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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 09:55

26/01/11 8 h 12 Beethoven, Sonate as dur opus 110, sonate e-dur opus 10

 

Je viens de passer 3 heures sur la mise en forme du journal. J'ai fait mon index musical et je vais me mettre aux autres index. C'est vraiment un travail passionnant. Ce retour en permanence sur le texte provoque une étrange sensation. Se rapprocher, tenter de coller à ce qui s'est passé donne paradoxalement de la distance.

 

En faisant ce travail, je me suis aussi posée des questions sur cette autocentration, ce narcissisme. Je sais qu'il y a des écrits dessus et il me faudra y travailler. Cela peut paraître un défaut mais je me dis que ce peut-être aussi une ressource.

 

Pendant plusieurs années, j'ai formé des stagiaires Assistantes Sociales. Elles se plaignaient toutes de l'oppression que le centre de formation faisait peser sur elles, les invitant en permanence à s'autoanalyser pour améliorer leurs pratiques. Elles voyaient cela comme une intrusion illégitime dans leur vie intime et se déclaraient souvent révoltées par cette injonction.

 

Je comprends parfaitement cette demande des centres de formation, la relation d'aide a comme principal outil ce que l'on est et la manière dont on en joue, d'où l'importance de faire un travail d'exploration intime. Cependant, je comprends également ces stagiaires. L'intime, c'est l'intime, il n'a pas à être dévoilé de force.

 

Je me dis qu'un journal de formation pourrait être un excellent outil pour que ce travail puisse se faire sans violence externe. C'est une idée à travailler.

 

Hier, avant de quitter le travail, j'ai échangé avec M, la psychologue. Je lui parlais de mon journal, et j'ai commencé à lui demander la signification de ce sentiment de se laisser absorber par certaines matières. Etait-ce de l'obsession ? Elle pense que non, que c'est plutôt une tendance hystérique (rien de neuf, je le savais déjà). Elle a évoqué l'autoérotisme et j'ai fait le lien avec le fantasme du Phénix évoqué par Kaës. Je lui ai demandé si elle accepterait de lire mon journal et de m'aider à y pointer des éléments en relation avec la psychologie ou la psychanalyse. Elle ne m'a pas dit non mais m'a par contre dit, que de m'entendre parler lui donnait envie de se remettre aux études.

 

Relire, faire lire son journal?

Je suis en plein dedans, alors je retourne voir un peu ce qu'en dit Remi Hess (1)

 

La pratique du journal, tout en étant une activité solitaire, revêt une forme collective/sociale lorsqu'il est tenu dans une posture ethnosociologique, d'analyse d'une réalité. Le diariste, pour y voir plus clair sur ce qu'il fait, peut demander à être lu. Remi Hess cite M.-A Jullien qui dresse un parallèle entre un voyage (au cours duquel on fait des poses, on visite) et ce voyage de vie qui peut se révéler dans le journal. Pour aider à faire le point, entrer dans « une dialectique entraînante », M.-A. Jullien conseille une personne d'environ le même âge, ayant une expérience certaine, cultivée, digne de confiance, estimable, capable de poser des questions. Il faut lui envoyer tous les 3 mois une note récapitulative de son état, physique, moral, intellectuel.

 

Dans le cadre d'une recherche, le tiers permet de prendre de la distance, relever ce qui est trop personnel.

 

Il est fait mention d'un livre de René LOURAU Le journal de recherche.

 

J'ai pris ma matinée pour pouvoir continuer sur la mise en forme. Je m'y remets.

 

(1) R. Hess, La pratique du journal, l'enquête au quotidien, Anthropos, Paris, 1998, p 89.

 

Hélène M.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 10:55

 

20 h 10

 

J'ai bien avancé, ça commence à prendre forme. Il va falloir maintenant faire des correspondances entre les parties et les pages (ou les jours?), rédiger une introduction et un bilan pour Augustin. Si je pouvais également rédiger la note pour Kareen, ce serait bien. A savoir si elle acceptera de me lire vu que je ne peux valider cet enseignement.

 

En fait, si j'y réfléchis bien, c'est réellement cette matière que j'ai travaillé et je retrouve finalement ma motivation à m'inscrire à Paris 8, alors que j'avais déjà des matières de validées sur Paris 10 (l'introduction aux sciences humaines ;-) et l'approche clinique de la relation éducative.

 

Ces derniers temps, lorsque je parlais de cette formation, j'évoquais essentiellement le journal et sa puissance et je me disais que c'était un peu comme un psychanalyste qui doit avoir fait une analyse avant de pratiquer ou un directeur de recherche qui doit avoir passer une thèse avant.

 

Si je veux utiliser le journal comme outil, il faut que je l'expérimente sur moi avant. C'est l'épreuve de la pratique.

 

En tant que journal de lecture, je ne sais ce qu'il vaut, les évaluations me le diront, mais en ce qui concerne cette expérience, l'acquis de cette expérience, pour moi, c'est énorme.

 

Je me rends compte aussi de l'utilité de l'évaluation, de l'institution, dans le sens où elle oblige à mettre un terme à un travail, qui sans fin pourrait se poursuivre. Je comprends E. et son sec « Salut » pour finir son journal.

 

C'est étrange comme le fait d'avoir presque fini de mettre ce journal en forme pour Augustin (lui donner au moins ça), j'ai presque la sensation d'avoir fini mes études.

 

Heureusement, au deuxième semestre, il y a le cours d'AI et je m'essaierai au journal de travail de manière plus sérieuse.

 

Je vais de ce pas mettre un mot aux copines du forum.

 

Hélène M.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 14:22

25/01/2011 17 h 40 Otis Reding, The Soul Album

 

J'aurais pas du mais je l'ai fait quand même. Je ne suis pas allée à une réunion d'assistantes sociales et je suis restée dans mon bureau pour travailler sur la mise en forme de mon journal.

C'est un travail passionnant.

 

J'aurais pas du non plus prendre des notes pendant que je conduisais sur le trajet du retour de peur de perdre mes idées.

 

La mise en forme, c'est pas une question de forme, c'est l'approche du fond. Lire, relire, trouver ce qui se tient, comprendre le mouvement et du coup ce que le journal contient. De quoi, il parle réellement.

 

C'est idiot à dire comme ça, c'est un journal de lecture, de ma formation, mais c'est autre chose de le ressentir, ou plutôt d'en ressentir toutes les dimensions. Quelle puissance cet outil, j'en reste...... Je ne sais pas, je n'arrive plus à trouver mes mots, c'est tellement fort.

 

Bon, il faut que je raconte quand même.

Hier pour rendre le travail à Luca, j'ai commencé à essayer de prendre de la distance. Je voulais que puissent apparaître les grands moments (puis-je les appeler ainsi?) de ma formation.

 

Même si tout a son importance, il y a des évènements, des réflexions qui font qu'il y a un avant et un après, ce sont des marches, des chemins pris à un carrefour. Je ne sais pas encore comment le qualifier.... c'est à travailler. Ces évènements ne sont pas des titres de parties, ce sont des points de repère dans le temps.

 

Donc j'ai essayé de faire ce travail en relisant mon journal.

 

Cet après midi, j'ai fait ma page bibliographie et puis comme à nouveau je repassais sur mon texte, je me suis dit qu'il fallait que je présente les personnages du journal, comme Remi Hess l'a fait dans le Lycée au jour le jour, mais aussi Lapassade dans l'Arpenteur.

 

Après j'ai commencé à me poser la question de l'indexicalisation (et non indexialisation). Le logiciel qui le fait automatiquement ne m'a pas convaincue en dehors du fait que je n'ai pas réussi à m'en servir. Comme je le disais, ce n'est pas parce que j'ai trois fois le mot journal sur une page, que je parle du journal sur cette page.

 

J'ai donc repris mon texte et j'ai noté de quoi je parlais réellement. Parfois c'est simple, je parle d'un auteur (et encore, est-ce si simple?), d'autres c'est par exemple mon rapport à ces études (organisation du travail...), à des thèmes (la dialectique....). Et puis j'ai découvert (faut-il être bête pour ne pas l'avoir vu plus tôt) que mon journal était plein d'émotion, de sentiments et que c'était un élément fondamental.

Comment dire?

Je savais déjà avant que lorsque qu'on s'engage dans des études, psychologiquement, il y a plein de choses qui se jouent. Mais là, avec ce journal, cette mise en perspective est puissante.

Je n'ai pas assez de connaissances pour l'expliquer.

 

Bref! Donc j'ai commencé à répertorier des émotions avec le problème de savoir si c'était des émotions, des sentiments. Il faudrait pour bien faire que je travaille ces définitions. J'ai re-parcouru rapidement un petit livre que j'avais lu de Pierre SAUVANET, Les philosophes et l'amour (1) parce que je me rappelais qu'il parlait de Spinoza et du Petit Traité des passions et de cette phrase « L'amour est une joie qu'accompagne l'idée d'une cause extérieure » (2). Pour bien faire, il faudrait que j'aille un peu explorer cela.

 

A côté des émotions, j'ai constaté qu'existaient d'autres phénomènes, des comportements obsessionnels, de fuite, de résistances, de dérives et je me suis dit que ce pourrait être bien aussi de les nommer et de les indexicaliser.

 

Quand je suis arrivée à la maison, j'étais surexcitée, je me suis jetée sur le livre de Remi Hess (3) que j'avais lu il y a quatre ans. J'avais parcouru ce passage sur l'indexicalisation mais sans en percevoir l'importance.

 

Alors je l'ai relu? Il y parle de son travail (4) sur Le Lycée au jour le jour où il s'était rendu compte que l'index avec des mots n'était pas adapté. Il dit que Marc Antoine Jullien s'était retrouvé confronté à cette question et avait souligné qu'il fallait trouver un juste équilibre entre diviser et réunir, analyser et synthétiser. Il dit aussi que c'est un travail où on est à l'extérieur et à l'intérieur en même temps, qu'il se fait au fur et à mesure de lectures successives pour que se dégagent des thèmes. Il raconte comment Paul Hess procédait et des questions de choix qui se posaient à lui. Garder le journal dans sa forme initiale ou le transformer en mine pour y puiser des thèmes à regrouper (5). Il évoque la position de Béatrice Didier qui dit que le diariste est un paresseux. Remi Hess pense que ce n'est pas le cas lorsque le diariste cherche, par son journal à construire un objet de recherche.

 

Il différencie le journal intime du journal ethnosociologique par sa fin, par le fait qu'il ait un temps délimité (et là je pense à E. et la manière dont elle avait terminé son journal).

 

J'arrête là pour faire un peu de mise en forme.

 

(1) P. SAUVANET, Les philosophes et l'amour, Ellipses, Paris 1998

(2) Cité par l'auteur page 66

(3) R. HESS, La pratique du journal, l'enquête au quotidien, anthropos Paris 1998

(4) P 84

(5) Je me rappelle avoir parcouru le journal de Sandrine Deulceux qui n'avait pas suivi l'ordre chronologique et cela m'avait surpris.

 

Hélène M.

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 11:36

Le 24/01/2011 20h Herma Puma, Synchromystic

 

Voilà, je viens de relire la totalité de mon journal et de nommer des « évènements » marquants de ma formation. Je n'ai pas réussi à trouver le terme approprié. Ce sont des sortes de bornes qui ont marqué ce premier semestre. Ce travail sur la mise en forme du journal est vraiment très plaisant. Je manque de temps, mais j'y prends plaisir.

 

Il faut encore que je fasse ma bibliographie, mon index et une leçon est à retenir ....il vaut mieux ne pas les faire au dernier moment. Il faut aussi que je fasse une petite présentation à Luca, que je tente de lui expliquer pourquoi j'ai laissé ma petite agressivité envers lui dans ce journal. Est-il un diariste? Comprendra-t-il?

 

Je viens aussi de me rendre compte que toute une partie de mes lectures ne se trouvait pas dans mon journal et qu'elles étaient restées dans mes cahiers :-(((

 

Il me reste 4 heures, et je commence à fatiguer un peu. Je vais grignoter un truc et j'y reviens.

 

Je rajoute mes écrits manquants.....

 

Autre chose, sans relation avec ce qui précède. J'ai parlé avec M., ma chef, aujourd'hui et j'ai évoqué ces études et cette découverte du journal comme outils. Je lui ai dit que cela pourrait être un formidable outil d'analyse de ce qui se passe au niveau du service social de notre institution. Elle a eu l'air intéressée et m'a dit qu'il fallait que je le propose aux collègues lors de la réunion de demain. Je lui ai répondu que je ne m'en sentais pas apte pour le moment, que l'outil est puissant, qu'il faut que je m'y soumette dans toutes ces dimensions avant de pouvoir faire une proposition.

 

M. m'a demandée ce que je faisais comme étude et je lui ai dit. Elle s'est montrée intéressée et m'a répondu « tiens, je pourrais peut-être faire cela quand je serai en retraite ». Je lui ai proposé de lire mon journal et elle a dit oui.

 

 

00 h Danger Mouse and Sparklehorse Dark side of the moon

 

Voilà, le journal a été envoyé à Luca à 23 h 40!

 

FIN DU JOURNAL DE PSYCHOSOCIOLOGIE

 

Pas d'index, pas de biblio, pas de bilan, pas de présentation des personnages, pas le temps ! Et j'ai enlevé ma petite agressivité, je l'ai remplacée par « passage censuré »

 

J'ai adoré travailler sur cette mise en forme du journal. C'est en fait toute une réflexion....à poursuivre.

 

Bien, demain, c'est le 25 et jeudi le 27 et la date limite pour Augustin. Je vais lui rendre mon journal, non terminé, bien sûr.

Je vais finir mon Pestalozzi, et puis je prendrais une autre grande figure à travailler mais je ne sais encore laquelle. A moins que je les lise toutes et que je mette un petit texte sur chacune. Ça serait pas mal aussi.

 

Je vais aussi essayer de travailler mon index et les évènements de la formation. Ah oui, il veut un bilan aussi.....Le mieux ne serait-il pas de travailler correctement sur le bilan, essayer de rendre quelque chose de joli, essayer de lui faire plaisir.....

 

La nuit porte conseil!

 

Je me suis rendue compte que E. était aussi en psychosocio. Elle a foncé comme un bolide sur les séquences et je suis sûre qu'elle va rendre son journal à minuit 02.

Tiens je vais voir.

 

Yes ! À 00h11 Bravo E! Tu m'épates.

 

Allez au dodo maintenant.

 

Hélène M.

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 15:15

Mise en forme du journal, retour sur le fond

Le début de la fin

Le 23/01/2011 23 h 05 Robert Wyatt, His graetest misses

 

Quelle journée !

 

Pourtant j'avais commencé dès 7 h du mat la mise en forme du journal. Relire, uniformiser les frappes, mettre des parties, repérer les mots à indexer, commencer la bibliographie.....6 heures de travail et bing, le big bug...................Impossible de récupérer le document, dès que je l'ouvrais, il se refermait aussitôt.

 

 Alors, j'ai recommencé vers 13h30 et là, dès que je faisais une modification sur mon texte ça buggeait!!!

 

J'ai téléphoné à C. qui a un super ordi pour tenter de le faire chez elle, elle pouvait me recevoir vers 17h. Entre temps, j'ai tout essayé. Utiliser mon autre ordi, ouvrir avec d'autres logiciels. Rien à faire!

 

A 17h pétantes, j'ai débarqué chez C., on a filé sur son ordi et nous avons trouvé que c'était le passage sur une partie qui provoquait cela. Du coup, j'ai séparé mon journal en plusieurs parties pour les travailler séparément et j'ai réussi à enlever le passage problématique.

 

Pour ne pas faire la sauvage, je suis restée discuter avec C. de l'action d'hier dont elle était très contente. Comme elle a vu mon journal, on a parlé de ces études et je lui ai proposé l'écriture du journal militant en collectif. Elle est emballée. Elle tient des petits carnets, plutôt des agendas avec quelques notes et elle m'a montré sa pile archivée. Elle en a depuis 1992.

 

C'est génial, ces filles du collectif sont vraiment extras!

 

Je suis rentrée à 19h30 à la maison et je me suis mise au travail. Jusqu'à maintenant, j'ai juste réussi à uniformiser les polices en fonction du type d'écrits : prises de notes, messages de forums, réflexions personnelles, les dates et heures, la séparation des jours.

 

Il me reste donc à refaire des parties, créer mon index, ma bibliographie.

 

Pour l'index, je me questionne. Je n'ai pas encore trouvé comment ça fonctionne, mais je ne suis pas sûre que ce résultat stéréotypé me plaise. Si je prends l'exemple du mot journal, il est certain qu'il va se retrouver noté pratiquement à toutes les pages. Or je ne parle pas réellement du journal à toutes les pages. Il vaut mieux que je répertorie plusieurs thèmes, une vingtaine, ce serait raisonnable, et que je repère en relisant mon journal là où ils apparaissent.

 

Je dois encore relire le contenu, le début n'est, je crois, pas cohérent. Cela provient du fait qu'au départ je tenais des journaux dans chaque matière que j'ai regroupé par la suite. A certains moments, j'y place la présentation que j'ai faite de moi sur certains forums et il y a un côté répétitif assez ennuyeux. J'avais vu sur le journal de Sandrine Deulceux qu'elle avait commencé le sien par un travail autobiographique assez complet. Mais si je veux rendre la psychosocio pour demain et peut-être les grandes figures pour jeudi, il ne faut pas y compter.

 

De plus, cela n'a d'intérêt que si j'accepte d'être parfaitement honnête sur cet investissement dans les études et la pratique du journal et il y a trop d'éléments violents de ma vie qui les motivent. Je ne crois pas que ce soit le bon moment, même si l'intérêt psychanalytique est certain et que je n'ai ni pudeur, ni réticence à en parler, je ne me sens pas la possibilité de le faire. Qu'est-ce qui avait permis la libération de la parole de Sandrine sur sa vie?

 

Hélène M.

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 11:09

Cypress Hill, Black Sunday 6 h 48

 

J'ai été tentée de me replonger dans Groupes-Organisations-Institutions de Lapassade pour lire la partie sur la dialectique des groupes mais je sais que j'en aurais au moins pour 4 à 5 heures et que si je veux rendre mon journal de lecture de psychosociologie pour demain, c'est impossible vu le travail de mise en forme qui va être assez long. Félix Guattari aussi, je regrette de ne pas avoir le temps maintenant. Pour moi Guattari est lié à Deleuze et à La Borde, c'est tout un monde, une pensée.....

 

Je finis donc ce cours par le compte rendu de l'action d'hier de notre groupe militant.

Nous nous étions fixés rdv chez C., qui habite près du Leclerc, à 9 h 15. Tout le monde était en retard si bien que nous avons du nous dépêcher pour arriver à 10h comme convenu avec les journalistes, qui sont notre protection pour ne pas nous faire virer.

 

Nous étions 10, plus ou moins déguisés. Nous avons installé une petite table avec une urne pour y mettre les bons voeux de la population à notre Président et puis nous avons commencé la distribution des flyers. La presse est arrivée en même temps que le directeur du Leclerc et de ses deux vigiles. Il nous a demandé : qu'est ce que nous voulions faire et nous lui avons expliqué en prenant des voix de hautes bourgeoises que nous venions de la part de notre président souhaiter les bons voeux à la populace et que nous avions choisi cet emplacement car Leclerc est un exemple de réussite sociale et qu'il a d'ailleurs reçu la légion d'honneur. Ensuite, voyant que la presse était là (1), il a souri et nous a demandé pourquoi nous ne l'avions pas prévenu et nous lui avons répondu que notre attachée de presse était en grève. Il est parti et nous a laissé faire.

 

Dès le début, j'ai pu percevoir la difficulté des non militants à distribuer des tracts. Pour être plus précise, nous n'étions que trois militantes venant de l'éducation populaire. Pour nous la distribution de tracts n'a jamais été de distribuer un papier, c'est l'échange que nous recherchons, le papier est juste la création de l'occasion.

 

M., M-F et moi, on s'est donc mis dans le rôle, parlant fort, pour que le ridicule, la dérision soit évidente et les personnes souriaient, s'amusaient avec nous, nous reconnaissaient car elles avaient vu nos photos dans la presse.

 

Certains non militants n'osaient pas, ils tendaient les flyers avec un gentil sourire en disant doucement : le gouvernement vous souhaite une bonne année et ils se sont fait « jetés » parfois assez rudement par certaines personnes. D'autres étaient complètement tétanisés, restant près de la petite table, n'osant même pas distribuer les tracts. Il n'y paraît pas, mais une distribution tract peut être épuisante si on s'y investi vraiment, qu'on est présent à ce qu'on fait, dans l'interaction avec l'autre. Si de plus, on joue un rôle qui n'est pas le sien c'est encore plus fatigant.

 

A un moment, un ancien du collectif retraite, H., membre du NPA est arrivé et il a commencé à mettre de l'ambiance, en nous interpellant, critiquant haut et fort l'action du gouvernement. C'était très bien.

 

Nous sommes restés une heure, il faisait très très froid et nous étions gelés alors nous sommes allés boire un café.

 

Sur la réaction de la population : elle est furax !  Beaucoup nous ont dit qu'on devrait faire comme en Tunisie. Certains ne comprenaient pas, pensaient que nous étions vraiment des représentants du gouvernement et leur réaction était agressive. Beaucoup d'autres étaient amusés mais se demandaient qui nous étions et pourquoi nous faisions cela, ils nous demandaient si nous appartenions à un parti ou autre organisation.

 

Sur la réaction du groupe : au café nous avons discuté de ce que nous venions de faire et j'ai cru percevoir un certain malaise. Alors que toute la préparation de l'action s'était déroulée dans une ambiance survoltée, avec une grande cohésion du groupe, une bonne complémentarité, la confrontation à l'espace public a créé, me semble-t-il des failles.

 

Certains prenaient la réaction négative de la population comme un échec alors que d'autres pensaient qu'au contraire, c'était bon signe. En fait, je crois qu'ils avaient pris pour eux l'agressivité alors qu'elle ne leur était pas destinée.

 

Ceux qui n'avaient pas réussi à s'investir dans la distribution des tracts voulaient que nos prochaines actions soient autres, qu'on organise des conférences débats.

 

D'autres, dont moi, avons envie de continuer sur ce registre mais nous avons pris conscience que l'animation de l'espace public en mêlant politique et dérision n'est pas chose aisée, que la forme spectaculaire doit être travaillée tout en conservant notre capacité d'échange et de recueil de la parole.

 

Bref, moi, je suis contente. Nous étions loin d'être au top mais c'est un début. Je n'avais jamais tenté cette forme d'action et j'ai bien envie d'aller un peu plus loin, me perfectionner pour voir ce que ça peut donner.

 

(1)

http://www.letelegramme.com/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/carhaix/politique-les-sarkozettes-preferent-enrire-23-01-2011-1183645.php

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Les-v%C5%93ux-du-President-formules-par-des-Sarkozettes_40771- 1664363-pere-bre_filDMA.Htm

 

Hélène M.

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 11:23

Le 23/01/2011 5 h 30

 

J'ai été interrompue hier par l'arrivée d'une amie, je reprends donc ce matin sur la dernière séquence de psychosociologie.

 

Sartre oppose la série qui est composée d'individus présents par l'existence d'un objet qui leur est extérieur (l'attente d'un bus) et le groupe qui se constitue en se créant un but qui lui est extérieur.

 

Alors qu'en dynamique de groupe, c'est la relation entre l'individu et le groupe qui est étudiée, en dialectique des groupes, le groupe est le médiateur de tous ses composants et chaque composant est la médiation entre le groupe et les autres composants.

 

Sartre décrit un processus décrivant la vie des groupes :

 

La fusion révolutionnaire

 

     ↓ passage par le serment

 

l'organisation

 

     ↓ passage par la terreur

 

L'institution

     ↓

 

la bureaucratie

 

 

Lecture du message de Luca Paltrinieri sur le forum

 

Pour Alain Badiou, ce qui différencie le groupe objet du groupe sujet, c'est la volonté ou non d'être ensemble. Le groupe sujet est celui qui se révolte et qui par ses efforts acquiert une durée.

 

Pour Félix Guattari, un groupe objet peut devenir sujet lorsque se crée une transversalité par la parole entre les membres du groupe, c’est l'établissement de relations entre eux et de règles qui distingue le groupe des déterminations extérieures.

 

Hélène M.

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 10:56

Le 22/01/2011 18h Danger Mouse and the Sparklehorse, Dark Night of the soul

 

Ce matin nous avons fait notre action les bons voeux du Gouverne-ment mais je raconterai cela plus tard.

 

Cet après midi j'ai passé plus de 2 heures à essayer d'insérer un index sans succès. J'ai bien compris la méthode mais l'index final n'insère pas toutes les pages, il est capricieux et aléatoire.

 

Après, j'ai travaillé sur la séquence sur les groupes sujets et objets à partir du chapitre sur les trois politiques que j'avais commencé à étudier le 13/12/09. Je m'étais arrêtée car je n'arrivais pas à faire le lien avec le titre de la séance, je voulais lire sur Henri Lefebvre, sur Sartre et Guattari et puis voilà, le temps me manque et je dois me contenter d'une simple approche.

 

Je me suis dit qu'il serait certainement bien de finir Groupes-Organisations-Institutions ou au moins lire le chapitre sur la dialectique des groupes en sautant la partie sur les Institutions.

 

Mais si je veux rendre mon journal lisible à Luca pour le 24, je pense que la journée de demain ne sera pas de trop. Mise en forme, indexicalisation, bibliographie..... Et puis, cela me permettra de finir sur un petit bilan du collectif qui a enfin mené sa première action. Ce sera une bonne conclusion. Dernièrement j'avais séparé ce qui concernait la psychosociologie du reste pour faciliter la lecture à Luca, mais en relisant ce nouvel écrit, je me suis aperçue qu'il n'avait plus aucune cohérence.

 

J'ai lu un message d'un autre étudiant sur le forum de Psychosocio qui dit que lorsqu'on ne passe pas les validations en temps et en heure il est très difficile de s'y remettre. Je le sais déjà puisque j'ai fait déjà cette expérience lorsqu'étant tombée malade je n'avais pu rendre mon mémoire de formation en même temps que les autres. L'école avait accepté que je le repasse l'année suivante, je n'avais plus que la conclusion à faire.....mais je n'étais plus portée par le groupe alors je ne m'étais pas présentée.

 

C'est pourquoi, même si la psychosociologie me passionne et que j'ai envie de travailler à fond sur les groupes et l'autogestion, je me raisonne et j'accepte de rendre un écrit incomplet, peu fouillé.

 

Groupe sujet – groupe objet

 

J'avais déjà évoqué la lecture du début de la séquence sur Henri Lefebvre précédemment, je poursuis donc avec ce qui est dit sur l'autobiographie.

 

Dans la Somme et le reste, Henri Lefebvre dit que l'autobiographie doit s'approcher le plus possible de l'infime, du détail. C'est un exercice difficile nécessitant une certaine neutralité, une attention constante pour ne pas tomber dans la catégorie de l’oeuvre d'art, saisir l'universel dans le particulier.

 

A un moment, il évoque la recherche des origines de certains faits, les germes, pourquoi certains se développent et d'autres non.

J'ai été un peu déroutée par cet extrait, je m'y suis perdue, n'arrivant pas à comprendre ce qu'il voulait réellement dire. J'ai eu l'impression d'y trouver le tout et son contraire mais cela m'a donnée l'envie de lire ce livre et ça c'est une bonne chose. J'ai eu l'impression que la pratique de l'autobiographie se différenciait également de la pratique du journal dans le sens, où selon Henri Lefebvre, il faut éviter de s'y déprécier ou de s'exalter ce qui me semble admis dans la pratique du journal.

 

- Jean Paul Sartre et la dialectique des groupes.

 

Alors que Kurt Lewin décrit le groupe comme une totalité, un achèvement, Sartre s'oppose à cette vision. Sartre évoque plutôt la totalisation c'est à dire une action.

 

Hélène M.

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 12:31

Le 21/01/2011 17 h 58

 

Ça y est, j'ai fini l'analyse du texte pour l'évaluation de Discours et construction du sens!!

 

Youpi, j'ai fini quelque chose. Bon, faut que je le relise, que je le fluidifie. Ce n'est pas une analyse exceptionnelle, je le sais bien, mais j'ai fini, fini, FINI!!!

 

Je ne sais si j'arriverai à valider cette matière, ce que je sais, par contre, c'est que j'ai pris beaucoup de plaisir à faire cet exercice, vraiment, beaucoup de plaisir.

 

Alors ce soir, je ne fais rien, rien de rien, de rien. Demain matin, je me remets sur la psychosocio pour rendre le journal le 24.

 

Pour les grandes figures, je vais prendre mon temps. Pour deux raisons.

 

Premièrement, j'ai découvert beaucoup d'auteurs et d'idées grâce à ce cours, alors j'ai envie de les voir tous, correctement, jusqu'au bout, des fois que je découvre d'autres petites merveilles.

 

Deuxièmement, parce qu'aujourd'hui, juste avant de partir du travail, j'ai discuté avec la psychologue qui travaille avec moi, M.. Je lui disais que j'avais repris des études et que j'avais découvert des idées, des auteurs passionnants et notamment Schleiermacher, le romantisme, la dialectique.

 

Elle m'a regardé avec de grands yeux et m'a répondu « Schleiermacher? Le premier romantisme allemand? Mais j'ai fait mon mémoire de maîtrise sur l'ironie et ses relations avec les frères Schlegel, c'est passionnant, j'ai un super livre là dessus, je te le ramène lundi ». Et là, je me suis dit que je n'allais pas laisser Schleiermacher comme ça et que j'allais me replonger dans ce sujet, un peu pour compléter mes connaissances.

 

D'autant plus, que Kareen y faisait mention dans le cours de la pratique du journal.

 

Reste à savoir comment, je vais dire cela à Augustin.....

 

Enfin, voilà, nous sommes le 21/01/2011 et je suis contente.

 

Hélène M.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 19:26

Le 20/01/2011 2 h 18 Cluck, Orphée et Euridice

 

Je viens de passer une heure sur le texte à commenter en Discours et construction du sens. Je commence à voir les thèmes à développer. J'y retravaillerai ce soir et je tenterai de rédiger vendredi d'une traite.

 

Ensuite j'ai séparé de mon journal global ce qui relève de la psychosocio. Augustin veut lire le journal total mais Luca a signalé que si on lui transmettait le journal total, il fallait différencier les parties qui concernent son cours et à l'intérieur de cela, signaler ce qui a déjà été posté sur le forum. J'en ai déduit (peut-être à tort) que le reste ne l'intéressait pas.

 

N'y a-t-il pas deux conceptions du journal de lecture qui se posent. L'une parcellisée l'autre prenant en compte la totalité du travail?

 

Je reviens au collectif car j'ai oublié de signaler les derniers évènements.

 

Lundi nous avons tenu notre conférence de presse au bar le Trik Horn. Nous étions 8 déguisés en riches bling bling. M-F et F. étaient au top, elles faisaient vraiment haute bourgeoisie prétentieuse. Les journalistes du Télégramme et du Poher étaient là. Avant de m'y rendre je me disais qu'ils ne viendraient pas, car nous n'avons pas de nom et nous ne représentons rien. Mais ils étaient là, sauf celui de Ouest France (qui a demandé des infos ultérieurement à M-F).

 

Ils ont été surpris de nous voir accoutrés de la sorte, ils en ont reconnu certaines qui faisaient partie du collectif retraite et ont tenté de nous faire avouer cette appartenance. Mais nous avons joué notre rôle, en disant que si nous avions pu soutenir le mouvement contre la réforme c'était une erreur et qu'après avoir regardé la télévision et les voeux du Président nous avions pris conscience de notre erreur et étions bien décidés à la réparer en soutenant le gouvernement dans son relèvement de la France. Nous avons beaucoup ri et les journalistes aussi.

Les articles sont sortis hier et nous tenons une bonne place dans la page carhaisienne, avec une  jolie photo couleur.

 

Les relations avec la presse sont complexes. D'un côté on ne les aime pas beaucoup et d'un autre, un de nos principaux soucis est d'y paraître. Ce qui est surprenant c'est que pour des actions anecdotiques de ce genre, ils nous « couvrent » super bien mais lorsque ce sont des actions plus « sérieuses » de type conférences ou projection débat, nous n'avons pratiquement rien.

 

Quoiqu'il en soit ce groupe (F. ne veut plus qu'on l'appelle collectif) fonctionne très bien et sans leadership, il y a des choses que nous faisons ensemble, pour d'autres on se répartit les tâches, il y a plein de couacs mais on les accepte comme conséquence de notre refus implicite de s'organiser réellement. On ne se sent pas « obligé ». En ce moment nous échangeons par mail sur les textes des tracts et sur quelques slogans à crier. Pour le moment nous avons le classique « Cac 40, Cac 40, ouais, ouais » (en référence au « tous ensemble, tous ensemble, ouais, ouais) et un autre « les pauvres au boulot, les riches au dodo ».

 

Le RDV est pour samedi 10h devant le LECLERC, nous avons donné rdv à la presse mais en leur demandant de ne pas signaler le lieu pour que le directeur ne nous attende pas avec les gendarmes (comme il le fait d'habitude) et que la présence de la presse le dissuade de le faire.

 

Autre sujet : une étudiante a posté un message en réponse à Remi Hess et ses réflexions sur la révolution tunisienne. Elle y dit : « Un jour, la jeunesse française se réveillera et la révolution sera également de taille. Nous en avons eu un aperçu lors des émeutes en 2005. ».

 

C'est étrange comme le mouvement contre les retraites n'apparait pas dans son discours. Je ne peux pas parler de celui de 95 car je vivais en Guadeloupe à cette époque, mais si j'ai pu entendre parler de grandes grèves je n'ai pas entendu parler d'émeutes.

 

Il me semble qu'il y a eu quand même beaucoup d'actes de posés qui relèvent de la révolte durant ce mouvement des retraites, blocage de routes, de raffinerie, de zones industrielles, des mouvements lycéens importants d'ailleurs violemment réprimés, et une envie d'en découdre assez exceptionnelle. Maintenant, je parle de ce qui s'est passé en Province et c'est vrai que ma soeur qui vit à Paris était assez étonnée de ce que je lui racontais. En Bretagne, le mouvement a été très important, réellement proche de la révolte.

 

J'ai également du mal avec cette idée de la jeunesse porteuse de révolte. Elle peut l'être mais je trouve que c'est aussi l'idéaliser et attendre d'elle ce que nous devrions faire, nous.

 

Et puis, si on regarde les grands mouvements de ces derniers temps, il y a eu le CPE initié par la jeunesse mais dans les autres mouvements, ce sont plutôt des personnes plus âgées qui contestent. Avec des formes qui peuvent être considérées comme « ringardes », mais c'est de la contestation quand même.

 

Bon, je vais redormir un peu avant le travail.

 

Hélène M.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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