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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 13:58

Samedi 26 novembre, 11 h,

 

Hier soir, j’ai participé au « séminaire » de Charlotte Nordman à la Maison Verte sur Education et Politique. C’est ma fille Charlotte qui m’avait signalé cette initiative. J’y ai retrouvé Valentin. L’invité du jour était Grégory Chambat qui présentait son libre Pédagogie et révolution. Il y avait 25 personnes qui assistaient à l’exposé. C’était vraiment intéressant. Grégory a tenté de parler de son livre. Charlotte Bordman lui posait des questions. Assez rapidement, j’ai compris que notre conférencier pratiquait une pédagogie institutionnelle à sa manière : pratique du conseil. Au départ, il fallait montrer que faire un discours sur la Révolution n’avait aucun sens dans la classe. Ce qu’il fallait, c’était avoir une autre pratique : écouter les élèves, organiser un conseil, décider collectivement du dispositif de travail.

Après l’intervention, ce fut le tour de la salle de s’exprimer. Ce qui est important de dire, c’est que la soirée avait commencé par un tour de table. Chacun avait pu dire qui il était, ce qu’il faisait. J’avais été concis.

Beaucoup d’interventions intéressantes. Beaucoup de remarques sur la crise de l’école. Je suis intervenu sur la fin… J’ai pratiqué la méthode de l’implication. Mon intervention a fait sourire, rire de bon cœur, notamment Stéphane Lavignotte qui est pasteur à la Maison Verte et qui nous accueillait ce soir-là.

Nathalie, une prof de la CNT, nous disait que le monde de l’école étant clivé en deux : les réacs et nous. Mais qui est ce « nous » ?

Valentin est intervenu à propos de la pédagogie mutuelle, lorsque l’on parlait de la question des effectifs. Combien d’élèves par classe ? Je n’étais pas d’accord sur un nombre à préciser. Moi, j’adore faire de la pédagogie dans les grands groupes. Travailler avec 180 étudiants me ravit. Ma méthode s’inspire donc de la pédagogie mutuelle. Je détecte dans le groupe un sous-groupe de personnes plus avancées que les autres, plus disponibles. Je leur fais une initiation rapide aux formes et au fond de ma pédagogie, et ensuite, ils servent de relais à mon intervention. Ce groupe d’étudiants avancés, ce sont ceux qui connaissent déjà la pratique du journal en y adhérant immédiatement. Ce sont ceux qui voient l’intérêt du travail collectif. Il faut, à la fois, du temps pour travailler pour soi, et du temps pour être disponible à des réunions dans lesquelles on élabore des stratégies collectives. Pour nous, aujourd’hui, c’est l’aventure de la relance des irrAIductibles.

Le fait de lire très attentivement le journal de Christine Astier hier matin m’a permis de bien me représenter l’implication de Christine dans sa recherche. Elle parle de son travail (directrice d’une crèche), de ses lectures (abondantes), de ce qu’elle tire des cours, de la construction de sa problématique de recherche.

La semaine dernière, j’avais lu d’autres journaux. C’est la lecture des journaux qui me permet de penser le groupe dans sa dynamique à la fois individuelle, inter-individuelle, groupale, organisationnelle. J’ai donc une connaissance de chacun et de tous qui se construit tout doucement.

En même temps, il y a l’équipe pédagogique. Nous sommes vingt enseignants. Chaque étudiant choisit des cours d’autres collègues. Chaque étudiant se construit donc une transversalité singulière. Les collègues ont des étudiants qui suivent ou ne suivent pas mes cours.

Il y a donc un second niveau pédagogique qui est celui de l’ensemble du master. Nous avons une stratégie pédagogique commune. C’est le niveau « métapédagogique ».

De plus, notre master se développe dans un contexte d’établissement. Nous vivons des conflits à ce niveau organisationnel, puisque le président et deux vice-présidents pensent que ce que nous faisons est nul. La gouvernance de l’université est donc difficile à gérer. En même temps, nous sommes à cheval sur deux universités.

Un autre niveau est la relation que nous entretenons à la discipline : les sciences de l’éducation. C’est cet ensemble qui crée la complexité de la situation pédagogique.  A suivre !

Le séminaire d’hier a été important pour moi, car il m’a questionné. Comment expliquer ce que nous faisons à l’extérieur ? Comment faire appel à une extériorité pour vraiment analyser ce que nous faisons ? Comment nous évaluer ?

Hier, j’ai passé deux ou trois heures avec Danielle Manzo. Elle venait chercher mon cahier Travailler à la Catho ? Elle va le taper. J’ai accepté de l’inscrire à Paris 8 en thèse pour qu’elle ne risque pas d’être exclue de la Catho. L’ISP est son terrain. C’est là qu’elle conduit son enquête.

Sur le terrain de la Catho, j’ai eu de vraies insuffisances. Celles-ci s’explicitent quand on se place dans une logique de pédagogie implicationnelle.

J’ai reçu un mail de Yohan Drouillet. Je dois y répondre. J’ai aussi un mail de Marianne Demeure auquel je n’ai pas répondu, un autre d’Anne Olivier… La crise peut-être vient du manque de temps avant le moment de clôture des inscriptions en doctorat pour permettre la « double diplomation ».

Je ne dois pas me culpabiliser.

Danielle Manzo m’a dit hier :

- Dominique a dit qu’elle n’aurait jamais pu travailler avec toi (?).

D’où vient cette impossibilité du travail collectif ? Pour moi, c’est un mystère. Katia m’a écrit pour me dire qu’elle pensait que cela venait de son allergie à la pédagogie nouvelle (Lapassade, etc.). Il faut écrire à Katia.

Comment se fait-il que le séminaire à l’ISP ait commencé sans que les étudiants aient été informés ?

 

20 h 30,

 

Longue discussion avec Lucette sur la situation à l’ISP. Je suis rentré à 17 h 40 rue Marcadet, alors que j’avais donné rendez-vous à Driss Alaoui à 17 h… J’ai l’impression d’être quelque peu « perché » ces derniers temps ?

Très beau concert à la maison verte.

 

 

Remi Hess

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 09:25

Jeudi 24 novembre, 14 h,

 

Assemblée générale des BIATOS sur Paris 8. L’objet, c’est le passage au programme APOGEE. Il n’y a pas de « mobilisation réelle », dit un intervenant.

Je viens de déjeuner chez le Portugais avec Yohan Drouillet. Nous avons pris « entrée, plat, dessert ». Le café nous a été offert par le patron. C’était fort sympathique.

En décidant de repartir chez moi, je me suis souvenu que j’avais reçu un tract en arrivant à la fac, invitant à une journée « Indignez-vous ! ». Au lieu de prendre le métro, je me suis donc dirigé vers le bâtiment B. Dans le hall, assemblée générale : « Il n’y a que trois profs ! », me dit Jean-Louis Le Grand en venant me faire une accolade.

Il y a une soixantaine de membres du personnel. Quelques étudiants, dont des élus sont là. Il y en a un qui vient de parler pour dire que ce qui va mal n’est pas du ressort du président de l’université, mais du président de la République. On le laisse parler, puis une intervention : « Vous voyez, ici, n’importe qui peut s’exprimer !!! ».

Je suis content d’être là !

15 h. Je me suis interrompu dans mon écriture pour aller faire une prise de parole au micro. En effet, il y avait une secrétaire qui avait fait la description du chaos du programme Apogée… J’ai essayé de montrer qu’à la fondation de Paris 8, la structure était simple : 5 UV par semestre, au choix parmi 100. C’était vraiment de l’individualisation. Chacun faisait son cursus. Il y avait des cours très demandés, d’autres moins. Michel Debeauvais avait décrit le département comme un marché.

Ingold Diener a pris la parole aussitôt après moi. Il parle interminablement, comme d’habitude. On ne comprend plus rien de ce qu’il veut dire. Parler en AG, c’est un art… Je me suis formé à cet art, en tant qu’étudiant dans les AG de 1968. C’est la meilleure formation, la militance ! Il faut dire quelque chose de simple. Avoir une idée et une seule ; laisser la parole aux autres pour faire avancer les échanges.

Une étudiante de philosophie prend la parole. Elle parle de 2014 et du nouveau plan quinquennal.

Je regrette que les étudiants suivent le cours de Lucette et soient absents de l’AG. C’est formateur, aussi, une AG ! Je rêverai de revisiter la militance, comme éducation tout au long de la vie.

Yohan Drouillet m’a lâché, au moment où j’envisageais de rentrer chez moi…

Nous avons parlé du problème de l’articulation entre le travail individuel et le travail en collectif. Yohan est préoccupé par lui, sa manière de se sortir du chaos de la situation de la Catho. Je retrouve que les étudiants doivent se mobiliser collectivement pour penser une position commune.

- Quelle est votre position ? m’a demandé Yohan.

- Quand aurez-vous des idées claires sur cette question ?

Je lui avais parlé de l’hypothèse d’Angers. Angers est une université catholique qui a passé un accord avec Nantes. Ils délivrent, ensemble, un doctorat reconnu par l’Etat. Il se trouve que j’ai des contacts avec Constantin Xypas et Bertrand Bergier. Ils sont tous les deux profs à l’UCO de cette petite ville d’Angers. L’UCO est, en nombre, la plus grosse université catholique (Bretagne).

Aujourd’hui, je suis arrivé à la fac à 9 h 12. J’étais dans mon amphi à 9 h 15. La salle C 022 n’était pas pleine. Beaucoup d’étudiant sont arrivés après moi.

Quand je suis entrée dans la salle, je me demandais ce que j’allais pouvoir dire. Je commençais un nouveau cours, sur les « Théories de l’expérience »… Je demande aux trente étudiants présents : « Y a-t-il dans la salle des étudiants qui n’étaient pas dans mes cours précédents ? ». Une douzaine de mains se lèvent. Merde ! J’espérais avoir un public qui ait aussi mes enseignements « Penser l’institution », « Le journal de recherche » pour aller plus loin. Or, avec de nouveaux étudiants, je suis obligé d’être pédagogue, de repartir à zéro.

Alors que j’avais une « avant-garde », formée, dynamique, prête à tout, me voilà obligé de faire deux pas en arrière.

- Monsieur, j’arrive à la fac, vous validez comment ?

- Merde ! Je ne vais pas refaire mon cours sur le journal.

15 étudiants se précipitent sur moi. Pour me parler de choses sans grand intérêt.

- Bon ! me dis-je en moi-même. Je croyais pouvoir discuter avec Camille, Ghania, Malika et les autres, et me voilà devoir faire des leçons en cours préparatoire.

Je vais essayer. J’essaie d’intéresser les deux publics. Comment construire un discours simple et un discours compliqué en même temps ? Comment intéresser des gens qui débarquent chez moi parce qu’il fait frais dehors, et des gens qui m’ont déjà lu, qui connaissent mes idées, etc.

Je parle de l’ « expérience ». D’abord, définir le mot. S’appuyer sur la distinction, dans la langue allemande, entre ERFAHRUNG (l’expérience scientifique que l’on construit) et ERLEBNIS (l’expérience vécue, l’épreuve de la vie…). Je parle de la Phénoménologie de l’Esprit de Hegel qui travaille le concept d’Erfahrung, puis de Dilthey qui bosse sur l’Erlebnis…

Après cette introduction académique « brillante », je commence à déraper. Je réponds à une question d’Elisabeth.

- Le petit enfant, le « bébé », a-t-il vraiment des moments ?

- Très bonne question !

Je parle de Louise, longuement. Je raconte comment elle commence à distinguer (à deux mois), le jour et la nuit ; le chaud et le froid, l’intérieur et l’extérieur, ses parents, ses grands-parents. Je montre comment elle « éprouve » une nouvelle situation, en s’appuyant sur ses expériences antérieures. Hier, je lui fais faire une promenade dans la rue, comme, jusqu’à maintenant, je la promenais dans la maison, c’est-à-dire sans poussette, simplement en la tenant dans les bras. Je marche dans la rue, à une heure où il y a encore du soleil. Elle aime cette promenade. Je passe devant chez Hélène, sa tante. Je décide d’y entrer. Elle n’est jamais venue ici. C’est donc une situation nouvelle. Ce n’est pas un moment. Cependant, elle vit cette situation en s’appuyant sur moi, qu’elle connait parfaitement, mais aussi sur sa cousine Constance qui est là, qui l’a déjà vue à plusieurs reprises. C’est une première expérience de la maison d’Hélène. On ne reste donc pas longtemps. D’autant plus que cela va être l’heure du biberon. On rentre Rue Marcadet. Louise réclame son biberon. En même temps, elle est contente de rentrer… Après le biberon, elle s’endort. Elle a besoin d’assimiler, de « digérer » cette aventure, de se reposer, de retrouver le moment du repos.

Ce que je montre à Elisabeth, c’est que le moment du repos, du biberon, de la promenade, de la visite, de la nuit et du jour se constituent déjà fortement à deux mois. Elle a dit : « A-RE », une fois hier, et sur le même ton qu’elle, les personnes présentes dans la pièce ont répété après elle « A-RE ». Cela lui a plu. Normalement, c’est à trois mois que l’on dit « A-RE ». C’est l’entrée dans le langage. Pour elle, cette entrée dans le moment du langage ne sera pas facile. Son père est italien, mais il est bilingue en anglais. Sa mère est française, mais est bilingue en espagnol. Ses grands-parents maternels sont français, mais parlent volontiers l’allemand, ont des amis allemands, etc. Elle va découvrir le moment du langage dans 5 langues. Comment va-t-elle pouvoir s’en sortir ? Elle va vivre des situations qu’elle construira progressivement en moments. Avec Papa, on parle italien, avec Maman le français, etc.

Ensuite, j’ai montré comment l’entrée des moments se fait vers 6 ans, vers 8 ans, à 25 ans.

Ce qui est intéressant, c’est la manière, où vivant une situation nouvelle, on décide d’en faire un moment. C’est encore une question d’Elisabeth, la question de la conscience. Comment se construit la conscience d’un moment ; comment l’expérience s’élabore-t-elle, se perlabore-t-elle, qu’elle soit agréable ou pénible ?...

On a besoin d’être accompagnés pour construire notre vécu, pour le conceptualiser.

Imaginons un enfant de 6 ans violé par un prêtre. Il n’a pas bien intégré ce vécu. Il a essayé de l’oublier, mais ce traumatisme (le viol peut être vécu comme un trauma) est revenu quand il avait 25 ans. Il a refait des cauchemars. Finalement, on lui a conseillé de voir un psychanalyste. Celui-ci accepte d’accompagner le jeune adulte pour revivre avec lui ces moments difficiles, pour tenter d’élaborer cette souffrance, pour se réconcilier avec elle, pour lui donner une place dans la biographie, mais une place seulement afin que toute la vie ne soit pas envahie par ce moment. Quand on ne pense qu’à une chose, on construit le « moment » comme absolu et l’on se détruit. Un enfant qui n’investirait que le moment du biberon deviendrait obèse… La boulimie est une maladie qui fait du moment du repas un absolu.

Jouer est bien, mais faire du moment du jeu un absolu, c’est prendre le risque de dilapider son patrimoine au casino, de devoir revendre sa maison, se faire quitter par sa femme, devenir SDF.

L’homme heureux est celui qui sait passer d’un moment à un autre, qui a le choix d’être ici ou là. La liberté, la possibilité de la liberté, c’est l’accès au moment de la conscience qu’un choix est possible. Je ne suis pas obligé d’aller à l’école. Je puis faire l’école buissonnière. C’est une sacrée aventure de décider de ne pas aller en cours et de se promener dans la ville.

Faire le choix, avoir conscience de pouvoir faire un choix, de ne pas faire ce que l’on attend de vous. Pouvoir dire NON ! Le petit enfant se construit en disant NON ! L’étudiant peut aussi dire NON ! Sans la liberté de dire NON, le OUI n’est que soumission. Avec le non possible, le OUI devient affirmation, devient choix, devient liberté de créer, d’aimer.

La transgression serait un passage obligé de la liberté. Pour moi, ce fut important. Je n’ai pas traité ce thème. A aborder la prochaine fois.

Je reprends ce que j’ai pu dire.

Construire son expérience, c’est se faire aider. J’ai parlé du psychanalyste qui aide le patient à s’approprier comme un moment un traumatisme passé. Faire de l’expérience traumatique quelque chose peut passer par l’aide d’un psychanalyste ou d’un psychothérapeute.

Cependant, on peut construire son expérience autrement que par l’accompagnement d’un professionnel.

On peut aussi, comme je le fais ici, tenter de construire son expérience en écrivant un journal. Le journal est un effort pour décrire, analyser, perlaborer ses expériences. Devenir chercheur, c’est écrire son journal de recherche. En consignant, chaque jour, ses lectures, ses rencontres, ses idées, ses hypothèses de recherche, on « travaille » son vécu pour le transsubstantifier en conçu. Choisir un fait significatif dans la journée, c’est choisir dans la masse des vécus du jour quelque chose qui est d’abord perçu et qui va entrer dans une chaine signifiante faite de cette succession de petites expériences qui finissent, situations après situations, à produire le moment de la recherche. Ecrire est donc un dispositif intéressant de construction de l’expérience. A côté du suivi thérapeutique, c’est un autre outil d’élaboration.

Un troisième outil, c’est un comité de rédaction de revue : écrire un article, écrire un compte-rendu de lecture d’ouvrage, raconter une visite de colloque. Relancer les irrAIductibles, c’est construire un dispositif d’analyse de l’expérience collective.

J’avais trouvé un quatrième outil de construction de l’expérience : la fête.

Analyser l’expérience, c’est la rencontre de l’autre. Cette rencontre se fait dans le cadre de dispositifs… Il faudrait expliquer comment la fête fonctionne comme dispositif d’analyse de l’expérience. On y reviendra.

  

Remi Hess

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 10:17

Jeudi 17 novembre (avec Yohan). Permanence à Paris 8,

 

Pour demain, à l’ISP :

Fonctionnement de la plateforme

Articulation présentiel / distance

Remplacement de Patrick Vin ey

Une revue pour les doctorants ? La relation avec Eduquer / Former

L’enregistrement des thèses au fichier central de Nanterre.

La double inscription

Le laboratoire

Finances. Qu’en est-il des demandes de bourses ?

Les publications du laboratoire (dans différentes revues)

La composition des jurys (question posée par Yohan).

Les post-docs existent-ils à la Catho ?

Les prises de thèse

Attribution des directeurs pour l’année 2011-12 (nouvelles demandes d’inscription).

Bibliothèque en ligne

Editions

Il faudrait que je recopie des points dans le journal Travailler à la Catho.

 

Katia m’envoie le compte-rendu du séminaire de mercredi.

 

Vendredi 18 novembre,

 

Hier, j’ai lu le journal de Camille. Il m’a intéressé. Nous avons pu en parler, car elle est restée en A 428, alors que je lisais son texte.

 

Elle s’intéresse à la militance, thème de son mémoire d’AS qu’elle m’avait donné, mais que je n’ai commencé que ce matin. Ce mémoire m’a fait réagir. Elle commence l’histoire du travail social en 1897. Il faudrait repenser le travail social autrement. Dans quel cadre ? Peut-être un numéro des irrAIductibles ?

 

 

15 h 50,

 

Repas avec Danielle Manzo. Elle s’est mise sérieusement à l’espagnol. On va donc pouvoir faire une tournée en Amérique Latine.

 

Mardi 22 novembre,

 

Aujourd’hui, Louise a deux mois.

 

Remi Hess

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 10:38

Dimanche 13 novembre,

 

Mail de Dominique Groux. Elle me propose une réunion pour le 18 novembre. J’ai accepté. Programmée initialement pour une heure, la nouvelle réunion est prévue pour trois heures.

 

Mardi 15 novembre,

 

Aujourd’hui, il me faut rendre mon texte sur la biographie d’H. Lefebvre pour le colloque de Caen.

 

Ce matin, je pars pour la fac avec 1 h 30 de retard. J’ai eu une crise cette nuit.

 

Déjà, vendredi dernier, Lucette m’avait fait de l’humour avec KM. A chaque fois qu’elle fait de « l’humour », il me faut une journée pour récupérer. Cette nuit, ce fut vraiment douloureux.

 

La pédagogie commence à me ronger.

 

J’ai trouvé une bonne opposition à Lucette hier. Si elle me reproche d’avoir inscrite en thèse KM, étudiante « nulle » (selon elle), je lui ai dit qu’AB n’était pas mieux, pire même. A chaque fois qu’elle parlera de KM, je lui reprocherai d’avoir inscrite en thèse AB.

 

Ce qui est vraiment pénible pour moi, c’est que la conjugalité se transforme en réunion professionnelle constamment. C’est insupportable. C’est dommage car, par ailleurs, je vivais une vie heureuse sur le plan familial.

 

Signe de mon mauvais état : j’ai oublié mes lunettes à la maison.

 

Une chose qui m’a décidé à venir à la fac : rapporter La pratique du journal à Sarah.

 

Remi Hess

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 09:00

SÉMINAIRE 2011 – 2012

 

Translatio translationis 

La transmission des motifs analogiques de l’Antiquité aux Lumières

 

 

  

Chers collègues et doctorants,

 

La prochaine séance de notre séminaire aura lieu le

 

 

Vendredi 10 février, à partir de 13h30

 

Dans les locaux du CEREdI (bât. Lavoisier, 2e étage) Université de Rouen.

.

 

 

Nous y entendrons successivement :

 

- Mme Léonore Bazinek, qui évoquera "Ulrich von Hutten, Martin Luther et la translatio imperii. Parcours d'un comparant encombrant au moment de son passage à la modernité",

 

- Et notre collègue Sandra Provini, sur "Les métaphores du cerf et de la biche dans la poésie amoureuse de l'Antiquité à l'âge classique".

 

 

 

En souhaitant vous retrouver nombreux pour ce riche programme,

 

Cordialement,

 

Anne Vial-Logeay – Xavier Bonnier

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 11:21

Séminaire  Althusser-Lapassade

 Réaction de Michel Lobrot

 

 

Hier, vendredi 3 Février 2012, j’ai été au séminaire de Valentin Schaepelynck à l’Ecole Normale Supérieure. Il s’agit d’une étude sur les rapports entre Althusser et Lapassade dans les années soixante du 20ème siècle…

 

A nouveau j’ai pris conscience de la proximité entre les deux théoriciens, que j’ai bien connus : Althusser et Lapassade….

 

Cependant à l’époque où se situe le conférencier, dans les années 63-64, Lapassade adhère totalement au message léwinien et reproche à Althusser de se contredire, en pratiquant une pédagogie magistrale, tout en contestant l’Autorité régnante. Althusser lui répond en invoquant la valeur d’une méthode d’après lui efficace, qui ne peut être mise en question par une réflexion qui se situe à un tout autre niveau. L’enseignement ne serait donc, d’après lui, qu’un instrument utile, ce qui est typiquement une position que je qualifierais de « chosiste », en reprenant un terme de Bergson. Cela veut dire qu’un rapport humain fonctionne comme une « chose » et non comme un échange de subjectivités. Critique, à mon sens, tout à fait valable, encore aujourd’hui.

 

Cependant, quelques années après, dans les années 70, Lapassade développe toute une théorie de l’Institution, qui, d’après moi, tombe dans le « chosisme » qu’il reprochait à Althusser. D’après cette théorie, l’institution serait à détruire la plupart du temps, pour être remplacée par l’Autogestion. Mais elle serait en tout état de cause, totalitaire. Cela veut dire que les individus qui en font partie sont totalement formés, déterminés par elle, ne lui échappant en aucune manière. Cela veut dire, dans la pratique, que si l’on veut changer les gens, il faut commencer par changer les institutions. Toute autre méthode est illusoire.

 

Cette argumentation, qu’il m’oppose sans cesse, à moi qui prétend changer les individus dans les institutions actuelles est, à mon avis un «  cercle vicieux » et surtout contraire à toutes les expériences de changement dans l’Histoire.

 

Elle est vicieuse, car comment changer l’institution, telle qu’elle est actuellement, sans passer par les gens ? L’action politique, qu’il préconise, n’est pas une machine de guerre anonyme et non humaine….

 

Mais surtout l’étude de l’histoire montre que constamment les révolutionnaires et ceux qui ont fait changer les choses ont été formés dans l’état antérieur, qu’ils ont ensuite contribué à détruire et qui n’aurait pas dû normalement leur permettre simplement d’exister. Par exemple les révolutionnaires de 89 sont nés pour la plupart dans les années 1740-1770, sous le régime de la Monarchie absolue, qui contrôlait tout jusqu’au moindre détail. Comment ont-ils pu concevoir, imaginer, vouloir un autre état de choses, eux qui n’avaient comme maîtres que des monarchistes convaincus ?

 

La réponse est évidente et doit servir de modèle. C’est qu’un régime quelconque, aussi totalitaire soit-il, ne couvre jamais toutes les pensées, volontés, sentiments, actions des gens qui en font partie, car ceux-ci ne sont pas la résultante mécanique de forces abstraites en jeu dans la société (position durkheimienne), mais sont la résultante de situations singulières, où interviennent des positions minoritaires (Moscovici), où des positions opposées se neutralisent, où des situations nouvelles émergent. Cela veut dire qu’il faut abandonner une vision durkeimienne comme celle de la « conscience collective » totalitaire, pour adopter une vision interactionniste, qui fait sa place aux subjectivités et à leurs relations.

 

Lapassade, heureusement, ne s’est pas cantonné dans ces réflexions « chosistes » et dépassées. Il a fait une oeuvre littéraire d’un intérêt considérable, a contribué à réhabiliter la transe, a pratiqué une pédagogie de choc et enfin s’est démarqué nettement, in fine, de «l’Analyse institutionnelle ». Il faut le suivre jusqu’au bout et ne pas prendre qu’une partie de son message, qu’il a développé dans une période de transition où son génie n’était pas encore complètement achevé.

 

Michel Lobrot

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 09:42

Le moment de l’interculturel en biographie

 

 

Les trois instances du concept de moment (le moment anthropologique, le moment historique et le moment logique) donnent de la puissance à la théorie des moments, ici dans le cadre de l’interculturel. Le moment a, à la fois une texture historique, anthropologique et logique. Le moment logique, c'est la dialectique entre l'universel, le particulier et le singulier. Cela nous semble, chez Hegel, quelque chose d'important. Cette dialectique permanente entre l'universel, le particulier et le singulier…

 

Je formule la proposition de définir le concept de moment interculturel plutôt que de moments interculturels. Le moment interculturel émerge dans notre société actuelle. Au XIXe siècle, il n'y avait pas de moment interculturel. Il y avait du cosmopolitisme. Les gens qui circulaient n'avaient pas construit le moment de l'interculturel comme nous le travaillons aujourd'hui.

 

Le mot interculturel n’existait pas avant 1968. Il y a une naissance du concept que nous pouvons à peu près dater vers 1973. Nous pensons qu’il devient un concept, quand l’universel devient effectif dans la rencontre des sociétés où les cultures se confrontent.

 

Cet universel va pouvoir être décrit à travers ses particularités. Par exemple le franco-allemand est un moment interculturel particulier. C'est toute une histoire. Quand un allemand rencontre un français, ils ont toute une histoire commune qui est là avant qu'ils naissent. Ainsi, il y a des moments interculturels particuliers (le germano-turc, le franco-algérien ou le franco-chinois).

 

Après, il y a la singularité du concept, c'est-à-dire la façon dont chacun d'entre nous est entré dans l'interculturel, par exemple par le franco-allemand, ou par le rapport homme / femme. Il n'y a pas que les cultures des nations dans l'interculturel. L’ethnométhodologie montre qu'un métier, c'est une culture. L’interculturel, ce peut encore être la découverte de l’interdisciplinarité.

 

A un moment donné, on se met à parler du moment interculturel. Cela correspond à une problématique nouvelle de notre société. Chacun d'entre nous a des expériences particulières de l'interculturel. Il n’existe pas de personnes qui aient les mêmes appartenances à ce concept. Cette spécificité crée une singularité du moment interculturel.

 

Une biographie particulière peut décrire comment on a rencontré l'autre. C'est dans l'air du temps, la communication intergénérationnelle, interethnique. Le moment interculturel émerge à un moment donné. Le moment interculturel ne peut être autonomisé d'autres moments. Dans le cadre de ce projet biographique, notre ambition, pour les 50 ans de l’OFAJ, est de rassembler les données interculturelles des figures de l'interculturel.

 

 

 

 

De l’anthropologie de la personne

 

Nous pouvons ainsi proposer une définition de notre démarche des histoires de vie de cette manière.

 

La rencontre avec l'autre, dans le langage du corps comme dans le parler, ne se fait pas que dans un moment narratif. Par exemple le fait de faire l’amour et de parler de l'avenir n’est pas que narration. La vie est plus que la narration.

 

Le langage ne se réduit pas à la narrativité, il est concept, action, projection… J’ai donné l'exemple de ma dernière conversation avec mon neveu Loïc qui est entré dans une école de football. Il y a eu le moment de la narration de son expérience actuelle et nous sommes passés à la stratégie sur la manière de mieux évoluer à son poste. Nous n’étions plus dans le narratif mais dans la recherche, dans le projet, dans le rêve…

 

En ce qui concerne les différents moments, nous pensons que le temps de la survie ou de la guerre ne prête guère à la narration. Il y a une mobilisation musculaire et psychique qui vise à la survie.

 

Le moment du travail des ouvriers à la chaîne par exemple détruit la narrativité par ses répétitions. La pensée réflexive est flottante.

 

Il y a un moment de description, un moment de réflexivité et enfin celui de conceptualisation.

 

La narrativité est un moment de l'esprit. C'est un moment de réflexivité. Un moment littéraire.

 

Dans le récit de vie, nous décrivons un vécu pour faire émerger du conçu. Notre objectif tout au long de la rencontre avec l’interviewé, c’est, par le récit de vie, de présenter une figure porteuse d'un concept, d'une action. Que son expérience devienne partageable et utile à l'autre.

 

En tant que philosophes, nous avons l’ambition de travailler à produire la synthèse de notre temps. Tout en nous laissant surprendre par le discours sur soi de l'autre aujourd'hui, d’une certaine manière, nous savons ce que nous cherchons. C'est dans un intérêt de connaissance de l'autre et de mise en contexte d'un groupe qui nous met en quête de récits de vie. Nous faisons entrer la personne dans l'histoire de l'humanité.

 

On va chercher chez l'autre, la part de lui-même qui est en nous. Nous construisons notre propre identité et nous disons ou rendons intelligible le monde que nous habitons à travers l'autre.

 

Notre méthode s'inscrit dans la théorie des moments que nous venons de déployer. Cette théorie n'est pas chronologique comme chez Gaston Pineau, mais plutôt cartographique, même si, au niveau de chaque moment, nous réintroduisons la temporalité. Même quand il y a une chronologie du moment, nous n’oublions pas que ce sont des moments anthropologiques.

 

Nous choisissons au préalable une personne à peindre pour qu’elle représente une figure. Nous sommes des peintres figuratifs et non des photographes.

 

Par la narration, nous faisons des allers et retours avec la personne sur sa vie, ses différents moments jusqu'à ce que son récit soit vraisemblable dans la manière dont la personne a géré et continue à gérer sa vie. Nous cherchons à mettre au jour sa cohérence expérientielle (structures logiques) : cela signifie que nous croyons à un principe d’organisation des moments.

 

La biographie est une sorte de monographie qui, par ses différentes couches, arrive à la représentation du mouvement de la personne dans sa diversité. Nous transformons ainsi «le chaos humain » en une figure qui va défier le temps.

 

Nous avons un intérêt de connaissance du monde de l'autre. Sa logique est aussi bien hypothético-déductive, rétrospective que transductive ou poïétique. C'est une enquête sur la rationalité et l’irrationalité de l'autre, son rapport avec le quotidien et l'événement, la routine et la surprise, l’organisation de la survie et l’aventure.

 

Le danger d'une narration sans concept, c'est de transformer une réussite sociale en normes, de passer de l’adorcisme à l’exorcisme. Nous devons toujours être attentifs aux conditions concrètes de production des discours, car le récit de vie n'est pas dans le vrai mais dans le vraisemblable, moins dans la recherche d’une essence à laquelle la personne se serait enfin convertie, que dans le mouvement de ses métamorphoses. Les Figures d’aujourd’hui sont des formes en devenir, consciente du mouvement qui les porte, mais aussi de la nécessaire reconnaissance de son inachèvement.

 

Nous sommes donc moins attirés par l’analyse aristotélicienne de ce que dit l’autre, de sa photo du moment que par la représentation du mouvement des idées qui fait de la démarche biographique, un moment de présentation d’une figure dans sa relation généalogique avec un concept, lui-même inscrit dans un continuum dépassant la personne. C’est dans les communautés de référence que l’inachèvement de l’homme se dépasse.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

Hess (Remi), Henri Lefebvre et la pensée du possible, théorie des moments et construction de la personne, préface de G. Weigand, Paris, Anthropos, 2009, 680 p.

 

Lefebvre (Henri), La somme et le reste, Paris, Anthropos, 4° éd. 2009, 780 p.

 

Mutuale (Augustin), Histoire de vie du maire de Roissy.

 

Weigand (Gabriele), La passion pédagogique, récit de vie recueilli par R. Hess, Paris, Anthropos, 2006.

 

 

Augustin Mutuale

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 11:00

Séminaire autogéré Zones d’attraction 2012

"Le collectif : dedans ? dehors ?"

 

2ème séance , à l'Olympic café - 20, rue Léon - 75018 Paris. Samedi 11 février 2012, de 17h à 19h.

Renseignements : 06 25 14 19 62


Zones d’attraction propose à des collectifs de venir produire leur propre émission dans le cadre de son créneau sur Radio libertaire, afin de susciter rencontres, connexions d’hétérogènes, frottements et perturbations. 

 

La première émission a été dédiée au collectif KLF (collectif Knowledge Liberation Front) et sera diffusée vendredi 3 février de 11h30 à 13h sur Radio libertaire 89.4. 

 

Ecoute en direct : 

 http://rl.federation-anarchiste.org/

 

Ecoute en différé :

http://www.zonesdattraction.org/spip.php?rubrique4


On évoquera les thèmes des projets d'émission en cours : mutuelles de fraudeurs dans les transports, révolutions arabes...

 

Nous continuerons à réfléchir ensemble à des terrains d’intervention et d’enquête pour cette année. Après avoir reçu Antoine Machto, (collectif des 39) et Françoise Attiba, (Centre Artaud - Reims) sur le terrain de la psychiatrie, cette deuxième séance sera l'occasion de présenter le collectif " Pico y pala" qui organise tous les ans, un festival de cinéma franco-argentin à Paris et qui dédiera une journée cette année à la question psychiatrique.


Des animateurs de l'émission " Do you hack me?" sur Radio libertaire viendront aussi présenter leurs activités. Ce sera l'occasion de questionner les effets du hacking et ses resources politiques.

 


Il s’agira ensuite de dégager ensemble des pistes exploratoires autour des questions qui nous interpellent et que nous voulons prendre en charge : comment se fabrique un collectif ? Quels rapports construire entre les expériences faites dans le cadre du monde du travail, des institutions de soin, du précariat, de la justice, du milieu carcéral ? Comment connecter entre elles les formes de désobéissance aux injonctions de l’Etat managérial et à son contrôle social ? Où et comment agir ? Au dedans ou au-dehors de l'institution ? Et s'agit-t-il d’une véritable alternative ? Ne s'agit-il pas toujours justement d'investir les institutions, de les travailler de l'intérieur pour y produire des pas de côté, de trouver leurs angles morts, (instituant ordinaire, pratiques dissidentes et analyse institutionnelle..) tout en restant capable, lorsque la bureaucratisation est trop avancée, de partir pour inventer de nouveaux espaces... ? 

Chaque situation singulière nous invite à trouver l'intervention juste, sa cohérence et sa constellation propre. C'est dans cette perspective que les questions du dedans et du dehors, nous semblent devoir être reposées, à partir d'un anarchisme méthodologique dont nous exposerons les linéaments, et qui reste à construire ensemble. 

Venez donc avec vos textes, vos mots, vos propositions d’enquêtes et d’expérimentation, vos récits, vos délires, pour qu’on se rencontre et discute en symphilosophie !!

 

N'hésitez pas à nous contacter à: flaneur@zonesdattraction.org

 

Zones d’attraction est une émission consacrée aux pensées critiques. Oui, «Zones », car il s’agira, en compagnie d’un ou plusieurs invités, également de chroniques de notre cru, de faire zoner les concepts.

« Attraction » : car nous irons là où notre flânerie nous portera : philosophie, littérature, psychanalyse, pédagogies alternatives, édition indépendante, analyse institutionnelle...


Notre émission se voudra une sorte de laboratoire où laisser la voix et la voie libres aux formes de résistances qui agitent aujourd’hui l’institué, déstabilisent les discours dominants qui se présentent à nous comme vérités.

Espace d’interrogation des pratiques, que celles-ci soient théoriques, sociales ou politiques, et vigilance toujours quant à la congruence entre théories et pratiques. Faire danser ensemble les hétérogènes. Interférences, confrontation, transversalité et ironie en guise de sol. Pour de nouvelles constellations.


Retrouvez l'ensemble de nos émissions en accès libre sur le site


ZONES D'ATTRACTION

Une émission présentée par Charlotte Hess et Valentin Schaepelynck

sur RADIO LIBERTAIRE (89.4)

Le vendredi de 11h30 à 13h (tous les 15 jours).

 

Contact radio:radio@zonesdattraction.org


Ecoute en différé:www.zonesdattraction.org - Rubrique Symphilosophie
www.zonesdattraction.org, rubrique SYMPHILOSOPHIE

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 10:06

Poursuivons notre réflexion sur les moments en posant la question du moment. Des personnes peuvent participer de ce moment. Par exemple le moment de l’interculturel ou d’un groupe de recherche. Cependant, on peut vivre les moments tout à fait autrement que les personnes qui sont dans le même moment que nous. On peut vivre totalement autre chose que ce que l'autre vit. Le moment ne prend sens que dans le contexte de la transversalité de chaque individu.

 

Ainsi, le moment de l’examen. Quand on vit le moment d’une épreuve orale, l'étudiant pense que les profs qui sont là, sont là pour l'écouter, qu’ils accordent une grande importance à ce qu'il va dire etc. Mais le prof peut penser à autre chose, par exemple aux courses à faire après la soutenance (je dois acheter une savonnette). Il écoute d'une oreille. Professeur et élève, on semble vivre la même situation d'examen, mais on ne se trouve absolument pas dans le même moment.

 

Quand Remi a passé sa thèse, en entrant dans la salle, H. Lefebvre lui a dit : « Ma fille a été malade cette nuit, je n'ai pas eu le temps de lire votre travail, faites une petite synthèse ». Cela faisait trois semaines que l’impétrant révisait sa thèse et il découvre que les profs pouvaient être ailleurs. Nous n’investissons pas une situation de la même façon. C'est très important d’en être conscient pour éviter de nombreux malentendus. De même, les parents et les enfants sont dans des univers différents, tout en étant dans la même maison. On est dans l’incompréhension permanente, car on croit partager un même moment et, en fait, on vit dans des moments différents. Il peut y avoir un immense quiproquo.

 

Dans la déclaration amoureuse, par exemple, dire à l’autre qu'on l'aime est difficile parce qu'on a peur que l'autre ne soit pas dans cette forme de relation que l’on désire avec lui. Parfois, c’est cocasse, car l’autre vit la même chose que vous et attend un signe etc. Souvent, dans les films, on voit deux amoureux transis et on se demande quand ils vont se dire qu'ils s’aiment. Tout le monde sait qu'ils s’aiment depuis longtemps, mais eux continuent à tourner autour du pot ou à aller ailleurs. La conscientisation duelle du moment amoureux est quelque chose de difficile. L'accès à la conscience du moment est un travail énorme pour le sujet

 

Le moment de la narration est un moment important, parce que c'est le moment de la révélation. C'est le moment de la communication, de l'énonciation de la manière dont on vit un moment, là, maintenant.

 

Il y a quelquefois une peur de conscientiser le moment, une appréhension de le mettre en mots. La narration c’est un moment douloureux, une confession. Que faut-il avouer ou pas en face de l’autre ? Qu’est-ce qui est de l’ordre du secret et qui doit le rester et qui donne à notre histoire des trous ? Comment mettre en mots, avec les couleurs d’aujourd’hui, un événement abrupt et rester discret sur ce que l’on ne veut pas exprimer dans toute sa nudité ? La narration ne peut se passer de l’autre et de sa force de jugement. Cet autre peut être l’autre en présence ou le futur lecteur. La narration n’est pas seulement une information qu’on véhicule, mais une recherche de compréhension, c’est-à-dire une empathie dans ce que je cherche à conceptualiser qui doit passer par la confession. Il y a beaucoup de gens, des ouvriers consciencieux, des syndicalistes, des agents de développement, des animateurs qui n’osent pas être eux-mêmes et s'assumer dans les discours de soi face à l’autre. Dire je suis sociologue, je suis ceci, je suis cela. La narration est le moment du purgatoire entre le moment du métier et le moment de l'esprit, de la conscience. Il y a des gens qui deviennent un peu plus humains que d'autres, parce qu'ils construisent une conscience des moments. Il y a un moment de la narration dans la temporalité de la conscience. La narration est un moment essentiel dans la conscientisation des moments.

 

Par exemple, au niveau philosophique, Kant dit qu’il a quatre moments : la raison pure, la raison pratique, le jugement esthétique, le moment de la foi, etc. Hegel, lui, voit le monde à travers trois moments : la famille, l'entreprise, l'État. Ces philosophes se construisent le monde comme cela. Il y a des gens, dans la vie quotidienne, qui disent : il y a ma famille d'un côté et mon travail de l'autre, il y a mon sport… Certains découvrent le moment en le racontant à leur biographe. On est parfois biographe les uns des autres. La narrativité est intéressante parce qu’elle invite à créer un dispositif et amène les personnes à expliciter leurs moments.

 

Il y a un préconscient du moment. Il y a même une pratique du moment en dehors de la conscience. Il y a un préconscient et un conscient du moment. Les gens qui construisent leur moment peuvent aller plus loin. Par exemple Remi fait de la peinture à l’huile qu’il a découverte en 2004. Très vite, il s’aperçoit qu'il fallait faire sécher les toiles et que cela demandait beaucoup d'espace. Donc il s’est construit un atelier dans sa maison de campagne à Sainte-Gemme. Il lui a fallu 3 à 4 ans pour construire l'atelier, mais quand il a réinvesti la peinture, alors il a pu le faire à un niveau plus professionnel. Il a pu travailler parce qu’il avait l'espace nécessaire et tous les outils du peintre. Il fallait être propriétaire pour s’autoriser à casser les murs, afin d’agrandir son espace. La théorie des moments permet de faire entrer le moment dans le réel, le réel urbain, le réel architectural. La personne consciente de ses moments utilise la théorie des moments comme intervention pour construire sa vie, et les dispositifs qu’elle suscite pour être efficace.

 

Mais il y a beaucoup d'ouvriers, de gens qui sont condamnés à vivre entre deux ou trois moments, le moment de l'usine, le moment de jardin, le moment de la famille et qui n'arrivent pas assez à agir sur leurs moments, parce qu'ils n'ont pas eu la chance de rencontrer un biographe, qui les aide à expliciter cela. Le biographe est celui qui aide un maximum de personnes à conscientiser et à construire leurs moments. Mais peut-être qu'on peut raconter sa vie autrement, en écrivant son journal ou en prenant des initiatives. Par exemple, l'accession à la propriété fait changer le rapport au moment. Devenir propriétaire est une condition pour façonner sa maison à « sa manière », c’est-à-dire selon ses moments conscientisés. C’est une autre façon de se raconter.

 

Nous n’affirmons pas que l’on ne peut raconter sa vie qu’à travers la théorie des moments, mais que cette démarche est efficace et permet de rendre compte des répétitions et des mutations survenues au gré des hasards, des choix et des héritages. Nous avons parlé de moments décisifs dans une biographie : par exemple la mort d'un proche, l'entrée dans les études, le choix du conjoint. Il y a des choses qui se révèlent être les analyseurs des moments. Par exemple, je vis dans une chambre d'étudiant et je rencontre un étudiant qui vit également dans une chambre d'étudiant. On décide de se mettre ensemble. Comment va-t-on organiser le territoire ? Est-ce que je vais avoir un bureau ou pas ? Un étudiant qui décide de vivre en collocation choisit d'organiser sa vie autrement, que s'il était un individu dans son petit appartement.

 

À chaque fois qu'on déménage, qu'on quitte ses parents, on est dans des moments décisifs (Lefebvre) ou des moments privilégiés (Lesourd) pour penser ses moments.

Dans les moments, le rapport à l'argent me semble très important. Est-ce que je décide d'épargner si je gagne un peu d'argent ou est-ce que je décide de dépenser ? Ce n'est pas la même vie que je mène si je dépense ou si j'épargne. Un livre vient de sortir sur l'homme endetté (2), sur les gens qui ont des dettes qui doivent payer toute leur vie. Leur organisation des moments est différente de celui qui dit : je n'ai pas grand-chose, mais je ne veux pas avoir de dettes. Le jour où l’on décide de s'endetter pour avoir une voiture de sport, on devient totalement dépendant de la banque. La banque envahit alors nos moments.

 

Cela nous semble très important de voir que dans une biographie, par exemple, le choix d'un métier entraîne beaucoup d’autres questions qui renvoient à l’agencement de ses moments : Est-ce que je vais faire des études courtes ou des études longues ? Tous les enfants se posent ces questions-là. Est-ce que je vais faire des études de longue durée ou est-ce que je vais essayer de travailler très vite ? A ce moment-là, il y a des décisions qui sont historiques, dans la biographie. Il y a des temps dans la vie qui sont favorables à conscientiser ces moments. Par exemple comment concilier son moment de la famille, son moment de l'amour et son moment du travail intellectuel, le fait d’assurer sa survie. Il y a beaucoup d'étudiants qui ne savent pas concilier le moment du travail qui fait gagner de l'argent et le moment des études. Ils ont un travail, mais ils renoncent à leur travail pour faire des études. Ou le contraire. Parfois, ce sont de mauvais choix, parce que quand on n'a plus l'argent, on ne peut plus acheter de livres et on ne peut pas faire de bonnes études. Chacun n'est pas identique dans l'entrée dans la vie. Des gens sont aidés par leurs parents, d'autres pas.

 

Kant a pensé que n'importe qui pouvait devenir intelligent. On a les moyens aujourd'hui d'accéder à la culture etc. C’est vrai et ce n'est pas vrai. Il faut un tempérament personnel, une volonté de se cultiver pour se cultiver. Si on n'a pas envie de lire, si on préfère faire son jardin, on choisit une autre vie. Nous pensons que depuis Kant, depuis les Lumières, on a la possibilité de penser ses moments, c'est-à-dire de décider comment on va construire sa vie. La société nous donne les moyens de survivre si on travaille un petit peu, et alors la question qui se pose est celle de l'organisation de ses moments.

 

Christine Delory-Momberger a raison de dire qu’avant la Renaissance, cette construction de la personne était inconcevable. Elle pense qu'avant la Renaissance, le discours était au niveau du social. Les individus parlaient à travers des groupes. A partir de la Renaissance, on peut se construire des moments. On peut se raconter et expliquer ses choix. Tout le monde n'y arrive pas. En Éthiopie, ce n'est pas comme à Paris. Cependant, quelqu'un qui veut faire des études peut y arriver, d'une certaine façon, même un Comorien.

 

Être esclave en Grèce permettait quelquefois de devenir intellectuel. Si tu étais obligé d’accompagner les troupeaux, d’être au pâturage toute la journée, tu ne pouvais rien faire d’autre. Le serf, dans la société féodale, avait vraiment du mal à devenir intellectuel, car voyager lui était interdit.

 

Nous pouvons soit découvrir nos moments, soit sciemment les construire. On peut les découvrir, parce que la vie en soi porte déjà des moments. De plus, dans notre perspective du XXIe siècle, nous ne savons pas vraiment s’il y a eu, à certaines périodes historiques, plus ou moins de possibilités de construire ses moments qu'aujourd'hui.

 

Si à propos du Moyen âge, on a pu écrire qu’il n’y avait pratiquement que deux moments : le moment du travail et le moment de la joie, ou plutôt de la fête, il s’agit de rester prudent, car certains livres de l’époque nous montrent qu’une certaine classe sociale vivait d’autres moments, par exemple l’éducation des enfants. Ce qu'on peut dire avec sûreté, c'est qu’à l'époque, concernant le plus grand nombre, on était beaucoup plus restreints pour tout ce qui concerne la forme, la mise en forme du moment. Des moments qui étaient un luxe hier ont pu se « démocratiser » aujourd’hui. Aujourd'hui il semble que l'individu ait beaucoup plus de possibilités de choix. Aujourd'hui si beaucoup de gens semblent souffrir de dépression, c’est peut-être parce qu'il y a trop de possibilités. Ils ne savent pas comment agir, quelle voie prendre. Il y a trop d’injonction de mise en forme, trop de possibilités de mise en forme du moment.

 

(2) Maurizio Lazarato, La fabrique de l’homme endetté, essai sur la condition néolibérale, Paris, Ed. Amsterdam, 2011, 124 p.

 

Augustin Mutuale

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 11:06

Bonjour,

 

 

Je vous informe de la prochaine conférence présentée par Valentin Skaplink,

 

Quatrième séance du séminaire « Archives de la philosophie française : textes, objets, pratiques » : vendredi 3 février 2012, de 17h à 19h - Ecole normale supérieure - 45, rue d’Ulm - Salle séminaires du Pav. Pasteur (1er étage)

 

Pour plus de renseignements voici le lien,

 

http://www.ciepfc.fr/spip.php?article269

 

 

En janvier 1964, Louis Althusser consacre plusieurs textes aux “problèmes étudiants” dans la Nouvelle Critique, afin de répondre à la contestation des relations pédagogiques traditionnelles qui monte parmi les théoriciens de l’UEC. En arrière-plan se trouve notamment une longue lettre qu’il adresse à l’un d’entre eux, Bruno Queysanne, en réaction à l’interpellation par ce dernier de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, lors d’un séminaire consacré à la “sociologie de l’université” à l’ENS. Queysanne relève en effet la contradiction qu’il y a à produire une critique de l’espace universitaire dans la forme classique d’un cours, et pour Althusser, il ne peut être question, au nom d’une pédagogie alternative, de récuser la distinction entre savoir et non-savoir, qui reste pour lui au fondement de toute démarche scientifique.

On sait que ce point se trouvera au cœur, en 1974, de la critique par Rancière d’Althusser en éducateur. Nous allons quant à nous nous concentrer sur un autre épisode de l’archive de cette discussion, déposée à la BDIC de Nanterre, et qui met aux prises Althusser avec Georges Lapassade en 1964.

Dans ces années, Lapassade réalise des interventions psychosociologiques sur commande des organisations étudiantes, sous la forme de stages d’initiation à la dynamique de groupe de Kurt Lewin. C’est au cours de l’un de ces stages qu’il propose d’appeler analyse institutionnelle l’interpellation en situation des institutions de pouvoir qui traversent ce type de formation.

Après avoir pris connaissance de la lettre d’Althusser à Queysanne, qui “circule de manière ronéotypée parmi les étudiants politisés”, il la commente dans un texte intitulé “Éloge du révisionnisme”, où il fait une attaque du conservatisme pédagogique althusserien, qu’il assimile à un stalinisme. Suite à ce texte mais également à un rendez-vous entre eux, Althusser écrit à Lapassade une longue lettre, dans laquelle il expose sa position concernant la psychosociologie lewinienne, discipline qui lui apparaît comme une simple version renouvelée du socialisme utopique, tout en reconnaissant que la perspective de son interlocuteur présente l’intérêt d’être “passablement critique”, dans la mesure où elle questionne l’institution psychosociologique elle-même.

Nous proposerons une lecture contextualisée de ces deux textes, qui constitue l’archive d’une discussion, dans la pensée critique française des années 60, des rapports entre marxisme, pédagogie et institutions du savoir.

Le comité des irraiductibles

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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