Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
  • Contact

Recherche

28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 10:59

Les formes particulières de journal (suite)

 

 

Le journal institutionnel. Plus que l'éphéméride, forme de journal utilisée dans un hôpital pour consigner tous les soins donnés aux malades dans un service, le journal institutionnel veut prendre en compte les dimensions individuelles, interindividuelles, groupales, organisationnelles, institutionnelles de la vie d'un établissement, etc. (R. Hess, 1989). Dans Le métier d'étudiant, Alain Coulon parle du journal d'affiliation, à propos des étudiants qui tiennent une forme de journal institutionnel (A. Coulon, 2005).

 

Le journal des moments. Tous les écrivains n'ont pas donné une place au "moment du journal". De Montaigne à Pierre Bourdieu, nombreux sont les intellectuels qui ont regretté, un jour ou l'autre, de ne pas avoir tenu de journaux. Parmi les diaristes, certains ont utilisé cette forme d'écriture constamment, au risque de ne rien écrire d'autre (Amiel), ou ont limité l'écriture de leur journal à des périodes où ils ne s'investissaient pas dans l'écriture d'autres textes. Ainsi, Stendhal explique qu'il n'écrit son journal que lorsqu'il n'est pas sur autre chose. On peut alors parler, dans la vie, d'un "moment du journal" qui survient au bon moment temporel dans certains contextes. Mais, du moment temporel du journal, on peut passer au journal des moments, pris dans le sens anthropologique (voir moment). On parlera alors de journal des moments. Un même diariste pourra tenir plusieurs journaux en parallèle: un journal comptable, un journal des idées, des journaux de voyage, etc. C'est à Marc-Antoine Jullien que l'on doit la première systématisation du journal des moments (1), dans son ouvrage de 1808. Dans ce livre, Marc-Antoine Jullien propose aux jeunes, d'écrire trois journaux différents:

-un journal du corps (santé),

-un journal de l'âme (où l'on restitue ses rencontres avec les personnes, et ce que l'on tire de ces rencontres sur le plan moral),

-et un journal intellectuel (où l'on note les connaissances intellectuelles que l'on acquiert ou par rencontre ou par lecture; ainsi notées, les connaissances deviennent des savoirs).

 

Ce livre fut écrit dans un contexte où l'école n'existait pas pour tous. Le journal apparaissait donc comme une sorte de formation totale de l'être.

 

Remi Hess a systématisé cette forme d'écriture que l'on pourrait aussi identifier chez Edgar Morin. Remi Hess a pu tenir jusqu'à 18 journaux en parallèle. Parmi ses titres de journaux, mentionnons : le "journal de lecture", qui rassemble ses commentaires de lecture, le journal de danse, le journal des idées, le journal professionnel (d'enseignant de lycée, puis d'université), son journal d'analyse institutionnelle, de recherche interculturelle, de paternité, de santé, d'un artiste. A ces journaux, s'ajoutent des journaux de voyage et des journaux sur des thèmes plus étroits de recherches particulières: "Forme et mouvement", "attracteurs étranges et détracteurs intimes", "Les jambes lourdes", "Henri Lefebvre", "René Lourau", "Congé sabbatique", etc. Après avoir publié des journaux divers depuis 1989, Remi Hess organise la publication de son journal des moments, comme il l'explique dans la présentation du Journal des idées, premier volume d'une série annoncée, dans une collection spécifique qui s'intitule "Moment du journal et journal des moments", dirigée par Véronique Dupont. Comme Janusz Korczak (cf. Moment pédagogiques), de grands pédagogues ont souvent tenu leur journal pédagogique.

 

(1) Ce livre a été réédité: Marc-Antoine Jullien, Essai sur l'emploi du temps, Paris, Anthropos, 2006, présenté par Kareen Illiade.

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

Partager cet article
Repost0
27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 11:00

Les formes particulières de journal

 

Le journal intime ou personnel est celui que tient l'adolescent ou l'homme de lettres. Il a fait l'objet de nombreuses études (Michelle Leleu, Alain Girard, Béatrice Didier, Philippe Lejeune). Le journal intime prend comme objet le vécu personnel d'une personne. Henri-Frédéric Amiel a passé sa vie à écrire un Journal intime, dont le volume est considérable (16 000 pages). Il écrit "Une idée qui me frappa est celle-ci : Chaque jour nous laissons une partie de nous-mêmes en chemin... Cette pensée est d'une mélancolie sans égale. Elle rappelle le mot du prince de Ligne : Si l'on se souvenait de tout ce que l'on a observé ou appris dans sa vie, on serait bien savant. - Cette pensée suffirait à faire tenir un journal assidu." (Amiel, Journal intime, 8 octobre 1840). La lecture du journal d'Amiel montre que l'objet du journal intime est l'exploration" de la construction du "moi", du "Je". C'est un tâtonnement quotidien pour débusquer toutes les facettes de la personnalité. De ce point de vue, c'est un "journal total", dont les limites temporelles ne sont pas fixées a priori. Le journal intime qui fut à la mode au XIX siècle, continue à être massivement pratiqué, comme en témoigne les travaux de Philippe Lejeune.

 

Le journal de voyage. Le journal de voyage ne cherche pas à rendre compte de toute la vie du sujet. Il se limite à la période d'un ou de plusieurs voyages. Une forme particulière de ce journal est le journal de bord que l'on a tenu sur les navires qui partaient à la découverte du nouveau monde. Patrick Berthier, dans "Les origines navales du journal de bord", (Pratiques de formation n°10, Université de Paris 8, déc. 1985) analyse tout particulièrement le Journal d'un voyage aux Indes, de Robert Challe, une expédition de 1690. A cette époque, cette pratique était courante. Le journal de bord est intéressant, car il raconte le vécu d'un groupe. Il est destiné à être lu par d'autres. Il prend souvent la forme du "journal total". Par sa dimension sociale, le journal de bord se différencie nettement du journal intime. Le journal de voyage se combine avec l'anthropologie, chez Leiris, par exemple, ou avec la littérature (chez Albert Camus). Il existe aussi des formes de voyage sur place. On explore un voyage intérieur. C'est le cas du "journal d'itinérance", proposé par René Barbier (Pratiques de formation n°9, Université de Paris 8, juin 1985).

 

Le journal philosophique. "Il n'y a presque rien d'aussi nécessaire pour le progrès des connaissances, pour la commodité de la vie et l'expédition des affaires, que de pouvoir disposer de ses propres idées; et il n'y a peut-être rien de plus difficile dans toute la conduite de l'intelligence, que de pouvoir s'en rendre tout-à-fait le maître", écrit John Locke (1632-1704), dans son Traité sur l'Entendement humain, (vol. 3, Londres, 1714, p. 425). Ce philosophe a tenu un journal toute sa vie qu'il a indexicalisé. Ses écrits philosophiques ne sont que la mise en forme organisée de ses médiations au jour le jour. Le philosophe Maine de Biran a également utilisé cet outil au début du XIX siècle.


Le journal de recherche. Ce type de journal s'organise autour d'une recherche. Dans le journal de recherche, le chercheur pointe ses hypothèses et ses trouvailles, à propos d'un "objet" qu'il s'est préalablement donné, sur un terrain spécifique, et au fur et à mesure de leur apparition. Souvent, cette forme de journal visent à rassembler des informations que l'auteur ou ses commanditaires imaginent voir exploiter ou traiter d'une manière ou d'une autre dans un temps ultérieur. René Lourau (1988) défend l'idée que le journal de recherche, c'est déjà la recherche. On peut rapprocher de ce type de journal, le journal de terrain de l'anthropologue ou de l'ethnologue, celui qui cherche à ordonner un contenu déterminé à l'avance, celui qui gère un ou plusieurs objets de recherche. Marcel Mauss invitait ses disciples à tenir un tel journal. 

 

Le journal de formation. L'espagnol Miguel Zabalza a consacré de nombreux travaux au journal dans la formation d'enseignants. A Saint-Jacques de Compostelle, M. Zabalza propose aux élèves-professeurs de tenir au jour le jour un journal de leurs difficultés tant didactiques, que psychosociologiques (relation pédagogique, rapports à la classe). La description de leurs difficultés vécues en classe (premiers stages) sont lues tant par des formateurs spécialistes des disciplines que des psychopédagogues, qui interviennent alors pour aider le futur enseignant à répondre aux dilemmes du métier qu'il découvre. Ce travail est commenté par Remi Hess (Hess, 1989) qui montre que dans tout type de formation professionnelle ou personnelle, on doit utiliser cet outil. 


Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

Partager cet article
Repost0
26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 09:11

Les formes générales du journal (suite) 

 

Accumulation. Même en n'écrivant qu'une page par jour, le journal est un outil rapide d'accumulation de données. A raison d'une page par jour, au bout d'un an, le journal compte 365 pages. Si un diariste écrit davantage, et sur une plus longue période, se pose alors la question de l'accès aux données accumulées. Une solution à ce problème se trouve dans l'indexicalisation du journal.

 

Indexicalisation. Le philosophe John Locke, grand diariste, pratiquait déjà cette forme de table analytique qui lui permet de retrouver ses réflexions rapidement. Chaque fragment reçoit un titre en fonction de son thème. A la fin du journal, chaque thème renvoie à tous les jours où on a traité ce thème.

 

Epistémologie. L'écriture du journal est-elle scientifique? Parfois, sans vraiment y réfléchir d'ailleurs, les sociologues positivistes critiquent le subjectivisme du journal comme outil de recherche... En fait, le journal n'est qu'un outil. L'archéologue s'interroge-t-il pour savoir si un marteau est scientifique? Non. Il l'utilise intelligemment ou pas, dans son travail de fouille. En matière de journal, la science se trouve dans le rapport adéquat que l'on construit à cette technique de recueil de données. Et une dimension de ce rapport se trouve dans la distance que l'on construit au journal, lors de la relecture, et à l'exploitation que l'on fait des données recueillies dans des écrits plus élaborés.

 

Lecture ou relecture. On a vu que dans cette pratique d'écriture, on accepte que le recul survienne plus tard. Nous pouvons distinguer le moment de la lecture du moment de la relecture du journal. La lecture survient au cours de l'écriture même du journal. Alors que je suis en train d'écrire mon journal, je me souviens avoir écrit quelque chose antérieurement sur le même thème. En recherchant ce fragment, je suis conduit à relire plusieurs passages. Que je retrouve ou non le fragment recherché, je retrouve des notations passées qui influent sur mon écriture d'aujourd'hui. Plus le journal est volumineux, moins j'ai un souvenir actualisé de son contenu. La lecture permet donc de jouer dans l'écriture même sur une élaboration d'un thème ou d'un autre. Dans la relecture, il y a une volonté de faire un travail de distanciation plus systématique. Alors que l'on a lu des passages du journal, la relecture prend en compte le tout du journal, lorsque celui-ci est terminé. Il est pris comme un ensemble. L'approche peut être thématique, en s'appuyant sur l'indexicalisation. Une approche multiréférentielle permet de lire le journal sous des angles différents (individuel, inter-individuel, groupai, organisationnel, institutionnel, par exemple, pour reprendre les niveaux de l'analyse multiréférentielle de Jacques Ardoino). Ainsi, si le journal de terrain capte, au jour le jour, les perceptions, les événements vécus, les entretiens, mais aussi les bribes de conçu qui émergent, avec un peu de recul, la relecture du journal est un mode de réflexivité sur la pratique. La relecture du journal permet donc une démarche régressive-progressive autorisant à se projeter dans l'advenir (voir Méthode régressive-progressive). Comme les autres formes d'écriture impliquée (autobiographies, correspondances, monographies), le journal est une ressource pour travailler la congruence (voir ce terme) entre théorie et pratique (voir ces termes).

 

Supervision. Dans sa méthode de 1808, Marc-Antoine Jullien conseille de faire des bilans hebdomadaires, mensuels des acquis du journal et de donner ces bilans à un adulte distancé qui permet d'aider à l'évaluation du travail d'écriture. Faire lire son journal à l'autre aide ainsi à progresser dans sa recherche.

 

Dimension historique. Lorsqu'un journal est découvert ou lu, avec le recul du temps, il devient une banque de données intéressante pour l'historien. De ce point de vue, dans la mesure où il prend souvent pour objet un vécu qui ne passe pas dans d'autres sources écrites, elles-mêmes plus élaborées ou plus médiatisées, donc plus construites, le journal est d'un intérêt immense pour l'anthropologie historique (voir P. Hess, 1998).

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

Partager cet article
Repost0
25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 15:04

Les formes générales du journal

 

Sur le plan formel, le journal, comme toute écriture, permet la communication différée, entre le moment de l'écriture et le moment de la lecture. C'est aussi une œuvre qui se construit par accumulation. Quelles sont les formes communes à toutes ces formes particulières de journaux?

 

Le journal est tenu au jour le jour. On peut écrire le soir ce qui s'est passé dans la journée ou le lendemain ce qui s'est passé la veille. Mais globalement, contrairement à l'histoire de vie ou aux Mémoires, cette forme d'écrit personnel est inscrite dans le présent. Même avec un petit décalage, on écrit toujours au moment même, ou l’on vit ou où l’on pense. Ce n’est pas un écrit après coup, mais un écrit dans le coup. On accepte donc la spontanéité, éventuellement la force des sentiments, la partialité d'un jugement, bref, le manque de recul. C'est un point commun avec la correspondance. Quand on écrit une lettre, elle est inscrite dans le présent de l'écriture au même titre que le journal. La seule différence, c'est que, dans un premier temps, le journal est écrit pour soi, alors que la lettre a un destinataire bien ciblé, bien identifié.

 

L'auteur, le sujet du journal. L'auteur est le plus souvent une personne. Mais il peut être un collectif. Dans un hôpital, l'éphéméride est une forme d'écriture collective du journal. On tient à jour les informations concernant des malades d'un service : médicaments administrés, réactions, examens, diagnostics, etc. Tous les soignants contribuent à cette écriture. Un journal de classe peut être aussi une œuvre collective. On peut écrire un journal de voyage à plusieurs. L'écriture collective ("symphilosophique") des fragments de la revue Athenaum était une forme collective d'écriture philosophique à rapprocher du journal. Mais le plus souvent, le journal est écrit par une personne.

 

Destinataire. Dans un premier temps, on a vu que le journal est un écrit pour soi (individuel ou collectif), alors que la correspondance est un écrit pour l'autre. Cependant, on peut remarquer que le journal, même intime, est un écrit pour l'autre. En effet, même si je n'écris le journal que pour le relire moi-même, "Je est un autre" (Rimbaud) entre le moment de l'écriture et le moment de la lecture ou de la relecture. C'est même ce changement qui s'est opéré en moi que je mesure en relisant mon journal. Comme lorsque l'on regarde une photo de notre enfance, en même temps que l'on se reconnaît, en même temps on mesure combien on a changé.

 

Une écriture de fragments. L'écriture du vécu est toujours limitée. On ne peut pas rendre compte de façon exhaustive du quotidien. On pourrait écrire des centaines de pages sur une seule de ses journées, si l'on voulait être exhaustif, et rendre compte de tous les contextes du vécu. L'écriture du journal s'accepte donc comme fragmentaire. Chaque jour, le journal explore une ou deux dimensions du vécu. Plus le diariste centre ses observations sur un ou deux faits chaque jour, plus, sur le long terme, son travail est intéressant. En effet, le vécu se déploie sur plusieurs jours. Si vous avez centré votre écriture de la veille sur un autre thème, un fait qui vous travaille resurgit le lendemain Sur le plan de la logique dialectique (voir ce terme), même si le journal appelle surtout des notations singulières, le journal permet des notes à valeur universelle ou particulière. Il permet en restituant des souvenirs d'explorer le passé. Il montre le lien avec un vécu actuel. Il permet aussi d'explorer différentes dimensions de celui qui écrit.

 

Une écriture transversale. Le journal est une forme d'exploration transversale. Même centré sur un thème, sur une recherche, le journal n'interdit jamais des mises en perspective transversales. L'objet d'une notation du jour peut être une pensée, un sentiment, une émotion, la narration d'un événement, d'une conversation, d'une lecture, etc. De ce point de vue, le journal se donne des objets diversifiés dans des registres multiples. Il est donc divers par nature. Plus que tout autre forme d'écrit, il explore la complexité (voir ce terme) de l'être.

 

Durée. Le journal se développe sur la durée. Ou la durée n'est pas déterminée au départ (forme du "journal total" de certains journaux intimes), ou au contraire celle-ci est déterminée par un contexte : le temps d'un voyage, d'une recherche.

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

Partager cet article
Repost0
24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 10:20

Le journal

 

Du point de vue de l'analyse institutionnelle, la pratique du journal apparaît comme un outil particulièrement adapté pour articuler exploration des rapports entre champs d'intervention et d'analyse. Tenir un journal est une pratique ancienne, une forme de recueil de données, que celui qui s'y livre utilise pour rassembler, au jour le jour, des notes et des réflexions sur ses expériences (vécu), les idées qui lui viennent (conçu), ses rencontres, ses observations (perçu).

 

La pratique du journal remonte aux origines de l'écriture. Il existe de très nombreuses formes de journaux. Certaines sont davantage comptables (elles consignent au jour le jour des activités d'échange) ou psychosociologiques (rapportant le vécu et le conçu d'un groupe). Le journal est un outil efficace pour celui qui veut comprendre sa pratique, la réfléchir, l'organiser, la changer, la rendre cohérente avec ses idées. L'objectif du journal est de garder une mémoire, pour soi-même ou pour les autres, d'une pensée qui se forme au quotidien dans la succession des observations et des réflexions.

 

En français, le mot "journal" signifie à la fois la pratique d'écriture au jour le jour qui nous intéresse ici, et le "quotidien" national, régional ou étranger dans lequel nous lisons les nouvelles du jour, et par extension la presse non quotidienne. Pour éviter une confusion qui n'existe pas dans d'autres langues (par exemple, en allemand, on distingue Tagebuch et Zeitung), on pourrait utiliser un mot, vieilli, qui permet la distinction. On parle du "diariste" (celui qui tient son journal) ou de "diarisme" (pour parler du phénomène social que représente le fait de tenir un journal). Ces mots viennent de "diaire" (au jour le jour), dont la racine est encore utilisée en anglais dans le mot Diary et en italien Diario qui signifient "journal", au sens de tenir son journal.

 

Le journal est une forme d'écriture à chaud, dans laquelle l'auteur capte ce qui se passe, se vit, se perçoit, se conçoit à un moment m. Mais, c'est en m + 1, ou m + x qu'il va reprendre cet écrit. Entre le moment de l'écriture et le moment de la lecture (d'ici à là), il y a un espace temporel qui crée une distance (permettant une posture critique). Cette distance est structurée par l'espace temporel entre m et m + x. L'écart perceptif entre m et m + x permet une évaluation de m + x, qui devient un présent éclairé par le processus qui s'est développé depuis m. En imaginant le prolongement du développement (m vers m + x) jusqu'à (m + x) + y, le lecteur du journal peut dégager des virtualités (voir ce terme) du présent d'aujourd'hui par rapport à l'advenir.

 

Il existe des formes très diverses de journaux. Nous travaillerons ici quelques dimensions du journal qui ont été particulièrement élaborées et peuvent être une ressource en formation : le journal intime, le journal de voyage, le journal de recherche, le journal institutionnel, le journal pédagogique, le journal de formation, le journal onirique, le journal des moments, le journal philosophique. Mais voyons tout d'abord les aspects communs à tous les journaux.

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org 

Partager cet article
Repost0
23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 10:39

Chapitre 7 :

 

L'écriture impliquée : le journal

 

Ecrire a toujours eu une place décisive dans la pratique de l'analyse institutionnelle. Cependant, dans les années 1963-1973, l'écriture semble survenir après l'action. L'action institutionnaliste, au départ, c'est l'intervention socianalytique. Il s'agit d'une "action micro sociale" dans laquelle se réfracte un champ d'analyse. Ainsi, une crise dans une paroisse, observée par deux socianalystes, devient l'analyseur de l'Eglise toute entière (1). Le travail d'élaboration de l'analyse intervient donc après une action microsociale, pour expliciter ce qu'a pu révéler l'action ou l'intervention. Dans le premier temps de l'analyse institutionnelle, à côté d'ouvrages théoriques où l'on explicite les concepts, l'écriture qui s'impose est donc celle des monographies. Par contre, même si les institutionnalistes ont pu écrire leur journal à cette époque, ils n'ont pas établi le lien entre cette pratique d'écriture et l'analyse institutionnelle elle-même, l'exploration de l'implication, etc. Ainsi, R. Lourau a-t-il pu écrire en 1972 : "...Le plaisir procuré par le remue-ménage d'idées et de faits atteint le délice. Comment mettre de l'ordre dans ces pensées? Comme dirait Pascal, est-ce que leur désordre ne serait pas plus significatif ? Mais de qui, et pour qui? Voilà que je retombe dans la littérature du genre "journal de bord", dont j'ai fait mes délices pendant toute mon adolescence et au-delà (de nombreux cahiers remplis, dans quel but?)" (2).

 

La place que va prendre le journal comme outil privilégié de l'analyse institutionnelle correspond à un processus qui s'amorce en 1974. Cette année-là, R. Lourau invite Raymond Fonvieille à venir présenter l'autogestion pédagogique à un groupe d'étudiants vincennois. Ce jour-là, il explique qu'il a tenu des journaux d'analyse de sa pratique professionnelle depuis vingt ans. Il est instituteur. Chaque année, en entrant dans la classe, il décide d'un "objet d'observation". Ces journaux lui servent ensuite pour élaborer les articles qu'il écrit dans L'éducateur d'Ile-de-France ou autres journaux pédagogiques. Remi Hess, qui assiste à cette présentation, est très intéressé par ce témoignage. Lui-même a tenu des journaux. L'un d'entre eux tenu sur sa vie d'étudiant (1968-69) lui a d'ailleurs valu le premier prix d'un concours littéraire en 1969. On sait que R. Hess hérite de cette technique par sa famille. Aussi bien son grand-père paternel que sa mère, sont de grands diaristes. R. Hess publiera même les journaux de son grand-père et de sa mère ultérieurement. Il comprend l'intérêt de la pratique de R. Fonvieille et propose à celui-ci de publier ses journaux. R. Fonvieille qui est sur le point de prendre sa retraite promet de travailler à ce chantier. On sait que ces livres paraîtront entre 1989 et 2000, date de la disparition de Raymond Fonvieille.

 

L'exploration de l'implication dans l'écriture institutionnaliste s'est également développée dans ce que l'on pourrait nommer l'histoire de vie.

 

Dès 1978, G. Lapassade avait réfléchi sur l'autobiographie, mais il voyait, à l'époque, cette forme comme une impasse.

 

En 1988, R. Hess et Antoine Savoye rééditaient La somme et le reste (écrite en 1957), d'Henri Lefebvre, forme réussie d'autobiographie intellectuelle, rigoureuse et porteuse de fervents.

 

Vers 1996, Ahmed Lamihi créa une collection « Itinéraires », chez Ivan Davy, dans laquelle il projetait de publier les itinéraires des institutionnalistes. La collection s'arrêta rapidement, mais elle publia trois titres (Fonvielle, Hess, Lapassade).

 

C'est en 2000 que l'institutionnaliste Christine Delory-Momberger reprit à son compte le projet des histoires de vie en formation, lancé par Jean-Louis Le Grand et Gaston Pineau en sciences de l'éducation. Elle publia toute une série d'ouvrages importants sur la méthode. Et elle produisit avec R. Hess deux ouvrages importants: Le sens de l'histoire et Produire son œuvre.

 

Ainsi, les histoires de vie, ont-elles trouvé leur place dans le mouvement de l'analyse institutionnelle. On pourrait encore parler de la place de la correspondance, mais en dehors d'une correspondance entre R. Hess et Hubert de Luze, les correspondances institutionnalistes ne sont pas encore éditées. On peut penser qu'elles le seront un jour. Ainsi, les échanges de lettres entre Remi Hess et Gaby Weigand, R. Hess et R. Lourau, etc. sont conservés.

 

L'écriture impliquée (journaux, autobiographies, correspondances, monographies) est donc une ressource pour travailler la congruence. Ces techniques d'écriture réflexive sont toujours un outil d'auto-évaluation du chercheur. Le critère qui fonctionne dans ces pratiques, c'est la question de la congruence. Les auteurs de beaux textes, totalement décalés par rapport à ce qu'ils sont ou font, n'utilisent pas ce type de contrôle. L'écriture impliquée capte, au jour le jour, les perceptions, les événements vécus, les entretiens, mais aussi les bribes du conçu qui émergent. Avec un peu de recul, la relecture de ces écrits est un mode de réflexivité dont le critère est toujours la question de la congruence (voir lexique).

 

Pour monter plus en détail le travail de l'implication dans l'écriture, nous faisons le choix, ici, d'illustrer notre propos en développant quelque peu la technique du journal, qui a eu beaucoup de succès auprès des étudiants de Paris 8 depuis 1976.

 

(1) R. Lourau, Les analyseurs de l'Eglise, Paris, Anthropos, 1972.

(2) R. Lourau, "Travailleurs du négatif, unissez-vous!", in F et F. Basaglia, Les criminels de paix, Einaudi, 1973, trad. fr. PUF, 1980, p. 192.

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org 

Partager cet article
Repost0
22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 12:10

Virtuel

 

On sait l'importance de cette notion dans la philosophie d'H. Lefebvre. Dans la généalogie du concept, H. Lefebvre évoque K. Marx. Cela fait sérieux. On a déjà été voir du côté de Joachim de Flore. En lisant H. J. Maxwell, Roger Gilbert-Lecomte, nous lisons un rêve, une poésie (?) de Roger Gilbert-Lecomte, qu'il semble intéressant de noter : "Angoisse enfantine. Un petit enfant armé d'aiguilles à tricoter les manie habilement comme il a vu faire. Il n'a pas de laine aux doigts ; mais il n'y songe pas. Courageusement il tricote à vide. Enfin, il sanglote, se croit maudit parce qu'il manque déjà de la foi suffisante pour voir naître entre ses doigts les chaussettes astrales qu'il tricote pour les pieds froids de ses ancêtres défunts. Jamais il ne guérira de l'amertume profonde qu'a fait naître en lui cet échec. C’est dans son âme la première atteinte de ce désespoir qu'entraîne dans toutes les âmes occidentales la compréhension abstraite et vide du concept de virtualité. Les chaussettes restent virtuelles, parce qu'il commet déjà la grossière faute héréditaire qui nous empêche de sentir la virtualité non pas comme un monde creux, un état d'attente, mais comme une véritable réalité*, invisible pour ceux-là seulement qui ne sont pas éduqués à voir.

 

(*) réalité pris évidemment ici au sens restreint de qualité sous-entendu d'un objet perceptible matériel susceptible d'être pesé et mesuré.

 

Le premier paragraphe de ce texte est de l'ordre du rêve, de l'image. Le second est déjà une interprétation, une conceptualisation. Pour Roger Gilbert-Lecomte, le virtuel est réalité, parce qu'il est éduqué à voir.

 

Pour H. Lefebvre, le virtuel est ce que l'esprit dégage comme possible par le processus de transduction. Ce peut-être aussi ce que l'on trouve dans le mouvement de la méthode régressive-progressive. On rejoint là la notion de conscience anticipante d'Ernst Bloch, et son projet de penser le futur.

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org 

Partager cet article
Repost0
21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 15:48

Transversalité

 

Félix Guattari définit la transversalité d'un groupe dans Psychanalyse et transversalité (1974) (1). Mais l'on peut ajouter qu'à l'intérieur même du sujet, l'ensemble des moments du sujet constitue sa transversalité. C'est le moyen pour le sujet de se brancher sur des réalités extérieures multiples. Ainsi mon moment de la peinture me permet de me brancher sur l'activité sociale des arts plastiques (musées, expositions, mais aussi rencontre avec des personnes qui se passionnent pour l'art, etc.).

 

F. Guattari propose d'introduire à la place de la notion trop ambiguë de transfert institutionnel le concept de transversalité dans le groupe. Il oppose transversalité à :

- une verticalité qu'on retrouve par exemple dans les descriptions faites par l'organigramme d'une structure pyramidale (chefs, sous-chefs, etc.);

- une horizontalité comme celle qui peut se réaliser dans la cour de l'hôpital, dans le quartier des agités, mieux encore celui des gâteux, c'est-à-dire un certain état de fait où les choses et les gens s'arrangent comme ils peuvent de la situation dans laquelle ils se trouvent.

 

Il écrit : "Mettez dans un champ clos des chevaux avec des oeillères réglables et disons que le "coefficient de transversalité" sera justement ce réglage des oeillères. On imagine qu'à partir du moment où les chevaux seront complètement aveuglés, un certain mode de rencontre traumatique se produira. Au fur et à mesure qu'on ouvrira les oeillères, on peut imaginer que la circulation sera réalisée de façon plus harmonieuse. Essayons de nous représenter la manière dont les hommes se comportent les uns à l'égard des autres au point de vue affectif. D'après la célèbre parabole de Schopenhauer sur les porcs-épics souffrant du froid, personne ne supporterait un rapprochement trop intime avec ses semblables."

 

Ainsi, dans un hôpital, le "coefficient de transversalité" est le degré d'aveuglement de chaque membre du personnel. Guattari formule l'hypothèse que le réglage officiel de toutes les oeillères et les énoncés manifestes qui en résultent dépendent presque mécaniquement de ce qui se passe au niveau du médecin-chef, du directeur, de l'économe, etc. Dès lors, tout semble se répercuter du sommet à la base. Certes, il peut exister une "pression de la base", mais elle reste généralement incapable de modifier la structure d'aveuglement de l'ensemble. La modification doit intervenir au niveau d'une redéfinition structurale du rôle de chacun et d'une réorientation de l'ensemble. Tant que les gens restent figés sur eux-mêmes, ils ne voient rien d'autre qu'eux-mêmes.

 

La transversalité est une dimension qui prétend surmonter les deux impasses, celle d'une pure verticalité et celle d'une simple horizontalité ; elle tend à se réaliser lorsqu'une communication maximum s'effectue entre les différents niveaux et surtout dans les différents sens. C'est l'objet même de la recherche d'un groupe-sujet. L'hypothèse de Guattari est qu'il est possible de modifier les différents coefficients de transversalité inconsciente aux différents niveaux d'une institution. Par exemple, la communication existant "au grand jour" dans le noyau constitué autour du médecin-directeur, des internes, restera peut-être sur un plan très formel, et on pourra considérer que le coefficient de transversalité y est très bas. Par contre, au niveau du quartier, le coefficient latent et réprimé pourra se révéler bien supérieur : les infirmiers ayant entre eux des relations plus authentiques par rapport auxquelles les malades pourront effectuer un certain nombre de transferts ayant un effet thérapeutique. Hypothèse toujours de Guattari: les multiples coefficients de transversalité, quoique différents en intensité, n'en sont pas moins homogènes. En effet, le niveau de transversalité existant dans le groupe qui détient le pouvoir réel déterminé inconsciemment le réglage des possibilités extensives des autres niveaux de transversalité.

 

Le fait qu'un ou plusieurs groupes détiennent la clé du réglage de la transversalité latente de l'ensemble de l'institution ne nous désigne pas pour autant les groupes dont il s'agit. En effet, ils ne coïncident pas nécessairement avec les instances juridiques de rétablissement qui n'en contrôle que l'expression manifeste. Il faut donc distinguer soigneusement le pouvoir réel du pouvoir manifeste. Le problème du rapport des forces réelles demande à être analysé : tout le monde sait que l'Etat ne fait pas la loi dans ses ministères.

 

Seule la mise à jour d'un plus ou moins grand niveau de transversalité permettra que se déclenche, pendant un temps (car en la matière tout se trouve toujours remis en question), un processus analytique offrant une réelle possibilité aux individus de se servir du groupe à la façon d'un miroir. Alors, tout à la fois, l'individu manifestera le groupe et lui-même. Si c'est le groupe en tant que chaîne signifiante pure qui l'accueille, il pourra se révéler à lui-même, au-delà de ses impasses imaginaires et névrotiques. Mais si, au contraire, il bute sur un groupe profondément aliéné, fixé à sa propre imagerie déformante, le névrosé trouvera l'occasion inespérée d'un renforcement de son narcissisme tandis que le psychotique pourra continuer de se consacrer en silence à ses sublimes passions universelles. Qu'il soit possible à un individu d'être inséré dans le groupe sur le mode d'être entendu-entendant et d'avoir accès par là même à l'au-delà du groupe qu'il interprète, plutôt que de le manifester, telle est l'alternative proposée à l'intervention analytique de groupe.

 

La consolidation d'un niveau de transversalité dans une institution permet que s'institue dans le groupe un dialogue d'un nouveau genre le délire et toute autre manifestation inconsciente, au sein de laquelle le malade restait jusqu'alors muré et solitaire, pouvant parvenir à un mode d'expression collective.

 

L'acceptation d'être "mis en cause", d'être mis à nu par la parole de l'autre, un certain style de contestation réciproque, d'humour, l'élimination des prérogatives de la hiérarchie, etc., tout cela tendra à fonder une loi nouvelle du groupe dont les effets "initiatiques" permettront la venue au jour, disons au demi-jour, d'un certain nombre de signes présentifiant des aspects transcendantaux de la folie qui, jusqu'alors, étaient restés refoulés. Les fantasmes de mort, ou bien d'éclatement du corps, si importants dans les psychoses, pourront être ressaisis dans un contexte de chaleur de groupe quand on aurait pu croire que, par essence, leur destin était de rester captifs d'une néo-société ayant en outre pour mission de les exorciser.

 

La transversalité dans le groupe est une dimension contraire et complémentaire aux structures génératrices de hiérarchisation pyramidale et des modes de transmission stérilisateurs des messages. La transversalité est le lieu du sujet inconscient du groupe, l’au-delà des lois objectives qui le fondent, le support du désir du groupe. Cette dimension ne peut être mise en relief que dans certains groupes qui, délibérément ou non, tentent d’assumer le sens de leur praxis et de s’instaurer comme groupe-sujet, se mettant ainsi en posture d’avoir à être agent de leur propre mort.

 

En opposition (relative) à ces groupes missionnaires, les groupes assujettis reçoivent passivement leurs déterminations de l’extérieur et, à l’aide de mécanismes d’autoconservation, se protègent magiquement d’un non-sens ressenti comme externe ; ce faisant, ils refusent toute possibilité d’enrichissement dialectique fondé sur l’altérité du groupe. Une analyse du groupe, se proposant d’aboutir au remaniement des structures de transversalité, nous semble concevable ; à condition que l’on évite les écueils des descriptions psychologisantes des relations internes qui ont pour effet de perdre les dimensions fantasmatiques spécifiques du groupe, ou celles, comportementalistes, qui restent délibérément sur le plan des groupés assujettis.

 

F Guattari formule l’hypothèse que l’automutilation bureaucratique d’un groupe-sujet, son recours inconscient à des mécanismes antagonistes à sa transversalité potentielle ne sont pas des phénomènes inéluctables et qu’ils dépendent, dans un temps primordial, d’une assumation en son sein du risque, corrélatif à l’émergence de tout phénomène de sens véritable, d’avoir à être confronté au non-sens, à la mort et à l’altérité.

 

(1) Félix Guattari, Psychanalyse et transversalité, Paris, Maspéro, 1973.

 

Mis en ligne par Benyounes et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org 

Partager cet article
Repost0
20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 14:13

Phénoménologie

 

La phénoménologie est la "science des phénomènes". C'est une école philosophique qui se développe depuis Hegel (Phénoménologie de l'Esprit). Ses principaux représentants (Hegel, Husserl, Gabriel Marcel, Sartre, Merleau-Ponty...) ont marqué l'histoire de l'analyse institutionnelle, même si les institutionnalistes ont pu être critiques à leur endroit.

 

La phénoménologie de l'esprit explore les conditions permettant à la conscience commune de prendre conscience d'elle-même, de se situer comme dynamique historique. Pour Hegel, le philosophe est celui qui réfléchit sur les moments de la conscience. Cette posture, prenant en compte genèse et structure, initie bien les idées d’implication, de moment d'explicitation que l'on trouve dans l'Ai.

 

Transduction

 

Ce terme est explicité dans le chapitre 7.

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

Partager cet article
Repost0
20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 14:08

 

Annonce


"Professeur des écoles à Paris, je travaille depuis plusieurs années en pédagogie institutionnelle et suis à la recherche d'écoles argentines travaillant dans le même sens et qui accepteraient de m'accueillir en stage pendant le mois que je compte passer à Buenos Aires cet été, du 15 juillet au 15 août.

 

Merci d'avance pour vos réponses et à bientôt.

 

Charlotte Lacroix"

 

Si vous répondez par l’intermédiaire du blog, nous transmettrons les réponses.

 

http://lesanalyseurs.over-blog.org

Partager cet article
Repost0