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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 10:58

L'entrée dans la vie

 

Le 8/01/2011 8 h 08

 

Voilà, je me suis mise au travail sérieusement sur L'entrée dans la vie. Essai sur l'inachèvement de l'homme.

 

Je dispose de l'édition de 1978, ce doit être la 3ème édition de l'ouvrage mais je n'en suis pas sûre.

 

Il se divise en 3 parties :

- De la nature à la culture,

- Les jeunes générations : de la marginalité à l'intervention,

- Du nihilisme à la non directivité.

C'est un ouvrage de 256 pages.

 

Pour y travailler, j'ai repris mon ancienne technique : ouverture d'un cahier, prise de notes manuscrites, avec d'un côté sur la page droite ce qui se réfère au texte et sur la page de droite les définitions ou autres que je dois chercher, les relations que je fais avec ce que j'ai pu lire ou entendre, les questions que je me pose.

 

Lecture des préfaces de la deuxième et de la troisième édition et de l'introduction. Pp7-14

 

« La maturité est un masque » est l'aphorisme par lequel commence le livre. Lapassade explique que pendant toute une période, il y a eu des rites destinés à dater le passage de l'enfance à l'âge adulte, à la maturité. L'avènement de la société industrielle, mais aussi les écrits de Freud ont bousculé le contenu de ce mythe de l'adulte pour entrer dans l'ère de l'inachèvement de l'Homme. Il exprime sa méfiance, son rejet de la stabilité qui pour lui est un signe de mort. Il lie cela aux institutions dont il veut le renouvellement permanent. Il célèbre l'esthétique de l'inachevé au niveau social et artistique.

 

Alors que ce livre est sa thèse il le nomme Essai pour montrer justement qu'il reste lui aussi inachevé.

 

La préface à la troisième édition a été écrite en 1969. Lapassade affirme que les évènements de 1968 ont opéré une rupture définitive. Le mythe de l'adulte, comme pensée de l'achèvement, doit être brisé par la révolution.

 

« La contestation globale de la Société dite « adulte », la crise ouverte de ses institutions n'est pas seulement un problème interne à l'Etat bourgeois ; elle définit un nouveau stade de la révolution socialiste et devient partie intégrante des nouvelles perspectives révolutionnaires. »(1)

 

Dans l'introduction, Lapassade dit que l'objet de son livre est d'effectuer une anthropologie dialectique sur les naissances sociales qui suivent la naissance biologique (qu'il considère également comme une naissance sociale). Anthropologie car il va tenter d'examiner cette question en liant différentes disciplines ; dialectique car elle représente la logique de l'inachèvement. Il applique donc à un contenu, une méthode d'approche qui lui correspond.

 

Il établit un parallèle entre volonté d'achèvement et aliénation et s'interroge sur notre aptitude actuelle à se passer de ce but. L'impossibilité de définir une norme adulte est le destin des jeunes générations, c'est le nihilisme.

 

J'avoue que je suis tiraillée et que ces lignes m'ont donné des frissons. Si j'adhère à ce propos, je me demande cependant si je ne suis pas obligée de constater que cet idéal, ce ne sont pas les forces révolutionnaires, progressistes qui ne s'en sont pas saisies mais justement l’État et les pouvoirs économiques et financiers. Une des phrases célèbres de Laurence Parisot disait « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »

 

Quelles sont les relations entre l'inachèvement et la précarité?

 

(1) P 10

 

Hélène M.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 10:16

Lettre aux institutionnalistes

 

Chers amis institutionnalistes,

 

Comme vous le savez, en novembre 2008, suite au refus de laisser soutenir sa thèse à Armando Zambrano, une crise s'est ouverte pour moi, pour nous, à Paris 8. Je ne pouvais plus avoir de garanties sur le travail que je cherchais à mener autour de l'analyse institutionnelle. On me refusait de prendre les étudiants de M2 en thèse, etc.

 

J'ai écrit au Recteur de la Catho de Paris qui m'a accueilli, en me confiant à Laurent Tessier. Nous avons fait affaire.

 

Jusqu'au 18 novembre dernier, je travaillais à la création d'un doctorat en ligne, que je ne pouvais pas monter à Paris 8.

 

Or, une nouvelle doyenne, un nouveau recteur qui ne me connaît pas, ont changé de politique en opérant un virage à 180%.

 

C'est consternant. J'ai dû démissionner. Je m'explique dans la lettre ci-jointe adressée à Didier Pauly, un institutionnaliste, comme nous.

 

Je vous tiendrai au courant des futurs développements de cette nouvelle socianalyse.

 

A très bientôt !

 

Remi.

 

 

Début du message réexpédié :


De : Remi Hess <remihess@noos.fr>

Date : 9 décembre 2011 14:23:00 HNEC

À : Didier Pauly

Objet : Rép : Doctorat ISP

 

Cher Didier,

 

Merci de ta lettre.

 

En fait, le 18 novembre, j'ai démissionné de la direction du doctorat en ligne, et de l'animation du séminaire en présentiel, constatant un désaccord profond avec la nouvelle doyenne de l'ISP.

 

J'ai appris hier, par Laurent Tessier, que j'avais aussi été démissionné de mes directions de thèse. Je ne sais pas ce qu'il en est des autres directeurs de thèse, professeurs d'université, que j'avais recrutés, pour constituer une équipe internationale de grand renom autour de la question de la pédagogie de la personne. Si j'en crois mes échanges avec l'un ou avec l'autre, aucun courrier ne leur a encore été adressé. On s'est contenté de les faire disparaître de l'ours de la revue Eduquer/Former pour le prochain numéro ! C'était pratiquement la seule question à l'ordre du jour du comité de rédaction de cette revue, une semaine avant le 18 novembre, avec aussi l'obsession de faire disparaître le titre de professeur, lorsqu'un signataire d'article est professeur ! Ce "travail éditorial" m'avait alerté sur la "réforme" en cours : remplacer les professeurs par des maîtres de conférence. "Toi, tu as fait ta carrière, eux ils doivent faire la leur", m'a dit la doyenne, à un moment où je croyais encore qu'elle était une amie.

 

La nouvelle doyenne est une collègue qui arrive de la Martinique. Elle est spécialiste d'éducation comparée.

 

Sans aucune concertation, ni avec moi, ni avec les professeurs qui dirigeaient des thèses l'an passé, ni avec les étudiants, elle a annoncé qu'elle créait un laboratoire d'éducation comparée, dans lequel elle a promu des maîtres de conférence comme chercheurs d'éducation comparée alors qu'ils sont des didacticiens... Tous les étudiants du présentiel ont été invités à changer de sujet, de directeur de thèse. C'est hallucinant ! On demande à quelqu'un qui travaille sur les enfants doués ou surdoués de faire du comparatisme, après deux ans d'engagement dans ses recherches, des heures de terrains, des centaines de pages écrites !

 

Elle a, en plus, demandé que les étudiants s'inscrivent en même temps dans une fac d'état pour obtenir une "double diplomation". Le fait qu'elle n'informe pas les étudiants en ligne de cette exigence est une discrimination inacceptable, entre les étudiants. Alors que j'essayais de valoriser la recherche à la Catho, elle oblige les étudiants à prendre une seconde inscription à Nanterre, disant que le doctorat de la Catho ne vaut rien !

 

Elle confie des directions de thèse à des maîtres de conférence non habilités, sur des sujets pour lesquels ils n'ont aucune compétence !

Elle oblige des enseignants spécialistes de didactique de la musique ou de l'informatique à diriger des thèses en éducation comparée, alors que les étudiants sont engagés depuis cinq ans en ethnographie de l'école, ou en pédagogie de la personne !

Moi qui ait publié 50 livres sur le thème de l'éducation interculturelle (collection "Exploration interculturelle et science sociale"), donc très proche de l'éducation comparée, je ne comprends pas cette épuration, cet ethnocide thématique. L'ISP qui avait une tradition pédagogique de soixante années se trouve décapité.

 

Un des étudiants du séminaire fait l'hypothèse qu'il y a chez la doyenne une haine de la pédagogie nouvelle, de l'analyse institutionnelle, de G. Lapassade, etc. Je ne pouvais l'imaginer, après avoir vécu avec elle plusieurs colloques tant en France qu'à l'étranger.

 

Tu n'es pas le premier à m'écrire. La plupart des étudiants qui ont travaillé leur sujet sont en désaccord avec la réforme du doctorat de l'ISP. Ils sont encore atomisés. Certains cherchent une solution individuelle au chaos actuel. D'autres commencent à s'organiser. Certains disent qu'ils vont demander le remboursement de leurs frais d'inscription de l'année passée et de cette année. D'autres, mettant en avant le préjudice qu'il y a à se retrouver sur la paille veulent même demander des réparations.

 

Pour ma part, je me suis trouvé mis le 18 novembre devant le fait accompli. J'ai été soufflé !

 

Il faut un peu de temps pour comprendre le but de ce passage à l'acte de la doyenne, apparemment soutenue par le Recteur, qui imagine que ces méthodes vont être appréciées par l'agence d'évaluation des recherches (AERES) !

 

On se trouve en fait dans une situation d'analyse institutionnelle.

 

Pour ma part, bien que terriblement outré par les procédures en cours, je ne souhaitais pas mettre sur la place publique ce qui se passe, mais c'est tellement inédit que je pense que les choses ne peuvent en rester là.

 

En effet, il y a, dans les discours de la doyenne, des aspects vraiment révoltants en matière d'éthique, notamment un mépris pour la recherche, les chercheurs, la relation pédagogique, les personnes des professeurs et des doctorants.

 

Pour ma part, je ne savais pas comment agir. L'an passé, j'avais une excellente relation avec le doyen, Laurent Tessier, devenu vice-recteur. Je m'aperçois qu'il avait compartimenté les niveaux. Les maîtres de conférence enseignaient en master, les profs en doctorat. Maintenant, je ne sais pas s'ils mettent des étudiants pour encadrer le master, puisque ces maîtres de conférence encadrent les doctorats. Je dois constater que je ne connais pas vraiment cette équipe pédagogique sur laquelle la doyenne s'appuie, comme sur une garde rouge !

 

Danielle fait son doctorat sur la mise en place du doctorat en ligne à l'ISP. Cela lui donne de la matière ! Cela fera un bon livre, si on ne l'oblige pas à retirer, à changer son sujet !

 

Tu es le premier auquel j'ose apporter quelques éléments de réponse. Jusqu'à maintenant, j'étais tellement stupéfait que je ne parvenais pas à écrire !

 

Mon retrait n'est donc pas de mon fait. Je n'ai fait que reconnaître et accepter ce qu'a dit la doyenne : "Je ne pourrai jamais travailler avec Remi Hess". Elle est en poste, moi pas. Je devais partir, d'autant plus qu'elle refusait que je fasse circuler mes livres auprès des collègues : "les réunions ne sont pas des endroits où l'on fait sa pub !", a-t-elle dit, alors que je me faisais le plaisir d'offrir mon dernier livre à mes collègues.

 

L'affaire est suivie par toute la corporation des sciences de l'éducation, car mes collègues étaient souvent surpris de mon engagement à la Catho, et ils ne comprennent vraiment plus rien ! En fait, si l'on y réfléchit, on peut voir que ce n'est pas la première fois dans l'histoire de l'institution. En effet, un colloque sur l'histoire de l'ISP a montré l'année dernière que ce genre de psychodrame a été vécu à plusieurs reprises dans l'histoire de l'institution. Le Père Faure, après 10 ans de loyaux services à la direction de l'ISP (1947-57), s'est fait jeter, de la même manière que moi, de l'établissement. Relire sa vie, éditée aux éditions Don Bosco, m'aidera à comprendre la mienne !

 

Du point de vue de l'analyse institutionnelle, ce que je peux percevoir de la place que j'occupe, c'est qu'il y a deux types d'étudiants dans ce doctorat.

 

Certains ont fait de solides études en sciences de l'éducation. Ils sont entrés en doctorat, comme toi, parce qu'ils avaient fait un master brillant, parfois ancrés dans des sujets solides. Ces personnes ont lu parfois jusqu'à 200 livres, ont tenu des journaux de recherche. Certains ont un back ground de 700 pages de journal de recherche tenu sur 4 ou 5 ans, depuis leur M1. En général, ce sont les étudiants que j'ai recrutés.

 

D'autres sont des étudiants qui sont à la Catho pour avoir une carte de séjour. Quand je suis arrivé, il y avait 17 inscrits en doctorat. Patrick Tapernoux, qui me précédait à la responsabilité du doctorat, me dit : "Aucun de ces étudiants ne travaille sérieusement". Ces étudiants, si la doyenne leur dit : "vous changez de sujet !". Ils répondent : "D'accord ! Pas de problème. Ils n'ont pas lu un livre ; ils n'ont pas écrit une ligne en 2 ou 3 ans". Ils sont curés dans une paroisse de Paris. Ils préfèrent être à Paris plutôt qu'à Bamako ou à Brazzaville. J'en ai écouté plusieurs, pendant de longues heures, et si on leur demandait de changer de sujet pour traiter de "la reproduction des fourmis en Andalousie entre 1414 et 1415", ils signeraient tout de suite. En fait, ils ont un sujet, mais ne le travaillent pas. Certains n'avaient même pas de directeur de thèse. Ce n'était pas très important, pour eux

 

Donc, il y a ceux qui sont avec la doyenne, qu'ils soient indigents étudiants ou enseignants. Ils changent de sujet comme de chemise. J'ai été recruté comme didacticien. On me dit maintenant que je suis expert d'éducation comparée, pas de problème. C'est la chef qui l'a dit. A vos ordres !

 

Et puis, il y a une quinzaine d'étudiants qui disent : "Ah, non. Je ne suis pas d'accord. Je n'en ai rien à faire de l'éducation comparée ; moi, ce qui m'intéresse, c'est de faire de l'analyse institutionnelle d'établissement. Et je ne veux pas changer de directeur. C'est avec toi, Remi Hess, auteur de 40 livres sur le sujet qui me concerne que je veux travailler. Que pourrait m'apporter un didacticien de la musique ?"

 

On en est là. La doyenne croit être forte parce qu'elle réussit à faire basculer quinze étudiants en éducation comparée. Je ne pense pas que les experts de l'AERES seront dupes de cette affaire ; pour les connaître assez bien, je crois même qu'ils vont trouver idiot de se séparer des étudiants et enseignants les plus sérieux.

 

Voilà mon analyse.

 

Pour le moment, je vais essayer de rencontrer le recteur. En effet, si 15 étudiants doivent quitter le doctorat, il faut que ce départ se fasse en bon ordre, en direction d'une université qui reconnait le travail déjà accompli et qui n'oblige pas les étudiants à se réinscrire en première année.

 

Est-ce que la Catho d'Angers serait prête à accueillir ce groupe d'étudiants sérieux ?

 

Je vais demander à Constantin Xypas et Bertrand Bergier de bien vouloir servir de médiateurs entre moi et le Recteur d'Angers, à moins que je demande au Recteur de Paris de s'occuper lui-même du dossier. Ce serait à lui de gérer ce problème.

 

Je vais demander conseil à Laurent Tessier. Je vais lui demander de m'obtenir un rendez-vous auprès du recteur.

 

Voilà l'état des choses.

 

Je te tiendrai au courant des développements futurs.

 

En te priant de bien vouloir m'excuser d'avoir peut-être été un peu long, sois assuré de tout mon dévouement pour continuer à suivre ton travail.

 

Bien à toi,

 

Remi

 

 

Le 9 déc. 11 à 11:57, Didier Pauly a écrit :



Bonjour Remi,


J'ai appris par l'ISP et par Danielle que tu quittais le dispositif du doctorat en ligne. C'est bien dommage! Tu as sûrement de bonnes raisons. Je suppose que beaucoup de doctorants se posent la question de leur devenir dans cette structure. 

A partir de là, que peut-il en être d'un doctorat sur l'Analyse institutionnelle dans une organisation comme l'ISP? Qui peut reprendre une direction de thèse sur un sujet aussi engagé quand le  Professeur "historique" de ce thème,  a claqué la porte ! Dans quel état d'esprit sera le prochain directeur de recherche par rapport  aux questions posées par cette situation ?

 
Bien d'autres questions peuvent se poser...


J'espère que j'aurai le plaisir de te lire rapidement.


A bientôt,


Didier

Http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 15:40

12 h 56

 

Je viens de lire, lors de ma pause un article du Monde diplomatique écrit par Pierre Rimbert « Enquête sur les intellectuels contestataires, la pensée critique dans l'enclos universitaire » (1).

En fait je l'ai acheté pour cet article (et aussi pour celui sur Wikileaks). Comme l'auteur revenait en arrière, aux années 70 et puis bien sûr 1995, je me suis dit que peut-être je trouverai le nom de Lapassade. Et bien non!

La question qui m'est alors venue est « est-ce que Lapassade était un intellectuel contestataire? »

L'article étudie les relations entre ces intellectuels et l'action militante, comment a une certaine époque, et souvent en relation avec le Parti Communiste ils avaient pu, participer de manière stratégique par leur pensée au développement de cette action.

En France, le dernier en date cité est bien sûr Pierre Bourdieu. C'est étrange, car, en tant que militante, je trouve que Lapassade est beaucoup plus utile que Pierre Bourdieu. Il donne des outils pertinents, l'analyse institutionnelle ou l'analyse interne ont une puissance pratique. Je ne dis pas que Pierre Bourdieu ne sert pas, mais que Lapassade sert beaucoup plus. Or, il est méconnu, ses livres ne sont plus réédités, c'est quand même étrange! Je n'arrive pas à comprendre pourquoi.

Peut-être parce qu'il ne faisait pas sérieux, pas conforme à ce qu'on attendait d'un universitaire. Si au niveau de la contestation on se sert des mêmes critères que l'ordre établi pour évaluer, on n'est pas sorti de l'auberge. Du coup, je suis allée un peu sur la toile et j'ai trouvé une interview de Lapassade sur une AG qui s'était tenue à Saint Denis en 1995 et là encore il m'a plu. Brièvement, il dit que dans l'AG il est évoqué des problèmes généraux, des grands principes, mais lorsque certains évoquent leurs problèmes quotidiens (moins de cours du soir et difficultés pour les salariés d'y assister), on ne les écoute pas et que lui, ce qui l'intéresse, c'est comment on peut faire avec ces problèmes quotidiens.

 

18h49,

Compil David Krakauer

 

Je reprends la lecture de l'autre partie de mon journal et je m'aperçois que je commence à y parler de ce qui se passe sur les forums et du fait que les profs n'y interviennent que très peu, voire pas du tout. Il y a aussi mes réactions lors du rappel à l'ordre de Luca.

Dois-je censurer? Dois-je laisser? Dois-je censurer en disant de quoi traitait cette partie pour que le journal garde sa cohérence?

Sur le silence des profs, il n'y a rien de très méchant et puis en y réfléchissant maintenant je me demande si la question ne provient pas de leur statut. S'ils sont justes vacataires ou un statut de ce type, mal payés et obligés de faire un autre travail, c'est sûr qu'ils ne peuvent pas passer leurs nuits là-dessus. Je me suis pas mal baladée sur les forums de Remi Hess ou de Lucette Colin, qui étaient très disponibles et réactifs, mais leur statut ne doit pas être le même.

Alors choix d'une méthode pédagogique, problème de statut, désintérêt, autres problèmes. Je crois que je peux laisser ces remarques.

Pour mes réactions à l'humiliation que j'ai ressentie à la réaction de Luca c'est plus compliqué, car j'ai beau dire mais en fait, ça m'a fait mal. Alors forcement, quand ça fait mal, on réagit, et des fois c'est pas tout à fait à propos ou disproportionné surtout lorsqu'on est seule face à une page blanche. En plus, cet ouvrage dont il nous a offert la lecture, je l'avais vraiment perçu comme un cadeau et puis, ce livre est tellement décapant qu'après on ne se contrôle plus, j'étais emballée, la partie sur les étudiants du soir me faisait penser aux entrées tardives sur la plateforme. Je ne regrette pas ce que j'ai fait, ni ce qu'il a fait, juste je me demande si cette partie doit rester dans mon journal. Bon, quand je regarde ce qu'écrit Remi Hess des fois sur certains membres de l'administration, je me dis que c'est pas bien méchant, mais je ne suis pas Remi Hess et Luca n'est pas un membre de l'administration et les faits ne sont pas les mêmes.

Autre question sur ce qui pourrait éventuellement être enlevé c'est celle relative aux échanges de message sur les forums...non parce qu'ils posent un problème (sauf pour un qui m'a inspirée la réflexion sur l'espace potentiel), mais plus car ça alourdit le texte.

Si je reviens à des points que je n'avais pas abordé ce matin, la question du journal officiel/officieux relève de ce que je viens de dire. Je constate que durant tout le début de mon journal, même si je donne des informations intimes en relation avec cette formation, je reste policée, il n'est en rien un journal intime qui est, en ce qui me concerne, beaucoup plus violent, cru, avec des tentatives d'envolées poétiques, du travail sur des mots, des répétitions volontaires. Mon journal intime ressemble des fois à un journal brouillon, à un écrit fou, ça dépend de ce que je suis en train de vivre. Des fois c'est fade, sans intérêt et des fois ça part comme un volcan. A un moment, au vu de la longueur monotone de mes prises de notes, je me suis dit qu'il faudrait peut-être que je reprenne ce journal et qu'à partir de celui-ci, j'en fasse un deuxième, tenter de le tailler un peu comme une pierre. Mais, je ne crois pas que ce soit vraiment intéressant, quand je suis longue et pénible je suis longue et pénible et quand je le suis moins, je le suis moins. C'est mon journal, le reflet de ce qui s'est passé sur un laps de temps, là est sa valeur! Par contre, je crois qu'il est important de garder en tête l'objectif initial du journal et notamment sur son destinataire/lecteur éventuel car couper ou retrancher quelque chose à un journal est un réel problème, il perd en cohérence et en puissance.

Sur l'écriture d'autres journaux : après avoir lu je crois l'interview de Remi Hess, j'ai tenté la dissociation de mes journaux et la créations d'autres. Formation, Mon grand Doudou (mon fils), la familia, la dialectique du désir (les amis et les amours), le dur et le tendre (la maison et le jardin), journal du collectif et journal de travail. Tous les deux trois jours (sauf celui de formation que je rédige chaque jour), je les ouvrais les uns à la suite des autres et je les remplissais comme on remplit son cahier de devoir. C'était devenu une contrainte et alors que j'avais été totalement séduite par la formule de Remi Hess « objectiver ce qui nous objective », j'ai finalement trouvé que tous ces journaux finissaient par m'objectiver et que ça devenait une spirale infernale. L'expérience a cependant été intéressante et je ne dis pas que je n'y reviendrais pas mais avec l'investissement que demandent ces études et la longueur de mes écrits dans ce journal, c'était ingérable. Je n'ai donc gardé que ceux de la formation, de Mon grand Doudou, du collectif et du travail, le reste a été intégré dans un journal général du reste.

Je sais que Lapassade a réfléchi sur ces questions de dissociation, Remi Hess certainement aussi. Il faudra aller y voir. Il faut que je reprenne les cours de Kareen aussi.

 

J'ai donc découvert :

- le journal de travail. Il oscille entre des observations sur l'institution et des réflexions. Pour le moment il n'est pas très bien tenu, faute de temps mais je crois que là aussi, le journal est puissant. Comme analyse de pratique dans un premier temps, comment j'exerce, qu'est-ce que me dit cette personne et comment j'agis avec elle, cela pourrait aussi devenir un journal brouillon car le relationnel en psychiatrie s'y prête bien, le discours des patients est souvent splendide, ouvert sur un monde autre, il y a des perspectives à explorer. Ensuite l'observation et les réflexions sur l'institution, et dans cette optique il y a ce que je vis en tant que salariée de cette institution mais aussi l'évolution de la psychiatrie, les débats politiques autour de cela. Par contre, je crois que c'est une technique à développer au niveau du militantisme et ça, c'est à réfléchir sérieusement, peut être tenter de mettre en place des formations d'analyse interne pour les militants syndicaux ou d'éducation populaire.

 

- Le journal du collectif : il commence. J'ai fait des propositions d'en faire un journal collectif, et l'une a dit oui mais elle a été très malade ces derniers temps et une autre réfléchit. Nous verrons, il faut prendre son temps, il n'y a pas d'urgence.

 

- Le journal de mon fils : celui-là, je le garde, il n'a pas encore trouvé sa forme mais je le garde et il est pour lui. Il sait qu'il existe, ça l'amuse. Par contre, j'ai constaté que j'avais changé son mode d'écriture. Au départ je parlais de F. (c'est mon fils) à la troisième personne « F. vient ce soir et j'en suis contente » et depuis peu c'est à lui que je parle « tu viens ce soir et j'en suis contente ». J'ai remarqué que j'avais plus de plaisir à écrire ce journal lorsque je m'adressais à lui, je ne sais pas encore exactement pourquoi. Il faut y réfléchir.

 

Bon derniers points que je voulais aborder et qui ont fait l'objet d'une partie censurée les 4 et 5 décembre : le premier c'est la question de l'espace transitionnel, de jeu que crée un écrit entre son auteur et son lecteur, et le second c'est la difficulté que j'ai eu à rester dans le cadre d'un journal de lecture. Mais ce sera pour plus tard car je commence à fatiguer.

 

(1) Le Monde diplomatique, n°682, Janvier 2011

 

Hélène M.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 10:57

Augustin Mutuale

De la relation pédagogique et du rapport aux savoirs

Un journal de thèse

 

Préface de Remi Hess

Editions Petra, Paris, octobre 2011.

 

Ecrire un mémoire ou une thèse est une aventure. C’est un voyage au long cours dans les lectures, les idées, le terrain, l’effort pour organiser une pensée.

Tenir un journal de cette aventure est nécessaire pour garder des traces d’un cheminement que la mémoire refoulerait sans cette discipline volontaire de l’auto-observation au jour le jour.

Le journal de thèse d’Augustin Mutuale suit la construction de sa pensée. Il pourra inspirer toute personne qui vit l’expérience d’écrire un mémoire, une thèse, un livre.

Il a également pour objectif de constituer un outil de travail pour tout étudiant qui débute dans la tenue d’un journal.

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Augustin Mutuale est docteur en sciences de l’éducation et en philosophie. Il enseigne à l’Université de Saint Denis et à l’Institut Supérieur de Pédagogie de Paris.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 15:43

Compte-rendu de réunion : le 6 décembre 2011 (6ème réunion)

 

 

Personnes présentes à la réunion : Remi HESS, Malika NEGADI, Ghania LASSOUANI, Faouzi MAZOUZ, Christine CAILLE, Katia MENDEZ, Vasiliki KONTOGIORGI, Sahila EL MANNANY, Daniel ROBIN, Florence ALLOUCHE, Sarah CHARBIT, Hugues AGOINON, Djaafar IKDOUMI, Camille RABINEAU.

 

Objectifs de la réunion :

 

- Lecture, commentaires et corrections des textes d’autoprésentation des étudiants, pour le n°15.

 - Discussion autour du thème de la crise de l’université (numéro suivant celui sur L’autoprésentation d’Experice).

 

Organisation des prochaines réunions :

 

Un point sur cette organisation est nécessaire. En effet, de nombreux étudiants ont produit des textes mais n’ont pas eu de retour, et ce, pour la raison suivante :

- Pour l’instant, le comité de rédaction va se concentrer sur ces deux numéros en préparation (autoprésentation et crise de l’université).

- Les étudiants qui souhaitent travailler sur les autres numéros peuvent donc continuer leurs recherches et leurs articles mais pour l’instant, nous préférons nous fixer sur ces deux numéros.

 

La semaine dernière, il n’y a pas eu de compte-rendu car la réunion fut assez courte, notamment parce qu’il y a eu l’intervention d’Ornéla, artiste institutionnaliste italienne, chorégraphe et danseuse, amie de Lapassade.

 

 

AUTOPRESENTATION du Laboratoire Experice

 

Texte de Malika :

 

- Modification de la dernière partie car le projet de recherche a évolué.

- Suppression de quelques passages pour recentrer sur le choix d’être venue à Experice.

 

Texte de Philippe : n’étant pas présent, le texte a été survolé :

 

- Pas assez centré sur le projet à Experice.

- Texte trop long.

 

Texte de Camille :

 

- Changement du titre : «Le désir de penser l’institution »

- Intercaler des intertitres pour aérer le texte

 

Texte de Ghania :

 

- Citations des articles : respecter les règles de citation (L’actualité éducative)

- Bonne longueur mais rajouter des intertitres

- Les trois changements de projet de recherche doivent apparaitre dans le texte (c’est intéressant de voir que le master fait bouleverser les itinéraires)

 

Texte de Malik : étudiant en ligne

 

- Bonne idée de reprendre les différents textes de présentation qui ont déjà été produits.

- Quelques répétitions que l’on peut éviter.

- Remi Hess va se charger de restructurer le texte.

 

Texte de Yann Strauss :

 

- Bon texte qui montre le mouvement de l’ETLV.

- Texte intéressant car il situe le contexte et la problématique de recherche

- Réflexion sur la vie et la mort très intéressante.

- Critique faite : il faudrait aérer le texte en ajoutant des intertitres notamment + supprimer quelques passages pour que le texte ait une longueur de 4-5 pages environ.

 

Texte de Djaafar :

 

- Texte trop long qui n’est pas assez centré (certains passages sur l’enfance sont hors-sujet)

- On sent bien les différents moments de conscientisation.

- Idée géniale de « La recherche pour thérapie ».

- Recentrer sur la dernière partie du texte : l’université comme espace d’accompagnement pédagogique.

 

Christine CAILLE (coordinatrice du numéro avec Philippe WALQUEMANE) a reçu d’autres autoprésentations qui seront prochainement envoyées en version numérique à chacun.

 

- Nous arrivons donc à un total de 13 autoprésentations.

 

Lucette Colin est en train de faire un bilan de l’Axe C d’Experice. Les enseignants de l’Axe A et B sont également d’accord pour présenter leur travail.

Patrice Ville s’est proposé pour faire un texte sur son intervention au Brésil.

Valentin Schaepelynck va mener un entretien avec Remi Hess et Gilles Brougère sur la présentation d’Experice.

 

LA CRISE DE L’UNIVERSITE

Remi Hess nous a fait part de deux réunions des enseignants Experice (Paris 8 / Paris 13). On s’est mis d’accord sur le fait que ce numéro doit être traité après celui de l’autoprésentation.

Les enseignants sont enthousiastes à l’idée d’un numéro sur ce thème.

La crise de l’université = problème de structure.

 

- La gouvernance de l’université voudrait qu’il n’y ait qu’un labo de sciences de l’éducation à Paris 8. La gouvernance refuse que l’on travaille avec Paris 13, car le président de Paris 8 n’aime pas le président de Paris 13. Experice doit tenir compte de ce point de vue (condition pour qu’un des postes de professeur qui doit être remplacé suite à un départ en retraite ne soit pas supprimé). Donc, il ne faudrait plus de partenariat Paris 8 / Paris 13. Ce caprice du président remet en cause une collaboration étroite entre 20 enseignants. C’est absurde.

 

- Plusieurs autres départements sont en crise avec cette gouvernance : philosophie, sciences politiques = ce serait peut-être intéressant d’aller à leur rencontre, de faire des enquêtes systématiques sur tous les départements marginalisés par la présidence actuelle ?

 

Présentation du numéro :

- 1ère partie : monographie sur les problèmes de l’université = pourquoi ça ne marche pas à Paris 8 ?

- 2ème partie : les problèmes de l’université en général qui est victime de la technocratie.

- On propose que Valentin Schaepelynck soit coordinateur du numéro s’il est d’accord.

 

QUESTIONS DIVERSES :

Il faudrait que l’on réfléchisse aux autres rubriques que les dossiers. Ainsi, il faudrait que quelqu’un prenne en charge les comptes-rendus de livres.

Il y a aussi une rubrique « Colloques » à gérer. 3 M1 vont passer la fin de semaine au colloque de Liaison sociale, organisé à Marseille. Elles ont promis d’en faire un compte-rendu.

PRESENTATION DU FORUM

Blanche Petersen a fait un travail remarquable en créant un nouveau forum des irrAIductibles. J’encourage donc toutes les personnes qui ont reçu une inscription d’aller y faire un tour. Je vais d’ici peu y mettre en ligne les comptes rendus qui ont déjà été faits.

En revanche, il serait peut-être intéressant de récupérer les adresses mails des étudiants en ligne qui souhaiteraient s’investir dans les irrAIductibles. L’utilisation du forum pourrait leur permettre de se sentir moins isolés d’où l’importance de s’en saisir !

Objectif de la prochaine réunion :

Les étudiants présents aux réunions sont invités à lire les différents textes d’autoprésentation qui n’ont pas encore été discutés en réunion. Christine Caille va envoyer les différents textes qu’elle a reçus depuis. Ainsi, cela permettra d’être plus efficace à la prochaine réunion.

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 10:49

Aujourd’hui je suis Syrien

 

!انهار دا أنا سوري

 

Anahar da ana soury ! C’est la traduction littérale du slogan adopté par les révolutionnaires égyptiens de la Place Al Tahrir (Place de la Libération) au Caire, à travers un appel lancé sur les réseaux sociaux il y a une semaine pour faire de cette journée du 10 décembre une date marquant la solidarité de tous les peuples du monde avec le peuple syrien.

 

Aujourd’hui, par le biais de ce blog, je me déclare arabe syrien, faisant partie de ce peuple qui s’est levé contre la dictature du Parti Baâth syrien, frère ennemi de son homologue tristement célèbre le Baâth iraqien. Ces deux Partis ont dominé la scène politique dans la région depuis 50 ans. Le Baâth iraqien est tombé suite à l’intervention américaine en Iraq au prix de milliers de morts, tandis que le Baâth syrien est encore en place et poursuit sa guerre contre le peuple syrien, qui manifeste pacifiquement pour la liberté et la démocratie à l’instar des autres populations dans plusieurs pays arabes.

 

Ceux qui ne connaissent pas le Parti Baâth ou qui font semblant de ne pas le connaître, nous ont présenté Bachar Al Assad comme un homme libéral et ouvert, formé en Grande Bretagne et destiné à soigner les enfants, par conséquent incapable de réitérer les crimes commis par son père Hafed Al Assad, lequel, faut-il le rappeler, a rasé la ville de Hama faisant plus de 15000 morts. La réalité et le quotidien des Syriens, notamment depuis le début du Printemps arabe, nous font craindre le pire, car le visage du «  pédiatre » se révèle monstrueux et l’homme capable de pires atrocités.

 

Compte tenu de la gravité de la situation et des crimes commis contre les Syriens, le temps de la diplomatie arabe et internationale parait lent et inefficace face à l’entêtement du dictateur Bachar Al Assad. Il faut rappeler qu’il a soutenu Khadafi jusqu’au dernier jour, comme l’a fait d’ailleurs ce dernier en soutenant Ben Ali et Moubarak jusqu’à leurs chutes. Les dictatures se tiennent les coudes et dans le monde arabe, Elles ne sont pas encore toutes tombées et rien ne nous dit que Bachar ne bénéficie pas de largesses de la part de certains dirigeants de la région du Moyen-Orient.

 

Il est urgent que les peuples du monde entier interviennent aux côtés du peuple syrien pour l’aider à se débarrasser de ce régime meurtrier.

 

Que cette journée soit le début d’une mobilisation générale qui doit se poursuivre jusqu’à la victoire du peuple syrien dans sa lutte pour la liberté et la démocratie.

 

Benyounès Bellagnech

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 15:27

7/01/2011 3 h 45

Gluck, Orphée et Euridice

 

Hier soir, j'ai relu les 55 premières pages de mon journal. Il en fait 121 à ce jour. Je n'ai rien retouché, juste relu.

 

J'ai constaté que j'étais en permanence en déséquilibre dans ce que j'y mettais, ça change tout le temps.

- Des fois c'est très proche du journal intime, notamment au début. Puis je tente de faire coller, de mettre en relation ce que j'apprends avec ce que je vis. C'est notamment ce que j'ai essayé avec le collectif.

- Ensuite, c'est la relation entre la lecture des cours ou de livre et l'écriture du journal qui évolue. Ma première approche a été de lire, de prendre des notes manuscrites et à partir de ces notes d'en faire une synthèse pour poster sur le forum et noter dans mon journal. Puis, je me laisse happer par Montaigne où je sors de l'écriture à vif, je fais un récit de mon travail et des connaissances que j'ai recueillies. J'ai pris beaucoup de plaisir à faire ce récit mais cette distance de temps entre la lecture et l'écriture me trouble, je n'ai plus l'impression d'écrire un journal. Après Luca nous demande de faire un compte rendu des livres que nous avons lu et je tombe sur Lapassade et Groupes – organisations - institutions. Et là, j'abandonne le passage par des notes manuscrites et une retransformation pour l'écriture du journal. Je lis et prends mes notes directement sur mon journal ce qui lui enlève de l'intérêt pour un lecteur extérieur et pour moi. En effet, je perds cette digestion de la synthèse. Je crois aussi que la décision prise de retrancher mes réflexions des acquis de la lecture est une grossière erreur. Du coup, le mélange ne se fait plus. Je crois que plusieurs considérations se sont mêlées :

- la découverte de cet auteur et du contenu de l'ouvrage : c'est un choc! L'introduction de Remi Hess et l'avant propos de Lapassade m'emballent. Je voulais y travailler sérieusement car j'estimais fondamentales les connaissances qu'il m'apportait et je voulais en faire une approche systématique, pouvoir retrouver ultérieurement ces connaissances. Et puis c'était un approfondissement du cours, cette lecture était destinée à pouvoir en faire une synthèse sur la séquence du cours s'y rapportant.

- l'ouvrage est difficile à lire, il demande beaucoup de concentration pour le comprendre. Du coup, je colle au texte dans mon journal, je m'y accroche.

- le temps : il passe, passe et j'ai abandonné le travail sur les autres matières. Je veux finir ce livre avant de passer à autre chose. Cette lecture commence le 27/11/10 et est interrompue une première fois le 11/12/2010 lorsque Luca nous apporte le texte du livre de Lapassade, l'Arpenteur et sur lequel je mets à travailler. Je reviens à Groupes-organisations-Institutions le 20/12/10 et j'arrête le 22 car les pressions de validation se font sentir.

 

Bref, en attendant, j'ai pris le pli de ne plus passer par des notes manuscrites de mes lectures pour écrire dans mon journal et c'est une erreur. Un de ces objectifs de digestion des connaissances est perdu

 

Intercalée avec Groupes-organisations-Institutions, il y a la lecture de L'Arpenteur.

 

Après le choc, c'est la claque et une grande exaltation. Je lis ce livre d'une traite sans prendre de notes.

 

C'est un bijou ce livre, il m'a rendue folle (il n'y a pas besoin de pousser beaucoup, mais Luca a eu vite fait de me remettre à la raison). Comme je me suis engagée à travailler avec une autre étudiante, j'y reviens. Je garde le pli de coller à la structure du texte mais comme j'ai l'acquis d'une première lecture, je peux m'en dégager un peu.

 

Augustin revient après une longue absence et passe sa commande pour la validation. En plus du journal, il faut lui rendre une note sur un ouvrage choisi dans une liste. Nous devons lui proposer deux choix et je n'en propose qu'un. Il l'accepte, je suis coincée. Il me faut en contre don valider sa matière. Avancer sur le cours que j'ai abandonné et lire L'entrée dans la vie. Je repars sur les grandes figures de la pédagogie mais mal. Tiraillée entre le temps qui passe et l'envie de les découvrir correctement. Je me laisse embarquée par la vie de Pestalozzi, si riche et pleine de rebondissements. Mais le mauvais pli de la prise de notes directes dans mon journal s'est installé.

 

L'heure du bilan a sonné notamment par une remarque d'une étudiante sur le forum des grandes figures et que je prends pour moi sans savoir si c'est le cas ou non.

 

J'ai vu aussi à la relecture de mon journal la manière dont je suis déstabilisée facilement par les interventions sur les forums, qui me donnent de l'énergie ou m'abattent totalement. Mes différents abandons, les décisions que je prends, celle que je tiens et celles que je ne tiens pas.

Je me décourage vite, je me bats en permanence.....

 

Mon journal est chaotique, comme moi. Je m'emballe, je m'enflamme quand je découvre, je me recroqueville et m'éteins à la moindre contrariété.

 

Je me rends compte à quel point il m'est difficile de gérer mon rapport au savoir et à l'institution. Cette envie de connaître et que ça me serve et le but institutionnel de cet enseignement qui est d'obtenir une licence et qui impose des contraintes de forme et de temps contre lesquelles je me révolte en permanence. Mais, je prends conscience aussi qu'elles sont importantes ces contraintes, qu'elles cadrent mes délires, mes obsessions et que ce n'est pas pour rien que j'ai besoin de cette institution. C'est un peu comme les murs du service d'hospitalisation sous contrainte dans lequel je travaille. Les patients psychotiques s'y heurtent en permanence, se révoltent contre l'enfermement et lorsque nous voulons les faire passer en service ouvert, ils refusent, veulent rester avec nous. Il y en a même qui posent des actes en service ouvert, cassent des portes, insultent les soignants, vont se saouler pour pouvoir revenir avec nous. Je me rappelle d'un patient, M., il était rentré chez lui depuis une semaine et il m'appelle au téléphone. Il me dit : « Hélène, il faut que vous me fassiez rentrer dans le service, signez-moi une HDT » et moi de lui répondre : Mais M, ce n'est pas possible, il n'y a pas de raison, il faut demander une hospitalisation en service ouvert, je peux voir ça avec le médecin », « je ne veux pas aller en service ouvert ». Alors il a bu et est allé avec un fusil chez le voisin qui a téléphoné à la gendarmerie et M. a réintégré notre service.

 

Alors, je crois que je suis un peu psychotique du côté des études, je n'étudie bien que sous contrainte, tout en me battant en permanence contre celle-ci.

 

Je suis impressionnée par la puissance du journal en tant qu'outil de formation.

 

Je me rappelle que j'avais tenté de le mettre en place avec une stagiaire en 2006, après avoir fait ma formation de formateur de terrain et découvert le livre de Remi Hess. On me l'avait confiée (on me confiait souvent les stagiaires à problème...) du fait de ses difficultés à écrire, de son absence de recul et de réflexion sur la formation. J'étais pleine d'enthousiasme pour cet outil et j'étais convaincue que cela allait l'aider. Mais je crois qu'on ne peut se servir de cet outil en tant que formateur que si, soi-même on en connaît la puissance. Or moi, je ne connaissais que la pratique du journal intime. En cours de formation, nous avons découvert qu'elle préférait les relations plus proches avec les patients, l'aide au quotidien, aider à ranger le logement, les papiers, aller faire des courses avec eux. Et moi, je n'ai pas réussi à accepter cette découverte qu'elle avait fait grâce au journal, je tentais de me battre pour qu'elle puisse passer en troisième année alors que j'aurais du l'accompagner dans un changement d'orientation. J'ai considéré cela comme un échec, alors qu'avec le journal, elle avait cheminé et trouvé sa voie.

 

Le temps passe et que je vais devoir me préparer pour aller travailler et je n'ai pas le temps de finir ce premier bilan d'étape : je note vite fait ce dont il ne faut pas que j'oublie quand je continuerais : journal brouillon (officiel/officieux), journal de travail, dissociation. Mettre des critères d'écriture du journal pour ne pas perdre l'objectif, les moments de vie, l'espace potentiel de Plazza; le tiers à qui on s'adresse, m'objectiver en objectivant ce qui m'objective.

 

Hélène M.

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 10:16

Avis de soutenance de Joël XAVIER 


Voici un résumé court de thèse :


La Télévision, une médiamorphose de la réalité

Images et construction d'un regard critique de la monstration télévisuelle

"Si la télévision est une « montreuse d’images », celles-ci sont souvent assimilées à la réalité. Que devient alors cette dernière une fois transformée en images de télévision ? Cela implique-t-il que la réalité se réduit au visible ? Et d’abord, de quelle réalité parle-t-on ? « Le médium, c’est le message » disait Mac LUHAN. Peut-être sera-t-il opportun, avant de répondre à ces questions qui semblent, de prime abord, uniquement liées aux contenus télévisuels, de se pencher sur le médium lui-même. Car les effets avérés du petit écran sur le cerveau humain ne sont pas négligeables. Notamment quand il s’agit de jeunes enfants placés très précocement face à l’écran. Mais la télévision et l’image, de manière générale, peuvent se révéler des atouts éducatifs (sans doute encore trop inexplorés) si l’on sait tenir compte des différents paramètres.

C’est pourquoi, s’ouvrir sur la diversité des discours sur la télévision permet d’en saisir les mécanismes et les effets. Et pour prendre la mesure du pouvoir de l’image mouvante dans l’hétérogénéité des genres télévisuels d’aujourd’hui, il est impératif de se référer à l’Histoire de l’Art pour comprendre, dans le temps, notre rapport à l’image dans son sens le plus large. Car dorénavant, d’un côté, la technologie nous permet d’accéder à plus d’informations ; de l’autre, certaines de ces informations sont à l’origine de stéréotypes qui, par le biais du réalisme télévisuel dépassent une réalité. Mais la réception n’en demeure pas moins hétérogène et ce fait doit attirer notre attention."


Bonne soirée.


Joël Xavier

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 10:32

Bonjour,

Commentaire sur l'article Compte rendu de la réunion des IrrAIductibles du 21 novembre 2011

 

Etudiante en Master 2 EFIS à IED-Paris, j'aimerais savoir si le n° sur l'autoprésentation d'EXPERICE est prévu pour Décembre ou s'il sera publié plus tard? Car à l'IED, nous aimerions savoir si nous pouvons écrire courant décembre un texte sur l'autoprésentation, ou un article en lien avec ce sujet !


Merci pour ces compte-rendus car n'étant sur Paris pour la plupart de l'IED, nous ne pouvons malheureusement pas assister à ces réunions et pourtant nous sommes plusieurs à vouloir participer à cette "renaissance" des IrrAlductibles. Nous nous sentons toujours un peu exclu sur notre plateforme de l'IED!

 

Revel

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 10:21

Bonjour à tous,

 

C'est à travers ce mail très impersonnel (pardonnez-moi) que je vous convie à assister à ma soutenance, mon rite de passage... Mon parcours en doctorat s'achève le 13/12 mais l'aventure continuera d'une manière ou d'une autre.

 

Que ceux qui le peuvent et le souhaitent viennent m'épauler ce jour-là. Ce sera avec beaucoup de plaisir que je vous retrouverai. Je ne vous connais pas tous mais peut-être le sujet vous intéressera-t-il.

 

A bientôt.

 

Cordialement.

 

Joël

 

 

UNIVERSITÉ PARIS 8

2, rue de la Liberté

93526 SAINT-DENIS cedex 02

Bureau des thèses G 117

 

 

Saint-Denis, le 1er décembre 2011 


 

AVIS DE SOUTENANCE DE DOCTORAT

(Arrêté ministériel du 7 août 2006)


 

Ecole doctorale « Sciences sociales»

 

Discipline : Sciences de l'Education


 

 

Joël XAVIER (EXPERICE)

 

 

Titre de la thèse :

 

" La Télévision, une médiamorphose de la réalité.

Images et construction d'un regard critique de la monstration télévisuelle."

 

Membres du Jury :              

Monsieur Remi HESS (Directeur de recherche)

Monsieur Bertrand BERGIER

Monsieur François JOST

Madame Anna TERZIAN


Date prévue : Le   mardi 13 décembre 2011 à 14h00

 

 

Lieu : A  l'Université Paris VIII salle : G -2

 

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