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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 17:28

Le 19/01/2011 4 h 32 Vinicus Cantuaria, lagrimas mexicanas

 

Vu le médecin hier soir, antibiotique, cortisone et autres louzous (comme on dit en breton). Du coup, j'ai passé une petite nuit apaisée, ce qui ne m'était pas arrivée depuis 10 jours.

 

Avant de mettre au travail sur la dernière séquence de discours et construction du sens, j'ai lu le journal d'Eva où elle raconte une conférence sur les histoires de vie et je lui ai écrit ceci :

 

Ton passage sur les histoires de vie est passionnant. C'est l'avantage de vivre à proximité des facs... Sur la méthodo, as-tu noté quelques grandes lignes? Je t'explique pourquoi cette demande....

 

C'est un sujet qui me passionne mais là, j'ai juste pas le temps de le voir correctement. Or, depuis un ou deux mois, il y a pas mal de départs en retraite à l'hôpital. Des infirmiers, qui sont nés autour de ce petit village avec un hôpital immense à l'intérieur (en 1990, il y avait 1600 patients, il en reste 164 aujourd'hui), ils sont rentrés comme agents, ont fait leur formation d'infirmiers psy à l'intérieur de l'hôpital, y ont passé toute leur carrière. Ils ont un rapport très particulier aux patients et à la psychiatrie. Je suis souvent triste de les voir partir et je me suis mise en tête de les interviewer pour garder une trace d'eux. En 2002, j'avais déjà interviewé 3 infirmières, aujourd’hui décédées, et qui avaient été dans les toutes premières à y travailler (avant l'arrivée des neuroleptiques en 52).

 

J'ai un infirmier qui va nous quitter dans 15 jours, il est excellent, d'une intelligence, d'une attention et d'une douceur avec les patients exceptionnelles. Toute sa vie, il a travaillé dans le service réputé le plus difficile, avec les patients les plus violents, les plus bruyants, avec un contact très difficile (grands autistes ou grands schizophrènes). Je voudrais recueillir sa parole.

 

Alors si tu as retenu une dizaine de mots sur la méthodo, ça m'aidera, d'ici à ce que je travaille ce sujet plus sérieusement.

 

C'est étrange comme se dégagent de grandes lignes lors de l'écriture du journal, des tours et détours mais en fait j'en reviens, je crois toujours à quelques grands thèmes. La folie et la psychiatrie en est un.

 

En lisant le cours des grandes figures de la pédagogie, je me suis dit que j'aurais bien aimé enseigner (j'y avais déjà pensé plus jeune) et mon investissement dans une forme particulière de militantisme qui est celui de l'Education Populaire, n'y est pas étranger. C'est surtout quand j'ai lu les extraits du journal de Fontvieille que Thierry Ducrot avait mis en ligne que j'ai pensé à cela. Je pense qu'un jour, certainement à la retraite mais aussi plus tôt peut-être, je ferai du soutien scolaire.

 

Je viens donc de finir de travailler sur la dernière séquence du cours sur « Discours et construction du sens », dont le titre est « Entendre des voix ». C'est passionnant. Je n'ai pas le temps de retranscrire mes notes maintenant car je voudrai redormir un peu avant d'aller au travail, mais des liens se sont tout de suite faits sur la question du tiers dans l'écriture du journal, sur les techniques d'entretien et notamment dans le cas d'une démarche clinique.

 

Il faut encore que je reprenne les messages du forum sur les 3 dernières séquences que j'ai travaillé et là je me sens coupable de ne pas y avoir participé. Ceux qui s'y sont investis et ont provoqué ainsi, des questions et réponses du prof vont me servir, je vais profiter de leur travail sans n'avoir rien donné en retour. Je ne suis pas fière de moi. J'ai même pensé à un moment donné, ne pas passer cette matière et m'y représenter l'année prochaine pour pouvoir participer à cette co-construction....

J'hésite encore.

 

Marilia AMORIM a mis en ligne le très court texte que nous devons commenter sur une à deux pages. Je vais donc travailler sur les messages du forum ce soir et demain. Vendredi, je relirai le cours avec le texte à analyser en tête et puis je rédigerai quelque chose.

 

Bon, allez, un petit repos avant le travail.

 

Je me demande si c'est une souris qui circule derrière la frisette....elle fait vraiment beaucoup de bruit et son pas est lourd !

 

Hélène M.

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 11:03

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Les éditions Publibook sont heureuses de vous faire part de la parution du livre de Michel Lobrot :  Ma vie, un kaléidoscope

 

586 pages – 28 €

Inspiré par l’écriture diaristique fragmentée et incisive d’un Guibert, Michel Lobrot s’est prêté durant quelques années à l’exercice du journal. Il en retire aujourd’hui un texte à la frontière du document et de l’essai, où l’intime, le réflexif et le théorique s’entrelacent incessamment pour mieux penser les problèmes que posent la société et la psychologie contemporaines. De la défense absolue de la liberté à la sévère critique de l’héritage freudien, de sa description acerbe de l’école moderne à ses observations désabusées des débats politiques, cet éminent professeur et praticien dévoile une pensée incroyablement combative et révolutionnaire.

 

Le texte de Michel Lobrot a ceci d’exaltant et de fascinant qu’il donne à lire l’existence d’une pensée. Une pensée qui revient sur elle-même, découvre, progresse, s’affûte, bouscule les normes, jamais satisfaite du statu quo. En prise directe avec notre monde et ses enjeux, le diariste ne se retranche pas sur son quant-à-soi, ne construit certainement pas un essai-bilan ou un testament intellectuel, mais livre bel et bien une réflexion toujours sur le qui-vive, curieuse, désireuse de transformer les hommes et leur manière de vivre ensemble.

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 10:59

Réapparition du discours et de la construction du sens

 

18/01/2011 6 h 13

 

Voilà, je viens de finir de travailler sur les séquences 4 et 5 de discours et construction du sens.

Ce cours est vraiment bien fait, passionnant et très utile pour théoriser/conceptualiser ce qui se passe au niveau du discours dans un entretien.

J'ai pris des notes sur mon cahier et l'idéal serait que je les retranscrive sur ce journal mais je n'ai pas assez de temps. Il me reste encore une séquence à voir et le texte à analyser doit tomber aujourd'hui. Peut-être arriverai-je finalement à le passer. Et peut-être le valider?

Brièvement quand même......

 

Séquence 4 : « Vérité ou opinion personnelle? Dans quel contexte est valable ce qui se dit ? »

Cette séquence a été difficile à comprendre et j'ai du m'y remettre à plusieurs reprises. Elle évoque la question des embrayeurs qui permettent de relier l'énoncé au contexte extra discursif, en fait, ils lient le discours aux faits qui la conditionnent. Ce sont les pronoms personnels de la première et deuxième personne (je, tu, nous, vous), les adjectifs possessifs leur correspondant, les pronoms démonstratifs, les adverbes et locutions de localisation (ici, à gauche) ou temporels (demain, il y a 100 ans). Ces deux dernières catégories sont appelées déictiques lorsque qu'elles renvoient à une situation de contexte du discours (hors discours). Ils sont appelés références anaphoriques (avant) ou cataphoriques (après) lorsqu'elles renvoient au co-texte c'est à dire à une information qui se trouve à l'intérieur du discours et non à l'extérieur (contexte).

On peut classer les genres discursifs en fonction de leur utilisation ou non de déictiques. Benveniste différencie le discours (sphère personnelle) et le récit (sphère historique, littéraire). Cela joue sur la perception d'objectivité du discours. Cependant, à l'intérieur d'un même discours, il peut y avoir un mélange et dans ce cas, on opèrera une division entre discours embrayé et discours non embrayé.

L'utilisation de temps particulier peut aussi influencer sur la perception de l'énoncé (passé composé/passé simple).

 

Séquence 5 : « Sur ce qu'on est induit à dire et sur ce qu'on est induit à comprendre »

 

Cette séquence est beaucoup plus aisée à comprendre et je crois que mon utilisation fréquente des techniques d'entretien et les transgressions de règle du discours opérés par les patients en psychiatrie, m'ont déjà beaucoup sensibilisé à cette question.

 

Il est dit dans cette séquence que les règles du discours sont pour la plupart apprises inconsciemment.

Le principe général du discours, c'est la coopération caractérisé par le fait que celui qui parle et celui qui écoute sont dans une relation d'interdépendance. Les principes généraux sont :

- la loi d'exhaustivité (bonne mesure),

- la sincérité,

- la pertinence,

- la modalité.

 

Ne pas respecter ces règles ne signifie pas qu'elles n'existent pas, cela signifie que soit un effet est recherché par celui qui tient le discours, soit il va avoir un effet non recherché chez celui qui l'écoute.

 

Il existe des implications conversationnelles :

- les présupposés (Paul a cessé de boire) et

-les sous-entendus.

 

Goffman dit que le discours établit les règles sociales et qu'un jeu se joue entre défendre son territoire et se valoriser, se faire reconnaître (ethos/mise en scène de soi).

 

Hier soir Remi Hess a mis en ligne un message sur le forum de psychosociologie concernant ce qui se passe en Tunisie. Il se demande pourquoi cela ne pourrait pas avoir lieu en France, vu la crise financière de 2008 et le fait que les banques ont continué à se goinfrer après. Il dit que l'éducation tout au long de la vie ce peut être aussi une bonne révolution.

 

Je voulais répondre et je ne l'ai pas fait, je n'ai plus envie de m'exprimer dans ce cours. J'avais envie de dire qu'effectivement, il n'y a pas pour moi de plus jolie musique que celle de la parole sociale libérée, que le fait même qu'elle s'exprime est déjà un changement profond.

 

Hélène M.

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 10:57

16/01/2011 14h14

 

Lecture de la séquence : Trois psychosociologues de l'autogestion pédagogique

 

1) Georges Lapassade (1924-2008) (ayant déjà beaucoup travaillé sur Lapassade dans ce journal, je passe rapidement cette partie)

 

En 1962, il publie l'Entrée dans la vie, Essai sur l'inachèvement de l'homme, qui, en faisant appel à différentes sciences sociales, montre que la maturité n'a pas de réalité, c'est un mythe. Il propose d'accepter que l'inachèvement de l'homme soit admis comme un signe de maturité et qu'à défaut d'en définir un, c'est le nihilisme qui va régner.

Avec le livre Groupes-Organisations-Institutions, Lapassade initie le mouvement de l'analyse institutionnelle qui précèdera les mouvements de l'anti-psychiatrie et l'anti-pédagogie.

 

Il développera 5 axes de recherches : - la psychosociologie, - l'ethnologie, - la sociologie, - l'implication, - l'ethnographie de l'école.

 

Tout au long de sa vie, il s'est cherché et s'est intéressé aux personnes qui cherchent leur place.

 

2) Raymond Fonvieille (1923-2000) (je rajouterai à cette lecture les éléments pris dans la séquence des grandes figure de la pédagogie qui lui est consacrée)

 

D'origine albigeoise, Fonvieille part très tôt s'installer avec sa famille à Gennevilliers en banlieue parisienne. Jeune, il s'initie au plaisir de l'écriture avec un de ses amis. Il a du mal à supporter l'ambiance et les méthodes de travail scolaire de l'époque et c'est pour répondre au souhait de sa mère et parce qu'il a découvert de l'intérêt à travailler avec les enfants lors d'une colonie de vacances qu'il s'oriente vers la profession d'enseignant.

 

En 1943, il devient instituteur titulaire dans le même établissement où il a suivi ses études. C'est également à cette époque qu'il découvre le mouvement Freinet et qu'il commence à y participer. Il tente d'adapter ces méthodes à un public urbain.

Peu à peu, il commencera à prendre ses distances face à ce mouvement dont il critique l'autoritarisme, et en sera exclu en 1961 du fait de sa création d'une revue parallèle à la revue officielle du mouvement.

 

Dès 1958, avec Fernand Oury, il monte un Groupe de Techniques Éducatives et fonde le mouvement de la pédagogie institutionnelle inspiré de la psychothérapie institutionnelle. Ce mouvement part du constat que, que ce soit en thérapie ou en pédagogie, il y en a un qui sait et qui agit et l'autre qui est considéré comme ne sachant pas et qui est passif. Ce mouvement cherchera à développer au contraire, l'expertise et l'autonomie des élèves.

 

Se joignent ensuite à ce mouvement, Georges Lapassade, Michel Lobrot et René Lourau. Ce mouvement se séparera lui aussi entre d'un côté Fernand Oury qui développera la psychopédagogie, et Fonvieille, la sociopédagogie.

 

En 1963/1964, il se retrouve face à une classe d'élève en échec scolaire. Lapassade qui est alors chercheur au CNRS vient faire un stage chez lui et conceptualise l'autogestion pédagogique qu'il définit comme « un système d'éducation dans lequel le rapport de formation est en principe aboli. Ce sont les enseignés qui décident de ce que doit être leur formation et qui la gèrent ». Le but est d'apprendre aux élèves à apprendre.

L'autogestion est un mot qui recouvre des idées développées par les courants anarchistes et révolutionnaires chez des auteurs comme Fourier, Proudhon, Bakounine, Marx et dans des expériences telles que la Commune de Paris, les soviets...

 

Fonvieille développe une pédagogie de la congruence où l'implication de l'enseignant est sans cesse examinée.

Durant toute sa carrière, il tiendra un journal de classe dont, il tirera à sa retraite quatre ouvrages.

 

3) Michel Lobrot (1924- )

Il perdra la foi après avoir passé quatre ans chez les Dominicains. Il obtient son agrégation de philosophie en 1956 et commence à conduire des expériences pédagogiques en s'inspirant des écrits de Carl Rogers.

Il constate la montée de la bureaucratie pédagogique et participera à la création du groupe de pédagogie institutionnelle pour s'en séparer après 1968. Il deviendra professeur de Sciences de l'éducation à Vincennes.

 

Pense que la révolution se fera à partir de l'école.

 

Ses recherches se poursuivront sur les questions de l'implication et le pourquoi d'une écriture d'un journal destiné à ne pas être lu. Au contraire de Pascal qui pense que le moi est haïssable, il pense que ces écrits qu'on peut qualifier péjorativement de narcissiques permettent en fait de développer la conscience de soi, la congruence.

 

17/01/2011 6h51 Handel, Sémélé

 

Très mal dormi cette nuit, j'ai vraiment une mauvaise toux qui m'empêche de respirer, il faut que j'aille voir le médecin.

Hier, j'ai envoyé un message sur le forum des tuteurs pour savoir ce que signifiait l'intersemestre. Sandrine m'a répondue rapidement, comme d'habitude, qu'en fait le second semestre ne commençait que le 22 février.

C'est une bonne nouvelle et je pourrais ainsi faire ma fiche de lecture pour l'introduction aux sciences humaines à ce moment là.

Pas très satisfaite de mon travail d'hier, la séquence sur l'autogestion pédagogique est bâclée alors que c'est ce qui m'intéresse le plus.

Je ne sais plus trop où mettre mes priorités, laisser de côté la psychosocio et les grandes figures pour foncer sur discours et construction du sens et tenter de passer l'évaluation.....

J'ai l'impression d'avoir pris une telle distance avec ce cours, cela va être difficile de s'y remettre. D'un autre côté, je n'ai que deux séquences de retard, en 2/3 jours, je peux peut-être y arriver?

J'ai commencé à relire mon journal pour travailler à sa présentation, repérer les fautes d'orthographe, voir les incohérences à la lecture. Hier j'ai passé presque 2 heures à essayer de comprendre l'indexicalisation sous open office, sans résultat. Je vais tenter de voir avec une secrétaire du travail voir si elle peut m'aider.

 

Hélène M.

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 10:58

Le 15/01/2011 6 h 43

 

Je voulais passer rapidement sur les dernières séquences de la psychosociologie pour tenter de la « boucler » cette semaine et arriver d'une part à rendre au moins un travail dans une matière mais comme d'habitude, je suis tombée sur un sujet qui me passionne et je n'ai pu me limiter à la lecture du cours.

 

Trois postures : la clinique, la recherche-action, l'histoire de vie (ne figure plus dans le texte de la séquence).

 

1) La démarche clinique

 

La séquence débute par l'évocation de Wilhem Dilthey (1833-1911). Ne connaissant pas cet auteur, je suis allée rapidement voir sur Wikipédia (j'ai conscience des réserves qui peuvent être émises sur cette utilisation, elle permet cependant d'avoir un premier aperçu relativisable). J'y apprends qu'il s'est inspiré des travaux de Schleiermacher sur l'herméneutique et qu'il peut être rattaché au romantisme allemand. Ce serait lui qui aurait introduit l'expression de cercle herméneutique.

 

Il a ouvert la différentiation entre sciences de la nature et sciences de l'esprit. Il qualifie ces dernières en leur donnant pour objet « l'étude de l'homme par l'homme».

- l'origine étymologique du mot clinique :

Vient du grec ancien Kliné, couche pour les morts et Klino, verbe évoquant l'action de s'incliner, de coucher, d'appuyer.

- La clinique : pratique et recherche

Alors que ce terme est le plus souvent utilisé en relation avec les pratiques de soins, il peut aussi s'appliquer à une posture de recherche dont la pratique n'est pas absente.

- Le noyau dur de la recherche clinique

On peut caractériser la recherche clinique par : - l'objet de la recherche qui est une personne, un groupe de personnes, - l'implication du chercheur dans la relation avec son objet d'étude (contact direct), - le postulat de l'auto-réflexion dans la situation intersubjective, - la capacité de différenciation de la personne qui peut s'exprimer par un acte de refus, - l'historicité de la personne (sa permanence et son changement), - pondération de son expérience par la personne, - multitudes des variables.

 

Sur la question de l'historicité : j'ai assisté hier à une intervention de Christophe NIEWIADOMSKI (1) sur les histoires de vie. Il a évoqué la question en partant de Paul Ricoeur et du paradoxe de l'identité. Paul Ricoeur (2) aborde la question du «qui suis-je? » en montrant qu’elle contient un paradoxe mêlant la « mêmeté » qui est l'élément permanent et l'« ipséité » qui est l’élément changeant. Ce paradoxe se résout par la construction de son identité normative, le récit de soi qu'il appelle mimésis (j'espère ne pas faire d'erreur). La mimésis se compose de 3 moments : - la préfiguration (prise en compte du code culturel), - la configuration (choix de ce qui est raconté et prise en compte du destinataire du récit), - la reconfiguration (pas de côté qui s’effectue lors de l'élaboration du récit)

- Caractéristiques de la recherche clinique :- reconnaissance de l'histoire du sujet, - expérience vécue et élaborée, - invention continue de soi, - prise en compte de la personne totale en situation, des évènements extérieurs et du contexte et de la manière de gérer une situation problème.

 

Lecture de l'article de Claude REVAULT d'ALLONES, Psychologie clinique et démarche clinique. (3)

 

Dans cet article, l'auteur cherche à caractériser la démarche clinique.

L'objectif de la démarche clinique est de connaître et comprendre « la personne totale en situation d'interaction » dans un but de diagnostic, d'intervention, de recherche. Une des particularités de la démarche clinique est de présenter un caractère problématique du fait « de la tension permanente qu'entretiennent le sujet et l'objet ».

Ses temps forts sont : - le lien à la pratique (expérience et distance à l'expérience), - le rôle de la demande ou plutôt de la double demande (la demande de l'un rencontrant la demande de l'autre) qui ouvre un espace dans lequel le dispositif clinique va jouer, - l'importance de la relation (travail dans la relation et sur la relation), - la prise en compte de l'implication (auto-réflexion du clinicien), - les rapports avec la psychanalyse (et notamment sur sa prise en compte par le clinicien concernant la question du transfert et du contre-transfert), - la réévaluation du social (relation entre la subjectivité et le social, « plus on va vers le subjectif, plus on trouve ou retrouve le social »)

 

La rigueur scientifique de la démarche clinique s'affirme dans l'analyse permanente du clinicien de son implication et le questionnement constant de l'implicite qui habite les dispositifs qu'il a mis en place.

 

2) La recherche action

 

S’appuyant sur un principe, énoncé par Kurt Lewin, que l’on peut chercher à connaître un objet d’étude en agissant sur lui et qui « assigne au chercheur un rôle d'expérimentateur » (4), les premières expériences sont attribuées à John Dewey et au mouvement de l'Ecole Nouvelle dont les principes reposent sur « l'idéal démocratique, le pragmatisme, et l'insistance sur l'habitude du savoir scientifique chez les éducateurs comme chez les éduqués » (5).

 

Le passage de la recherche action de type Lewinienne à la nouvelle recherche-action émancipatrice de Carr et Kemmis a été effectué par les travaux de L. Stenhouse vers les années 1970, à l'Université East Anglia. (6) C'est le premier à avoir modifié le statut du chercheur à l'intérieur de la recherche en lui enlevant son «auréole » d'expert.

 

Carr et Kemmis, vont, eux, relancer la recherche action en 1983 après une période de latence, en prenant en considération les demandes des enseignants d'être eux-mêmes chercheurs, de participer à des recherches qui leur servent réellement et non à des savoirs inutiles pour leurs pratiques, de pouvoir faire face à de nouveaux problèmes qui se posaient à eux, de pouvoir fournir des arguments face à des critiques de plus en plus acerbes sur l'école.

 

Ces auteurs insistent sur le principe d'action sociale de la recherche-action (menée par les praticiens eux-mêmes) et sur l'utilisation d'une démarche expérimentale.

 

L'objet d'une recherche action, c'est la pratique, nommée praxis. La praxis, « c'est une action associée à une stratégie, en réponse à un problème posé concrètement, en situation et dont l'auteur est impliqué. »

 

René BARBIER qualifie de Recherche Action Intégrale la «recherche-action transpersonnelle, à la fois éminemment personnelle et communautaire » (7), participante et politique et qui se caractérise par 7 aspects (8) :

- le problème naît dans la communauté qui le définit et le résout,

- le but ultime de la recherche est la transformation radicale de la réalité sociale et l'amélioration de la vie des personnes impliquées. Les bénéficiaires de la recherche sont donc les membres de la communauté.

- La recherche participante exige la participation pleine et entière de la communauté pendant le processus de recherche.

- La recherche participante implique tout un éventail de personnes ne possédant pas le pouvoir, exclus, pauvres, marginaux...

- le processus de la recherche action peut susciter chez les participants une meilleure prise de conscience de leurs propres ressources et les mobiliser en vue d'un développement endogène.

- Il s'agit d'une méthode de recherche plus scientifique que la recherche traditionnelle en ce sens que la participation de la communauté facilite une analyse plus précise et plus authentique de la réalité sociale.

Luca Paltrinieri, dans un ouvrage à paraître (9), relève que de nombreuses définitions de la recherche-action ont été données depuis 1950.

Leurs points communs sont :

- le fait de s'appuyer sur une praxis par essence complexe et mettant en jeu de nombreux acteurs,

- l'implication collective et le fait qu'aucun acteur ne se trouve en position d'objet d'étude. Le chercheur collaborateur doit en permanence analyser son implication qui devient un objet d'étude,

- la radicalité, car la recherche-action débute souvent par une situation de crise dont il faut trouver la signification par un déplacement du problème, la formulation d'une «bonne question», c'est-à-dire celle qui pourra obtenir une réponse,

- la temporalité, la recherche-action nécessite un temps long pour pouvoir produire un changement.

 

19 h 06 Herma Puma, Synchromystic

 

Bon, ça y est, j'ai fini cette séquence et il m'en reste deux en psychosocio, celle sur l'autogestion et celle sur les groupes sujet/objet. J'avance, lentement mais j'avance......

 

(1) Docteur en sciences de l'éducation, maître de conférence à l'université de Tours.

(2) Corrigé ce jour, le 24/01/2011 ;-)

(3) Claude REVAULT d'ALLONES, La démarche clinique en sciences humaines, Psychologie clinique et démarche clinique p17-33, Edition Dunod, 1999.

(4) LIU M. Fondements et pratiques de la recherche action, L'Harmattan, Collection Logiques Sociales, Paris, 1997, p 26.

(5) BARBIER R., La Recherche Action, Anthropos, Paris, 1996, p 15.

(6) Information tirée de l'article de Georges Lapassade, De l'ethnographie de l'école à la nouvelle recherche-action, 1993, http://old.recherche-action.fr/LinkedDocuments/lapassade.htm consulté le 15/01/2011.

(7) Ibid, p18.

(8) Ibid, p40.

(9) Message du 11/01/11 sur la plateforme EAD, Paris 8.

 

Hélène M.

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 10:06

14/01/2011 19 h 49 Anouar Brahim Thimar

 

J'ai sauté un jour, c'est dingue! J'ai sauté un jour de journal, comment ça se fait?

 

Ah si, ça y est, je me rappelle....hier matin, j'ai commencé à travailler sur la séquence des postures en psychosocio et comme j'ai repris mon ancienne méthode, j'ai d'abord pris des notes sur mon cahier. Cette séquence porte sur la posture clinique et j'ai été un peu déstabilisée car on parle plutôt d'habitude de démarche clinique. Alors je me suis replongée dans des textes que j'avais travaillé précédemment de Claude Revault d'Allones (1) et comme d'habitude, je n'en avais pas assez, vagabondage sur la toile...

 

Je commence à me dire que c'est pathologique. En fait c'est Lapassade qui m'y a fait penser dans son chapitre sur la névrose et le choix de l'objet d'amour. Il y a un rapport au savoir chez moi qui est proche de ce choix d'objet. C'est cela que j'avais cherché à comprendre lorsque j'avais voulu faire une analyse au moment où j'avais repris des études en 2006. Le professionnel n'était pas compétent et en fait c'est une bonne chose. Je préfère le découvrir avec Lapassade. Juste, il faut que je fasse attention à ce que cela ne se termine pas comme la dernière fois.

Laissons ma névrose!

 

Je n'ai pas écrit non plus dans mon journal car hier s'est tenue une réunion du collectif qui s'est terminée très tard. Au départ je pensais ne pas y aller car une réunion avait été annulée la semaine dernière pour cause de maladie de plusieurs et que sur des messages internet certains se demandaient si nous étions en nombre suffisant pour continuer. J'avais répondu que si c'était pour se poser encore des questions sur la moindre mobilisation, la passivité de la population ou autre sujet de ce genre ce serait sans moi et que je viendrais que si c'était pour préparer notre action du 22 sur les bons voeux du gouvernement.

 

Les réponses à ce message étaient étranges, sans cohérence, du coup je suis allée à la réunion.

 

Elle se passait chez M., on devait apporter de quoi boire et manger. Et finalement, après quelques explications, j'ai compris que la réunion de la semaine précédente avait tout de même eu lieu car ceux qui n'ont pas internet ou qui avaient eu le message trop tard s'étaient présentés. Comme c'était M. qui était censée organiser la réunion d'hier soir, j'ai compris pourquoi je n'y comprenais rien.

 

Chère M., je l'adore, ça marche très bizarrement dans sa tête. Pour lancer les infos, elle utilisait chaque fois des listes de destinataires différents qui faisaient « répondre à tous » à la liste envoyée par elle, si bien qu'il y avait des circuits parallèles de communication qui ne se sont jamais croisés.

 

Bref, nous étions 7, 6 filles et l'intersexe qui revenait de Bruxelles où il avait travaillé dans une commission de l'OMS sur la dé-psychiatrisation de la transexualité.

 

On est reparti dans une séance de travail délire, ça partait dans tous les sens sur comment on allait mettre en place nos bons voeux des Sarkozettes et recueillir la parole des passants et leurs voeux à eux pour le gouvernement.

La conférence de presse est prévue lundi soir au bar, on sera déguisé en Sarkozettes bling bling et le samedi 22, c'est rdv devant chez Leclerc en tenue.

 

Nous nous sommes demandés si nous devions nous trouver un nom pour nous présenter aux journalistes et que nous puissions nous identifier mais ce sujet a vite été balayé, pour cette fois nous sommes les Sarkozettes, après nous verrons.

 

Après on a fait une séance d'essayage de déguisements bling bling.

 

A certains moments, il y avait des séparations de discussions et je me suis retrouvée dans la cuisine avec B. et V. B. disait que ça allait bientôt péter, que ce qui se passait en Tunisie était un signe qui allait donner des idées aux français. Elle disait que le confort endort, que les gens bougent que lorsqu'ils n'ont plus rien à manger et que c'est dramatique. V. et moi pensions que ce n'était pas si sûr que ça bouge mais que ça ne devait pas nous empêcher de faire de l'agitation, mettre du politique dans l'espace public.

 

Je comprends assez bien que les gens ne bougent pas tant qu'ils ont de quoi vivre. Je ne me vois pas cesser de militer mais j'aimerais souvent être tranquille, me promener, faire mon jardin, m'amuser avec mes amis et ma famille, étudier.

 

C. a parlé de ses difficultés de vivre avec le RSA et qu'avec les dernières augmentations de toutes les factures et malgré les abonnements sociaux, elle ne s'en tirerait pas dans les mois à venir. V. a lui aussi le RSA avec son compagnon, mais ils glanent, ont un potager, ne mangent pas de viande. Il dit que pour le minima ça va, mais le problème ce sont les livres, l'accès à la culture plus difficile à la campagne que dans une grande ville. Il a un diplôme du CNAM niveau master en insertion sociale, mais il n'est pas reconnu par les employeurs et les boulots qu'on lui propose sont payés au smic. En plus, il ne veut pas travailler dans l'insertion et pousser les gens à s'adapter et accepter un système avec lequel il est en désaccord. Il a travaillé pendant un an comme ramasseur de volailles et dit qu'entre l'essence pour aller travailler, les fringues qui s'usent à une vitesse grand V et l'usure du corps, il préfère rester au RSA.

 

Avec M. nous avons aussi reparlé de la lutte pour le maintien de la mater et la chirurgie de l'hôpital de notre commune en 2008, qui avait été assez virulente. Et je me suis rendue compte que ces études avaient changé ma manière d'aborder les problèmes.

 

Je crois que dans ce qui se passe à l'heure actuelle, la casse du système de protection sociale, des services publics, du droit du travail....on ne se bât pas de la bonne manière et on défend parfois des choses indéfendables plutôt que d'essayer d'en imaginer de nouvelles. Nos visions sont limitées. Pourquoi attendre toujours que l’État fasse tout, prenne tout en charge? Ou se trouve dans ce cas notre investissement politique, notre créativité à penser ce dont nous avons besoin et à le réaliser ?

 

Bref, M. est censée nous faire un compte rendu de la réunion..... Par contre bonne nouvelle, je lui ai prêté L'Arpenteur et elle l'a lu et l'a trouvé passionnant. Décidément Lapassade fait des miracles.

Autre sujet.

 

Il y a eu un échange d’inquiétudes (concernant la présentation du grand classique) sur le forum des Grandes figures auquel Augustin a répondu! Il n'explique pas beaucoup plus en fait ce qu'il attend de nous mais ça ne me dérange pas. Juste il donne envie de s'y remettre en nous montrant le plaisir qu'il peut prendre à écrire et nous, le plaisir que nous avons à le lire.

 

Quoiqu'il en soit, il dispose d'une liberté que ne suis pas sûre de m'accorder pour ce genre d'écrit. Parfois, je me dis que l'écriture est un monstre qu'il faut bien se garder de détacher!

 

Autre chose encore, j'ai assisté ce matin à une intervention sur les histoires de vie dans le cadre de La journée annuelle des Assistants Sociaux en psychiatrie du Grand Ouest. C'était très intéressant et j'ai reconnu quelques noms cités de Paris 8 et Paris 13. J'en ferai un compte rendu un peu plus tard.

 

(1) Claude REVAULT d'ALLONES, La démarche clinique en sciences humaines, Psychologie clinique et démarche clinique p17-33, Edition Dunod.

 

Hélène M.

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 09:55

12/01/2011 5h10

 

Hier je voulais avancer rapidement sur cette séquence des trois méthodes et puis je me suis dit que ce serait l'occasion de ressortir mes dossiers sur le sujet et d'en faire profiter les autres étudiants du forum. Ça m'a pris un temps assez long et je me suis posée la question de savoir si finalement je postais ou non cet écrit sur le forum. Peut-être était-ce trop long? Et puis j'ai l'impression que j'ai le don d'énerver ou de provoquer le rejet (sauf dans notre petit groupe du journal) et j'ai vraiment pas envie de me ramasser une remarque désobligeante en ce moment.

 

Jean a mis un message sur le forum concernant la domination au travail à partir d'un article de Christian Montlibert :

(http://gree.univ-nancy2.fr/digitalAssets/50937_MONTLIBERT.pdf).

 

La réponse de Luca me plaît beaucoup notamment

 

« Cela dit, je me demande depuis un certain temps à quoi ça sert de montrer des formes de domination de plus en plus sophistiquées: est-ce que ça nous aide vraiment à lutter contre cet état des choses ou est-ce que ça nous plonge dans une sorte de paralysie? A quoi ça sert de faire des cartographies parfaites de la domination si on ne se donne pas les instruments pour la renverser?

On pourrait enfin imaginer que même la description de la domination est une stratégie de domination: son but serait de faire apparaître littéralement l'impossibilité de l'action des dominés et de conduire, par cela même, à l'inaction généralisée. »

 

C'est la remarque que je me faisais un peu plus haut dans ce journal, où je trouvais que les écrits de Georges Lapassade étaient beaucoup plus utiles pour des militants que les écrits d'autres intellectuels. C'est ce que disait également Bernard Friot, lorsqu'il nous avait formés sur le cotisation sociale. Il faudrait que je reprenne ces textes exacts, mais en gros, il disait : moi je suis un sociologue marxiste, Bourdieu n'en est pas un. La domination ça n'aide pas pour se battre.

 

Je retourne maintenant sur les deux autres méthodes : l'intervention et l'observation participante. Après lecture de la séquence, j'ai du mal à séparer vraiment ces méthodes. Ainsi, les entretiens peuvent être utilisés aussi bien dans l'intervention que dans l'observation participante. De même, est-ce qu'une observation participante ne peut pas être considérée comme une intervention?

 

2) L'intervention

 

C'est la mise en place d'une auto-analyse en réponse à la commande d'une institution. Il y a une certaine réticence des sociologues à utiliser cette méthode et elle a plutôt été développée par les psychologues (la psychanalyse est une forme d'intervention) et les psychosociologues.

 

On distingue :

 

- l'intervention psychosociologique : initiée par Kurt Lewin qui après s'être intéressé à la dynamique des groupes mène une intervention sur la population en vue de modifier des habitudes alimentaires. La méthodologie suit le processus : prise de conscience (fonctionnement du terrain), diagnostic, action.

 

- L'intervention organisationnelle : à l'intérieur d'une organisation, l'enquêteur (un sociologue) peut provoquer une « crise à froid » (cf. Michel Crozier). En général ce type d'intervention aura plutôt une influence sur l'organigramme que sur le sociogramme. A la différence du psychosociologue, le sociologue n'analyse pas son implication.

 

- L'intervention socioanalytique : (André Amart repris par J &M Van Bockstaele) c'est l'intervention dans le cadre d'une Analyse Institutionnelle. Elle utilise l'outil de l'analyseur (naturel ou construit) tel que Lapassade a pu l'exposer dans l'Arpenteur. Elle suit un chemin : analyse de la demande affichée/implicite, autogestion de l'intervention, règle du tout dire pour mettre à jour le non-dit institutionnel, élucidation des transversalités, analyse des implications du chercheurs, construction et élucidation des analyseurs. Cette méthode a été développée par Patrice Ville.

 

3) L'observation participante

 

Désigne les observations prolongées faites sur le terrain en participant à la vie des groupes. Est issue des méthodes anthropologiques (observateur participant qui est en fait un informateur privilégié).

 

L'enquêteur est dans un processus continu de négociation pour accéder au terrain et doit arriver à établir une relation de confiance, à faire partie du décor.

 

Pour participer, il faut intégrer certaines activités du groupe. Et se pose parfois la question du contenu de ces activités (dans le cas de groupes religieux ou de bandes déviantes). Il existe des degrés variables de participation, périphérique, active, complète. Il a été constaté que la parole des personnes était plus libre en cas de conflit. Question de l'éthique du chercheur qui se déclare en tant que tel ou non. Relations de cette méthode avec la recherche action (que je verrais plus en détail dans le cours suivant)

 

Hélène M.

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 11:30

Accélération

 

14 h18

 

Les messages de L., E. et E. m'ont reboostée. J'avais l'impression que je ne pourrais valider aucune matière à ce premier semestre et puis, elles me disent le contraire, m'encouragent. Ce petit groupe du journal appliqué est vraiment dynamisant, encourageant. Je pense que si nous ne pouvons le garder au deuxième semestre, je demanderai au regroupement du 29 si nous pouvons en créer dans les autres matières.

Du coup, et vu que le médecin m'a finalement fait un arrêt de 3 jours (en comptant le lundi), je me dis que je vais essayer de rattraper un peu de retard en psychosociologie, ça me changera de Lapassade et des Grandes figures. Je m'attaque donc au Chapitre 4.

 

Chapitre 4 / Trois méthodes : l'entretien, l'intervention, l'observation participante.

 

1) L'entretien :

Cette partie fait référence à l'ouvrage de Kahn et Cannel (1).

Il est fait mention de l'importance de prendre en considération certaines notions générales telles que la motivation (affichée, dissimulée), le but, de chemin et de barrière (comment arriver à un but sans dévoiler la réelle motivation), le conflit, les mécanismes de défense (la rationalisation).

La motivation à répondre peut être due à une raison extrinsèque (en parlant à l'enquêteur on pense parler à l'institution) ou intrinsèque (relation interpersonnelle qui s'établit avec l'enquêteur. Elle est facilitée par l'attitude non directive de l'enquêteur (intérêt pour la personne, la permissivité, la liberté de l’interviewé).

Les conditions de l'entretien jouent un rôle déterminant (demande ou convocation de la personne).

La conduite de l'entretien nécessite une formation théorique mais surtout pratique destinée à prendre conscience de l'importance des attitudes (différences entre attitudes approbatives, autoritaire, de compréhension) de l'enquêteur sur la réponse de l'enquêté.

 

En tant qu'assistante sociale, j'ai été formée aux techniques d'entretien et elles sont le fondement de mon travail quotidien. Elles revêtent une importance fondamentale dans les entretiens menés en psychiatrie, car s'ajoute la dimension pathologique. Exerçant dans un service de psychiatrie sous contrainte avec des personnes en crise ou venant juste d'en sortir, l'entretien doit être ciselé et adapté à la pathologie de la personne. Les conséquences d'un entretien peuvent être dramatiques, suicide ou violence, d'où la nécessité de rendre compte de ce qui s'est passé à l'équipe infirmière. Ce sont des entretiens qui nécessitent une forte concentration et tous les personnels de ce service ont reçu une formation particulière à l'entretien en situation de crise.

Pendant 2 ans j'ai mené des ateliers de technique d'entretien dans un centre de formation.

Essentiellement basé sur des jeux de rôle, j'y développais quelques notions (2):

 

- l'interaction : dès que deux personnes sont en présence, elles interagissent. On peut en dresser une typologie : - digitale (mots) et analogique (gestes, para langage verbal, mimiques, postures, regard, utilisation de l'espace, manifestations neuro-végétatives); - de confirmation (reconnaissance de ce qui est dit et de ce qu'est l'interlocuteur), d'infirmation; - de tangentialisation (réponse qui ne prend pas en compte ce qui a été dit), de disqualification (réponse où la proposition initiale est déformée au profit du désir de celui qui répond), de mystification (faire croire à l'autre qu'il a dit des choses qu'il n'a pas dite)

 

- la dynamique des interactions : - complémentarité (stabilité des statuts par exemple

dominant/dominé) ; - symétrique (surenchère des réponses successives).

 

- la dynamique des attitudes : exposées par Carl Rogers et redeveloppées par Elias Porter. – attitude d'évaluation (jugement bien/mal qui provoque des blocages), - attitude directive (donner des ordres, orienter entraîne la dépendance), - attitude de support (encourager, soutenir mais à limiter aux situations de difficultés particulières sinon elles provoquent la dépendance), - attitude d'élucidation (questionnement, silence), - attitude d'interprétation (explication de façon personnelle de ce que l'autre vient de dire de manière affirmative (à éviter) ou interrogative), - attitude de compréhension (répétition, reformulation).

 

- Les variables sociales qui interfèrent sur la conduite d'entretien : le rôle et statut social, les préjugés et les stéréotypes.

 

- Les variables psychologiques ou psychosémantiques : - effet halo (raisonnance symbolique d'un mot qui peut déclencher un blocage), - le poids des mots (notamment ceux qui marquent l'écart à la norme sociale), - l'ordre des mots (les premiers sont sur valorisés).

 

La formation à l'entretien porte sur : l'écoute, l'empathie, la congruence, les différentes formes de questions, la gestion des silences. Dans l'entretien en relation d'aide, s'y rajoutent : - l'évaluation et la hiérarchisation des besoins, des ressources de la personne et de son milieu, la compréhension du problème dans les termes exprimés par la personne, favoriser le développement de compréhensions nouvelles.

 

Ces éléments sont la base de la technique d'entretien, cependant d'autres approches les ont développées sous un jour légèrement différent, notamment les approches systémiques ou de thérapies brèves centrées sur la solution. Dans le premier des cas, les interventions digitales portent sur la méta-communication et dans le second sur l'écart entre ce qui est vécu et ce qui est souhaité/réalisable.

 

J'ai testé par ailleurs la technique de l'entretien clinique à visée de recherche (3) dans le cadre de ma formation de formateur de terrain. Dans ce cadre, avant l'entretien, il y a une sorte de mise en évidence de nos à-priori sur le sujet de l'entretien non pour les nier mais pour en prendre conscience. Il y a ensuite un travail important sur la rédaction de la consigne qui sera soumise à l'interviewé, un entretien mené uniquement à partir de reformulation ou de silence afin d'éviter d'orienter le discours et puis une retranscription assez particulière, sans ponctuation, les silences étant marqués par des / (plusieurs / si le silence est long) le volume de la voix est signifié par la taille du texte et les mots ou syllabes appuyés sont mis en gras, les onomatopées sont retranscrites.

 

Exemple (4) :

 

interviewer : j’aimerais que vous me parliez de ce qui vous a amené à être professeur

interviewé : alors ce qui m’a amené à être professeur pfu ya / /ben pour moi je peux pas dire qu’il y a une vocation heu / j’ veux dire/ une vocation heu / terrible / pour être enseignante heu / dès mon plus jeune âge en fait / c’est les études qui m’y ont poussée / donc j’ai fait des études littéraires euh // et une fac d’histoire / et puis les années passant le deug la licence, la maîtrise, etc. je me suis embarquée dans le capes l’agrégation // mais cherchant à chaque fois un peu des // comment dire // des voies p’t’être différentes me posant la question de savoir si l'enseignement euh/c’était vraiment fait pour moi ou pas si j’étais vraiment faite pour ça / ben finalement heu / par élimination à chaque fois je me trouvais un peu heu dans la voie à (rire dans la voix) / à aller jusqu'au bout et puis à enseigner et puis après // l'année de stage/ les premières années ça a été difficile mais bon /// ben j'y ai pris goût quoi / mais c’est pas (traîne sur le a) c'est pas (traîne sur le a) / j’ai pas rêvé de ça (traîne sur le a) toute petite /

interviewer : hum hum

interviewée : j'ai pas fait mes études pour pour enseigner ////////

 

Cependant, la technique d'entretien varie en fonction du type de recherche (qualitative ou quantitative) menée et du moment dans lequel se trouve le chercheur (5).

L'entretien est différent si l'on est en début de recherche (utilisation d'entretien non directif) ou en fin de recherche (ils pourront être plus ciblés).

 

(1) R. Kahn, Ch. F. Cannel, The dynamics of interviewing, theory and cases, John and Wiley sons.

 (2) Synthèse ayant été établie à partir des ouvrages suivants : Gilbert, Mury, Introduction à la non directivité, Jacques Salomé, Relation d'aide et formation à l'entretien, Luc Tremblay, Développer les compétences pour mieux aider, Antoine Bioy & Anne Maquet, Se former à la relation d'aide, Joëlle Garbarini, Former à la relation d'aide en travail social, R Muchielli, L'entretien de face à face dans la relation d'aide. Paul Fustier, Le lien d'accompagnement entre don et contrat salarial.

(3) M. F. CASTAREDE, l'entretien clinique à visée de recherche, in L'entretien clinique sous la direction de Colette Chiland, Puf, Le psychologue.

(4) Entretien mené dans le cadre de la formation formateur de terrain, Ifsy, Versailles, en collaboration avec Paris 10. Cours de Catherine Yelnick, approche clinique de la relation pédagogique. 2006.

(5) M. F. Castarede, p 120.

 

Hélène M.

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 10:14

11/01/2011 5 h 52

 

Rien fait hier, trop malade!

Je reprends le deuxième chapitre de L'entrée dans la vie.

 

Chapitre 2 : La névrose, la vie, la réciprocité p 33-49

 

Dans ce chapitre, Lapassade s'intéresse à la névrose sous l'angle psychanalytique car son objet est un problème d'entrée dans la vie.

La névrose peut être vue comme un refus d'être adulte et dans ce cas la cure devrait permettre d’accéder à la maturité, mais elle peut être vue aussi comme un refus de vivre, à la mort présente dans la vie. Cela me semble rejoindre les dernières lignes du premier chapitre qui précisait que nous naissons vraiment quand nous mourons. Ce double aspect de la névrose montre l’ambigüité de la cure entre admettre qu'il y a une maturité possible et accepter que la vie se réalise à la mort.

 

Lapassade s'interroge ensuite sur les origines de la névrose et distingue :

 

- le facteur biologique qui provient de la dépendance du nourrisson. Tout d'abord perçu comme une dépendance alimentaire, Freud va opérer un déplacement et considérer que cela est un besoin d'objet, d'un objet d'amour et donc une première étape du développement de la sexualité. A la différence de l'instinct, la libido n'a pas d'objet défini à l'avance, elle se construit au fur et à mesure Le névrosé est marqué par le premier objet et le recherche en permanence. Cela met en relief l’aliénation de l'être humain qui ne peut être que par le regard de l'autre et le fait que cette quête incessante de l'objet d'amour montre la trace de l'inachèvement.

 

- le facteur phylogénétique (1) : Lapassade rappelle que le développement sexuel de l'être humain se fait en deux temps. Reprenant la relation mère-enfant, il dit qu'elle révèle deux choses, d'une part que c'est un jeu de dupe, chacun recherchant chez l'autre ce qu'il ne peut lui donner et d'autre part que nous sommes de trop dans le monde ce qui est une situation traumatisante (référence au complexe d’Oedipe où l'enfant est rejeté par la mère au profit du père). De ce fait, l'enfant est en permanence en position d'entriste, à tenter d'entrer dans des situations et que cela perdure tout au long de la vie.

 

- le facteur de l'imperfection de notre appareil psychique. Lapassade expose qu'on a tendance à opposer le ça comme lieu de l'expression des instincts primaires, sans lois et le moi qui est ajustement au réel. Or, la cure permet de révéler que c'est dans le moi que siège les résistances à aller mieux, à devenir adulte. Cela montrerait la fragilité du sujet, sa construction anarchique, son morcellement.

 

Lapassade tente une définition de la névrose : « c'est lorsqu'une vie individuelle est dominée par l'incapacité ou le refus de vivre, lorsque la mort est dans la vie non plus seulement comme horizon, mais comme un présent permanent. » (2). A partir de là, il définit ce qu'est l'homme sain, l'homme normal. L'homme normal n'est pas celui qui est adapté (qui fait preuve de maturité?) mais celui qui est capable de faire un accord avec la vie, de s'inventer ses propres règles. L'entrée dans la vie, vu sous ce jour, est une entrée non pas dans le monde social mais en soi.

 

9 h 40

 

Beaucoup de difficultés à saisir le sens du troisième chapitre. Lapassade manipule trop rapidement des idées, des savoirs que je n'ai pas. J'essaye quand même de faire une restitution de ce que j'ai compris.

 

Chapitre 3 : Le travail de la puberté pp 50-67

 

Partant de Rousseau pour qui la puberté est le début de l'intersubjectivité marquée par la culture (qui de ce fait prend le nom d'adolescence), Lapassade retourne à Freud. Pour ce dernier, la puberté c'est la répétition et le déplacement de l’Oedipe. Freud également place cette question dans le champ de la culture. C'est la culture qui « nomme » l'adulte et ce par les rites d'initiation.

 

Ensuite, Lapassade examine les propositions d'Helen Deutsch (3) dans son ouvrage La psychologie des femmes. Il pense que ses observations sont pertinentes lorsqu'elle évoque la jeune fille prépubère qui joue à la femme ou l'adolescente qui cherche à cacher sa féminité mais que son hypothèse par laquelle cela serait les manifestations d'un désir de grandir et le refus de rester enfant est problématique. Il examine en quoi le terme désir contient en lui-même la notion d'inachèvement qui est son essence et que la régression vers l'enfance peut être perçue comme un refus de l'illusion de la maturité car celle-ci est en fait synonyme de mort. (Je ne suis pas sûre de retransmettre correctement son discours).

 

Lapassade pense qu'Helen Deutsch s'éloigne de Freud dans le sens où elle attribue un objectif prédéterminé au développement (la passivité), celui-ci serait naturel.

 

10 h 08

 

Pour me reposer de la difficulté de lecture de ce chapitre, je suis allée chercher des informations sur la vie de Lapassade et j'ai trouvé sur le site de Benyounès Bellagnech, un article de Michel LOBROT, Note sur la vie de Georges LAPASSADE (4).

 

Note sur la vie de Georges LAPASSADE de Michel LOBROT

 

Dans cet article, l'auteur pointe deux périodes importantes dans la vie de Lapassade: la période de l'après-guerre qui lui offre l'opportunité de quitter son milieu familial pour faire ses études. Les difficultés relationnelles avec son père sont évoquées dans le livre L'autobiographe. Lapassade reste perturbé par ces relations ce qui l'amènera à entreprendre une analyse. Au départ, celle-ci aurait été menée pour sortir de l'homosexualité. Il l'arrêtera en 1963. L'entrée dans la vie a donc été écrite durant cette période.

 

Rencontre de Ferdinand Alquié et de Georges Ganguihem.

De cette enfance, en réaction, Lapassade gardera le désir de tout dire. Au moment où il rencontre Michel LOBROT, c'est la période où la dynamique de groupe de Kurt Lewin, arrive en France.

Lapassade s'y forme ainsi qu'aux pédagogies nouvelles qu'il approche lorsqu'il travaille comme éducateur musical au Renouveau de Montmorency. A cette époque il pratique l'agitation sociale, s'intéresse aux changements institutionnels et au trotskisme.

LOBROT apprécie particulièrement les ouvrages parus entre 70 et 78 qui sont basés sur la vie de LAPASSADE.

Il est plus critique sur ses idées et conceptions de la transe et de l'analyse institutionnelle qu'il développera dans une seconde période.

 

(1) Comme Laure, j'ai un problème de définition de ce terme. Dans le Petit Larousse grand format, je trouve que phylogénétique est ce qui est relatif à la phylogénèse c'est dire, l'étude de la formation et de l'évolution des espèces animales et végétales en vue d'établir leur parenté. P778, Edition Larousse Paris, 1992.

(2) p 47

(3) Helen Deutsch (1884-1982) psychiatre, a réagi aux écrits de Freud sur la sexualité féminine.

(4) http://lesanalyseurs.over-blog.org/article-31470888.html consulté le 11/01/11

 

Hélène M.

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 10:35

9/01/2011 7 h 15

Robert Wyatt   His greatest misses

 

La grippe s'est abattue sur moi hier après midi. Je suis donc ralentie. Incapable de lire et de me concentrer correctement. Hier après midi, je me suis dit qu'au moins je pourrais tenter de trouver des textes qui pourraient me permettre de replacer la pensée de Lapassade dans son contexte. J'ai repris sa biographie : fréquente les existentialistes et le Quartier Latin à la période de l'après guerre, la contre culture des années 60. Et puis de fil en aiguille j'en suis arrivée à Mai 68 et Vincennes. J'ai tiré quelques documents que je lirai plus tard.

 

Un peu plus tard, incapable de tout, j'ai regardé un reportage sur Arte sur Martin Luther et la naissance du protestantisme. Il était très bien fait et il m'a permis de faire des liens avec l'émergence de la pensée des grandes figures de la pédagogie Schleiermacher, Pestalozzi et Herbart.

 

Ce matin, non sans mal, j'ai travaillé sur le premier chapitre de L'entrée dans la vie, la prématuration. Mon ressenti est que dans ce chapitre, Lapassade nous invite à un déplacement. Alors qu'on éclaire d'habitude le destin (est-ce le mot?) de l'homme d'une certaine manière, celui de sa perfectibilité (je retrouve un élément étudié précédemment chez Rousseau), d'un but : être adulte. Lapassade propose, après d'autres (Bolk et Fromm) de pointer son inachèvement.

 

Chapitre premier : la prématuration pp17-32

 

Il part de la constatation que « L'homme naît inachevé» et que son développement d'une part nécessite des soins et d'autre part n'est pas linéaire. L'enfance serait la période qui permettrait d'achever le processus, d'arriver à l'âge adulte. Les philosophes des Lumières et notamment Rousseau auraient construit leur pensée sur cette idée de perfectibilité, d'éducabilité de l'homme.

 

L'adulte serait l'avenir de l'enfant.

 

Lapassade propose un déplacement en s'appuyant sur l'exemple d'un batracien, qui sous sa forme têtard s'appelle l'Axolotl et sa forme achevée, adulte, l'Amblystome. Dans certains pays, on constate que l'Axolotl a réussi à se reproduire avant même d'avoir acquis sa forme achevée, créant ainsi une nouvelle espèce néotène. La forme adulte, achevée serait donc son passé et non son avenir.

« Si le néotène est un adolescent qui a remplacé l'adulte, le progrès évolutif n'est plus la conséquence d'un perfectionnement continue des formes adultes. Au contraire : une nouvelle espèce peut naître d'une enfance conservée et substituée à la maturité. Dans l'histoire des vivants, l'enfant peut succéder à l'adulte au lieu de le précéder. » (1)

 

Lapassade se demande si il est possible d'appliquer cela à la nature humaine. Si l'homme était achevé, il n'y aurait plus de progrès car il serait adapté à son milieu, il n'aurait plus besoin d'inventer.

 

Citant Fromm, Lapassade souligne « La vie entière de l'individu n'est rien d'autre que le processus de donner naissance à soi-même : en vérité nous serons pleinement nés quand nous mourrons. »

 

Je regrette d'avoir le cerveau ralenti maintenant. Je sens bien cependant le basculement que cette découverte entraîne. Alors au plus simple je pense à trois exemples :

 

- j'ai une amie qui courre après la maturité. A chacune de mes visites, elle me raconte comment elle pense avoir trouvé la personne ou le moyen d'y arriver. A chaque fois c'est différent. J'aime assez l'entendre me raconter ses cheminements mais je me suis toujours dit qu'elle n'arriverait jamais à trouver ce qu'elle dit chercher, une sorte de repos.

 

- lorsque je lis les journaux des autres et même lorsque je relis le mien, je suis toujours surprise par cette enfance qui se montre. Je ne sais pas comment dire, mais même si les sujets sont sérieux, élaborés, des fois violents, le mouvement qui s'y lit, montre l'enfance qui persiste, une certaine fraîcheur qui découvre et redécouvre encore.

 

- à Noël, je suis allée dans ma famille et un matin très tôt, nous nous sommes retrouvés avec mon père dans la cuisine. Il a 79 ans. Je lui racontais que cela me faisait bizarre d'être maintenant la plus âgée dans l'un des services dans lequel je travaillais, que c'était le regard des autres qui me le signifiait et que même si mon avancée dans la vie m'entraînait à écarter certaines expériences, je ne me sentais pas vieille. Avec son regard fatigué, il m'a dit que pour lui aussi, c'était la même chose, même si pour lui, les limitations physiques s'ajoutaient au regard extérieur. Il disait qu'il avait changé tout en se sentant toujours le même.

 

(1) p 26

 

Hélène M.

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