autre histoire, celle de la vie contre celle de la connaissance de l’histoire. Sinon, comment expliquer le fait qu’il ait écrit La Naissance de la philosophie à l’époque de la tragédie grecque ?

 

Nietzsche écrit cet ouvrage à l’âge de trente ans. Peut-on considérer qu’en l’écrivant, il avait en tête le projet ou l’œuvre du philosophe tel qu’il le définit ?

L’auteur essaie de se justifier d’entrée de jeu dans la préface. C’est contre la tendance historique dominante en Allemagne de son époque qu’il rend publique cette Considération inactuelle. Il dit avoir fait la preuve par lui-même de l’inutilité de l’histoire, notamment en travaillant sur les anciens Grecs. « Ceci du moins j’ai le droit de me le concéder à moi-même, de par ma profession de philologue classique. Car je ne sais pas quel but pourrait avoir la philologie classique, à notre époque, si ce n’est d’agir d’une façon inactuelle, c’est-à-dire contre le temps, et par là même, sur le temps, en faveur je l’espère, d’un temps à venir » p.73.

 

La nécessité de l’oubli pour pouvoir vivre. Nietzsche dit que l’homme est jaloux de l’animal. Il donne l’exemple d’un troupeau de vaches au pâturage dans le bonheur de manger, bouger et dormir. L’homme n’en serait-il pas envieux ? L’homme est dans l’incapacité d’oublier. Mais peut-on vivre sans oublier, à l’instar de quelqu’un que l’on empêcherait de dormir ? « Il y a un degré d’insomnie, de rumination, de sens historique qui nuit à l’être vivant et finit par l’anéantir, qu’il s’agisse d’un homme, d’un peuple ou d’une civilisation » p.78.

 

« Et voici précisément la proposition que le lecteur est invité à considérer : le point de vue historique aussi bien que le point de vue non historique sont nécessaires à la santé d’un individu, d’un peuple et d’une civilisation » p.79. Cette proposition intervient à la suite d’une explication sur le poids du souvenir pesant sur ceux que l’on appelle les faibles : il suffit d’évoquer n’importe quel fait minime du passé pour que la personne s’effondre. Les plus forts ne sont pas touchés, ils savent aller de l’avant dans toutes les situations.

 

Plus de vie et moins de sagesse, c’est ce que l’auteur réclame, laissant ainsi la sagesse aux historiens qui ne vivent pas leur vie. Faire de l’histoire, c’est traiter des phénomènes passés, morts. A qui cela sert-il ? « Laissons les morts enterrer les morts !» En revanche, lorsque l’histoire est au service de la vie actuelle, elle devient intéressante aux yeux de Nietzsche. L’histoire ne doit pas devenir une science pure.

 

« L’homme conclut que le sublime qui a été autrefois a certainement été possible autrefois et sera par conséquent encore possible un jour » p.90.

 

Le possible est constamment présent dans ma démarche et je cherche à l’approfondir.

 

A qui appartient l’histoire ?

 

Benyounès Bellagnech
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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 15:29

Mercredi 23 juillet

 

Hier, après une journée de lecture fructueuse, je me suis accordé un peu de repos. Je suis sorti pour marcher un peu dans le parc des Saules. En marchant, je me suis interrogé sur la possibilité de continuer à philosopher ou à méditer. C’est impossible, car je ne sus par quel bout commencer et j’ai très vite abandonné cette idée pour je ne sais quelle raison. J’ai voulu probablement prolonger l’idée d’admiration qu’accorde Nietzsche aux présocratiques dont la philosophie est intimement liée à leur mode de vie.


Je poursuis ma lecture. J’en suis à la page 71. Nous ne percevons que le superficiel. L’œil, ou le miroir de l’œil, reflète ce que l’on voit et l’oreille ce que l’on entend. L’art s’appuie sur ces sens. La science s’intéresse à la quantité. L’art est la force qui crée. « Il faut que la science montre enfin son utilité ! Elle est devenue nourricière, au service de l’égoïsme : l’Etat et la société l’ont prise à leur service pour l’exploiter à leurs fins » p.73.

« L’état normal est la guerre : nous ne concluons la paix que pour des époques déterminées » p.73.


Je ne peux pas m’empêcher de reprendre ce qui suit :

« Le concept du philosophe et ses types. - Qu’y a-t-il de commun à tous ?

Soit il est le produit de sa civilisation, soit il lui est hostile.

Il est contemplatif comme les artistes plastiques, compatissant comme le religieux, logique comme l’homme de science : il cherche à faire vibrer en lui tous les accents de l’univers et à exprimer hors de lui cette symphonie en concepts. L’enflure jusqu’au macrocosme et avec cela l’observation réfléchie – tout comme l’acteur et le poète dramatique qui se métamorphose et reste cependant conscient de se projeter à l’extérieur. La pensée dialectique coulant là-dessus comme une douche (je souligne).

Singulier Platon : il est enthousiaste de la dialectique, c’est-à-dire de cette réflexion » p.75.

« Le saut d’une possibilité à l’autre, toutes sont prises provisoirement pour des certitudes. Cela est là, d’une possibilité à une certitude et de nouveau à une possibilité » p.77. Cela m’intéresse que Nietzsche aborde la possibilité d’une manière dialectique.

« Que la pensée avance avec plaisir ou déplaisir est tout à fait essentiel : celui à qui cela crée un véritable inconvénient est précisément moins disposé à cela et, aussi bien, il ira loin : il se contraint et dans ce domaine ce n’est en rien utile » p.85.

« Un savant génial est-il conduit par un pressentiment juste ? Oui, il voit précisément des possibilités sans appuis suffisants : mais sa génialité se montre du fait qu’il tient une telle chose pour possible. Il suppute très rapidement ce qu’il peut à peu près démontrer » p.85.

« C’est sur L’impossible que l’humanité se perpétue, ce sont ses vertus - l’impératif catégorique, comme la prière ‘enfants aimez-vous’, sont de telles exigences de l’impossible.

La pure logique est donc l’impossible grâce auquel la science se maintient.

Le philosophe est le plus rare au milieu de ce qui est grand parce que le connaître ne vint à l’homme qu’accessoirement et non comme don originel. C’est aussi pourquoi il est le type supérieur de ce qui est grand » p.127.


Je viens de lire plusieurs pages sans reprendre ce que je lis. Il y a certes des extraits intéressants sur l’instinct de la connaissance, la mémoire, le plaisir et le déplaisir,  l’homme et la nature, mais je ne me force pas à tout reprendre. Est-ce utile ou nécessaire de tout retenir de ce que je lis ? Je ne crois pas que cela est possible, donc je me résous à la problématique qui me préoccupe en ce moment à savoir la théorie du possible.


Je fais une petite pause et je pense à ce que je suis en train de faire. En fait pourquoi est ce que je lis Nietzsche ? La réponse se trouve dans la conclusion de ma thèse : le temps de la critique.


A partir de la page 137, Nietzsche commence à évoquer l’imitation, et je sens venir les propos sur ce que l’on appelle aujourd’hui l’éducation ou la pédagogie. Je vais essayer d’être plus attentif à ce qui va suivre.


Parmi les philosophes grecs « celui qui possède au maximum la tendance démocratique et pédagogique est Socrate : le résultat en est la fondation des sectes, donc une preuve contraire » p.167.

« Pour nous : le philosophe est en conséquence la cour suprême de l’école. Préparation du génie : car nous n’avons pas de civilisation. Du diagnostic du temps, il résulte pour l’école :

1-Destruction de la sécularisation (pénurie de la philosophie populaire) ;

2-Maîtrise des effets barbares de l’instinct du savoir (en s’abstenant soi-même des subtilités philosophiques).

Contre l’histoire ‘iconique’ 

Contre les érudits ‘populaires’.

La civilisation ne peut jamais provenir que de la signification unifiante d’un art ou d’une œuvre d’art. La philosophie préparera involontairement la contemplation universelle de celle-ci » pp.167-169.


Exposé continu : je passe de la lecture des fragments à la lecture d’un exposé continu. Comment vais-je lire cet exposé ? Je verrai. Cet exposé concentre moult idées qui peuvent être toutes des références pour comprendre la philosophie de Nietzsche. Je ne souligne pas deux ou trois passages expliquant une fois encore le concept et glorifiant l’intuition contre la raison sur la base de la lecture de la pensée présocratique et notamment Héraclite : le feu.


« La logique n’est que l’esclavage dans les liens du langage. Celui-ci a cependant en lui un élément illogique, la métaphore, etc. La première force opère une identification du non - identique, elle est donc un effet de l’imagination. C’est là-dessus que repose l’existence
des concepts, des formes, etc.

‘Lois de la nature’. De simples relations de l’une à l’autre et à l’homme. » p.207.

« Il n’y a pas d’instinct de la connaissance et de la vérité, mais seulement un instinct de la croyance à la vérité ; la connaissance pure est déniée d’instinct » p.209.


J’ai souligné par ailleurs que l’instinct de la connaissance existe. Il me semble que l’auteur veut parler ici de la connaissance scientifique et historique. A vérifier.

Les pages 217-219 confirment ce que je viens d’avancer sur l’instinct de la connaissance. L’auteur explique dans le chapitre intitulé « La science et la sagesse en conflit », la provenance de l’instinct de la connaissance scientifique.

« Socrate, simple aveu de ma part, m’est si proche que je suis en perpétuel combat avec lui » p.219.


J’avais croisé la phrase ci-dessus dans ou au cours de la lecture de « La naissance de la philosophie… » et cette fois-ci, je décide de la reprendre à mon compte.


Les passages que je viens de lire me font penser à l’implication. Nietzsche nous dit que la philosophie qu’il préfère est celle de la vie et donc des présocratiques. Leur vie, leur comportement et attitudes, etc. correspondent à leur pensée. Ce n’est pas seulement de l’implication dont il s’agit, mais aussi de la congruence.


Avec Socrate et la naissance de l’individu, les choses se dégradent et le christianisme achève l’âge d’or de la philosophie hellénique. « L’hellénisme archaïque a manifesté ses forces dans la série de ses philosophes. Avec Socrate s’interrompt cette manifestation : il cherche à se produire lui-même et à répudier toute tradition » p.227.

« Comprendre le monde à partir de la souffrance c’est ce qu’il y a de tragique dans la tragédie » p.229.


Avant de fermer ce livre, je dois lire les notes et la biographie.

 

Benyounès Bellagnech
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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 14:37

Mardi 22 juillet

 

Sur la vie de Démocrite, on ne sait pas grand-chose, affirme Nietzsche. Pourtant, on dit de lui qu’il vécut dans le vagabondage et les déplacements, qu’il riait de tout. Sa pensée reprend celles qui l’ont précédé. Il est le philosophe du mouvement. S’il y a mouvement, il y a du vide et s’il n’y avait pas de vide, les corps ne pourraient pas se mouvoir. L’auteur nous dit que la philosophie de Démocrite reprend l’essentiel d’Héraclite, d’Anaxagore, de Parménide et d’Empédocle.


« De tous les systèmes anciens, celui de Démocrite est le plus logique ; il suppose la plus stricte nécessité partout présente, il n’y a ni interruption brusque ni intervention étrangère dans le cours naturel des choses.
Alors seulement la pensée se dégage de toute la conception anthropomorphique du mythe, on a enfin une hypothèse scientifiquement utilisable ; cette hypothèse, le matérialisme, a toujours été de la plus grande utilité » p.130.


Auparavant, Nietzsche soulignait qu’une telle pensée était à la base des sciences physiques ou naturelles.


On remarquera que dans son commentaire, l’auteur utilise souvent le qualificatif matérialiste en évoquant Démocrite. Celui-ci serait, selon Nietzsche, « le premier » matérialiste, naturaliste, rationaliste, etc. L’atomisme est la caractéristique principale de la pensée de Démocrite, qu’il applique aussi bien à l’homme qu’à la nature et sa morale en découle. Il a vécu en poète - savant.


Les Pythagoriciens : Leur point de départ est l’unité. Comment peut-elle être sans le non être ? Même question sur la qualité qui n’est pour eux qu’une somme de quantités. Leurs disciplines sont les mathématiques et la musique.


« Symbolisme des nombres pythagoriciens : un est la raison, deux l’opinion, quatre la justice, cinq le mariage, dix la perfection, etc. ; un est le point, deux est la ligne, trois la surface, quatre le volume. Cosmogonie. L’univers et les planètes sphérique
s, l’harmonie des sphères ». p.143.


A peine 5 pages consacrées à Socrate, qualifié du dernier sage parmi les philosophes étudiés dans cet ouvrage. En effet, Socrate n’est pas un savant comme ses prédécesseurs, il préfère les artisans aux autres savants. Toutefois, il fonde la morale sur le savoir et la connaissance. Nietzsche dit que Socrate a choisi la mort pour la postérité et pour montrer qu’il était au dessus des instincts des hommes.


Dans le chapitre intitulé Le Philosophe, l’auteur se livre à des explications longues. Il serait inconvenant de résumer ses propos. Je note quelques passages, mais cela est loin de me satisfaire. Je garde l’envie de tout reprendre, ce que je pourrais faire en reprenant la lecture de ce chapitre.


« Quelle est la tâche du philosophe ? Parmi le fourmillement qui grouille autour de lui, poser énergiquement le problème de l’existence, et, en général, les problèmes éternels »
p.152.   

« Il ne s’agit pas ici de détruire la science, mais de la dominer. En effet, elle est liée dans toutes ses fins et dans toutes ses méthodes à des croyances philosophiques, mais elle l’oublie aisément. D’autre part, il faut que la philosophie dominante se demande jusqu’à quel point la science a le droit de croître ; c’est à la philosophie de fixer les valeurs » p.153.


Grande perplexité : la philosophie est-elle un art ou une science ? C’est un art dans ses fins et dans ses produits. Mais son moyen d’expression, l’exposition au moyen de concepts, lui est commun avec la science. C’est une forme de la poésie. Impossible de la classer. Il nous faudrait inventer et caractériser une catégorie nouvelle.


Description du philosophe : « il connaît en inventant et il invente en connaissant » p.158.

Le philosophe médecin de la civilisation : encore un chapitre semblable au précédent et qui traite du rôle de la philosophie. Une phrase résume bien ce que souhaite Nietzsche : Laissons en paix les tombeaux, mais emparons-nous de ce qui est éternellement vivant. p.168. Cela résume bien le chapitre. C’est un peu exagéré. Il faut le relire en fonction de ce que l’on attend de l’auteur.


Je termine la lecture de l’ouvrage sans aucun commentaire, ni conclusion. Je vais lire un autre livre de Nietzsche sans savoir lequel je vais choisir en premier.


Le choix se fait spontanément. Je regarde la pile des ouvrages de Nietzsche, j’en connais certains pour les avoir feuilletés ou lus ; j’en choisis un qui me semble inconnu ou pas lu. Il est 15h30, je viens de terminer l’introduction et je suis satisfait du choix du livre.


Nietzsche,  Das Philosophenbuch, Le livre du philosophe,
Bilingue, Ed. Aubier-Flammarion, 1969, Traduction, introduction et notes par Angèle K. Marietti.

Une introduction dense d’une vingtaine de pages. L’auteur tente de justifier la publication de ce livre en allemand et en français. Elle explique que « la naissance de la philosophie à l’époque de la tragédie grecque » est incomplet et qu’il est important de reprendre certains chapitres à même d’éclairer le lecteur, non pas seulement sur une lecture que fait Nietzsche de la philosophie grecque, mais également pour tenter de comprendre sa propre philosophie.


« La partie théorique du
« Livre du philosophe » est donc celle que nous présentons ici ; elle n’a été que partiellement traduite par Geneviève Bianquis dans l’édition qu’elle a intitulé : La naissance de la philosophie à l’époque de la tragédie grecque. En effet, les textes sur le Dernier Philosophe… (1872), ainsi que le Philosophe comme médecin de la civilisation (1873) et la Science et la Sagesse en conflit (1875), sont bien loin d’être complets, tels qu’ils figurent dans cette édition française, puisque la traduction cherchait uniquement à regrouper ce qui concernait la philosophie grecque ». p 13.


Si j’applique à cette lecture une règle que j’ai découverte en lisant plusieurs ouvrages et consistant à ce qu’en lisant, nous sommes attirés par ce que nous avons retenu d’une autre lecture, d’un débat ou échange intéressant. C’est la mémoire qui se met en route au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture. La philosophie comme discours, c’est une langue sur les choses et non pas des choses. Il s’agit de la dérive socratique selon Nietzsche qui a fait dévier la pensée socratique liée à la vie, à l’art et la science. Avec Socrate, est né « le sujet » individu cherchant la vérité ou le vrai par la parole.


Ce débat sur la langue est inépuisable, il a connu son apogée avec le structuralisme. Ma lecture me fait revenir à cette problématique de la philosophie comme connaissance ou savoir mort dans la langue, sans lien avec l’instinct de la vie ou les sens tels que Nietzsche en parle dans le livre lu précédemment.


Non loin de cette question de langue, je retiens la question de la force et de la forme. A ce sujet, je pense à Patrice Ville, lecteur de Nietzsche et qui parle souvent de la forme et des forces. Nietzsche évoque cela, probablement pas en ces termes, mais plutôt en terme de langue et de transformation de la pensée avec Socrate de la nature (la physique) à la morale par la discussion et la conviction. « Là où cesse la force, naît la forme. Nietzsche ne peut que dénigrer la forme au bénéfice de la force, jaillissement authentique de la vérité radicale de l’expérience vécue unique » pp 28-29.


Une autre question que je me pose souvent relève du concept. Qu’est ce qu’un concept ? Que signifie t-il ? Quel rapport avec le mot ou encore qu’est ce qui distingue l’un de l’autre ?

« Tout mot devient immédiatement un concept par le fait qu’il ne doit pas servir justement pour l’expérience  originale, unique, absolument individualisée, à laquelle il doit sa naissance, c'est-à-dire comme souvenir, mais qu’il doit servir en même temps pour des expériences innombrables, plus ou moins analogues, c'est-à-dire rigoureusement parlés, jamais identiques et il ne doit donc convenir qu’à des cas différents » pp 179-181. Tout concept naît de l’identification du non identique.


Enfin, pour conclure cette introduction, je dois noter quelque chose qui fait partie de mes préoccupations actuelles : je dois écrire un texte sur la pensée du possible. La triade dialectique empruntée à Henri Lefebvre et à René Lourau, m’avait conduit à utiliser le possible, le probable et l’impossible. Je n’ai pas eu l’occasion d’approfondir les deux dernières notions. Cependant je note : « Mais encore, une notion est appelée à jouer un rôle dans le développement de l’humanité, c’est la notion d’impossible, puisque c’est sur l’impossible que l’humanité se perpétue » (136), car il est « le correctif de l’homme » p.176.


« Peut-être l’homme ne peut-il rien oublier »
(p.66). J’aurais du écrire cette phrase au début de ce commentaire. Ce n’est pas fait. C’est l’effet aussi de l’écriture de Nietzsche.


Cette lecture très rapide de l’ouvrage Le livre du philosophe me fait penser au fait que je suis en train de faire de la philosophie un moment absolu. Certes, les fragments que je viens de lire ressemblent d’une certaine manière à ce que j’ai lu dans l’ouvrage précédent, mais cela n’empêche que la présentation du texte est très concise, c’est-à-dire que les fragments se suivent, mais traitent du même sujet Art - Science et Philosophie.


Un terme auquel je dois accorder une attention particulière  : l’instinct de connaissance.

 

Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/ 

 

 

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