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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 18:42

Mardi 19 décembre 2006, 9 heures 40

 

Hegel, Leçons sur l’histoire de la philosophie (1), T1 et T2 et La raison dans l’histoire                    

 

Je termine ce matin la lecture de ces trois ouvrages. La lecture a été interrompue de temps à autre, soit par des déplacements à Paris ou Saint Denis ou encore par des obligations de la vie quotidienne ou de la santé. Néanmoins, je suis parvenu à aller jusqu’au bout de ma folie ou de ma passion pour Hegel.

 

Hasard ou pas, la journée du 7 décembre 2006 organisée par Remi Hess sur Henri Lefebvre a été l’occasion pour moi de vérifier certaines idées que je me suis faite sur le lien entre Hegel et Henri Lefebvre, suite à la lecture à la fois du premier et du second. Incontestablement, la lecture de l’un permet de mieux comprendre l’autre et vice-versa.

 

(1) Hegel, Leçons sur l’histoire de la philosophie, T1, rééd 1970, coll Idées, Paris, Gallimard, 260p. T2 même année, même édition, même collection, 260p également. Le premier est de couleur rouge et le second vert.

 

Benyounès Bellagnech

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 09:13

Mardi 12 décembre 2006, 11 heures,

 

Je n’ai pas prévu d’écrire le journal ce matin, car pris dans la lecture de Hegel, je ne m’attendais pas à finir le livre si tôt ! C’est fait, je termine à l’instant le deuxième tome de Leçons sur l’histoire de la philosophie.

 

Dans un autre cahier de notes, je me suis interrogé sur l’opportunité de cette lecture à cet instant. La réponse à cette question se trouve dans ma préoccupation actuelle. En effet, je suis à la recherche de la performance en matière de la dialectique. Henri Lefebvre dit que c’est la science des contradictions ; et comme toute science, elle exige une maîtrise sans faille. La dialectique est essentielle dans ma recherche.

 

Ainsi que toute lecture, celle de Hegel demande du temps et particulièrement beaucoup de concentration. Ces deux conditions ont été réunies par ma maladie qui m’empêche de répondre aux sollicitations extérieures. A ce propos, je pense très souvent à Omar Benjelloun, idéologue et militant, politique marocain, assassiné par les islamistes avec la complicité de l’Etat, qui disait qu’il n’y a que la prison qui permet au militant de lire abondamment et de se former. L’Etat de maladie est semblable, d’un certain point de vue, à la situation du prisonnier ; ils ont en commun la disponibilité et le temps.

 

 

Ceci étant dit, cette lecture m’a replongé dans des textes qui me procurent de la jouissance. La limpidité, la clarté du style. Hegel, contrairement à ce que l’on dit sur lui, ne se contente pas d’être clair, mais il revendique la simplicité de la philosophie. Il s’attaque violemment à l’érudition, la scolastique, et aux Français, lesquels, selon lui, ne savent pas être clairs et simples. Ce sont ses remarques passagères dans le livre, mais pertinentes pour moi. Par exemple, « une simple collection de connaissances ne constitue pas une science », T2 p 179.

 

Résumer ces deux ouvrages n’est pas mon intention. Il s’agit, pour moi, de saisir l’histoire de la philosophie. La relation ou le rapport avec la religion, l’art et la politique. L’objet de la philosophie est la pensée elle-même.

 

La lecture de ces deux tomes permet de saisir la dialectique comme évolution. Le mot dialectique ne revient pas souvent dans le texte, mais les autres notions qui l’expliquent sont en revanche assez présentes.

 

L’universel ou le général, le particulier et le singulier (bien que le traducteur parle de l’individuel). La liberté est centrale dans le texte. La philosophie suppose l’être libre. Cette affirmation permet à Hegel de distinguer la philosophie de la religion et des pensées préphilosophiques (chinoise et hindoue). Il est à noter que pour lui les pensées arabe et judaïque sont marginales dans l’histoire de la philosophie !

 

La marche de l’évolution est une succession de négations. Hegel rapporte souvent l’exemple du germe, noyau, graine qui se développe en se niant : « Le fruit renferme toute la forme des formes précédentes ».

 

L’intérêt de l’histoire de la philosophie réside selon Hegel dans le présent, c’est la philosophie du présent qui prime chez lui.

 

Quant au concept du moment, il l’utilise comme négatif ; autrement-dit, le moment nie un autre moment, le moment philosophique nie le moment religieux. C’est important dans la conception du moment qui ne se résume pas à un état d’esprit. Dans le texte hégélien, le moment s’inscrit dans l’évolution et le processus.

 

Pour conclure cet écrit aphoristique sur « leçons de l’histoire de la philosophie », je ne peux m’empêcher de transcrire ce paragraphe qui résume bien l’universel : « En Grèce, dirions-nous, commence le monde de la liberté. Le fondement de la liberté, c’est que l’esprit se pense, que l’individu ait dans sa particularité l’intuition de lui-même comme universel, que chacun en son individualité, se sache universel, que son être consiste à être universel dans l’universel. Son être est son universalité, et son universalité son être. L’universalité est ce rapport à soi qui consiste à n’être pas auprès d’une chose autre, étrangère, de n’avoir pas son essence en autre chose, mais à être auprès de soi – à l’avoir comme universelle auprès de soi, l’universel. Cette condition d’être auprès de soi, c’est l’infinité de Moi – la personnalité ; cette détermination de la liberté constitue l’être pour l’esprit pour l’esprit qui s’appréhende. Se savoir libre, c’est aussi l’être d’un peuple ; d’après ce savoir, il établit pour soi son monde, ses lois du droit, de la moralité sociale, de tout le reste de la vie. Il se sait ainsi universel essentiellement ». T2 p21.

 

Avant de passer à la relecture de La Raison dans l’histoire (1), je souligne que j’ai lu, dès que je l’ai eu, le livre établi par Kareen pour une énième édition, Essai sur l’emploi du temps de Marc-Antoine Julien, 1808. Il ne faut pas que j’oublie d’écrire mes impressions sur cet ouvrage.

 

Par ailleurs, les camarades des Cahiers de l’implication ont sorti le numéro 7, c’est à dire le numéro 1 d’une nouvelle formule : Revue d’analyse institutionnelle et en petits caractères Les cahiers de l’implication. Faut-il y voir une dérive par rapport à la prophétie Lourauldienne de l’implication ? Il est trop tôt pour l’affirmer. En tout cas, le numéro porte sur l’autogestion. J’ai lu d’un trait les 150 pages. J’ai préféré certains articles à d’autres, mais dans l’ensemble, le numéro est très bien fait. Il était temps, car l’équipe a mis trois ans pour sortir 150 pages !

 

(1) Hegel, La raison dans l’histoire, Paris, UGE, coll. 10-18, 1965, 320p.

 

Benyounès Bellagnech

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 09:40

Mardi 21 novembre 2006, 7 heures 05,

 

Mogador renvoie au nom initial d’Essaouira, à sa construction. Le nom d’Essaouira est d’origine arabe un peu déformé. Essour signifie la muraille. Une bourgade entourée de murailles lui a valu le nom d’Essaouira. Tandis que Mogador est d’origine étrangère, renvoyant très loin dans le passé, probablement aux Phéniciens… Bref, la ville est un confluent de culture africaine, européenne et asiatique (arabe) sans oublier les Berbères (locaux).

 

Georges Lapassade ne cède pas à la facilité pour traiter un sujet complexe. Parti d’un simple voyage à Essaouira, il est surpris, voire étonné par ce que cette ville dégage et en premier sa culture et son architecture. Il ne privilégie pas la piste intellectuelle, mais il va piocher dans la vie des gens, leurs rituels, traditions, danses, musiques… Cela va durer environ trente ans. Pendant ces années, Georges Lapassade a fait autre chose que s’occuper uniquement d’Essaouira. Le travail qu’il donne à lire est une somme d’articles publiés ici et là à Vincennes, à Paris, comme au Maroc. Cet ensemble d’articles porte sur des sujets divers qui mènent tous à la culture.

 

De quelle culture s’agit-il ? Au Maroc, il y a deux cultures : l’une est élitiste et la seconde est populaire. La culture de l’élite est liée à l’Etat ; ce qui explique sa domination et son caractère institué. La culture populaire est liée à la vie quotidienne de la majorité de la population. Georges Lapassade souligne que cette culture est méprisée par l’élite ; d’où l’ignorance et l’absence de sources conséquentes pour celui qui serait tenté par l’étude de cette culture mal considérée.

 

D’un point de vue politique, on peut considérer l’ouvrage de Georges Lapassade comme approche révolutionnaire anti étatique. Avec Georges, la culture populaire s’oppose à l’approche folklorique, exotique et colonialiste élaborée par l’Etat.

 

Cette dimension révolutionnaire se traduit dans la méthode. Georges Lapassade adopte la démarche du non savoir de l’intellectuel et du chercheur. Ainsi, il suit son objet sans aucun tabou et rapporte ses trouvailles dans une langue savante.

 

Pour le Marocain que je suis, je reste impressionné par cette capacité d’introduire tout un lexique populaire dans la langue savante.

 

La vocation d’un chercheur est de trouver. Georges a cherché et a trouvé ou du moins il a tracé des pistes de recherche sur ce que nous ne savons pas.

 

Le mouesem de Cheikh Al Kamel se tient chaque année à Meknès. Pendant une semaine, la population de la ville triple. Dans les années 1970, cette ville comptait 300 000 habitants et pendant une semaine, ce nombre dépassait le million. Je savais cela, je participais à la fête chaque année, mais mes connaissances de l’événement restent très limitées. C’est le livre de Georges qui me conduit à cette conscience de mon ignorance. Bref, c’est un livre qui me parle.

 

Sur le plan de la méthode, il faut noter que Georges a recours sans l’annoncer à la méthode régressive-progressive (la ville, les confréries, l’économie…). L’observation parfois participante (l’observation observée) aux événements étudiés. La description minutieuse des faits. Le recours au journal comme outil permettant le retour sur soi (implication) et le recul par rapport aux événements vécus. Le dialogue avec les acteurs qui réclament indirectement la restitution de la matière notée et décrite. La quasi-absence de ce que je peux appeler « le discours de la méthode » pour laisser parler les faits. A ce sujet, Georges, malgré ses connaissances avérées en philosophie, se laisse complètement submerger par son terrain.

 

Je souligne enfin que je n’ai pas du tout abordé le contenu du livre pour la simple raison que ce contenu, vu les sujets traités, mérite que l’on s’y attarde point par point et cela demande du temps, beaucoup de temps, et des ouvrages entiers traitant chacun d’un sujet spécifique, évoqué par Georges Lapassade dans Essaouira, Etudes mogadoriennes.

 

Benyounès Bellagnech

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 09:41

Lundi 20 novembre 2006, 16 heures,

 

Georges Lapassade,

Essaouira, Etudes mogadoriennes (1)

 

Comment suis-je parvenu à lire ce livre avant sa sortie ? Au cours de l’entretien collectif avec Georges Lapassade sur l’Afrique, celui-ci a beaucoup parlé de ce livre, considérant qu’Essaouira fait partie de l’Afrique. J’avais cru comprendre que le livre était déjà sorti et faisait partie des livres de Georges introuvables que je n’ai pas lus. Et donc, il y a deux semaines, lorsque je l’ai accompagné dans son bureau, je lui ai demandé le livre. Il me tend un paquet de feuilles, en me disant qu’il n’est pas encore publié. Nous descendons tous les deux à la reproduction chez Mme Guichard pour lui demander de reproduire trois exemplaires sous forme de brochures. C’était un vendredi à la fin de la réunion des IrrAIductibles. Je suis retourné mardi dernier chercher le livre, alors que j’avais décidé de relire L’assemblée générale de René Lourau in Analyse institutionnelle et socianalyse paru cet été après la décision prise de travailler sur les états généraux de Paris 8. Cela explique le retard accusé dans cette lecture.

 

Le plaisir de lire est quelque chose que ressent tout lecteur, mais ce plaisir devient immense lorsque l’on lit un auteur que l’on connaît. En effet, Georges Lapassade est devenu pour moi un habitué surprenant à chaque fois qu’il écrit un article, un livre ou encore le journal. A la rentrée de cette année en septembre, je lui ai offert un cahier pour qu’il écrive un journal.

 

Le sous-titre de cet ouvrage (de Georges Lapassade) est Etudes mogadoriennes. Le lecteur serait tenté d’aller chercher d’emblée dans un dictionnaire ce que le mot mogadorien signifie. Il n’aurait aucune chance de trouver le mot, ni son sens d’ailleurs. Pourquoi ce mystère ? Parce que c’est Georges qui invente le mot en fonction du terrain qu’il étudie. En effet, le mot « mogador » est plus simple à transformer en mot mogadorien que le mot Essaouira. Etudes essaouiériennes ne sonnent pas bien, hormis qu’elles seraient répétitives dans un titre d’ouvrage.

 

[J’écris tout en regardant une émission politique à la télévision. La lecture des quotidiens me manque !]

 

(1)Georges Lapassade, Essaouira, Etudes mogadoriennes, 1989-2006. L’ouvrage paraîtra chez Anthropos en 2007.

 

Benyounès Bellagnech

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 15:39

Lundi 13 novembre 2006, 9 heures 25

 

Hier, je n’ai pas noté ma lecture de la présentation de Pierre Klossowski de l’ouvrage de Nietzsche, Le gai savoir. Depuis samedi matin, j’ai ressenti une sorte de nostalgie à l’égard de l’œuvre de Nietzsche, auteur que je n’ai eu de cesse de relire. Je me jette sur Le gai savoir que je ne reprends pas depuis le début pour la simple raison que l’aphorisme, caractéristique de l’écriture de Nietzsche, permet une lecture désordonnée qui ne se soumet pas à la suite numérique des pages, ni des idées. Il suffit d’ouvrir le livre par hasard et de lire n’importe quel paragraphe pour y trouver la profondeur de la pensée philosophique et ce sur n’importe quel sujet. J’ai très souvent lu Nietzsche ainsi.

 

Sachant que Pierre Klossowski est l’un des meilleurs spécialistes de Nietzsche, j’ai lu sa présentation du livre, trente pages dans lesquelles Pierre Klossowski essaie de resituer la pensée de Nietzsche dans son contexte historique loin des interprétations idéologiques et farfelues des philosophes en France. Il reprend les concepts clés de Nietzsche, à savoir le retour éternel de l’identique (là où les autres parlent du retour éternel du même) et la volonté de puissance qui fait l’objet, non pas d’interprétations diverses, mais de ce que j’appelle les lectures délirantes.

 

Cette présentation de Pierre Klossowski est à conseiller à ceux qui voudraient lire Nietzsche, sans tomber dans le délire.

 

Benyounès Bellagnech

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 11:16

Dimanche 12 novembre 2006, 17 heures 20,

 

Il m’arrive parfois de lire des ouvrages sans m’interroger sur la finalité de leur lecture. Je ne m’interroge pas sur l’intérêt ou le bénéfice que je peux obtenir d’une lecture aussi pénible soit-elle. C’est le cas d’un livre que je viens de terminer. Son titre Action et raison (1), titre attrayant parce qu’il renvoie immédiatement à la philosophie. Il s’agit de deux concepts fondamentaux à toute réflexion sur l’humain ou l’humanité.

 

L’ouvrage oscille entre la philosophie et l’économie politique, en passant par l’histoire de la pensée comme porte d’entrée incontournable. Il rapproche l’action de la guerre en revenant sur la théorie de la guerre de Clausewitz, sur la base d’une critique du marxisme, y compris de l’école de Francfort.

 

L’objectif que vise l’auteur est d’apporter une réponse à la violence par la Raison. Elle revisite la pensée européenne et surtout anglo-saxonne à ce sujet. Le positivisme et le pragmatisme sont invités dans le texte comme point d’appui à cette tentative de régulation de la violence. Le libéralisme vient enfin couvrir l’idéologie de l’individu, d’où la nécessité pour l’auteur de faire le lien entre l’économie et la philosophie, on peut déployer la raison sur la base de la théorie des jeux.

 

Qu’est-ce que ce livre m’a apporté ? Pas grand chose, si ce n’est le rappel de quelques auteurs que je connais et d’autres que je découvre. L’entreprise de l’auteur est ambitieuse et s’adresse en priorité aux lecteurs, sachant jongler entre la philosophie, l’histoire, l’économie politique, la logique, etc. et tout cela à la fois présenté dans un plat indigeste ; c’est trop gras !

 

La lecture joue des fois des tours au lecteur. Néanmoins, il faut accepter de « perdre » son temps en lisant.

 

(1) Geneviève Even-Granboulan, Action et Raison, Paris, Méridiens Klincksieck, coll Philosophie, 1986, 300p.

 

Benyounès Bellagnech

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 15:27

Lundi 6 novembre 2006, 9 heures 45

 

J’ai commenté la thèse lors de la réunion du vendredi 3 novembre. Je fais ici un résumé de notes de ma lecture :

 

Thiault rappelle ses recherches précédentes sur la communauté musulmane à l’Ile de la Réunion autour du thème décrochage et raccrochage scolaire. Il a fait sa maîtrise autour de cette problématique. Son DEA a porté sur la notion du temps. Ce travail l’a poussé à élargir sa recherche pour en faire une thèse. Il est de formation scientifique, travaille au CRDP et réalise des documentaires sur l’éducation. Il rappelle tout cela au début en expliquant qu’il a été amené à s’interroger sur les sciences sociales et poser la problématique de la complexité. Il rappelle les affaires Sokal, Teissier et Castaneda et conclut au dépassement chaministe de l’éthnométhodologie et de l’ethnographie, il intitule cela : de la piste fractale à la piste chamaniste. Il fait appel à la théorie du chaos (Bing Bang) au Ying et Yang pour s’arrêter sur la « trans » ou le tiers inclus. Il est en effet difficile à suivre notamment lorsqu’il arrive à l’Espace-temps de transviance où interagissent les « choix » et les non « choix », les opposés en général (telles normes et déviances).

 

Il rappelle son parcours-recherche ; déviance-norme-transgression encore travertis, transsexuel et transgenre ; bifurcation, déviance, transgression.

 

On distingue trois terrains : sa vie et non pas son histoire de vie, les travestis de la Réunion et le forum Internet des travestis (cyber-observations et cyber-entretiens).

 

Le deuxième volume de la thèse contient (comprend) trois journaux : intrasubjectif, intersubjectif et journal de recherche. Articles personnels et articles de presse, conférences, séminaires et colloque.

 

Pour en savoir un peu plus sur le candidat, il faut attendre la page 101 du deuxième volume où l’auteur parle de lui à la troisième personne ou encore la page 159 avec la question « Que suis-je ? ». « Je suis devenu fille et je m’appelle Vanessa ».

 

Je n’ai pas envie d’en dire davantage sur cette thèse. Seulement il aurait fallu qu’il annonce dès le début qui il est, comment et pourquoi, au lieu de faire un long détour épistémologique, rendant ses propos incompréhensibles. Il veut dépasser Castaneda, mais il reste prisonnier de la posture de justification « scientifique » perdant ainsi l’essentiel de la recherche sur les travestis.

 

Il y a beaucoup d’implication dans cette thèse, mais aucune analyse de cette implication. C’est dommage !

 

Peut-on s’en tenir aux réponses sans questions ?

 

Benyounès Bellagnech

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 17:58

Vendredi 3 novembre 2006, 8 heures 30,

 

Samedi 28 octobre, je pars assez tôt en direction de la Cité universitaire en me disant que la soutenance allait commencer à 10 heures. J’arrive à la Maison du Brésil, dans un petit Amphi qui est plutôt une salle de spectacle. Dans le public, il y a la nièce du candidat, Mostafa, une Brésilienne de la cité et M’Hamed Jemmah qui arrive après moi. J’essaie de m’installer à côté de Mostafa, Georges m’appelle et me demande de me rapprocher. Le candidat qui présente sa thèse n’apprécie pas d’être interrompu par Georges Lapassade et dit qu’il vient de perdre trente secondes sur son temps de 20 minutes. Georges qui préside la séance intervient de temps à autre pour interrompre le candidat en lui demandant de préciser certains de ses propos.

 

J’écoute religieusement l’exposé du candidat. Je ne prends pas de notes ; ce qui me permet de suivre avec attention ce que dit le candidat. Je ne comprends pas tout ce qu’il dit et attends les remarques et les questions des jurys. Georges se contente de poser quelques « petites » questions. P. Boumard parle de Georges en disant que les étudiants de Paris 8 le connaissent bien et donc ne sont pas surpris par ses interventions qui paraissent perturber la séance. Le commentaire général de P. Boumard se résume en cette question au candidat : « Soit vous êtes fou, soit vous êtes un génie » et rappelle qu’il connaît le candidat avec qui il a eu l’occasion de travailler. Il faut rappeler que Georges a reproché à P. Boumard de ne pas bien diriger cette thèse. Il s’est interrogé sur la raison pour laquelle la soutenance avait lieu à la Cité universitaire. Luis Prado de Oliveira a répondu que la soutenance pouvait avoir lieu dans n’importe quel lieu, pourvu qu’il soit reconnu par l’Etat, y compris à Sainte Anne. Luis Prado se demande où sont les sciences de l’éducation dans la thèse et étant psychologue, reproche au candidat de citer Jung sans utiliser ses concepts.

 

Pendant la délibération du jury, je discute avec le candidat Thiault et lui demande de publier une monographie de son terrain et quelque chose (journal ou article sur son implication dans sa recherche, ayant constaté qu’elle est très forte : l’appartenance à la tribu (son thème) des travestis et le rôle de sa famille (impact) sur sa recherche. Je n’ai pas eu l’impression qu’il était emballé par une probable collaboration, probablement en raison de la situation d’être encore thésard attendant la décision du jury.

 

Benyounès Bellagnech

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 15:51

Jeudi 2 novembre 2006, 17 heures 15

 

Lors de la réunion des IrrAIductibles du vendredi 27 octobre 2006, Georges Lapassade venait de recevoir par courrier une thèse en deux volumes. Tout au long de la réunion, il plonge dans la lecture de cette thèse, de 15 heures à environ 17 heures 30. Il dit : « Cette thèse me donne le tournis ». Personne dans la salle ne savait ce dont il s’agissait !

 

Le vendredi d’avant, Patrick Boumard était venu lui apporter un CD sur lequel était enregistrée la thèse. A la fac, pas moyen d’en faire un tirage papier. Georges Lapassade en réclame un exemplaire, il ne le reçoit que ce 27 octobre.

 

Patrick Boumard avait trois jours auparavant demandé à diffuser un message à la liste, informant ses membres de la soutenance qui aurait lieu le 28 octobre à la Maison du Brésil, Cité internationale, à 9 heures 45. Il demandait si quelqu’un pourrait y conduire Georges Lapassade. François-Xavier veut bien l’emmener, mais il ne peut lui garantir le retour.

 

Vers la fin de la réunion, Georges Lapassade dit quelques mots sur la thèse et me demande de prendre contact avec le candidat pour lui demander une monographie sur son terrain de recherche, c’est à dire les travestis à Saint Denis de la Réunion.

 

(J’interromps l’écriture pour jouer avec les enfants à leur demande).

 

Benyounès Bellagnech

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 16:02

Jeudi 2 novembre 2006, 10 heures 30,

 

Avant de terminer le chapitre sur l’histoire et en finir avec cet ouvrage, dont la lecture a été suspendue vendredi dernier, pour des raisons que j’expliquerai plus loin, je note qu’entre-temps, j’ai été emballé par une thèse… (Voir plus loin).

 

Ce chapitre sur l’histoire, à l’instar d’autres chapitres (ce sont des articles) commence par la définition de la notion de l’histoire. La tentative de définition renvoie à la civilisation grecque, cité de la philosophie et de l’histoire. Cependant, la définition  - disons scientifique – est intimement liée à Hegel et Marx. Henri Lefebvre note ou constate l’insuffisance de l’acquis Hegelo-Marxien qui conduit tantôt à l’historicisme (tout expliquer par le passé) et souvent au fonctionnalisme, structuralisme… etc.

 

De l’Histoire avec un grand H, il résulte des histoires (des savoirs, individuels, de groupes… etc.). Il y a eu la préhistoire, il y a l’histoire et il y aura la post-histoire. Henri Lefebvre ne se contente pas, comme je le fais ici –d’effet d’annonce, mais il développe bien ses thèses.

 

L’histoire comme concept complexe qui tend à l’universalité est en crise comme les autres crises (philosophie, économie, société…). Pour franchir le pas de la déconstruction, l’auteur fait appel au devenir comme dépassement.

 

Il aborde la question fondamentale des formes (logique, marchande, contrat, gestion de la vie et de l’espace). Sans pour autant oublier la démarche méthodologique et d’analyse qui traverse l’ensemble de son œuvre et que l’on retrouve dans ce chapitre.

 

« La démarche régressive (allant du présent au passé pour éclairer le présent par ce qu’il est devenu et ce qui est advenu), puis progressive (revenant au présent à partir de ses multiples et complexes conditions, ceci pour « l’analyser » non sans viser une « explication » difficilement exhaustive) permettrait d’expliquer le possible. Non pour fabriquer l’avenir, mais pour savoir le probable, écarter l’impossible. Le passé de l’histoire et du devenir prendrait ainsi place, dans la philosophie renouvelée, à côté de la pensée du logico-mathématique et de la pensée du politique. Dans un système ? Non dans un projet. Selon quelle démarche méthodique ? Par déduction (logique) ? Non. Par induction, c’est à dire en extrapolant, en passant à la limite ? Non. Par transduction, à savoir par construction d’un projet virtuel, en tenant compte des « données », mais aussi des tendances et tensions, de l’héritage dit historique, de ce qu’il a de vivant – et de mort… » p 47.

Peut-être vivons--nous dans une période transitionnelle.

 

Benyounès Bellagnech

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