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Les IrrAIductibles

Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 16:08

Cher(e)s ami(e)s,


J'ai le plaisir de vous inviter à la soutenance de ma thèse :



"Naissance de la population:nature, raison, pouvoir chez Michel Foucault"


qui aura lieu le 18 décembre 2009, à 13.30,à l'ENS-LSH, 15, parvis René Descartes, Lyon. salle F112



Jury :

Michel Senellart (ENS-LSH, directeur),

Arnold Davidson (Chicago / Pise, directeur),

Pierre-François Moreau (ENS-LSH)

Bertrand Binoche (Paris 1)

Sandro Chignola (Padova)

Manlio Iofrida (Bologna)



Bien cordialement,

Luca Paltrinieri



Cette soutenance sera suivie d'un pot auquel vous êtes convivialement conviés.


«Naissance de la population : nature, raison, pouvoir chez Michel Foucault»

Travailler sur les pistes frayées par Foucault signifie d’abord concevoir son œuvre comme relevant d’une pratique spécifique de la philosophie, consistant à ouvrir celle-ci constamment à ses «dehors», pour mettre en relation la formation des concepts scientifiques et politiques avec les cadres historiques d’une certaine expérience de la «pensée».

C’est dans le rapport de cette pratique philosophique à l’histoire, ou plutôt dans un certain usage de la construction historique pour connaître et déstabiliser notre propre présent, que réside donc le noyau de l’archéo-généalogie foucaldienne. Reprendre la tâche interrompue d’une telle «ontologie historique de nous-mêmes» nous engage à penser les constructions généalogiques comme des machines qui doivent être «testées» sur le terrain historique tout en imposant à l’histoire elle-même une forme particulière.

Ainsi l’histoire des savoirs de la population comme celle des constructions politiques du concept de population sont ici mobilisées dans un but historico-critique : la généalogie de l’objet «population», permet à la fois d’éclaircir la spécificité de la lecture foucaldienne de la «biopolitique», et de remettre en discussion certains de ses résultats, hypothèses ou interprétations.

D’un coté, il s’agit de combattre la thèse de l’«invention» de la population par un inexistant appareillage scientifique-politique tout puissant, de l’autre, de mettre à jour les rapports de force à l’œuvre dans la construction et l’émergence de nos concepts politiques et scientifiques, en révélant les événements invisibles et les expériences de pensée qui les sous-tendent. L’émergence du concept de population est ainsi restituée dans une histoire de la gouvernementalité qui culmine au milieu du XVIIIe siècle, au moment de la diffusion du mot «population» et de l’affirmation d’un art de gouverner «libéral».

Luca Paltrinieri
http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

 

Par Benyounès Bellagnech - Publié dans : Les IrrAIductibles - Communauté : Tous institutionnalistes
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 15:34

A l'occasion de la sortie de son livre

Un demi-siècle d'utopie
mémoires d'un dirigeant de la gauche libanaise

(éditions Téraèdre)

Nous vous invitons à un débat entre
l'auteur,
Karim Mroué
et Alain Gresh, directeur adjoint du Monde Diplomatique

lundi 7 décembre à 20 heures
Maison de l
Amérique latine (salle Brasilia - 1er étage)
217, boulevard Saint-Germain 75007 Paris


Avec le concours des Editions Téraèdre
de L’Observatoire du livre et de l’écrit en Ile de France : Le Motif
et  le Conseil régional d'île de France
  

Par Benyounès Bellagnech - Publié dans : Les IrrAIductibles - Communauté : Tous institutionnalistes
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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /2009 07:40

Bonsoir tous,

 

Avant tout, je souhaite remercier Remi pour la transparence tant attendue quant à ce qui se passe au niveau d'Experice en matière de gestion et d'évolution. Ensuite je souhaite intervenir par rapport à certaines informations fournies dans la lettre destinée à Bertrand (que je souhaite voir bien tôt dans le rang des doctorants) et dont les enjeux me semblent importants.

 

Cette réponse, je tiens à le préciser, n'a pas pour but de m'immiscer dans un débat entre collègues et amis puisque je suppose que leurs malentendus ne regardent qu'eux! Mais vue que le message à été diffusé à un assez large public, et qu’il contient des éléments qui n’impliquent pas que Bertrand, Hélène, Remi ou encore Jean-Louis, je me suis autorisée à intervenir sur un plan réflexif:en tant qu'engagée dans une recherche sur le devenir professionnel des parcours universitaires, le message de Remi à suscité en moi certaines interrogations de plusieurs ordres :

 

- D’abord institutionnel : se peut-il que les titre d'HDR (habilité à Diriger les Recherches) et celui de professeur soient délivrés à un enseignant qui n'a produit que 64 pages en 22 ans de carrière (c'est à dire au rythme de 3 pages par an)? Cette dernière information diffusée sur mon directeur de recherche (Pr Jean-Louis Le Grand) et provenant d'un autre Professeur (institutionnalise) a eu un effet explosif sur moi ! Si l'information est vraie, Jean-Louis ne peut être ni HDR ni professeur, si elle est fausse d’autres questionnements d’ordre éthiques seront légitimes. Ce doute m'a donc poussé à faire des recherches (non approfondies) et le résultat est le suivant:

 

 Mon directeur de recherche a produit bien plus que 3 pages par an en 22 ans de carrière. En réalité, en cliquant son nom «bêtement» sur la fenêtre de recherche sur le site de notre bibliothèque, j'ai pu recenser au moins 20 contributions entre articles, actes et co-productions d'ouvrages, chacune variant de 12 à quelques centaines de pages et ce depuis 1991. D'autres recherches ont été réalisées par lui mais n'ont jamais été publiées notamment en 2000. Ce fait me rassure donc sur sa productivité intellectuelle et sur le bien fondé de son exercice de la fonction de directeur de recherche surtout qu'en lisant ses contributions, je me suis rendue compte que leur qualité et leur niveau sont incomparables à ce que pourrait rendre un étudiant pour valider un séminaire, aussi «bon» puisse-t-il être! Mais ce débat soulève d'autres questionnements d'ordre :

 

 - épistémologique:la valeur du chercheur est-elle réellement dans le nombre de pages qu'il produit par an? Que signifie produire en sciences humaines et sociales? Quelle est la pertinence scientifique et sociale de ce que produisent les chercheurs en sciences de l'éducation? Quel pouvoir décisif ont ces productions sur le déroulement de la recherche en sciences de l'éducation? Et que signifie faire de la recherche en sciences de l'éducation? 

  

 - Pédagogique:Quel est l'objectif de l'évaluation à l'université? Quels sont les dispositifs d'évaluations qui pourraient être pratiqués dans le but de faire développer les compétences et les connaissances de l'apprenant? Existe-t-il de bons et de mauvais étudiants à l’université? Que signifie «accompagner» à l’université pour l’enseignant(accompagnateur) et pour l’apprenant (accompagné)? Quelles sont les limites de cet accompagnement?

 

- déontologique et éthique:Jusqu’où peut aller un enseignant universitaire dans son intervention dans le choix des dispositifs pédagogiques d’un autre enseignant universitaire? Quelle éthique dans la critique en Sciences de l’éducation? Quelles sont les règles et les codes déontologiques du savoir-faire et du savoir vivre ensemble à l’université?

 

Il y a là, me semble-t-il, matière à méditer et peut-être de réaliser un numéro ou pourquoi pas un ouvrage de quelques centaines de pages, de quoi relever le défit des 10 pages qui semble être une épreuve insurmontable !

 

En attendant, merci à tous ceux qui on pu provoquer en moi ce « Big-bang » et souhaite qu’un jour notre équipe fasse preuve de plus de solidarité et de professionnalisme afin d’honorer la spécialité qu’elle représente aux yeux du monde entier !


Fadila 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Benyounès Bellagnech - Publié dans : Les IrrAIductibles - Communauté : Tous institutionnalistes
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Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /2009 10:15
Bonsoir,
Je vous transmets ce courrier de Remi Hess,  
Cordialement                                         
Le comité

Paris, le 28 octobre 2009,
 
Mon Cher Bertrand,
 
Voilà une semaine, nous passions la journée ensemble à travailler sur notre cours de M1, que nous imaginions transformer en livre : Le journal de recherche ! Nous étions heureux de travailler de manière «utile», au lendemain de la parution du n°12 de Cultures et sociétés, sur Les formes de l'écriture impliquée, dans lequel 13 enseignants et étudiants du master avaient écrit, dont nous deux.
 
Le hasard a fait que le jeudi 22, le lendemain de notre rencontre, Jean-Louis Le Grand avait organisé un buffet pour accueillir les nouveaux enseignants, et pour saluer ceux d'entre nous qui prenaient leur retraite de l'UFR.
 
Tu ne sais peut-être pas que tous les jeudis, de 12 à 14h30, nous organisons, Augustin Mutuale et moi, un banquet itinérant à travers la Seine-Saint-Denis (projet de dérive urbaine) pendant lequel nous parlons de pédagogie. Nous choisissons les meilleures tables du 93 pour célébrer la pédagogie. Il y a un mois, nous étions au Gaulois qui remplace l'Espérance actuellement en travaux (Plaine Saint-Denis), il y a quinze jours, nous étions dans un Turc de Stains (plat du jour à 4 euros). La semaine dernière, avec Augustin, Salvatore, Giusi, Saïda Zoghlami, nous avions décidé déporter notre moment fixe (depuis René Lourau, on dit  «point fixe», lorsque l'on va toujours au même endroit chaque semaine, et «moment fixe» quand c'est le temps qui est fixe), afin de répondre à l'invitation de Jean-Louis.
 
Jeudi, nous avions donc comme membres de notre banquet pédagogique les cinq personnes inscrites, mais aussi les quarante autres personnes invitées par Jean-Louis, parmi lesquelles Hélène Bézille. Comme tu le sais, Hélène refuse de te valider son séminaire sur l'informel. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi. Le champagne aidant, je me suis autorisé, parmi bien d'autres sujets, à l'interroger sur la raison qui motivait son refus de te donner une note, ce qui a pour effet, de bloquer ton dossier pour le jury, t'empêche d'avoir ton diplôme, alors même que les notes que tu as obtenues te permettraient d'avoir ton master, même avec un 0/20 d'Hélène. Le fait de ne pas te noter est donc un acte fort qui a pour effet d'empêcher ton recrutement comme chargé de cours.
 
La position d'Hélène est la suivante : tu n'as pas suivi son séminaire, et d'autre part le travail que tu as rendu n'a pas de relation avec ce qu'elle demande. Elle ne considère pas ta correspondance avec Swan que tu lui a rendue ait un quelconque rapport avec la mise en forme de l'informel. Elle souhaiterait que tu écrives dix pages sur «En quoi la correspondance est une manière de mettre en forme l'expérience informelle».
 
Pris par beaucoup d'autres dossiers, mais aussi par l'écriture de mon journal, je ne trouve le temps de t'écrire que maintenant.
 
J'ai été voir Jean-Louis Le Grand pour lui parler de ce problème. En effet, je ne comprends pas l'exigence d'Hélène Bézille à ton endroit, ou plutôt, j'ai peur de trop bien la comprendre. Dès mes débuts dans l'enseignement, j'ai eu des collègues, au lycée, qui estimaient que leur matière (en fait la matière qui leur avait valu leur poste) était, de toutes, la plus importante. Qu'ils soient professeurs de dessin ou de gymnastique, de mathématiques ou d'histoire, ils étaient prêts à coller au bac un élève, plutôt que de lui rajouter un demi-point !
 
Je ne me suis jamais identifié à «ma» (je devrais «dire mes») discipline(s). Je comprends tout à fait qu'un étudiant puisse investir le cours des autres et moins le mien.
 
Je comprends qu'Hélène pense que l'informel est tout à fait important à construire, non seulement pratiquement, comme tu le fais, mais théoriquement.
 
Jean-Louis m'a dit : «Bertrand est intelligent ! Il peut écrire sans difficulté dix pages sur l'informel dans la correspondance ou dans le journal !».
            -Oui, ai-je répondu, convaincu par son assurance.


En même temps, en rentrant chez moi, je me suis aperçu que je ne parvenais pas à écrire, depuis maintenant trois semaines, dix pages sur «La théorie des moments» que me demande Gaby, alors que j'ai publié, cette année, 1500 pages sur cette question !
 
Ecrire dix pages, ce n'est rien, et en même temps, c'est beaucoup quand on est déjà dans d'autres choses.

Est-ce si facile d'écrire dix pages de théorie ? Lui-même, Jean-Louis a publié 64 pages de théorie, dans un tout petit format, en 22 ans de carrière universitaire (un demi «Que sais-je ?»). Cela veut dire qu'il écrit un peu moins de 3 pages par an.
 
Ce blocage me bloquait tellement (je n'avais pas envie que tu sortes du chantier dans lequel nous sommes actuellement) qu'avant de t'écrire, j'ai envisagé d'écrire les 10 pages qu'Hélène me réclame à travers toi (je me sens impliqué dans cette affaire à la fois comme directeur de ton mémoire, président du jury, responsable du nouveau master, président du jury, un des animateurs de l'équipe de recherche d'Experice-Paris 8, etc).
 
Effectivement, ce que je fais depuis maintenant quarante ans (j'ai écrit mon premier article publié dans une revue «scientifique» en 1969), c'est de mettre en forme l'informel.
 
J'en ai pris conscience le week-end dernier à Sainte Gemme où j'étais avec Kareen. A un moment, celle-ci contemplait mon «armoire à journaux» (un mur de 2 m de haut sur 3 mètres de large où s'entassent des caisses à champagne où je range mes carnets, écrits depuis 1964). Kareen avait décidé de photographier cette « installation ». Elle me dit :
            -Frédéric Amiel est totalement enfoncé !
            -Tu crois ?
            -Sûr !
Pour nous, diaristes, Frédéric Amiel est une sorte de mythe. Il a écrit un journal de 16 500 pages au XIX° siècle qui ont été publiées, il y a maintenant quelques années, à L'âge d'homme (Lausanne). Et c'est vrai que le journal d'Amiel, imprimé certes sur papier bible, ne prend qu'une partie de rayon de ma bibliothèque (60 cm).
 
Si un jour un ethnométhologue fait une thèse sur cette aventure que je conduis avec la désinvolture de l'être qui me caractérise, il pourra dénombrer les pages de mon Journal des moments. La quantité n'a jamais été pour moi un enjeu : mon seul plaisir est justement de garder une trace de mes apprentissages quotidiens, dans tous les aspects non formels de ma vie de tous les jours. Détenir une ligne dans le livre des records ne peut pas être un but pour moi. Ecrire le quotidien, l'informel, c'est un accomplissement pratique qui m'aide à survivre. notamment en temps de crise (depuis que je suis conscient, j'ai l'impression de ne vivre que crise sur crise!).
 
Si je puis dire encore un mot sur F. Amiel, c'est qu'il m'apparaît un peu polar. Il fait de son journal « intime » un absolu. Il a renoncé à se marier, par peur de ne plus avoir de temps pour écrire. Je refuse de faire de quelque moment que ce soit un absolu. Il faudra bien souligner cela : pour nous, le journal, est un moment pour soi, pour décrire, analyser, comprendre nos pratiques. C'est la pratique sociale qui donne la matière du quotidien. Ne pas agir pour avoir le temps d'écrire est aux antipodes de l'horizon qui est le nôtre.
 
C'est dommage que les spécialistes de la formation d'adultes n'aient pas eu le temps de s'intéresser à Marc-Antoine Jullien (et quelques autres) qui ont prolongé sa méthode ! Ils découvriraient que, bien longtemps avant Gaston Pineau, une solide tradition de formation d'adultes (c'est l'enjeu explicite de MAJ et de ses disciples, dont Maine de Biran) a fait la théorie de l'écriture biographique pour mettre en forme l'informel !
 
Tout en écrivant ce courrier, je prends conscience de l'enjeu de répondre à la demande d'Hélène. Mais, je vois déjà un ouvrage de 200 pages.
 
Te sens-tu l'énergie de répondre à la demande de notre collègue ?
 
Par mesure conservatoire, et pour te donner le temps de réfléchir, j'ai décidé de suspendre le jury de master, et de reporter la rentrée du master en ligne. Je propose dans un courrier parallèle aux membres de l'équipe de retarder la rentrée au 1er janvier ou au 1er février 2010. Cela donnera à chacun le temps de faire ce qu'il a à faire pour travailler dans de bonnes conditions.
 
Hélène m'avait suggéré de demander au jury de te mettre une note pour débloquer la situation, mais Jean-Louis ne trouve pas cette solution élégante.
 
Refusant tout passage à l'acte, et essayant de voir ce qu'il peut y avoir d'instituant dans la position d'Hélène, je veux partager avec toi mes interrogations. Cette lettre pourra rejoindre d'ailleurs le «pot à courriers» que tu as créé avec Swan et les autres.
 
Je vais travailler demain jeudi avec K sur son livre Le journal pédagogique, avec Anne-Claire Cormery vendredi sur Le journal d'intervention (pour Sensibili Alle Foglie).
 
Dès que j'ai une demi-journée, je vais reprendre les 24 pages que tu m'as envoyées suite à notre journée de travail. Tu as fait du très bon boulot. La publication de notre ouvrage Le journal de recherche est en bonne voie.
 
Satisfaction de savoir que le livre écrit avec Sandrine Deulceux sur Lefebvre pour Ellipses sort le 30 novembre, et que cette maison me demande, dans un courrier reçu ce matin, un livre sur G. Lapassade, pour la collection «Les grands théoriciens». Je suis d'autant plus stimulé de le faire que je travaille pour La chronique sociale à un livre avec Lucette sur Penser avec G. Lapassade. Un Dictionnaire allemand qui vient de paraître a consacré un article à L'entrée dans la vie, défini comme l'un des 180 livres de pédagogie les plus importants de tous les temps et de tous les pays...
            
Si un jour on me fait entrer dans ce type de Dictionnaire mondial de la pédagogie, ce sera pour Le journal des moments, une éducation tout au long de la vie. Ce livre reste à concevoir ! 
            
            Excuse-moi d'avoir été un peu long !
 
            Je t'embrasse très fort ! Remi.
 
 
            P. S. 1 :
 
Situation chaotique que nous traversons. Je te le fais parvenir, car sa position me semble très censée. Luc montre l'enjeu que représenterait une équipe pédagogique où chaque membre tiendrait compte à la fois du chantier de l'étudiant, et de la manière dont lui, l'enseignant, peut apporter quelque chose à ce work in progress. Luc dit de manière concentré ce que j'ai essayé de proposer lors du regroupement de M2 en ligne. Hélène enseigne maintenant à Paris XII. Elle travaille dans un autre labo plus en harmonie avec le mode de relation pédagogique qu'elle construit. Je ne chercherai donc pas à la convaincre du bien fondé de la position de Luc, qui est aussi la mienne. Cela nous permet d'espérer que les enseignants de M2 du nouveau master tireront les conclusions de l'analyseur Bertrand :
 
«OULA !
 
Ton message me laisse pantois.
Quelle pétaudière...
 
Je réfléchis à tête reposée à un commentaire aussi cartésien que possible. Mais déjà :
J'imagine que tu m'expliqueras un jour les banquets à distance  :-D ( de plus si certains peuvent laisser penser que nous pouvons tous nous retrouver régulièrement à St-Denis dans une FOAD, il y a méprise.)
Et que tu confirmeras un M2 "ouvert" entre janvier et mai.
Cependant c'est tout à fait jouable, si nous ne sommes pas sollicités pour réaliser x "pages-devoirs" pour Y et x "pages-devoirs" pour Z et j'en passe, en même temps que notre mémoire.
Si les PU, MCF, etc. du M2 à distance acceptent de travailler leur évaluation à partir de nos journaux de recherches et de notre mémoire uniquement, cela me semble tout à fait possible, et qui plus est, assez cohérent avec notre apprentissage et un dispositif chaotique en FOAD.
 
Je crois que c'est là une vraie question : rester cartésien présentiel dans un univers chaotique à distance me semble erroné. Et chaotique n'est pas anarchique pour autant comme tu le sais.
 
Merci pour toutes ces infos.
à bientôt
Luc
 
PS : Je fais passer ton message ?»
 
 
http://www.astrosurf.com/luxorion/chaos-science2.htm

L'exposant de Lyapunov

Si un système est réellement chaotique, les chercheurs ont découvert que la distance qui sépare deux trajectoires initialement voisines ira en augmentant de façon exponentielle, en fonction du temps.
         
     
En fait, on retrouve dans ces systèmes un ou plusieurs attracteurs étranges qui permettent dans une certaine mesure de déterminer leur évolution.

C'est l'exposant de Lyapunov (t -1) qui prédit cette évolution en mesurant le taux de séparation (d) entre les trajectoires, t étant appelé le "temps de Lyapunov". Ce temps limite pose un "horizon temporel" au-delà duquel la précision des définitions se paye proportionnellement au facteur "e", à l'image du fameux "effet Papillon" que l'on retrouve en météorologie.
 
En fait l'exposant de Lyapunov est synonyme d'instabilité et de chaos. Si l'exposant de Lyapunov (L) est nul le système est classique et obéit aux lois de la dynamique (réversibilité, etc.). La définition de ce comportement chaotique est caractérisée par un attracteur étrange dont l'équation est proportionnelle à la fonction :

d = exp (Lt)
 
 
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Par Benyounès Bellagnech - Publié dans : Les IrrAIductibles - Communauté : Tous institutionnalistes
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /2009 08:45
Bonsoir,

Je vous transmets ce courrier de Remi Hess,  
Cordialement                                         
Le comité

Paris, le 28 octobre 2009,

Aux collègues d'Experice,

Plusieurs dossiers ont avancé hier. J'ai passé la matinée à l'IED. J'ai aussi obtenu, hier, le rendez-vous demandé à Elisabeth Bautier, il y a quelques temps, pour tenter de clarifier plusieurs dossiers en suspend, ayant des implications au conseil scientifique, et freinant notre activité de recherche. Je vais commencer par faire le bilan de cette rencontre, avant de revenir à l'IED, puis de proposer quelques méditations non cartésiennes sur l'état de notre équipe.
            
A).- Relations Experice/Conseil scientifique.
            
L'entretien a commencé par une affirmation, de part et d'autre, de nos bonnes intentions.
Elisabeth a dit avoir abandonné la direction du master et de son laboratoire. Elle m'a demandé de lui expliquer la teneur de notre habilitation au master «Education, formation et intervention sociale».
Elle n'avait pas compris que nous avions un master avec 5 spécialités, ayant chacune un parcours recherche et un parcours professionnel. Ce fait que nous disposons d'un parcours professionnel à Paris 8 l'a beaucoup intéressée. 
 
1).- Crédits Experice.

Vendredi, un Conseil a voté définitivement le montant de la somme qui sera attribué à Experice Paris 8 pour 2009. Cette somme est fixée à 13 000 euros. 
Une somme de 6700,40 euros a déjà été créditée sur notre ligne. Reste à verser (dans les jours à venir) : 6300 euros.
Comme vous le savez, je ne voulais pas engager d'argent que nous n'avions pas. Au cours de l'année, j'ai, malgré tout, dû accepter de signer des engagements absolument nécessaires, pour que nos étudiants puissent bénéficier de l'aide à la mobilité qui est donnée par l'école doctorale, si et seulement si le laboratoire donne quelque chose.
Liquidés : 766, 46 euros
Engagés : 315, 66 euros.
A la comptabilité de la recherche, voilà l'état de notre ligne budgétaire.
Disponibles aujourd'hui : 5618, 28 euros, auxquels seront ajoutés les 6300 euros.
 
Une réunion est donc possible pour parler «dépenses».
Compte-tenu de la date tardive de cette attribution, j'ai obtenu auprès du service financier, visité hier, le report sur 2010 du reliquat qui ne serait pas engagé au 15 novembre 2009. Ce qui n'avait pas été le cas, certaines années antérieures, où les sommes non dépensées au 15 novembre étaient perdues.

2).- Chargés de cours.

Les dossiers de chargés de cours (pour l'IED, par exemple) sont à passer devant le comité de sélection (Rochex) qui donne un avis. Elisabeth s'est engagée à le suivre, pour le Conseil scientifique. Doivent présenter un dossier:tous les enseignants en poste à Paris 13 qui veulent être payés en heures complémentaires (en conséquence, j'ai demandé à Laurent, à l'IED, d'envoyer un dossier à Gilles, Brougère, Frédéric Dajez, Christine Delory).
Les professionnels (exemples en M2 en ligne : Swan Bellele, Anne-Claire Cormery, Bertrand Crépeau) suivent la même procédure.
 
 3).- Thèses.
 
Dans le cadre du quadriennal, l'engagement de l'université est de ramener à 15, au maximum, le nombre d'inscrits par directeur.
J'ai posé la question des inscrits avec Lucette, Gladys ou Anna qui sont comptés comme direction au professeur qui co-signe.
Elisabeth veut bien attribuer ces directions en nom aux MCF non habilités, s'ils font une demande motivée par direction. Ainsi, la direction de Joël Xavier pourrait être attribuée à Anna, celle d'Anissa Ben Hamouda à Lucette, etc. Il suffit de faire un dossier qui passe devant le Conseil scientifique, qui examinera la demande en évaluant le profil scientifique du MCF (Anna : nouvelles technologies, Lucette : interculturel, etc).
 
4).- Habilitations

J'ai demandé s'il serait possible de faire passer des habilitations à des personnes qui ne sont pas en poste de MCF. Je pensais à Augustin Mutuale, chargé de cours en licence en ligne, qui a déjà publié deux livres et va en publier d'autres. «Non», a répondu Elisabeth. La politique du Conseil scientifique est de n'habiliter que des MCF en poste dans un Labo. Le dossier n'est examiné qu'en fonction de la publication d'articles publiés dans des revues à comité de lecture.
Les livres publiés ne sont pas pris en compte, ni les traductions d'ouvres, etc.
Sur ce point, à titre personnel, je suis en total désaccord. Pour moi, dans la construction d'une discipline, la publication de livres compte plus que la publication d'articles. Dans Hauptwerke der Pädagogik, un Dictionnaire dirigé par W. Böhm, qui vient de paraître en Allemagne, sur les principales ouvres de la pédagogie (180 textes émanant des 25 derniers siècles), sur les 16 oeuvres françaises analysées, il n'y a que des livres (aucun article) ! Notre département peut d'ailleurs se flatter de voir, à côté de Montaigne, Descartes, Durkheim. l'un de ses chercheurs, honoré d'avoir été retenu dans cet ouvrage de référence.
 
Leonore Bazinek a mis dix ans à faire la traduction des Ecrits pédagogiques de Schleiermacher, qui vont paraître bientôt. On attendait, pour notre discipline, ce travail depuis 1827 ! Penser que cela compte pour zéro dans un dossier est tellement absurde que je publierai, évidemment dans une revue scientifique à comité de lecture, un commentaire détaillé sur ce point.
Par contre, toujours selon Elisabeth, si nous trouvons quelqu'un qui est MCF ailleurs, on peut envisager une soutenance d'HDR à Paris 8.
 
     
B).- Relations avec l'IED.
 
Hier, j'ai fait le point avec Simon sur l'état des inscriptions, avec Laurent sur l'état du paiement du travail accompli en 2008-2009.
 
1).- Inscriptions.
 
En M1, il y a déjà des étudiants qui ont reçu leur carte d'étudiants (c'est aussi le cas en licence). Combien? Simon ne peut pas me répondre. Peut-être 20 en M1? 30 en licence?
Par contre, pour le M2, c'est très clair : Claude Roldos est le seul dont le dossier est traité. Il y a donc un étudiant en M2 qui dispose de sa carte d'étudiant. 21 autres seront bientôt servis et iront rejoindre Claude sur la liste de celles et ceux qui peuvent avoir accès à la plateforme! Il en restera 50 à traiter ! dont 28 qui ont été identifiés hier, mais 22 sont à retrouver.

2).- Paiement.
 
Les sommes dûes par l'IED pour les cours de master, assurés en 2008-2009, ne sont toujours pas mises en paiement.
Pourquoi ? Hélène était très occupée l'an passé : elle n'a lancé l'enquête sur les heures faites qu'en septembre, alors que certains auraient apprécié que les heures accomplies au premier semestre soient payées en février.
Le relevé des heures, fait finalement par Hélène à la mi-septembre, n'est toujours pas traité.
Cela s'explique par la prise de fonction d'un nouveau responsable financier.
 
 
Méditations non cartésiennes sur ce qui précède
 
Si l'on est optimiste, on dira que tout finit par s'arranger. On a obtenu une somme non négligeable sur notre ligne budgétaire de recherche, à la fin octobre. J'aurais préféré que l'on ait cette somme en janvier.
 
Pour l'IED, il faudrait travailler pour 2009-2010, sans imaginer être payé pour l'année précédente. Pour certains d'entre nous, cette question de l'argent, promis mais toujours si longtemps différé, est difficile à vivre (impossibilité de participer à des colloques, ou au contraire paiement de sa poche qui obère d'autres dépenses). Pour certains tuteurs, ce «non-paiement» de l'IED a entraîné leur retrait de leur activité pour 2009-2010.
 
En tant que responsable du master «Education, formation et intervention sociale», je suis tenté de reculer la date de l'ouverture officielle du master en ligne. J'en ai parlé à Gilles Brougère qui n'est pas contre. Cela nous donnerait du temps pour rédiger de vrais cours.
 
J'ai découvert qu'Hélène n'avait pas rendu de notes pour certains étudiants de M2, ce qui bloque l'organisation du jury. Hélène prend son temps! Elle a raison!. Le retard général de l'université (on a pris dix mois de retard pour le budget), ce n'est pas à nous, en tant que personne, à l'éponger. Prenons notre temps! Vivons bien ! Faisons les choses comme il faut les faire!
 
Si l'on reportait l'ouverture officielle des cours du master en ligne au 1er janvier ou au 1er février, tous les étudiants auraient leur carte. On pourrait commencer les cours et intervenir sur les fora. Je m'investis personnellement beaucoup sur les foras, mais quand? Je ne vais pas m'animer des fora pour moi tout seul! Je ne commence pas si je n'ai qu'un étudiant qui dispose de son code d'accès !
 
Je ne suis pas favorable de commencer les cours en ligne, tant que tous les étudiants de sciences de l'éducation ne sont pas inscrits, et que je ne suis pas payé de l'année passée. Cette phrase est une réponse à Francis qui s'inquiète que je n'ai pas encore mis en ligne mes cours de M1 (Penser l'institution, Le journal de recherche). Sur ce point précis, le M1, il me faudrait développer une page entière. On le fera oralement! L'impossibilité de connaître les effectifs empêchent le recrutement des tuteurs. Ce qui a des effets catastrophiques sur la vie de certaine, que l'on licencie avant de l'avoir recruté ! On est entré dans l'inhumain!
 
De toutes ces questions, il nous faut discuter ! Depuis hier soir, j'ai informé le directeur de l'UFR et le directeur du laboratoire de l'état de mes méditations. En fait, depuis les deux dernières réunions de l'équipe Experice (mai et juin) que Jean-Louis avaient sabotées, lors de nos échanges sur le remplacement d'Hélène qu'il voulait remplacer «terme à terme» (la solution précipitée imposée par notre directeur ne me satisfait pas), notre groupe a implosé. Peut-être l'heure est-elle venue d'adopter une posture pragmatique et de tenter de se reparler ?
 
Je voudrais vous proposer une date de réunion proche, mais certains profitent peut-être des vacances scolaires pour s'absenter. Je me contente aujourd'hui de vous informer, d'autant plus, comme vous l'aurez certainement perçu, il n'y a plus d'urgence nulle part!

Concernant les thèses, officiellement, j'en ai 18 inscrites (deux soutenances ramènent le chiffre à 16). Je suis au-dessus du quota. Les dossiers demandés par Elisabeth à Anna, Lucette. étant lourds, le conseil scientifique ayant mis dix mois à nous attribuer notre budget, je ne m'attends pas à être allégé cette année 2009 de mon effectif de thésards. Aussi, et par mesure de précaution, je n'inscrirai à Paris 8 aucune thèse en 2009. Au moment de la période des inscriptions en thèse, je me retirerai à Sainte Gemme écrire des livres et bêcher mon jardin, pour éviter les pressions étudiantes que j'ai dû subir les années antérieures qui ont fait que j'ai en thèse des gens que je n'ai jamais voulu et dont l'inscription m'empêche d'avoir les gens que je voudrais diriger.
 
Sur le plan personnel, je ne vis pas bien cette situation de chaos qui nous est imposée par la LRU, le LMD, la Préfecture (pour les étudiants étrangers), par le management, par la connerie de quelques collègues... Mais, après tout, pourquoi s'en faire?. Si j'ai pu envisager le suicide au moment de la thèse d'Armando Zambrano (quelle connerie!), la série de suicides à France-Télécom et autres entreprises, me fait penser qu'il nous importe à nous qui voulons promouvoir une éducation tout au long de la vie, de ne pas prendre sur nous le chaos induit par Sarkozy, Hortefeux (et ses acolytes de la Préfecture), et leurs relais dans la fac.
 
La solution, contre les pratiques de survie qui nous sont imposées, c'est de vivre, et de vivre bien! J'ai décidé d'un banquet hebdomadaire de recherche le jeudi de 12 à 14 h 30. Nous l'animons avec Augustin.
 
C'est la qualité de la relation pédagogique qui importe! Imposons que les conditions d'une bonne relation pédagogique soient réunies, avant de commencer à travailler. Contre le travailler plus. dont les méfaits sont décrits partout, l'université s'engage dans le travailler mieux, je dirai même le travailler « cool »! Si certains acceptent de devenir des esclaves ou des serfs d'Etat, prenons exemple sur Martial qui fait patienter les profs devant son bureau ! Il joue à des jeux électroniques jusqu'à 9h35, car valider une carte de parking avant l'heure, non merci pour lui ! L'heure affichée, c'est 9 h 30, pas 9 h 20!
 
La sagesse de Martial doit nous servir d'exemple, à nous que Pierre Bourdieu décrivait comme une «noblesse d'Etat» ! Le jour où les esclaves, au lieu de se suicider, liquideront leurs managers (on a connu cela dans les années 1970 où, chez Renault, on liquidait les petits chefs trop chiants : ils se sont vite calmés!), l'horizon se dégagera pour des apprentissages informels et une éducation tout au long de la vie.
 
Il y a d'autres questions qui préoccupent Jean-Louis. Je ne tiens pas à présenter à sa place ou à la place des autres collègues, d'autres points que l'on pourra aussi rajouter à l'ordre du jour de la réunion si souvent désirée par Dan.
 
Je voulais juste vous dire que je suis prêt pour jeter les prolégomènes des conditions nécessaires pour imaginer le cadre de possibilité et la propédeutique qu'exigerait l'introduction de cette idée que l'on pourrait vouloir se reparler, et donc travailler à la mise en place d'un dispositif et de procédures qui nous permettraient d'ouvrir l'horizon d'un ordre du jour autogéré. Si ma proposition retenait votre attention, on pourrait même aller jusqu'à envisager le moment de réalisation de cet ordre du jour et laisser aller notre rêverie jusqu'au fantasme d'une refondation d'une intérité, enfin retrouvée. Car, si, sur le radeau de la Méduse, certains étaient prêts à manger leur frère de malheur, c'est vraiment que la tempête traversée ne laissait guère d'autre possibilité. Or, avec la fortune que nous laisse Elisabeth, on va pouvoir mettre du baume au ventre de tous les affamés (pas grand'chose de plus, malheureusement)!
 
                                                                                                          Remi.
 
Lors de cette réunion, je vous donnerai quelques chiffres concernant les ventes de certains livres de notre équipe:en 2009, c'est l'ouvrage de Lucette et Jean-Louis qui s'annonce comme un best-seller! C'est vraiment une très bonne nouvelle! D'autres marchent très bien aussi! L'idée des droits d'auteurs consolera celles et ceux qui imaginaient faire oeuvre scientifique en publiant des livres!
Par Benyounès Bellagnech - Publié dans : Les IrrAIductibles - Communauté : Tous institutionnalistes
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