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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 16:08

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Confucius, en chinois Kongfuzi (551 à 479 avant J-C), philosophe chinois, fondateur du confucianisme, a été l’un des plus influents penseurs de l’histoire chinoise.


L’enseignement de Confucius est basé sur la morale et contient beaucoup de règles de vie pratique. Il a énoncé le premier la loi de bienveillance et de compassion: "Ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu'on vous fasse".


Il a vécu à peu près à la même époque que Lao Tseu et Bouddha. Ils sont à l'origine des trois religions actuelles de la Chine. 

 

 

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Ando (ou Utagawa) Hiroshige (1797-1858) a été le premier maître de l’estampe japonaise urbaine.  Il n’a jamais été surpassé dans ce domaine.

 

 

 

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- Lorsque l'on se cogne la tête contre un pot, et que cela sonne creux, ce n'est pas forcément le pot qui est vide....


 

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- Rappelle-toi que ton fils n'est pas TON fils, mais le fils de son temps.


 

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- Rien n'est jamais sans conséquences. Par conséquent, rien n'est gratuit.


 

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- Nulle pierre ne peut être polie sans friction, nul homme ne peut parfaire son expérience sans épreuve.


 

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Pensées et reproductions d'estampes issues d'un diaporame transmis par Bernard Jabin

 

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 15:34

 

CHRONIQUE POLITIQUEMENT INCORRECTE No 16



Pas né sous X



On a vu que nombre d’institutions et corporations sont nées sous X. Elles ont, sous Vichy, continué à fonctionner, « normalement ». Nombre d’individus, intellectuels ou non, les constituant se mettant alors au service du régime pétainiste et de l’occupant nazi. D’autres, silencieux, se contentant d’attendre des jours meilleurs. D’autres enfin se sont engagés dans la Résistance, sauvant l’honneur de ces institutions et corporations.

On a vu que dans celles-ci, nées sous X, la défaite nazie consommée et la Libération arrivée, nombre de ceux qui avaient collaboré retrouvèrent postes, responsabilités et respectabilités. Ce qui explique précisément les re-naissances sous X.



Une institution et corporation a échappé à cette naissance sous X : celle des psychiatres. Ce n’est pas que là il n’y eut pas des collaborateurs et des «attentistes». Probablement dans les mêmes proportions que dans les autres institutions. Mais c’est dans la matrice saint-albanaise que se forme ce qui sera dans l’après-guerre la « révolution psychiatrique ». Marie-Claude George et Yvette Tourne, dans leur « Que sais-je » (1994) sur le secteur psychiatrique soulignent : pendant la guerre, « L’hôpital de Saint-Alban, en Lozère, est le premier établissement psychiatrique qui, par son engagement dans la Résistance, devient effectivement un asile en accueillant juifs et résistants traqués par la Gestapo, et du même coup perd sa fonction de ségrégation et d’isolement ». Lucien Bonnafé, après Paul Balvet, était alors Directeur de cet établissement. Elles ajoutent : « “il devenait par opposition au monde extérieur perturbé, le lieu de haute sociabilité. Du point de vue de la thérapeutique psychiatrique, il devenait alors un instrument plus efficace de réadaptation sociale, il se désaliénait“. Le resserrement des liens de solidarité entre médecins, infirmiers et administratifs devient plus généralement bénéfique pour la santé mentale de tous. Dans ces conditions socio-historiques exceptionnelles, au sein d’un groupe appelé ironiquement « la société du Gévaudan » animée par F. Tosquelles, républicain catalan, tous les concepts de la psychiatrie et les types d’action possibles sont passés au crible ». « Dans cet effervescent creuset intellectuel auquel participe Daumézon qui travaille dans le même sens à Fleury-les-Aubrais, s’élabore une pratique de type sectoriel dénommée géo-psychiatrie… » écrivent-elles.

Après la guerre, Lucien Bonnafé, avec bien d’autres, milite pour faire évoluer l’institution psychiatrique vers ce qui deviendra notamment le « secteur ». Ce combat résulte du drame vécu (comme grand témoin) de l’extermination douce sur laquelle il a été l’un des premiers à tenter de briser le silence. On peut ici citer un tout petit extrait de l’intervention qu’il a fait au Congrès des Médecins Aliénistes et Neurologistes tenu à Genève et Lausanne du 22 au 27 juillet 1946 et intitulé “Sur l’unité de la théorie et de la pratique en psychiatrie?: « Il ne serait pas juste, enfin, de ne pas souligner un des aspects les plus saisissants de l’apport français à la rénovation psychiatrique contemporaine. Si le malade mental nous paraît si plein de possibilités, si nous le considérons avec un désir si passionné de lutter contre sa condition d’étranger, c’est assurément que, parmi les expériences qui nous ont le plus rapprochés de lui et nous ont le plus incités à pénétrer dans son monde, l’une atteignait le comble de l’intensité : le drame vécu sous l’occupation, où la vie même de nos malades était perdue. Rien ne pouvait mieux nous révéler leur humanité, rien, à nos yeux, ne pouvait les faire moins aliénés ». Ainsi le « secteur » est né de l’expérience dramatique tirée pendant la guerre.



Le secteur ? L'un des objectifs de la psychiatrie de secteur est d'assurer le plus souvent possible, le traitement des patients en dehors de l'hôpital psychiatrique et au plus près de son milieu de vie habituel. En cas d'hospitalisation, intervient un des principes constituants de la psychiatrie de secteur : le principe de continuité. " Il n'y a pas de raison pour qu'une personne prise dans la difficulté relationnelle ne soit pas suivie par la même équipe à la fois dehors et dedans. " (BONNAFÉ L., « L'esprit du secteur », Interview donné à la revue Santé Mentale n° 51, Octobre 2000) peut-on lire sur le site du SERPSY : http://www.serpsy.org/psy_levons_voile/hopital/secteur.html

Le combat fut long et rude. Ce n’est qu’en mars 1960, sous la présidence de Charles de Gaulle et sous le gouvernement de Michel Debré, qu’une simple circulaire ministérielle institua officiellement la psychiatrie de secteur. Cela résultait du travail militant d’un certain nombre de psychiatres regroupés sous l’appellation du « Groupe de Sèvres » (composé entre autres de Lucien Bonnafé, Georges Daumezon, Louis Le Guillant, Jean Oury, François Tosquelles…). Mais ce n’est qu’en 1985, sous la présidence de François Mitterrand, que la «sectorisation psychiatrique» est véritablement mise en place.



Dans une étude d’août 2009 (« Cinquante ans de sectorisation psychiatrique en France », l’IRDES souligne que « cinquante ans après l’introduction en France de la politique de sectorisation […] en matière de lutte contre les maladies mentales, les secteurs psychiatriques, unités de base de la délivrance de soins en psychiatrie publique, se caractérisent par d’importantes disparités ». Ainsi, selon l’IRDES, les disparités de moyens et d’engagement dans les objectifs « contribuent à faire de la sectorisation française une politique de santé en partie inachevée ». Et aujourd’hui en régression peut-on ajouter. Ce que confirme l’un des psychiatres membre du réseau (il se reconnaîtra) : « Je demeure frappé de la situation perpétuellement menacée des patients que nous accompagnons. Certes, nous sommes, et heureusement, loin de "l'extermination douce" mais devant la raréfaction programmée du nombre de psychiatres, l'invasion par des concepts classificateurs déshumanisants et la misère où sont réduites nombre d'institutions psychiatriques ou assimilées, il nous faut garder en mémoire la possibilité de voir ces drames se répéter : nous savons tous que certains de nos patients peuvent se retrouver abandonnés à la rue ou simplement jetés en prison... ».

 

RAPPEL : CES INFORMATIONS RÉGULIÈRES SONT DIFFUSÉES ACTUELLEMENT À UN GROUPE DE PLUS DE 900 RELATIONS DE 1ER NIVEAU ET, SI VOUS Y VOYEZ UN INTÉRÊT, À PLUS DE 180 000 AUTRES RELATIONS DE 2ÈME NIVEAU, SI BIEN SÛR CELLES-CI SONT PAR VOUS RELAYÉES.



À SUIVRE…

 

 

Transmis par Armand Ajzenberg

 

 

 

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 16:06

Bonjour à tous,

 

Suite à mon mail envoyé début juillet, je reviens vers vous ! J'aurai dû le faire plus tôt, malheureusement, j'ai eu quelques problèmes techniques avec ma boîte mail... 



Je vous envoie ce mail donc d'une adresse différente : pour me répondre, utilisez camillerabineau@yahoo.fr, svp.

Par ailleurs, je vous ai envoyé à tous une invitation à rejoindre une liste de diffusion Yahoo, ce qui sera plus facile pour vous communiquer les nouvelles et les infos concernant les irrAIductibles. Pour ceux qui sont toujours intéressés de participer à notre revue, veuillez accepter cette invitation.



Une page facebook a également été créée pour ceux qui sont inscrit sur ce réseau social : la page se nomme Revue Les Irraiductibles Paris 8.



 

La dernière réunion des irrAIductibles s'est déroulée le jeudi 20 juin 2013. Nous y avions présenté le dernier numéro paru : De l’amour pédagogique à l’intérité, coordonné par Deborah Gentès. Certains exemplaires sont disponibles en salle A431-2. Pour les étudiants en ligne qui souhaiteraient se procurer un exemplaire, vous pouvez me contacter et j'en commanderai de nouveaux chez l'imprimeur.

 

Rappel des différents points abordés avant les vacances :

- Des idées de numéros

- Les PUSG

- L'organisation d'un "Congrès des irrAIductibles" à Ligoure.

 

 

1) Idées de numéros :

 

Sur « La politique » :

En 2002, le 1er numéro des irrAIductibles s’intitulait « Analyse institutionnelle et politique » : des doctorants d’Experice, suite aux résultats de l’élection présidentielle où Le Pen arrivait au second tour, ont décidé de créer une revue d’analyse institutionnelle et interculturelle.

Aujourd’hui, nous aimerions relancer cette réflexion sur la politique et l’analyse institutionnelle.

Nous avons débattu sur la structure du numéro : nous avons pensé développer la rubrique « Entretiens » : ce numéro pourrait être ainsi plus vivant.

Ainsi, nous pensons qu’il ne faut pas, pour le moment, définir une structure trop rigide du numéro, et nous laissons ceux qui souhaitent participer à ce numéro la liberté de leurs écrits : nous débattrons ensuite en réunion sur les articles qui auront été écrits.

Vous pouvez dès à présent commencer à écrire, et à nous envoyer des propositions d’articles : les coordinateurs du numéro sont Frédéric Cantegreil (gf@bleu-pale.fr), et moi-même (camillerabineau@yahoo.fr) (veuillez svp nous envoyer les propositions d'articles à nous deux, ainsi nous serons mieux à même de nous organiser). 

 

 

Sur « L’enseignement en ligne » :

Anne-Valérie Revel (revel.anne-valerie@neuf.fr) serait intéressée pour coordonner ce numéro.

Pour le moment, nous avons pensé organiser une réunion avec quatre étudiants à distance et quatre étudiants en présentiel, pour débattre entre nous des similitudes, et des différences entre ces deux formes d’enseignement.

Pour ceux qui seraient intéressés de participer à ce numéro, vous pouvez contacter Anne-Valérie : elle se chargera de me tenir au courant.

 

 

Sur Patrice Ville :

Nous avons fêté le départ en retraite de Patrice le 13 septembre dernier : plusieurs irrAIductibles étaient présents. Avant les vacances, nous avions proposé un numéro sur lui. Cette proposition reste d'actualité pour ceux qui seraient intéressés : pour tous renseignements, me contacter (camillerabineau@yahoo.fr), ainsi que Remi Hess (remihess@noos.fr).

L’idée est d’organiser un certain nombre d’entretiens avec des proches de Patrice, ou d’écrire des articles sur son travail de socianalyste, etc.

 

 

Autres numéros :

L’année dernière, plusieurs idées de numéros avaient été discutés : celui sur « Le plagiat », ou encore sur « La crise de l’université ». Si certains d’entre vous ont d’autres idées, n’hésitez pas à me contacter. L’idée serait, comme l’année dernière, de créer des groupes de travail sur plusieurs numéros, et de sortir les numéros au fur et à mesure qu’ils sont prêts.

 

 

2) Les PUSG

 

Les PUSG sont une maison d'édition associative qui existe légalement depuis le 25 juin 2013. Nous disposons d'un compte bancaire.

Le prochain travail sera de créer un site internet qui permettrait la diffusion des ouvrages, ainsi que l’achat en ligne. Si certains s’y connaissent en informatique, merci de me contacter. Normalement, nous avons déjà un site (www.pusg.fr), mais n’ayant pas de mac pour travailler, je ne peux pas m’en occuper (je ne dispose pas du logiciel de l’imprimeur).

 

 

3) Organisation du Congrès des IrrAIductibles

 

Toujours dans un esprit de communication, de diffusion, de rencontre, nous avons pensé à un projet qui j’espère vous intéressera : l’organisation d’un congrès des irrAIductibles.

 

Dans les années 1970, les institutionnalistes (Remi Hess, Lucette Colin, et d’autres avec eux) organisaient des séminaires d’analyse institutionnelle pendant plusieurs semaines l’été dans l’ancien château de Frédéric Le Play (à Ligoure, dans le Limousin). Ces rencontres étaient interculturelles puisqu’elles réunissaient des français, des allemands, des italiens, des argentins…

 

Nous aimerions relancer cette dynamique de rencontre pendant l’été 2014, et louer ce château.

Ce château est entretenu par une association de Ligoure, qui le met à disposition à des groupes autogérés, pour une somme peu chère, pour qu’ils puissent organiser des séminaires, des rencontres…

 

Je vous laisse aller regarder le blog de l’Association du château de Ligoure, pour mieux vous rendre compte de ce que l’on pourrait y organiser :

http://chateau-de-ligoure.blogspot.fr/

 

Voilà donc un petit récapitulatif du travail effectué avant les vacances. Concernant une prochaine rencontre :

4) Date de rencontre

 

 

Je vous propose également une date de rencontre fin octobre. Par exemple le jeudi 24 octobre à partir de 18h ?

Cette réunion serait l'occasion de définir les nouvelles dates de réunions des irrAIductibles pour l'année à venir. 

Par ailleurs, j'en profite pour vous dire que le 17 octobre à 12h (en A329) est organisé un repas avec les élus du conseil d'UFR pour accueillir les nouveaux étudiants. Si certains d'entre vous sont disponibles, vous êtes bien entendu conviés à ce repas. 

Si certains d’entre vous ont également conservés les mails des fondateurs des irrAIductibles, nous avons également  pensé qu’il serait important de les recontacter. Merci donc de m’envoyer leurs adresses.


En juin dernier, nous avons aussi réfléchi à l'organisation d'une soirée-débat pour  présenter les derniers numéros des IrrAIductibles, les ouvrages des Presses Universitaires de Sainte Gemme, aux nouveaux étudiants d'Experice. L’idée serait, non pas d’organiser une réunion trop formelle, mais plutôt une rencontre conviviale, avec bouffe et boissons.

La réunion du 24 octobre (si cette date est retenue) pourrait nous permettre d'organiser cette soirée.

 

A très bientôt tout le monde, et bonne rentrée,

Camille.

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 10:28

 

L’Analyse Institutionnelle au Brésil

 

Ouvrage collectif coordonné par Lucia Ozorio

Paris, Editions AISF, coll. Transductions, 2005, 202p.

 

 

 

(fin)

 

 

 

Heliana de Barros Conde Rodrigues présente sa contribution de la manière suivante : « Cet article fait partie d’un petit ensemble d’études à partir desquelles j’ai essayé de reconstruire les liens entre la genèse théorique et la genèse sociale des concepts de l’Analyse Institutionnelle (…).

 

 

Ici, nous parlerons surtout de la deuxième moitié des années 1970, où commence (ou du moins quand devient plus évident) ce que l’on a coutume de désigner comme « fin du Welfare State », « économie post-fordienne », « globalisation neo-libérale » et autres expressions analogues. Nous donnerons la priorité à des processus et des événements en France, ce qui ne signifie pas que la dispersion dont nous parlerons s’interrompra aux frontières de ce pays : la genèse sociale abordée implique un kaléidoscope mondialisé (…).

 

 

Cette période a une importance spéciale pour notre présent : l’intellectualité d’alors entreprend une sorte de bilan dont nous sommes encore tributaires, aussi bien en raison de ses échecs et abandons que de son éventuelle puissance ».

 

 

Cette étude croise l’histoire de l’AI  au paragraphe « L’Analyse Institutionnelle à l’Université: capitulation ou résistance ? » et revisite notre histoire d’une manière bien différente de celle abordée dans nos livres d’histoire.

 

 

 

Lucia Ozorio dans son introduction nous dit : « Je m’intéresse à ce que Edson amène, une sorte de rencontre entre le désir et la praxis. Comme il le dit, cela n’implique pas une réduction des désirs et de l’imagination ».  

 


Le texte d’Edson Luiz André de Sousa porte sur le concept d'utopie. Il montre la fonction critique de celui-ci dans l'histoire de la culture. Il essaie d'apporter des éléments d'analyse qui nous aident à comprendre pourquoi l'utopie est entrée en déclin dans notre contemporanéité. A partir de l’œuvre de quelques artistes (Evgen Bavcar et Christo) et surtout à partir d'une réflexion sur l'expérience de création, il démontre que tout acte de création est un acte utopique.

 

 

Edson Luiz André de Sousa s’interroge « Un jour, j’ai entendu une personne qui disait la phrase suivante : « Ce qui sépare la fiction de la réalité, c’est un simple geste ». Comment donc un geste, un mouvement qui, à la limite, est celui du désir, peut-il avoir ce pouvoir transformateur de la réalité ? »

 

 

Pour lui, « Expérience et utopie nous renvoient directement au désir.

 

 

Mais comment faire pour être un peu plus en phase avec ce que nous désirons, et ce aussi bien au niveau individuel que collectif ? »

 

 

Pourquoi l’Utopie est-elle si discréditée de nos jours ? Pourquoi le fait de parler d’utopie est-il une manière de déqualifier l’expérience de la réflexion ?

 

 

Nous pouvons penser l’utopie comme l’introduction d’un étranger, qui nous permet de jeter un autre regard sur le paysage que nous avons devant nos yeux. L’utopie vient donc s’opposer à la tendance à la répétition. Il prend l’exemple d’Evgen Bavcar, photographe aveugle.

 

 

« Les utopies fonctionnent donc comme des ancres symboliques. Créer implique instaurer une existence. Toute création s’inscrivant dans la culture comme œuvre de l’esprit cherche à fonder une façon de regarder et une forme singulière de partager une expérience ».

 

 

Il associe l’utopie au droit de rêver.

 

 

Il s’attaque aux fausses utopies qui ont engendré des dogmatismes et des dictatures dominatrices. « Notre temps a créé un nouveau type d’anesthésie des sens par excès de stimuli et, plus que cela, par l’impératif qui impose une consommation à tout prix ». « Nous vivons une profonde confusion entre l’ordre du singulier et l’ordre de l’individuel ».

 

 

« Il est de plus en plus nécessaire d’avoir une utopie qui remplisse la fonction de réveil et qui puisse combattre les multiples visages de la violence à laquelle nous nous confrontons : la violence du dogmatisme, la violence de l’hégémonie des formes du sens commun qui empêchent l’apparition du nouveau, en anesthésiant les singularités, la violence des discussions politiques vides d’attitudes ».

 

 

Cette fiche de lecture abordant succinctement les contributions de chaque auteur ne rend pas compte de la richesse de chaque texte, qui à chaque fois, nous ouvre les yeux sur une réalité différente.

 

 

Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

Publié in Les IrrAIductibles n°10

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 13:31

L'Association Orly-Chili Solidarité


en partenariat avec la Ville d'Orly

et le Centre Culturel Elsa-Triolet


Vous invite à la cloture de ses journées

de Commémoration pour le Chili " 40 ans après"

 

Samedi 12 octobre 2013

à 18 heures

Centre Culturel

1, Place du Fer à Cheval

94310 Orly

 

 

 

18h - 20h : Cinéma - Débat -Projet du film NO de Pablo Larrain

20h -21 h : Débat

21h  : Pot : Empanadas - vins chiliens.

 

 

 

 

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 09:26

 

L’Analyse Institutionnelle au Brésil

 

Ouvrage collectif coordonné par Lucia Ozorio

Paris, Editions AISF, coll. Transductions, 2005, 202p.

 

 

(suite)

 

 

La recherche de Jacyara Carrijo Rochael-Nasciutti concerne le coopérativisme. En effet, « la prolifération de coopératives au Brésil ces 10 dernières années, se présentant comme une solution alternative au chômage récent et aux changements dans le système de production économique, éveille des questionnements et suscite des études dans les différents domaines du savoir scientifique concernés par ce thème, notamment dans l’économie et l’administration. (…) Cependant, peu d’études ont été effectuées dans le sens de réfléchir à la re-signification du lieu du sujet social dans la structure coopérativiste. Celle-ci s’oriente vers le redimensionnement du sens subjectif du travail et vers des relations sociales, institutionnelles, dont la notion de travail diffère de celles des structures cristallisées du modèle traditionnel des entreprises ».

 

Elle porte son intérêt « prioritairement sur l’étude des coopératives populaires, en raison de l’importance grandissante qu’elles occupent dans le contexte socio-politique actuel du Brésil qui se reflète dans leur augmentation expressive et quantitative. Le rapport de conformité de leurs objectifs primordiaux avec la doctrine fondatrice du coopérativisme nous intéresse également. Les contradictions et conflits entre l’application de la doctrine coopérativiste et la tendance actuelle d’incorporation des coopératives au modèle de mondialisation économique se répercutent de manière incisive dans leur dynamique fonctionnelle et se diffusent chez leurs adhérents au niveau personnel. C’est à travers les coopératives que nous pourrons appréhender, de façon plus nette, les aspects psychosociaux attachés à leurs objectifs facilitateurs de l’exercice de la citoyenneté. Nous tenons aussi compte du pouvoir croissant des acteurs sociaux ».

 

Le biais institutionnel lui a semblé adéquat à l’étude des coopératives populaires. « La relation individuelle avec l’institution s’enracine dans l’identité sociale, culturelle et politique, qui se « produit » dans la pratique quotidienne avec la mobilisation d’investissements et de représentations chez les acteurs sociaux qui peuvent ainsi s’identifier à la société en général ».

 

« La doctrine coopérativiste ne se restreint pas à une forme d’organisation des relations de travail. Il ne semble pas que cette doctrine ait été engendrée pour servir ou obéir aux divers régimes politico-économiques auxquels elle s’insère, même si l’on essaie de l’adapter. Elle peut donc exister dans n’importe quel régime. Mais, elle apporte dans son essence un point conceptuel qui rompt avec l’individualisme, avec la hiérarchie du pouvoir. Cette doctrine pose comme postulat des formes alternatives de sociabilité qui existent à un niveau micro-politique ».

 

 

 

Sônia Altoé : « Tout en retraçant les chemins que j’ai parcourus pendant la construction de mes choix professionnels et en analysant la manière dont je m’y suis impliquée, j’envisage d’aborder quelques caractéristiques qui approchent et distinguent l’analyse institutionnelle de la psychothérapie institutionnelle – la première agissant plutôt dans la sphère éducationnelle,  bien qu’elle ne soit pas spécifique de ce domaine et permette une action plus diversifiée, et la seconde agissant dans le domaine de la santé mentale.

 

Son parcours en analyse institutionnelle croise le  mouvement français.

 

Elle nous expose ses expériences en tant que psychologue dans des internats-prisons situés dans la périphérie de Rio de Janeiro, ainsi qu’à l’intérieur de l’Etat. Cela concernait une population de deux mille enfants de tranches d’âge différentes, allant des nouveaux-nés aux adolescents de 18 ans. Dans ces établissements, « deux questions surgissaient simultanément : celle de l’éducation et celle de la santé que l’institution se devait de promouvoir ».

 

« Face à la demande de promouvoir « un changement de mentalité » chez les fonctionnaires qui travaillaient directement avec les enfants internes – de manière à ce que ceux-ci deviennent « des  éducateurs » au lieu de simples surveillants, responsables de l’ordre et de la discipline – et étant donné mon intention de rendre la prestation de service institutionnelle plus adéquate aux nouveaux questionnements qui apparaissaient, j’ai proposé un travail fondé sur l’analyse institutionnelle, et ce sans pour autant cesser de répondre aux demandes d’appui psychologique de l’enfant interne et sans cesser d’offrir aux professeurs de l’orientation en développement infantile ou sur d’autres thèmes sollicités par eux ».

 

Elle relate son intervention la plus difficile dans l’école Santos Dumont, à Ilha do Governador, qui abritait des jeunes filles considérées comme « délinquantes », puis analyse son travail dans un ensemble d’établissements éparpillés dans la ville de Rio de Janeiro, à l’intérieur de l’Etat, ayant un fonctionnement semblable à celui d’une institution totale, ségréguant des enfants et adolescents, les séparant de leurs familles, leur offrant un logement, de la nourriture et une école formelle de mauvaise qualité, créant d’innombrables problèmes d’ordre émotionnel, social et éducationnel.

 

 

(...)

 

 

 

Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

Publié in Les IrrAIductibles n°10

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 14:13

L’Analyse Institutionnelle au Brésil

 

Ouvrage collectif coordonné par Lucia Ozorio

Paris, Editions AISF, coll. Transductions, 2005, 202p.

 

 

(suite)

 

 

La recherche-intervention de Marisa Lopes Da Rocha est centrée sur une école publique qui se trouve à côté d’une communauté pauvre de la ville de Rio de Janeiro.


Dans ce travail, l’équipe de travail est composée de chercheurs et de stagiaires rattachés au département de Psychologie Sociale et Institutionnelle et au Service de Psychologie Appliquée s’interroge « sur les facteurs prépondérants qui, à l’école, agissent sur la formation des élèves de classe populaire, car c’est l’organisation qui, dans notre société, actualise les institutions essentielles à la construction de la subjectivité. C’est dans le quotidien de l’école que l’équipe cherche à soulever les questions issues des conflits qui s’établissent entre la pratique de l’éducateur et la réalité des élèves, en ayant comme objectif la construction collective de projets de changement de la réalité ».

 

 

La recherche-intervention, menée dans des établissements d’enseignement scolaire, met l’accent sur les équipes qui s’occupent des élèves et des familles dans leur quotidien. Diverses questions se sont révélées être des impasses difficiles à surmonter : la question économique qui induit un important turn-over dans le système d’enseignement, la qualification professionnelle nécessaire à la diversification du travail avec une population toujours hétérogène ; les relations verticales qui engendrent, à l’intérieur de l’école, une forme de paternalisme qui aboutit à une désappropriation en chaîne des initiatives et des luttes du collectif ; la dure routine où le désir de connaître ne se traduit pas par l’intérêt d’apprendre - difficulté qui concerne non seulement les élèves, mais également les professeurs.

 

 

« Modifier la réalité, créer de nouveaux projets qui puissent mobiliser les conflits qui existent dans les modèles, cela signifie ouvrir la voie à des changements significatifs dans les institutions actualisées, dans les pratiques éducationnelles, dans les critères qui justifient la norme scolaire ».

 

 

« Cette perspective implique la rupture avec la bureaucratisation, forme naturelle d’organisation qui prescrit le quotidien à travers l’actualisation de modèles, d’évaluations permanentes et de sanctions qui disposent-classent par séries et rectifient, mécanisant les sujets dans les habitudes ».

 

 

« Analyser constamment le quotidien, c’est travailler à partir de pratiques comme sources productrices de connaissances ».

 

 

« En ce qui concerne l’enseignement public brésilien, - qui subit de fréquents changements issus des bureaux, dans le but de surmonter les questions qui mènent au non-apprentissage- , le défi serait de rendre aux éducateurs des conditions d’analyse, d’évaluation et de propositions de différents chemins pour la vie scolaire, en articulant les mouvements les plus larges, afin d’améliorer les conditions d’enseignement, avec les mouvements singuliers qui révèlent le quotidien des relations scolaires. Cela ne signifie pas une individualisation des problèmes de l’éducation, mais, au contraire, une analyse des implications des questions les plus générales dans les actions de chacun des groupes liés à l’école ».

 

 

« C’est dans le quotidien de ce travail que nous cherchons à soulever les questions issues des conflits qui s’établissent entre la pratique de l’éducateur et la réalité des élèves, avec pour objectif la construction collective de projets de changement de la réalité ».

 

 

 

Alfredo Martín nous montre à travers des exemples comment l’Etat inconscient fait son chemin en nous.

 

 

Il évoque tout d’abord l’exclusion et les exclus ce génocide invisible et quotidien en train de se/nous consommer. « Ce processus de culpabilisation massive, par lequel (implicitement ou explicitement), on attribue la faute à la victime, aux porteurs des symptômes, est l’un des premiers mécanismes excluants de l’Etat inconscient, dont nous essaierons, dans cet article, d’analyser quelques dimensions de sa logique ».

 

 

« On attribue la causalité du phénomène à celui qui porte les symptômes et subit les conséquences de cette stigmatisation. C’est la logique de la terreur d’Etat, de l’Etat terroriste, la logique même des tortionnaires (si je te torture, c’est de ta faute, disaient les geôliers argentins), des bureaucrates (ce n’est pas de ma faute, je n’ai fait qu’obéir aux ordres), des complices (je ne savais rien, je n’ai rien vu) et des commanditaires (je ne regrette rien, je l’ai fait pour une cause supérieure) ».

 

 

 

Il décrit ensuite plusieurs interventions socianalytiques menées au Brésil et en France :


- une expérience de sociodrame institutionnel avec une trentaine de militants d’une importante section syndicale à Rio, secteur, durement éprouvé pendant des années de dictature,


- une deuxième expérience sur le même thème avec un groupe très hétérogène d’une vingtaine de professionnels de la santé, réunissant psychologues, assistantes sociales, psychanalystes, artistes, coordinateurs de groupes de formation, journalistes, éducateurs, etc. Beaucoup d’entre eux avaient une large expérience de travail dans ce domaine, ayant été confrontés aux graves problèmes de la santé publique brésilienne et voulant y répondre par la création de structures coopératives populaires autogérées.


- un premier séminaire intensif d’initiation à l’économie solidaire et à l’autogestion, organisé par un des sept centres de formation syndicale au Brésil


- la proposition à l’université à l’extrême sud du Brésil d’une conférence sur l’analyse des implications du chercheur dans sa recherche, dans le cadre d’un séminaire intensif sur les méthodologies qualitatives, en tenant compte de la presque totale ignorance des travaux institutionnalistes sur ces thèmes


- son travail « comme psychologue en France avec des survivants des camps de concentration bosniaques, asiatiques, espagnols, etc., avec des rescapés de la torture au Kurdistan, des familles de disparus latino-américains ou avec des jeunes « difficiles » des banlieues ou chômeurs de longue durée et comme socianalyste avec des communautés, des bidonvilles, des Indiens, des ouvriers et paysans, des syndicats, etc. au Brésil et en Uruguay, j’ai été confronté, pendant plus de quinze années, au quotidien avec cette perte des droits, cette invisibilité sociale des victimes et cette impunité des responsables qui dénoncent les génocides ».


« On est poussé en permanence à se laisser prendre par les mécanismes de cette gigantesque machine-à–exclure de l’Etat inconscient et à devenir dans ces Temps Modernes, les charlots de la Pensée Unique, infimes et indispensables gouttes d’huile, dont les engrenages néolibéraux ont besoin pour répéter sans fin la cadence infernale des génocides à la chaîne ».


Il s’interroge : « C’est ici que d’autres processus peuvent voir la lumière. Dire non à l’engrenage, faire le geste inattendu qui ouvre un chemin de traverse, questionner sans cesse notre action, notre implication : ce que je fais là, avec telle ou telle personne ou groupe ou mouvement, est-ce une goutte d’huile ou un grain de sable dans la machine ? ».


 

(...)

 

 

 

Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

Publié in Les IrrAIductibles n°10

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 16:50

 

L’Analyse Institutionnelle au Brésil

 

Ouvrage collectif coordonné par Lucia Ozorio

Paris, Editions AISF, coll. Transductions, 2005, 202p.

 

 

 

Ce livre a sa genèse dans le Colloque Georges Lapassade, lorsqu’en janvier 2002, l’Université de Paris 8 s’est intéressée à son histoire et a demandé à Remi Hess d’organiser une rencontre autour de l’œuvre de G. Lapassade. Ce dernier a exprimé, à son tour, son désir d’évaluer le mouvement qu’il a contribué à créer. Lucia Ozorio a été invitée à parler des séjours de Georges Lapassade au Brésil.

 

 

Dans son introduction, elle reprend des éléments de l’histoire de l’analyse institutionnelle au Brésil : « Ce livre fait partie de cette histoire. Il s’agit d’une manière de faire histoire, une histoire avec les historiens. Je m’explique. Il s’agit d’une histoire où les historiens s’impliquent dans son écriture. L’écriture, dans une perspective institutionnaliste, est une écriture autobiographique, d’après R. Hess (Delory-Momberger et Hess, 2001).  L’écriture comporte l’acte de la restitution d’une recherche. Nous sommes toujours chercheurs si nous sommes des désireux connaisseurs de la réalité. L’écriture parle directement de l’implication du chercheur dans la recherche et de son implication dans l’acte de l’écriture ».

 

 

Elle ajoute : « Ce livre raconte une histoire où les historiens – chercheurs participent avec les autres acteurs, à une certaine production de vérités, multiples qui connaissent la transduction ».

 


Elle précise : « Au Brésil, le terme analyse institutionnelle est souvent employé d’une façon générique, essayant de rendre compte d’un paradigme « institutionnaliste ». (…)         

 

« Pouvons-nous parler d’une analyse institutionnelle en dispersion au Brésil ? Si on prend en compte sa complexité historique, nous pouvons la comprendre dans ses mouvements « sur/vers un objet virtuel pour le construire et le réaliser. Ce serait une logique de l’objet possible et/ou impossible ». (Lefebvre, 1969 : p. XXIII). Il ne s’agit pas de slogans, ni d’un Sujet, ni d’un Discours homogène. Dans ce sens, l’analyse institutionnelle au Brésil est une praxis. Elle est toujours en train de se faire,  transductivement, dans plusieurs moments (Lefebvre, 1962). Le moment ouvre une perspective du dépassement de l’histoire. En même temps, il donne une version positive de la transversalité. Un moment est la négation d’autres moments qui existent en même temps et peuvent donner une compréhension plus vaste des interférences dans un processus.

 

 

L’histoire de l’analyse institutionnelle nous autorise à parler des moments théoriques et pratiques. S’il y a des moments où l’on ne sent plus le poids du contrôle étatique, il y en a d’autres où les reliquats du système capitaliste sont plus présents et forgent poiétiquement dans la praxis des rassemblements. C’est là que se joue vraiment quelque chose pour inscrire l’analyse institutionnelle dans la minoritaire histoire. C’est là que se joue vraiment quelque chose pour affirmer la genèse sociale de la production de la connaissance.

 

 

Par  la suite, différents auteurs brésiliens nous proposent leurs terrains à la manière de Georges Lapassade.

 

 

Tout d’abord, dans un entretien, Lucia Ozorio interroge Georges Lapassade sur son rôle dans l’introduction de l’AI au Brésil. G. Lapassade raconte son parcours et ses souvenirs. Les deux personnes se trouvent confrontées à leurs implications différentes vis-à-vis de l’histoire du mouvement.

 

 

Sônia Maria Pellegrini de Azeredo y relate sa recherche-intervention et son expérience en tant qu’Enseignant Orientateur de Stage pour les Licences de Psychologie de l’Education. Elle analyse les demandes des élèves-futurs maîtres en Psychologie de l’Education, les comportements des stagiaires en classe, - participant le moins possible et faisant preuve de peu d’initiatives, alors que le stage est une occasion de participer et d’apporter des connaissances-, ainsi que les dispositifs de restitution que sont les rapports de stage.

 

 

Pourtant, « nous pensons qu’à partir du moment où le stagiaire commence son année en élaborant son projet, il est déjà en train de s’approprier de ce territoire dans le domaine social de l’institution éducative.

 

 

Elle essaie de voir ce qui contribue à l’immobilisme de tant de jeunes pendant leur formation et de réfléchir sur les mécanismes de reproduction qui se logent dans l’univers des institutions éducatives.

 

 

La recherche-action de Lucia Ozorio porte sur des Politiques Participatives de Santé, processus de construction collective de la santé au Parque Royal, communauté, -terme préféré à celui de favela -, située dans le quartier d’Ilha du Governador, à Rio de Janeiro. Lucia Ozorio s’est efforcée de restituer la parole des habitants, de montrer leurs logiques de réflexivité, de conserver le vécu, et de prendre en compte l’historicité qui traverse leurs pratiques, afin d’avoir accès à la santé. 

 

 

Pour comprendre les luttes de la population dans la construction de ces politiques, il faut considérer « leur potentiel instituant, créateur face aux problèmes qu’elles doivent affronter, autant que les vicissitudes des médiations qui caractérisent leurs relations avec l’Etat, mais aussi avec d’autres acteurs, dévoilant, soit le caractère ambigu, soit le caractère institutionnalisé qu’elles adoptent en certaines conjonctures ».

 

 

« Sur le terrain, ces politiques participatives de santé se constituent comme un travail socianalytique de longue durée, en profondeur, proposant dans leur problématique la collectivisation de la santé. Leur contingence et leur immanence, qui les lient au terrain, sont des traces indispensables qui sont prises en compte. La santé à Rio a une histoire pleine d’autoritarismes qui insistent à considérer le savoir populaire comme mineur ». 

 

 

La communauté-processus se manifeste, alors, dans plusieurs moments (Lefebvre,1962).

 

 

« Plutôt que de se situer dans le contrepoint intervenir versus partager, nous préférions relever les interférences relatives à cette rencontre dans le domaine des propositions de l’éducation populaire et santé, contribuant ainsi à la compréhension de la santé qui processuellement se fonde dans l’histoire. L’acte éducatif y compris dans la santé explicite des contradictions. Les modes de faire santé auxquels les politiques participatives s’intéressent sont des expérimentations de vie d’une communauté qui vit la communauté. Celle-ci favorise le partage des expérimentations de vie, en commun…. ».

 

 

(...)

 

 

Bernadette Bellagnech

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Publié in Les IrrAIductibles n°10

 

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 10:28

 

Les auteurs

 

 

Remi Hess, professeur de sciences de l'éducation à l'Université de Paris 8. Auteur d'une quarantaine de livres, il s'est lancé dans une relecture et une réédition de l'œuvre d'Henri Lefebvre dont il avait publié la biographie en 1988.

Il a publié récemment Le moment de la thèse et Voyage à Rio, sur les traces de René Lourau, en cours de traduction au Brésil.

 

 

Lúcia Ozório, psychanalyste, analyste institutionnelle, professeur à l'Université CEUCEL, de Rio de Janeiro, chercheuse associée à Experice (Centre de recherche en éducation habilité, Paris 13-Paris 8 ; France) et au Réseau d'Education Populaire et Santé, Brésil.

Lignes de recherche : éducation populaire et santé ; problématisation de la communauté en tant que praxis ; les histoires de vie. Intérêt pour un mode de voyage expansif entre les blocs de savoirs, notamment l'analyse institutionnelle, l'anthropologie, la psychanalyse et l'historiographie (histoires orales de vie).

Recherche actuelle : Les histoires de vie des communautés pauvres au Brésil.

 

 

Georges Lapassade professeur émérite à l'université de Paris 8. Il est l'auteur d'une œuvre importante sur l'analyse institutionnelle, l'entrée dans la vie et l'ethnographie de la transe. Membre du comité éditorial de l'AlSF.

 

 

Sonia Maria Pellegrini de Azeredo, psychologue au Secrétariat de l'Education de la municipalité de Rio de Janeiro ; professeur de stage en psychologie de l'université CEUCEL ; professeur des écoles de formation de maître du 1er cycle du Secrétariat de l'Education de l'Etat de Rio de Janeiro ; master en Psychologie Sociale de l'Université de l'Etat de Rio de Janeiro (UERJ).

 

 

Marisa Lopes Da Rocha, professeur adjoint et chercheuse en éducation au Département de Psychologie Sociale et Institutionnelle de l'Institut de Psychologie de l'Université de l'Etat de Rio de Janeiro ; Master en philosophie de l'Education par IESAE/FGV et doctorat en psychologie au Nùcleo de Estudos e Pesquisas da Subjetividade de PUC/SP.

 

 

Alfredo Guillermo Martin Gentini, psychologue, socianalyste et docteur en Sciences de l'Education, professeur à l'Université Fédérale de Rio Grande, travaille dans la formation, la recherche et l'intervention institutionnelle depuis 25 ans en Amérique Latine et Europe. Militant des Droits de l'Homme, a coordonné la Consultation Psychologique des Réfugiés, Migrants et Solliciteurs d'Asile (Toulouse).

Il a publié Les mères folles de la place de mai : maternité, contre-institution et raison d'Etat : une introduction à l'étude et l'apprentissage des analyseurs historiques / Alfredo Martin Gentini ; préf. de Hebe Bonafini, (Renaudot, 1989).

 

 

Jacyara Carrijo Rochael-Nasciutti : Professeur adjoint et chercheuse au Programme de Post graduation en Psychosociologie de communauté et d'Ecologie sociale à l'Institut de Psychologie de l'Université Fédérale de Rio de Janeiro. Docteur en Psychosociologie clinique en Université Paris VII (1991).

 

 

Sonia Altoé : professeur au Département de Psychologie Sociale et Institutionnelle de l'Institut de Psychologie de l'Université de l'Etat de Rio de Janeiro ; psychanalyste. Professeur au cours de Spécialisation en Psychologie Juridique et au cours de Maîtrise en Psychanalyse/UERJ).

 

 

Heliana de Barras Conde Rodrigues, psychologue, professeur de l'Université de l'Etat de Rio de Janeiro (UERJ), analyste institutionnelle.

Principaux intérêts : concepts-outils de l'analyse institutionnelle, généalogie inspirée de Michel Foucault et histoire des pratiques et savoirs psychologiques au Brésil.

Projet actuel de recherche : polyphonies de l'analyse institutionnelle au Brésil.

 

 

Edson Luiz André de Sousa, psychanalyste, analyste associé de l'Association Psychanalytique de Porto Alegre ; professeur de l'Institut de Psychologie, de l'Institut de Post-Graduation em Psychologie Sociale et de l'Institut de Post-Graduation en Arts Visuels de l'Université Fédérale de Rio Grande do Sul. Docteur en Psychanalyse et Psychopathologie de l'Université Paris VI.

Auteur du livre : Freud, édition Abril, São Paulo, 2005.

 

 

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

 

 

 

voir aussi : http://journalcommun.overblog.com

 

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 11:40

 

CHRONIQUE POLITIQUEMENT INCORRECTE No 15



À PROPOS DU « MODE DE PRODUCTION ÉTATIQUE »

 



C’est Michel Chauvière qui, cité dans la précédente chronique, faisait référence au « Mode de production étatique ». Il s’agit d’un concept mis en évidence par Henri Lefebvre (« De l’État », tomes 1 à 4, 10/18, 1976-1978) des nouveaux rapports, surgis au sortir de la guerre, entre l’État et l’économique, entre l’État et la société civile. Concept et philosophe aujourd’hui injustement bien oubliés en France.

 



Bien que restant érigé au-dessus de la société civile, l’État tend à gérer le service public d’une nouvelle manière : celui-ci cesse de considérer des droits relatifs à des besoins sociaux, identiques pour tous les citoyens: il considère les coûts particuliers, la vérité des prix, la demande solvable. L’égalité des droits se fissure, devient une fiction. Sous la norme de service public émergent les lois du marché. L’État confie de plus en plus l’exercice d’un tel service public à des organismes privés. Il se réserve un pouvoir de contrôle, par le Plan, par la statistique, souvent à la faveur du financement de certains de ces organismes privés. Cette tendance se développe, à grande échelle, à partir de 1945 mais cela avait commencé en 1943 avec l’arrivée de Laval au pouvoir, ce qui était signe de sa modernité.

 



La généralisation de ce «Mode de production étatique» dès 1945, qui pour Henri Lefebvre concernait aussi bien les pays occidentaux que les pays de l’Est, peut être compris s’agissant de la France à partir de l’exemple de la gestion de cette enfance inadaptée. Pour les organismes privés cela constitue un nouveau marché géré sous contrôle de l’État. C’est ainsi un ministre communiste de la Santé – François Billoux – qui réutilise les outils mis en place par le gouvernement Laval, outils forgés par le Conseil technique de l’enfance inadaptée et en danger moral. Dans le tome 3 (1977) de l’ouvrage cité d’Henri Lefebvre, celui-ci pose la question: « Le PC n’aurait-il pas eu pour vocation de mener à bien le MPE, avec une autre idéologie que le libéralisme, à savoir le marxisme idéologisé ? ». Il répond : « On (les bons militants) n’a aucune peine aujourd’hui à conjurer le spectre de Staline, avec vingt ans de retard. Ce retard a un grand sens : le stalinisme s’est répandu dans le monde moderne : c’est le MPE. La vocation du PCF c’est de réaliser pleinement, sans le nommer, en le désavouant idéologiquement, le MPE, c’est-à-dire l’essentiel du stalinisme. La haine des «communistes» français envers le courant autogestionnaire (dont la problématique ne se dissimule pas) apporte la preuve de cette vocation ». Ce qui a changé depuis, mais avec retard.

 



Les MPE à l’Est et à l’Ouest, s’agissant du service public, se différenciaient : dans les pays « capitalistes » le MPE s’exerçait essentiellement par le « contrôle » des organismes privés auxquels était délégué le service public (ou une partie de celui-ci), dans les pays du «socialisme réellement existant » le MPE s’exerçait directement sur le service public, par le « parti », sans passer par une délégation à des organismes privés. Quand Henri Lefebvre parle d’une autre idéologie que celle du libéralisme animant les communistes français, il fait référence au modèle d’État soviétique… et stalinien. Les temps ont changé : Staline est mort et l’État soviétique a disparu. Reste le MPE.

 



On comprend ainsi comment une organisation mise en place sous Vichy, s’agissant ici de l’enfance inadaptée, a pu continuer après la Libération, et pas seulement du fait des communistes, et devenir la norme. Organisation qui, si la guerre ne s’était pas arrêtée, aurait conduit des milliers d’enfants classés « irrécupérables » et destinés sous Laval aux sections d’anormaux ou de sûreté des hôpitaux psychiatriques à y subir le sort des adultes.

 

Ceci n’est pas un scoop, mais est généralement caché. Pour Jean-Pierre Le Crom, « de nombreux dispositifs nés sous Vichy sont pérennisés après la guerre, tout en étant “décorporatisés”. C’est vrai, par exemple, des comités de sécurité, des services médicaux et sociaux du travail, ou, pour partie, des comités sociaux d’entreprise. En droit du travail seront également validés les textes de Vichy sur le placement (loi du 11 octobre 1940) et l’inspection du travail et de la main-d’œuvre (loi du 31 octobre 1941), l’exigence d’un écrit à peine de nullité du contrat d’apprentissage (loi du 28 octobre 1942) ou partiellement, certains statuts professionnels comme celui des infirmiers et infirmières hospitaliers.

 



À cheval entre le travail et l’enseignement seront encore conservés les centres et organismes de formation professionnelle, d’enseignement technique et d’apprentissage.

 

Mais c’est dans le domaine de la protection sociale que la continuité est sans doute la plus forte. En effet la quasi-totalité des textes pris en matière d’assurances sociales, notamment celui relatif à l’Allocation aux vieux travailleurs salariés qui marque le passage de la capitalisation à la répartition dans les systèmes de retraite, d’allocations familiales et d’accidents du travail sont purement et simplement validés à la Libération de même que ceux relatifs à l’assistance aux vieillards, infirmes et incurables, à l’assistance à l’enfance (loi du 15 avril 1943). Les textes relatifs à la protection de la naissance (loi du 2 septembre 1941), à la protection de la maternité (loi du 13 décembre 1942 qui rend notamment obligatoire le carnet de santé) ou encore à l’hôpital, désormais ouvert à l’ensemble de la population et non plus aux seuls indigents (loi du 21 décembre 1941) ne sont pas non plus remis en cause… » (Jean-Pierre Le Crom, « L’Avenir des lois de Vichy » in « le droit sous Vichy », 2005, pp. 468-469).

 



À la Libération, le Gouvernement Provisoire de la République Française créa un Comité juridique, présidé par René Cassin, chargé de rétablir le droit républicain. Il fit un travail considérable pour trier les lois, décrets, mesures techniques pris sous Vichy et qu’il fallait soit abroger ou valider, ou encore annuler sans pour autant supprimer des mesures d’application antérieures. Les mesures techniques relatives au Conseil technique de l’enfance déficiente et en danger moral furent de ces dernières. On peut lire avec intérêt, à propos du rétablissement de la loi républicaine à la Libération, l’ouvrage d’Antoine Prost et Jay Winter, (Antoine Prost et Jay Winter, « René Cassin », Fayard, 2011, chapitre 7).

 



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RAPPEL : CES INFORMATIONS RÉGULIÈRES SONT DIFFUSÉES ACTUELLEMENT À UN GROUPE DE 900 RELATIONS DE 1ER NIVEAU ET, SI VOUS Y VOYEZ UN INTÉRÊT, À PLUS DE 180 000 AUTRES RELATIONS DE 2ÈME NIVEAU, SI BIEN SÛR CELLES-CI SONT PAR VOUS RELAYÉES.



À SUIVRE…

 

 

Transmis par Armand Ajzenberg

 

 

 

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