Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
  • Contact

Recherche

25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 17:43

 

Edson Luiz André de Sousa

 

 

Pour une culture de l'utopie

 

 

Résumé : Ce texte porte sur le concept d'utopie. Il montre la fonction critique de celui-ci dans l'histoire de la culture. Il essaie d'apporter des éléments d'analyse qui nous aident à comprendre pourquoi l'utopie est entrée en déclin dans notre contemporanéité. A partir de l'œuvre de quelques artistes (Evgen Bavcar et Christo) et surtout à partir d'une réflexion sur l'expérience de création, il démontre que tout acte de création est un acte utopique.

 

Mots-clés : utopie, expérience, culture, création

 

Nous avons de plus en plus besoin d'une culture qui nous arrache du sommeil du sens commun et qui puisse dessiner un horizon de rêves, éveillant en nous le désir de construire de nouvelles formes pour la pensée et pour la vie. Tout ce que nous pouvons faire, tout ce que nous pouvons dire, tout ce que nous pouvons penser dépend du point d'horizon qui vient jeter la lumière nécessaire sur la scène de la vie. Ces horizons ne fonctionnent pas uniquement comme des cartes qui guident notre mouvement, ils sont également le moteur même de notre désir de marcher. Ces points ne sont pas toujours visibles car ils habitent l'espace de l'idéal. Sigmund Freud a essayé de construire cette géographie qui cherche à dessiner une autre grille de lecture pour nos actes. Il a révélé ainsi que nos vies avaient des envers, des discontinuités et des zones d'ombres. La métaphore classique, selon laquelle le sujet perdait la familiarité avec son propre corps, a ouvert une blessure dans l'image romantique de la raison illuministe, raison qui n'avait plus la force d'orienter les explications sur notre agir. Il fut alors nécessaire de construire une autre raison, car il fallait acquérir des connaissances sur la fente qui s'était ouverte entre le penser et le faire, entre le parler et le faire, entre le penser et le sentir. C'est pourquoi nous pouvons, d'une certaine manière, penser que cette nouvelle expérience, qui se construit, va s'avérer beaucoup plus proche du style baroque que du style classique. Le Baroque introduit, d'une façon définitive dans le plan des formes, la dimension de décentrement du sujet. Le sujet ne peut plus être représenté par la forme parfaite de la sphère comme il l'a été pendant plusieurs siècles. C'est cette forme qui a servi de base à la lecture du mouvement des astres. Bien sûr, jusqu'à ce qu'apparaisse un Kepler qui, finalement, montra que le mouvement des planètes autour du soleil ne se produisait pas sous la forme du cercle, mais de l'ellipse. Il se produisit alors un séisme radical dans les fondements de la pensée scientifique et religieuse de cette époque-là. Chacun sait que Kepler dût payer un prix fort pour la vérité qu'il a communiquée et prouvée au monde. Severo Sarduy, dans un très bel essai sur le Baroque, montre que c'est finalement Kepler qui a entraîné la révolution de la pensée et non, à proprement parler, Copernic qui pourrait être plus adéquatement appelé réformiste, parce que, même s'il a sorti la Terre de la position centrale, il n'a cependant pas abandonné la logique de la structure circulaire ayant un centre organisateur et localisable. Si, comme le dit l'écrivain cubain Lezama Lima, la mer est baroque et la terre est classique, nous sommes beaucoup plus plongés dans cet espace en mouvement que nous apporte la représentation des océans. Nous pouvons donc affirmer que fondamentalement toute culture doit produire un décentrement qui provoque chez le sujet quelques interrogations.

 

 

Edson Luiz André de Sousa

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

 

 

voir aussi : http://journalcommun.overblog.com


 

 

 

et : http://lesanalyseurs.over-blog.org

Partager cet article
Repost0
23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 14:40

 

CHRONIQUE POLITIQUEMENT INCORRECTE No 13



NÉS SOUS X



Dans les chroniques précédentes, on a pu voir que dans ceux que nous nommons aujourd’hui « les élites » il y avait autant de « collaborateurs » avec Vichy ou l’occupant que de « résistants », et autant attendant des jours meilleurs. En gros 1/3 dans chaque catégorie.



On a pu voir encore que certaines « élites », et bien plus que je ne le pensais, avaient en même temps un pied dans la « résistance » et l’autre dans la « collaboration», sans que cela ne constitue pour autant une couverture. Cela faisait partie d’une ambivalence existant alors et que certains historiens ont mis en évidence.


Aujourd’hui, près de 70 ans après les faits et méfaits d’un régime, l’appréciation des responsabilités de Vichy par les « élites » est toujours en débat. Si Jacques Chirac a mis fin aux polémiques concernant la complicité de Vichy dans l’envoi des juifs vers les camps de la mort, il n’en va pas de même s’agissant de l’abandon des fous à la mort par le même régime. «Après tout, la plupart des Français ont du mal à admettre la responsabilité nationale en la matière » m’écrivait Rita Thalmann peu avant sa mort. Cela est significatif et révélateur de l’ambivalence toujours existante quant à l’analyse du régime de Vichy.



Elle est morte en août dernier et il est significatif et révélateur que même un journal comme « Le patriote résistant », dans l’article nécrologique la concernant parle de son père mort à Auschwitz et oublie de dire que sa mère est morte dans un hôpital psychiatrique à Dijon pour les mêmes raisons idéologiques : « la volonté du gouvernement de Vichy de se débarrasser des “fardeaux inutiles” » écrivait-elle.
http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/220813/en-memoire-de-rita-thalmann

On a pu voir enfin, après la Seconde Guerre mondiale, un mur du silence s’établir concernant les «élites» ayant d’une manière ou d’une autre collaborés, et mur du silence être jusque là généralement respecté dans chacune des corporations où celles-ci avaient opérés.



On a déjà pu soupçonner qu’après la guerre ces «élites» collaborationnistes avaient repris leur activités comme si de rien n’était. Soupçons fondés. C’est Laurent Olivier dans « Nos ancêtres les germains » qui en rend compte de manière explicite : « Comme en Allemagne, où la plupart des archéologues employés au service du IIIe Reich poursuivirent leur carrière après guerre, aucun des chercheurs qui avaient été recrutés par le régime de Vichy pour administrer l’archéologie française ne fut démis après 1945. […] Comme leurs homologues allemands, ils continuèrent à former des étudiants jusque dans les années 1970 et 1980. Le cas de l’anthropologue Henri Vallois (1889-1981) est exemplaire de cette continuité. En 1941, il avait été nommé professeur au muséum d’Histoire naturelle, pour y diriger le Laboratoire d’ethnologie des hommes actuels et fossiles, en remplacement de Paul Rivet. Rivet, qui avait soutenu dès l’été 1940 la création du réseau de résistance du musée de l’Homme, avait été révoqué en effet par le régime de Vichy. Lorsqu’en 1945, Rivet retrouvera son poste à la tête du musée de l’Homme, Vallois devra lui céder la place. Ce sera pourtant le même Vallois qui, en 1950, succédera à Rivet à la direction du musée, lorsque celui-ci prendra sa retraite. Il dirigera le musée de l’Homme jusqu’en 1960 ».

Pour Laurent Olivier, les transformations développées par l’archéologie du IIIe Reich ont laissé un héritage qui non seulement après la guerre s’est transmis à toute l’Europe, « mais a constitué surtout le socle de l’organisation et du fonctionnement de l’archéologie dans les différents pays d’Europe occidentale. À bien des égards, l’archéologie d’aujourd’hui est l’héritière de l’archéologie nazie » écrit-il. En France, elle est en plus l’héritière de la politique élaborée en la matière par le régime de Vichy. Cette spécialité est un exemple entre autres de la continuité des politiques élaborées sous Pétain et reprisent ensuite à la Libération dans nombres d’institutions.

Jean Ferrette, dans son étude consacrée aux sociologues sous Vichy (« Anamnese » No 7, 2012) et posant la question : « Vichy, rupture ou continuité ? Retour sur un impensé historique » répond ainsi : « La question de la “rupture” disciplinaire (ou du «changement de paradigme ») avec la recherche passée est, dans le cadre d’une occupation étrangère, double : elle s’ouvre avec le début de celle-ci, et se redouble à la fin. Ainsi, Vichy a pu rompre avec le Front populaire, puis la Libération rompre avec Vichy. On sait désormais que les choses ne se sont pas tout à fait passées ainsi. De même, la continuité peut être celle de Vichy, au sens où Vichy a poursuivi des projets élaborés auparavant ; mais elle peut être aussi celle de la reconstruction, qui a pu continuer des enquêtes conçues sous l’Occupation.


“Le sens” que l’on peut attribuer “a posteriori” s’en trouve considérablement affecté, et peut donner lieu à des interprétations contradictoires : si Vichy poursuit des travaux conçus auparavant, il se trouve exonéré de la responsabilité des thèmes de recherches mis en œuvre; ou, à l’inverse, c’est le Front populaire qui se trouve compromis par ces choix. Si, sur l’autre versant, la Reconstruction prolonge les enquêtes décidées sous Vichy il peut en découler deux interprétations contradictoires ; soit Vichy s’en trouve anobli (puisqu’elles furent reprises par la France gaulliste), soit que la période qui suivit fut contaminée et que l’épuration ne fut pas menée jusqu’au bout.


En définitive, quel que soit le point de vue selon lequel on aborde cette période, le soupçon n’est jamais loin, et l’accusation aux aguets.

 
Or dans les faits, tous ces mouvements de reprise eurent effectivement lieu, ce qui n’empêchait pas, à l’intérieur de ceux-ci, des moments, des lieux de rupture par accentuation, abandon ou réinterprétation ».



Ainsi, les institutions conçues sous Vichy (archéologie, sociologie et bien d’autres) étaient-elles nées sous X. L’institution psychiatrique, elle, fut l’une des rares (la seule peut-être) née non de Vichy mais de la Résistance? Cela explique-il la haine développée à propos de ceux qui ont rompu le silence et leur volonté de refermer le couvercle de la marmite sur ce fait : une psychiatrie nouvelle, novatrice, inventée pendant la guerre… contre Vichy ? Il faudra bien sûr y revenir.

 


RAPPEL : CES INFORMATIONS RÉGULIÈRES SONT DIFFUSÉES ACTUELLEMENT À UN GROUPE DE PLUS DE 880 RELATIONS DE 1ER NIVEAU ET, SI VOUS Y VOYEZ UN INTÉRÊT, À PLUS DE 180 000 AUTRES RELATIONS DE 2ÈME NIVEAU, SI BIEN SÛR CELLES-CI SONT PAR VOUS RELAYÉES.

 

 

 

Transmis par Armand Ajzenberg

 

 

 

http://lesanalyseurs.over-blog.org

Partager cet article
Repost0
22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 10:37

Collection « Recherches interculturelles », dirigée par Driss Alaoui

« Notre société s’est globalisée. Nous vivons dans le mondial. Identités menacées, découverte de la différence, construction d’intérités feront l’objet de cette collection »

 

Alaoui, Driss (dir.), Eloge du divers et du dialogue, collectif.

Hess, Remi, Recherches franco-germaniques :

Tome I : Etudes germaniques (2012)

Tome II : Mon Allemagne à moi (2012), présenté par Camille Rabineau

Tome III : L’amie critique, journal d’une intérité pédagogique et philosophique (2012), présenté par Augustin Mutuale

Tome IV : Les surdoués (2012).

Poulard, Jérémy, Le moment de l’hospitalité (2013).

Corrado Veneziano, Le mandarin et le clandestin, suivi de Sur l'université et l'interculturel, entre technologie, art et science, trad. d'Antonella Manca et R. Hess, présentation de Franca Pinto Minerva, avant-propos de R. Hess (2012).

 

Collection « Correspondances », dirigée par Swan Bellelle et Gwilherm Perrotte

« S’écrire a toujours été l’occasion de construire des intérités, des espaces interindividuels d’analyse du vécu, d’élaboration du conçu. L’échange de lettres est une autre forme de journal »

 

En préparation :

 

Une correspondance de travailleurs sociaux, par Swan Bellelle et Gwilherm Perrotte

 

Collection « Métaphrastiques », dirigée par Jean-René Ladmiral

« Traduire est une forme de médiation qui permet la communication entre des groupes aux langages diversifiés. Cette collection pensera les théories et les pratiques de cette herméneutique »

 

Poétique et traduction, textes rassemblés par Bénédicte de Buron-Brun et Franck Miroux, 2012.

Parémiologie, Proverbes et formes voisines, coordonné par Jean-Michel Benayoun, Nathalie Kübler & Jean-Philippe Zouogbo, 3 vol., 1190 p., 2013.

Interprétation-médiation, coordonné par Jean-Michel Benayoun et Elisabeth Navarro, 2013.

 

Collection « Socianalyse », dirigée par Christiane Gilon et Patrice Ville

« La socianalyse est la forme de l’analyse institutionnelle en situation d’intervention. Elle a une histoire et des terrains d’aujourd’hui : cette collection les décriront et les pensera »

 

R. Hess, La socianalyse

 

En préparation :

 

Renato Curcio, La socianalyse narrative

Christiane Gilon et Patrice Ville, L’apport des Van Bockstaele

Ch. Gilon et P. Ville, Manuel de socianalyse institutionnelle

Ch. Gilon et P. Ville, Les réseaux socianalytiques

R. Hess, La sociologie d’intervention, 3° éd.

R. Hess, Georges Lapassade, René Lourau, Patrice Ville, Gabriele Weigand, Analyse institutionnelle et socianalyse

Dominique Jaillon, Le coaching socianalytique

Lola el Mallah, L'architecture socianalytique

 

Revue :

 

Les irrAiductibles, revue planétaire et interculturelle d’analyse institutionnelle.

« Cette revue créée en 2002 est produite par une communauté de référence de praticiens et de chercheurs qui se revendiquent comme des résidus cherchant à se fédérer pour rendre possible l’impossible »

 

N°15 : Experice, le choix des étudiants.

N°16 : De l’amour pédagogique à l’intérité, dossier coordonné par Deborah Gentès.

 

contact@pusg.fr - r.hess@pusg.fr -

 

Siège : 13, rue d’Angleterre 51700 Sainte Gemme

 

Ce catalogue a été mis à jour le 10 septembre 2013. Les livres annoncés en préparation sont en cours de fabrication.

 

http://lesanalyseurs.over-blog.org

Partager cet article
Repost0
21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 13:57

 

Collection "Coopérative de pensées et écriture collective"dirigée par Augustin Mutuale, Anne Olivier, Camille Rabineau, Valentin Schaepelynck, Laurence Zigliara

« Cette collection publiera une fois par an les productions d’un collectif de pensée qui rendra compte d’une œuvre, mais aussi de la manière d’entrer dans cette œuvre »

 

Augustin Mutuale (dir.) Le journal des moments, l’atelier de Remi Hess

Tome I : Une éducation tout au long de la vie, (2012).

Tome II : Recherches et pédagogie (2012)

Cet ouvrage de 800 p. rassemble les contributions de 50 auteurs : Christine Astier, Julie Balateu, Loïc de Bellabre, Christine Caille, Liz Claire, Lucette Colin, Anne-Claire Cormery, Bertrand Crépeau, Mohamed Daoud, Christine Delory-Momberger, Sandrine Deulceux, Elhadji Diawara, Houcine Djebbi, Thierry Ducrot, Véronique Dupont, Raymond Fonvieille, Jenny Gabriel, El Gheribi Malek, Marie Gervais, Laurence Gourdon, Céline Guibert, Saâdia Hatif, Charlotte Hess, Odile Hess, Djaafar Ikdoumi, Kareen Illiade, Jean-Guy Lacroix, Asma Majoub, Katia Mendez, Hélène Mangeney, Danielle Manzo, Karolina Mrozik Demont, Didier Moreau, Augustin Mutuale, Anne Olivier, Luca Paltrinieri, Vassiliki Pantazi, Gwilherm Perrotte, Blanche Petersen, Jérémy Poulard, Camille Rabineau, Anne-Valérie Revel, Anna Royon, Ghania Sadat, Valentin Schaepelynck, Yann Strauss, Eléna Theodoropoulou, Gabriele Weigand, Armando Zambrano, Laurence Zigliara.

 

 

Collection « Recherches en histoires de vie », dirigée par Christine Delory-Momberger

« L’histoire de vie s’est imposée dans les sciences humaines comme l’une des principales ressources méthodologiques. Cette collection pensera les fondements de cette méthode »

 

Christine Delory-Momberger, La recherche biographique en éducation. Fondements, méthodes, pratiques (2013).

 

En préparation :

 

Ch. Delory-Momberger, Pouvoirs du récit et formationThéories et méthodologie.

Anne Dizerbo,“J’ai rien à raconter !” Récits d’élèves et processus d’auteurisation du parcours scolairePréface Béatrice Mabillon-Bonfils.

Azli DrouzazEntre guerre et indépendanceMise en histoire d’un parcours kabyle. Préface Benjamin Stora.

Christophe Niewiadomski, Christine Delory-Momberger, Elizeu Clementino de Souza & Maria da Conceiao Passeggi,

Tome 1 : En France et en Europe. Préface de Gaston Pineau, postface de Peter Alheit.

Tome 2 : Au Brésil et en Amérique latine. Préface Gaston PineauPostface Maria Helena Minna Abrahao.

 

 

 

Collection "Théories du possible", dirigée par Eléna Theodoropoulou, Gabriele Weigand, Armando Zambrano

« Comment rendre possible l’impossible ? Tel est l’objectif du travail théorique que développeront les auteurs de cette collection »

 

Hess, R. Weigand G., Cours d'analyse institutionnelle, 4° éd. préfacée par Armando Zambrano Léal (2012).

Hess R., Penser l’institution avec Georges Lapassade, dialogue imaginaire avec les théoriciens du mouvement de l’analyse institutionnelle, 2° éd. 2012.

Lapassade G., Le mouvement institutionnaliste, 2° éd., 2013.

Nicolas-Le Strat P., Quand la sociologie entre dans l'action (La recherche en situation d'expérimentation sociale, artistique ou politique), 2013.

 

 

En préparation :

 

Kareen Illiade, La pratique du journal pédagogique

Anne-Claire Cormery (dir.), Le journal d’intervention

R. Hess, G. Weigand et A. Zambrano Léal, Théories de l’expérience dans les sciences humaines

 

 

Collection "Monographies", dirigée par Valentin Schaepelynck

« Décrire la manière dont les gens vivent en groupe, en institution, plus généralement en société passe par la médiation de monographies »

 

En préparation :

 

Remi Hess, Gabriele Weigand, Une année au lycée, 3° éd. (2012).

 

 

Collection "Anthropologie de la danse", dirigée par Remi Hess

« La danse traverse toutes les sociétés, qu’elle soit rituelle, sociale, guerrière. Cette collection se donne comme programme l’analyse de ce moment du corps en mouvement »

 

R. Hess, Danse, culture et éducation (2012).

R. Hess, Tango de printemps (2012).

R. Hess, Katia Mendez, Le tango dansé (2012).

 

 

Collection « Grands pédagogues pour aujourd’hui », dirigée par Augustin Mutuale et Camille Rabineau

« La pédagogie a besoin d’une galerie de portraits où l’on trouve d’illustres anciens, mais aussi des éducateurs et des formateurs d’aujourd’hui »

 

Gunter Schmid, Pédagogie de l’enfant doué. Une nouvelle éducation, une histoire de vie pédagogique, recueillie et commentée par R. Hess et présentée par G. Weigand.

Armando Zambrano Leal, Philippe Meirieu, volume I : Pédagogie et apprentissages, 2012. Volume II :Pédagogie philosophie et politique, 2013.

 

En préparation :

 

Georges Lapassade, Itinéraire, 2° éd., nov. 2013

 

 

Collection « Penser le travail social », dirigée par Swan Bellelle, Anne-Claire Cormery, Bertrand Crépeau

« Le travail social nous occupe plus ou moins, que l’on soit professionnel ou amateur. Comment développer une pensée critique de ce quotidien ? » 

 

Swan Bellelle, Autogestion et interventions, autour du travail social, journal pédagogique 2009-2012 (2012).

Jacques Berton, Clinique et formation des éducateurs spécialisés (2013)

Gwilherm Perrotte, Théorie des moments et écritures impliquées. Les possibles de l’éducation tout au long de la vie(2012).

 

 

Collection « Papiers de famille », dirigée par Véronique Dupont

« Certains font de leurs papiers de famille des archives pour construire leur historicité ; d’autres en font des reliques… Cette collection pense cette manie de garder des traces du passé »

 

Paul Hess, Le livre de famille (Reims, 1947), 2° éd. 2012.

 

 

http://lesanalyseurs.over-blog.org

Partager cet article
Repost0
20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 11:40

 

Collection « Histoire régionale », dirigée par Robert Neiss

« Cette collection s’intéresse à des textes utiles pour penser l’histoire ou l’anthropologie de la région »

 

Paul Hess, Un rémois dans la guerre, Carnets 1939-1947, deux volumes, 2° éd. Texte établi et présenté par Véronique Dupont, 2012.

Paul H., L’attente d’un heureux événement, lettres écrites sous les bombardements de Reims, 1914-1915, 2° éd. 2012.

Robert Neiss (dir.), Images et souvenirs de la Grande Guerre 1914-1918 dans la région de Sainte Gemme, 2012.

Hervé Paul, Le docteur Jean-Baptiste Langlet (1841-1927), héroïque Maire de Reims à l'épreuve de la première Guerre Mondiale, préfaces d'Adeline Hazan, Maire de Reims, et de Claude Langlet-Fargette, arrière-petite-fille du docteur Langlet, 2013.

François Simon-Gardan, Souvenirs de la guerre de 1870-1871 (Reims, 1913), 3° éd. 2012.

 

 

Collection « Philosophies », dirigée par Valentin Schaepelynck et Charlotte Hess

« La philosophie qui se construit dans cette collection est un effort pour réconcilier théorie et pratique »

 

Benyounès Bellagnech, Dialectique et pédagogie du possible, Métanalyse,

tome 1 : L'entrée dans la recherche par la biographie (2008)

tome 2 : Expérience instituante de la pédagogie du possible à Paris 8 : l'articulation entre la théorie et la pratique (2008).

 

En préparation :

 

Sophie Amar, La conscience anticipante (à paraître en octobre 2013)

 

 

Collection « Moment du journal et journal des moments », fondée par Véronique Dupont et dirigée par Camille Rabineau

«  Ecrire son journal permet de dégager les grands moments du quotidien, de les penser, et de les inscrire dans une communauté de référence »

 

Christine Caille, Le journal de métamorphose, le moment de l’étude à un tournant de vie, présenté par R. Hess (2012).

Bertrand Crépeau, Restau, boulot, journaux, Entrées dans la recherche d’un doctorant en sciences de l’éducation, (2012)

Anne Dizerbo, Ecrire pour se former et entrer en recherche, journal de recherche, présenté par Christine Delory-Momberger et R. Hess (2013).

 

Remi Hess, Le journal des idées, (2005)

Les Etats-Unis (2006).

Journal de Buenos Aires, L'Argentine (2007).

Cara Italia (2007).

Louise, mon art d'être grand-père précédé de L’attente d’un heureux événement (2012, préface de C. Rabineau ; nouvelle éd. corrigée 2013).

Après Lourau, Refonder l'Analyse Institutionnelle ? Journal (2000-2003), (2012).

Les jambes lourdes, D’ici à là, journal 2004-2005, préfacé par Augustin Mutuale (2012).

Les formes de l’intérité, présenté par C. Rabineau (2012).

Journal de l’aliénation (2012).

Journal pédagogique (2005-2006), texte établi, annoté et présenté par Sandrine Deulceux(2013).

Le mort d’un chat, journal de réminiscence (2012).

Le journal du jardin, précédé par Le moment du jardin, par C. Rabineau (2012).

Louise, L’arte de diventare nonno, trad. italienne di Maria E. Sanna (2013).

Suis-je un bourgeois ? (2013).

Corps en mouvement (2013).

 

Georges Lapassade, La souillarde 1 : journal de l’année 2000, L’après Lourau, (2012), texte établi et présenté par R. Hess

Camille Rabineau, Journal de recherche, Suis-je une militante ?, préface de Christine Delory-Momberger (2013).

Christian Verrier, Poser le sac, journal de grève, 1995 (2006).

Découvrir, transmettre, accompagner, journal d’apprentissage d’un enseignant-chercheur (2013).

 

 

En préparation :

 

R. Hess, La maison et le jardin, Journal de Sainte Gemme

Journal des dissociations, postface de G. Weigand (2013).

Journal pédagogique (2007-2008), texte établi, annoté et présenté par Sandrine Deulceux.

Georges Lapassade, La souillarde 2 : journal de l’année 2001 (2012)

 

 

Collection « Théâtre d’or », dirigée par Cécile Duval et Marie Lopes

« Inscrite dans la perspective théâtrale proposée par Alain Astruc, cette collection propose des textes qui sont écrits pour être joués ».

 

Alain Astruc, Le voleur de Bagdad, éd. bilingue franco-espagnole, 2013.

 

 

Collection " Phoenix ", dirigée par Yves Le Guillou

"La collection du Phoenix propose la réédition d'ouvrages anciens qui sont tombés dans l'oubli, mais qui donnent un témoignage important de leur époque".

 

Discours du citoyen Agricol Perdiguier, représentant du peuple, contre les 12 heures de travail, prononcé à l'Assemblée nationale le 8 septembre 1848.

 

En préparation :

 

 

L’exposition de 1900 à Paris

 

http://lesanalyseurs.over-blog.org

Partager cet article
Repost0
19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 10:32

 

Presses Universitaires de Sainte Gemme

 

Catalogue 2013

 

En 2005, naît une maison d’édition domestique : les Presses universitaires de Sainte Gemme (PUSG) qui publient 8 livres entre 2005 et 2008. Suite à la disparition de l’anthropologue Georges Lapassade (1924-2008), membre de son collectif d’animation, les  PUSG s’endorment.

 

En janvier 2012, lors des vœux du maire du village marnais où ils habitent, la rencontre de Marc Bourgain, imprimeur à Sainte Gemme, avec Remi Hess, auteur et animateur des premières PUSG, les conduisent à décider, grâce à l’appui technique de Camille Rabineau, de relancer cette maison sur de nouvelles bases.

 

Les PUSG s’appuient sur plusieurs collectifs qui font de la recherche et de l’animation culturelle dans le cadre de l’Université interculturelle de Sainte Gemme (UISG), une association de fait, qui existe depuis 1998, présidée par Robert Neiss. L’IUSG dispose d’une bibliothèque de 12 000 volumes et des archives G. Lapassade. La recherche se développe en Champagne, mais avec un soutien national et inter-national : les collectifs champenois travaillent en réseau avec de nombreuses autres institutions (laboratoires universitaires, revues) de plusieurs universités en France, notamment avec le laboratoire EXPERICE (Paris 8-Paris 13), mais aussi en Algérie, Allemagne, Argentine, Brésil, Chine, Colombie, Grèce, Mali, Maroc, Italie.

 

Les PUSG relancent les collections existantes et en créent de nouvelles. Plusieurs thèmes structurent le projet éditorial : l’histoire régionale, l’écriture bio-graphique (histoires de vie, journaux, monographies, correspondances), la recher-che interculturelle, la philosophie de l’éducation tout au long et au large de la vie.

 

Comme le travail de recherche qui se développe à l’UISG, les PUSG s’ouvrent à toutes les personnes qui souhaitent travailler dans les axes définis ci-dessus. Pour publier un livre, les directeurs de collections sont à la disposition des auteurs et chercheurs pour leur donner toute information complémentaire qu’ils pourraient souhaiter.

 

Livres publiés ou à paraître en 2013 aux Presses universitaires de Sainte Gemme

 

Collection « Figures », dirigée par Remi Hess et Camille Rabineau


« La collection « Figures » propose des biographies de personnes célèbres ou non, mais qui sont représentatives d’un moment historique ou anthropologique et d’une communauté de référence »

R. Hess, Gabriele Weigand, Martin Herzhoff, C. Rabineau, Frédéric Le Play, le militant de la réforme sociale.

Henri Lefebvre, Karl Marx, une métaphilosophie de la liberté, présentation de Remi Hess et Sandrine Deulceux.

H. Lefebvre, Descartes, présenté par René Schérer.

C. Rabineau, Patrick Rabineau, moments d’une vie militante, préfacé par R. Hess

Anne-Valérie Revel, Raymond Fonvieille, aux origines de la pédagogie institutionnelle autogestionnaire.

 

En préparation :

 

Catherine Boivin, Jean Le Gal, de l’autogestion à la démocratie participative des enfants

Lucette Colin, Georges Lapassade diariste, l’Ecole de Vincennes et la pédagogie du journal de recherche

R. Hess, C. Rabineau, Friedrich Engels (à paraître en mai 2014)

R. Hess, C. Rabineau, Ana Maria Araujo (à paraître en janvier 2014)

 

 

« Pour une théorie critique de l’éducation et de la formation », collection dirigée par Lucette Colin


« Cette collection propose l’édition de textes qui aideront à développer une théorie critique de l’éducation et de la formation »

 

 

Georges Lapassade, La scène scolaire et ses acteurs, 2° édition, 2013.

 

http://lesanalyseurs.over-blog.org

Partager cet article
Repost0
18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 14:40

Références Bibliographiques

 

 

 

ARDOINO, J.; BARBIER, R.; COPET, O. - « Les analyseurs s'en vont ». Pour.s 62-63, L'analyse institutionnelle en crise. L'école de Vincennes s'explique, nov/déc 1978.

 

 

DELEUZE, O. - « A propos des nouveaux philosophes». Minuit n° 24, mai/1977.

 

 

DELEUZE, G. e FOUCAULT, M. - "Os intelectuais e o poder". Em Foucault, M. -Microfisica do poder. Rio de Janeiro : Graal, 1979.

 

DELEUZE, G. e GUATTARI, F. - Kafka : por uma literatura menor. Rio de Janeiro : Imago, 1977.

 

DELEUZE, G. e GUATTARI, F. - «Rhizome». Dans Mille Plateaux. Paris : Minuit, 1980.

 

 

DOSSE, F. - Histoire du structuralisme, vol.2. Paris : La Découverte, 1992.

 

 

ERIBON, D. - Michel Foucault : uma biografia. Sâo Paulo : Cia. das Letras, 1990.

 

 

FOUCAULT, M. - « O anti-Édipo : uma introdução à vida neo­fasciste ». Em Escobar, C. H. (org.) - Dossier Deleuze. Rio de Janeiro : Hôlon, 1991.

 

 

FOUCAULT, M. - « Est-il donc important de penser ? » Libération n° 15, 30-31 mai 1981. Dans Dits et Ecrits, vol. IV. Paris : Gallimard, 1994.

 

 

FOUCAULT, M. -« Le souci de la vérité ». Magazine Littéraire n° 207, mai/1984. Dans Dits et Écrits, vol. IV. Paris : Gallimard, 1994a.

 

FOUCAULT, M. - « Face aux gouvernements, les droits de l'homme ». Libération n0 967, 30 jun-1 juil 1984. Dans Dits et Écrits, vol. IV. Paris : Gallimard, 1994b.

 

GLUCKSMAN, A. - La cuisinière et le mangeur d'hommes. Paris : Seuil, 1975.

 

GLUCKSMAN, A. - Les Maîtres Penseurs. Paris : Grasset, 1978.

 

GUATTARI, F. -"A trama da rede". Em Revolução Molecular. São Paulo : Brasiliense, 1981.

 

GUATTARI, F. - "Milhões e milhões de Alices no ar". Em Revolução Molecular. São Paulo : Brasiliense, 1981a.

 

GUATTARI, F. - « 1980 : pourquoi Coluche». Dans Les années d'hiver, Paris : Bernard Barrault, 1986.

 

GUATTARI, F. - « 1983 : autant en emporte la crise ». Dans Les années d'hiver. Paris : Bernard Barrault, 1986a.

 

GUATTARI, F, - « Introduction ». Dans Les années d'hiver. Paris : Bernard Barrault, 1986b.


GUATTARI, F. - Guattari entrevista Lula. São Paulo : Brasiliense, 1982.

 

GUATTARI, F, e ROLNIK, S. - Micropolftica : cartogrqfias do desejo. Pctrópolis : Vozes, 1986.

 

HAMON, H.; ROTMAN, P.- Génération II. Les années de poudre. Paris : Seuil, 1988.

 

HESS, R. - « Lexique de l'analyse institutionnelle ». Pours 62-63, L'analyse institutionnelle en crise. L'école de Vincennes s'explique, nov/déc 1978.

 

HESS, R. - La sociologie d'intervention. Paris : PUF, 1981.

 

HESS, R. - Henri Lefebvre et l'aventure du siècle. Paris: Métailié.,1988.

 

 

JAMBET, Ci LARDREAU, G.- L'Ange. Paris : Grasset, 1976.

 

LAPASSADE, G. - Les chevaux du diable. Paris : J.P.Delarge, 1974.

 

LAPASSADE, G.- « Des socio-barbares aux nouveaux philosophes : la dérive de l'analyse institutionnelle ». Pours 62-63, L'analyse institutionnelle en crise. L'école de Vincennes s'explique , nov/déc 1978.

 

LE DÉBAT n" 50 (Dossier L'aventure des idées). Paris: Gallimard, mai-ago 1988.

 

LÉVY, B.H. - La barbarie à visage humain,. Paris : Grasset, 1977.

 

LÉVY, B.H. - L'idéologie française. Paris : Grasset, 1981.

 

LEYS, S. - Les habits neufs du président Mao. Paris : Champ Libre, 1972.

 

LOURAU, R - Les lapsus des intellectuels. Paris : Privat, 1981.

 

 

LOURAU, R. - « Les nouveaux champs magnétiques », Pour n°* 62-63, L'analyse institutionnelle en crise. L'école de Vincennes s'explique, nov/déc 1978.

 

LOURAU, R.-L'état inconscient, Paris : Minuit, 1978a.

 

PASQUALINI, J - Prisonnier de Mao. Paris ; Gallimard, 1975.

 

RODRIGUES, H.B.C.- « À beira da brecha : uma história da Análise Institucional francesa nos anos 60 ». Em Amarante, P. (org.) -Ensaios : subjetividade, saúde mental, sociedade. Rio de Janeiro: Fiocruz, 2000.

 

RODRIGUES, H.B.C. - «Análise institucional e transformação social. O tempo (e contratempo) das intervenções ». Em Altoe, S. (org.) - Análise Institucional. René Lourau no Brasil, implicações e transduções, São Paulo : Hucitec, Coll. SaúdeLoucura 8,2003.

 

ROUDINESCO, E.- História da psicanálise na França, vol. 2. Rio de Janeiro: Zahar, 1988.

 

VEYNE, P. - «Foucault revoluciona a história». Em Como se escreve a história. Brasilia : EUB, 1982.

 

 

 

Heliana de Barros Conde Rodrigues

 

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

 

 

voir aussi : http://journalcommun.overblog.com


 

 

 

et : http://lesanalyseurs.over-blog.org

Partager cet article
Repost0
17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 10:03

 

Georges Lapassade, l'homme qui révéla au monde les trésors d'Essaouira

 

 

 

essaouira.JPG

 

 

Georges Lapassade, l'homme qui révéla au monde les trésors d'Essaouira 

 

le_sourire_de_georges-d31c7.jpg

 

 

 

 

Si Essaouira est l'une des rares villes qui s'épanouissent par leur patrimoine culturel, c'est grâce à des hommes passionnés qui ont cru en elle à un moment où elle vivait à l'écart. Parmi eux, le philosophe et sociologue français Georges Lapassade.

 

 

Georges Lapassade a consacré une bonne partie de son existence à mettre au jour les trésors dont regorge la ville des Alizés. Né le 10 mai 1924 à Arbus (sud de la France), Lapassade a noué avec Essaouira une relation fructueuse qui a duré une vingtaine d'années, depuis le jour où il découvrit la ville en 1968. Des années durant lesquelles Lapassade, épaulé par une pléiade de jeunes intellectuels et artistes souiris de différentes tendances, a recueilli, analysé et publié tout ce qui fait le patrimoine de la culture populaire de cette ville.

 



Ainsi, les chants des moissonneurs, des artisans, des marins, des confréries religieuses, des femmes, voire même les comptines d'enfants jadis confinés dans des cercles sociaux bien fermés, ont pu franchir les frontières et se faire connaitre à l'international, les résultats des recherches effectuées par Lapassade et ses compères locaux paraissant dans de prestigieux journaux, magazines et revues nationales et étrangères.

 



Il est également, en quelque sorte, un des précurseurs de la dynamique culturelle d'Essaouira, vu sa contribution remarquée dans le premier festival qu'a connue la ville en 1980, baptisé «La musique d'abord» et qui, de par son concept original à cette époque-là, donna naissance à ce qu'on appelait «le modèle souiri du festival».

 



Mais quelles sont les composantes de cette alchimie réussie entre un simple voyageur qui aurait pu admirer le paysage et passer son chemin et une ville qui gardait jalousement ses secrets ?

 



Pour Abdelkader Mana, anthropologue et écrivain marocain et un des multiples souiris ayant pris part aux recherches de Lapassade, il y a eu une concomitance de facteurs qui ont poussé cet homme aux multiples centres d'intérêt (psychanalyse, biologie, psychothérapie institutionnelle, psychosociologie, ethnologie) à plonger dans l'univers culturel de la ville d'Essaouira.

 



Jeune chercheur à son arrivée, Georges était déjà prédisposé par ses travaux antérieurs à s'intéresser au patrimoine culturel d'Essaouira, notamment les Gnaoua, affirme M. Mana, rappelant que «quand il enseignait avec le philosophe français Michel Foucault, à Tunis, il commençait déjà à faire des recherches sur le Stambali, l'équivalent des Gnaoua en Algérie et en Tunisie».

 



«Il travaillait également avec Roger Bastide sur la Macumba du Brésil (terme qui désigne l'ensemble des cultes afro-brésiliens, Ndlr). Il était également très sensible au Blues et au jazz américains, donc tous ce qui est production musicale de la diaspora noire», précise-t-il, ajoutant que ses travaux à travers le monde lui ont valu, d'ailleurs, les félicitations de Léopold Sédar Senghor, alors président du Sénégal, lors du Festival mondial des Arts nègres, organisé à Dakar en 1966.

 



Mais ce n'est pas tout. A son arrivée à Essaouira, Lapassade a assisté à un événement phare de la culture gnaouie, que l'histoire néglige certes, mais qui a eu un effet probant sur l'avenir d'Essaouira comme ville culturellement rayonnante.

 



«A l'époque, dans le cadre du living theater (troupe de théâtre expérimental créée en 1947 à New York, Ndlr), qui se produisait sur le front de mer d'Essaouira, a été organisée, pour la première fois en dehors de la Zaouia une lila de Gnaoua. Derrière cette initiative, feu Maalem Abderrahman Paco, qui va devenir vedette de Nass El Ghiwane par la suite», raconte M. Mana.

 



Et le déclic se produisit. «Georges est un chercheur obsessionnel. Quand il s'occupe d'un sujet, il le fait pleinement et tout le temps. Alors, pendant tous les étés suivants, pratiquement à chaque fois que l'année universitaire est arrêtée, Georges venait à Essaouira pour écrire», raconte M. Mana, poursuivant : «Il creusait tout le temps avec des tas d'acteurs locaux. Juste avant de repartir à Paris en septembre, il envoyait un papier pour la défunte revue Lamalif, L'Opinion, Les temps modernes ou pour des revues spécialisées d'anthropologie et d'ethnologie en France. Il a publié au moins une trentaine d'articles sur les Gnaoua».

 

 

C'est par cette information répétée des articles qu'il a installé dans l'esprit des gens l'idée qu'Essaouira est la ville des Gnaoua et ce, à juste titre (...) Il a fait une publicité énorme pour les Gnaoua qui, après avoir été complètement marginalisés au départ et cantonnés dans des pratiques rituelles assez obscures au niveau de leur Zaouia ont, ainsi, été mondialisés avant l'heure par Lapassade, affirme le chercheur marocain.

 



Mais le travail de Lapassade ne s'arrête pas à la recherche et à la publication. En 1980, il entame une phase plus pratique conduisant à une certaine institutionnalisation du patrimoine culturel à travers ses contributions dans plusieurs festivals, dont celui de «La musique d'abord» de Tayeb Saddiki, le célèbre dramaturge souiri.

 



Dans le cadre de ce festival, Georges a pris en charge le colloque de l'ethnomusicologie qui se déroulait à Dar Souiri, souligne M. Mana, ajoutant qu'«il s'agit d'un concept tout neuf à l'époque, qui consistait à accompagner les manifestations musicales par une table ronde sur l'ethnologie, à laquelle étaient conviés des universitaires, mais aussi les Mâalem gnaouis, les moqaddem des Hmadcha ou des Aissaoua, les gens qui interprétaient les Rzoun de Achoura (chant accompagnant les festivités de Achoura). On pouvait alors confronter deux regards croisés sur chaque fait culturel».

 



Immortalisé par l'édition des actes du colloque en deux tomes, un portant sur le chant profane d'Essaouira (le chant des femmes, le chant des moissonneurs, la Aita) et un autre sur le chant sacré, ce festival fut, vraisemblablement, la dernière occasion de sauver un patrimoine qui agonisait.

 



«C'est la première fois qu'on a étudié de près la Hadra chez les Hamadcha et les Heddarate, le chant des Ghazaoua, des Aissaoua, des Gnaoua tout un système de confrérie qui était méprisé et considéré comme du domaine populaire sans intérêt», affirme M. Mana, ajoutant que «ces deux tomes vont paraître dans la revue Transit de Paris 8, à un moment stratégique où la ville commençait à perdre cette mémoire et cette richesse inestimable».

 



Il s'agit en définitif d'une jonction de volonté entre Lapassade, qui a apporté la méthode, et une poigné de souiris qui, en plus de leur conscience culturelle, croisaient le patrimoine de leur ville à chaque recoin, à chaque ruelle, voire-même chez eux. Ce travail, selon M. Mana, a été décisif pour le devenir d'Essaouira.

 



«Georges a apporté la méthode ethnographique ou l'ethnométhodologie, alors moi-même, Khalili (Comédien et chanteur), Boujemaa Lakhdar (artiste) et les autres, nous baignons dans ce patrimoine. Georges a permis d'institutionnaliser en quelque sorte, quoique d'une manière informelle, la recherche dans le patrimoine culturel de la région», affirme M. Mana.

 



Et de conclure : «Le travail culturel qui a été initié par Georges Lapassade (décédé le 30 juillet 2008) a donné des résultats palpables jusqu'à maintenant. Alors que les dernières usines de sardines ont fermé, la ville vit du tourisme culturel, qu'on le veuille ou non. Hôteliers et restaurants bénéficient, d'ailleurs, des retombées du travail du patrimoine».

 

 

(MAP)

 

 

Par Ali Refouh


Lundi 16 septembre 2013 à 09h10


http://www.medias24.com/SOCIETE/4142Georges-Lapassade-l-homme-qui-revela-au-monde-les-tresors-d-Essaouira.html

Partager cet article
Repost0
16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 14:28

 

Conclusions et ouvertures (3)

 

 

Nous avons commencé cet essai historique en faisant référence au regret des intellectuels et à leur fascination assez anachronique pour les Droits de l'Homme. Psychologue, donc intellectuelle spécifique, dont le mandat social renvoie à la production/gestion de subjectivités, je fais partie de la Commission Nationale des Droits de l'Homme du conseil fédéral de ma catégorie professionnelle. Institutionnaliste, je me soucie surtout, dans ce domaine, des analyses des conditions et des effets des discours et pratiques psi - en somme, de l'analyse (active !) de nos implications. Gauchiste, libertaire et autogestionnaire, au moins dans les intentions, je pense pouvoir trouver dans cet horizon politique présent, des plans de consistance pour l'expansion des libertés, de la création et de la justice sociale malgré le panorama « hivernal » qui domine internationalement. Cela vaut la peine de se demander, par conséquent, combien notre travail - régional, micro - d'intellectuels pourra effectivement découvrir/construire d'espaces d'actualisation dans la gestion - macro - d'un gouvernement en principe compromis avec la même orientation éthico-politique.

 

 

Sachant que les Droits de l'homme ne se montrent pas toujours sous une bannière facile à défendre (combien d'atrocités ont été commises au nom de ce droit humain, trop humain !), nous voulons mettre en scène, en guise d'ouverture pour penser le présent, encore deux discours, en les ajoutant à ceux des institutionnalistes cités auparavant.

 

 

Le premier, une fois de plus de Foucault (1994b : 707) proclame de façon surprenante : « Face aux gouvernements, les Droits de l'Homme », La surprise s'atténue en se transformant en système régional de lutte si on prend en considération qu'entre les «gouvernements» dont il est question, il faut inclure le gouvernement à travers la vérité, que nous-mêmes (penseurs, professeurs, psychologues) avons tant de fois exercé de manière meurtrière, sans pudeur et sans analyse effective.

 

 

Le deuxième discours est celui d'un poète uruguayen, Mario Benedetti. Cherchant à réinventer la langue face à la prolifération de clichés amortisseurs et de monopoles médiatiques, il nous a convoqué un jour pour la défense,... des gauchers humains : « Quand le président Carter/se préoccupe autant/ des Droits/ de l'Homme/il semble évident que dans ce cas/le droit/ ne signifie pas faculté/ ou attribut/ ou libre arbitre/ seulement dextre/ ou antigauchers/ le flanc opposé au cœur/ côté droit enfin/ en conséquence/ l'heure ne serait-elle pas arrivée/ pour que nous commencions/ une ample campagne internationale/ en défense des gauchers/ humains ? (Maintenant tout est clair, poème des années 1970, franchement actuel si l'on met Bush à la place de Carter) (1).

 

 

Finalement, il faut souligner que si le présent article, en connectant la genèse théorique à la genèse sociale, insiste sur la conception de la vérité comme régime, il défend aussi l'établissement de relations plus que simplement déclaratoires entre le « dire vrai » et la liberté - sens éthico-politique primordial de n'importe quel lien qui pourrait s'établir entre les savoirs (psi et autres) et les droits (gauches?) humains :

 

 

« Rien n'est plus inconsistant qu'un régime politique qui est indifférent à la vérité ; mais rien n'est plus dangereux qu'un système politique qui prétend prescrire ta vérité. La fonction du « dire vrai » n'a pas à prendre la forme de la loi, tout comme il serait vain de croire qu'elle réside de plein droit dans les jeux spontanés de la communication. La tâche du « dire vrai » est un travail infini : la respecter dans sa complexité est une obligation dont aucun pouvoir ne peut faire l’économie. Sauf à imposer le silence de la servitude » (Foucault, 1994 a : 678).

 


(1) "Cuando el présidente Carter/ se preocupa tanto/ de los derechos/ humanos/ parece evidente que en ese caso/ derecho/ no significa facultad/ o atributo/ o libre albedrio/ sino diestro/ o antizurdo/ o flanco opuesto al corazôn/ lado derecho en fin/ en consecuencia/ no séria hora/ de que iniciáramos/ una amplia campañfîa internacional/ por los izquierdos/ humanos? ("Ahora todo esta claro", de Mario Benedetti).

 

 

 

Heliana de Barros Conde Rodrigues

 

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

 

 

voir aussi : http://journalcommun.overblog.com


 

 

 

 

et : http://lesanalyseurs.over-blog.org

Partager cet article
Repost0
15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 11:20

 

Conclusions et ouvertures (2)

 

 

Egalement critique de l'utilisation sans nuances de la notion de crise (Lourau, 1978a), laquelle présuppose une indésirable rupture d'une belle unité qui devrait (pour quel motif ?) être préservée, René Lourau publie en 1981 Les lapsus des intellectuels. Au moyen de l'élaboration d'une généalogie de l'intelligentsia, il dénonce l’acte manqué qui la parcourt tout le long : la méconnaissance des conditions institutionnelles qui président au surgissement des discours érudits. Dans l'introduction du livre, Lourau élabore une typologie de l'intellectualité selon la relation établie avec le mandat social. L'acceptation (consciente ou inconsciente) de ce dernier définit l’intellectuel organique. En revanche, l’intellectuel engagé, critique du status quo, s'oriente vers des positions qu'elles soient progressistes ou conservatrices, mais il ne se pose qu'accessoirement la question du mandat social. Finalement, l'intellectuel impliqué se caractérise par le refus d'un tel mandat. Un exemple contemporain montre l'expérience de la psychiatrie démocratique de Franco Basaglia :

 

 

« Alors qu'en France, sous l'influence grandissante du lobby psychanalytique lacanien, la psychothérapie institutionnelle tendait à renforcer le pouvoir médical et l'importance de l'hôpital, et qu'en Angleterre l'antipsychiatrie déchaînée des Laing et Cooper visait plutôt à l'édification d'un secteur parallèle, communautaire et fortement politisé, les futurs adeptes de la « psychiatrie démocratique » à italienne partaient d'une mise en question de ce qui produit et reproduit la maladie mentale : la science médicale et la structure hospitalière » (Lourau, 1981: 271).

 

 

S'abstenant d'évaluer technocratiquement l'efficacité des actions italiennes, Lourau préfère remettre au premier plan le mode d'action contre-institutionnel de Basaglia, l'opposant à la lamentable pratique hégémonique de l’intellectualité :

 

 

« Les crimes de paix légalisés par les intellectuels du savoir pratique : tel est le diagnostic sur le rôle de l’intelligentsia dans l'institutionnalisation. (...) Sans eux [les « fonctionnaires du consentement »], l'exclusion (...) ne pourrait pas fonctionner. La délinquance, la folie, la révolte ouvrière ou étudiante, ne sont pas seulement les symptômes d'une crise sociale : ce sont aussi et d'abord les produits d'une action spécifique, l'action des intellectuels qui encadrent, contrôlent, évaluent, valident ou invalident -toujours au nom de la science dont l'épistémologie est identifiée à la tératologie institutionnelle » (idem: 276).

 

 

 

Heliana de Barros Conde Rodrigues

 

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

 

 

voir aussi : http://journalcommun.overblog.com


 

 

 

 

et : http://lesanalyseurs.over-blog.org

Partager cet article
Repost0