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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 15:40

L’identité: question métaphysique (6)


Identité et altérité:


Celui qui se donne la peine de suivre le débat actuel sur l’identité ne peut que constater la prédominance de l’étranger, de l’immigré, bref de l’autre supposé différent par rapport à des présupposés caractéristiques de la référence identitaire. Ce phénomène ne date pas d’aujourd’hui, il est même récurent et revient très souvent dans le débat dit de société. Plusieurs explications sont avancées à ce phénomène. On peut en citer quelques-unes sans prétendre les épuiser: le nombre soit disant croissant d’étrangers dans le pays, leur visibilité dans le paysage social, la provenance des immigrés des pays ex colonisés ou non, les croyances religieuses, la formation des communautés sur des bases anciennes géographiques, linguistiques, religieuses ou encore sur la base de la couleur de peau…


Ce constat sur l’altération de l’identité qui menace la stabilité de cette dernière, qui la met en mouvement et qui brise sa perspective métaphysique, rend possible un ancrage dans l’évolution et dans la transformation du réel, du concret et du sensible.

Bref, cette constatation, autant elle nous renvoie au passé, autant elle nous oblige à s’interroger sur l’ici et maintenant. De tout temps, l’homme a eu cette attitude un peu bizarre vis-à-vis de l’autre homme car celui-ci suscite la méfiance, la concurrence, le conflit, le doute, le mystère, le questionnement, etc. Cette attitude que l’on peut qualifier d’instinct de défense et de survie, l’espèce humaine la partage avec d’autres espèces, sauf que l’homme doté d’intelligence supérieure développe des moyens plus sophistiqués pour se protéger, voire même pour améliorer ses conditions de vie.


L’histoire nous renseigne que les relations entre les hommes sont souvent conflictuelles bien qu’elles tendent paradoxalement parfois à la stabilité, à la sécurité et à la paix. La tribu, l’Etat, la culture, la langue, la croyance, le marché et autres institutions sont créés et développés par l’homme pour garantir et sécuriser la vie sans cesse menacée par la mort. Le postulat s’applique à/et recouvre, l’histoire de l’humanité dans son ensemble. Cela permet la transition du général au particulier, afin de tenter de répondre à la question de la fixation sur l’étranger.


Il faut souligner que l’attitude à l’égard de l’autre, décrite ci-dessus, s’applique partout. Il est faux de prétendre qu’elle soit le propre de la France ou de certains Français. Elle est à la base l’attitude la plus partagée par les hommes en général. L’institutionnalisation citée est aussi largement partagée dans le monde d’aujourd’hui qui a tendance à l’uniformalisation et à la globalisation. Comme tout changement majeur, cela ne se fait pas sans douleur et sans renonciation aux mythes fondateurs du passé. Le présent se construit à la fois avec et contre le passé, avec et contre l’autre. La notion de l’identité concentre cette tension. Malheureusement, l’histoire récente nous renseigne sur les dérives identitaires qui aboutissent aux massacres de masse sur l’autel de la pureté de la race, de l’ethnie, de la religion ou de l’appartenance géographique et territoriale. La pureté comme l’identité ont en commun le rejet absolu de l’altérité.


Il convient de distinguer deux niveaux de relations avec l’altérité : 


Dans la vie courante, ordinaire, quotidienne, l’homme est amené par la force des choses à rencontrer l’autre dans le travail, lors de voyages, dans le voisinage, pendant les loisirs, lors de fêtes; ces différents types de rencontres donnent lieu parfois à des commentaires divers exprimant soit la surprise, soit l’attirance ou au contraire le mépris ou le rejet. On retrouve donc les mêmes attitudes mentionnées ci-dessus et constatées partout. Dans ce cas, il est difficile d’envisager une ou des normes de comportements applicables et pouvant s’adapter partout.


L’autre niveau de la relation avec l’autre, niveau que je qualifie d’institué est plus important dans le sens où il établit des normes, des «vérités», des modes de comportements généralisables et imposés par la conviction ou par la force s’il le faut. C’est l’œuvre de l’Etat et de ses appareils répressifs et idéologiques. Œuvre à laquelle participent parfois des intellectuels, des scientifiques, des théologiens, des philosophes et des écrivains. On sait que l’histoire ne se répète pas, mais on sait aussi que les drames de l’histoire prennent des formes chaque fois différentes dont l’essentiel est fondé sur la relation instituée avec l’autre retranché dans «la race», la religion, l’ethnie, la langue ou la culture. Il s’agit d’une production étatique et idéologique, qui se transforme en force matérielle destructive lorsqu’elle est adoptée et incarnée par les masses.

 

Benyounès Bellagnech

Mis en ligne par Bernadette Bellagnech

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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /2009 18:57

L’identité:question métaphysique (5)



Identité et subjectivité:


Le caractère métaphysique de la notion de l’identité nourrit sa tendance à la totalisation qui conduit à la réduction et à l’exclusion.


En effet, lorsque l’on évoque l’identité, on ajoute un attribut territorial, national, communautaire, religieux ou culturel. Ces attributs ont un point commun qui peut se résumer dans une sorte d’ensemble, lequel par définition est très difficile à délimiter. Ainsi, nous avons affaire plutôt à un magma de magmas, souvent constitué d’éléments disparates, qui peuvent avoir quelques points communs, mais qui peuvent être aussi différents les uns des autres par certains aspects: Qu’est-ce qui peut constituer l’identité culturelle d’un pays par exemple? Les arts, l’architecture, la musique, la langue, le cinéma, la poésie, les institutions culturelles, la danse, la gastronomie et on peut continuer indéfiniment à citer ce qui fait partie de «l’identité culturelle». Cependant, dès que l’on essaie d’approfondir le travail sur tel ou tel domaine cité, on aboutit nécessairement à des similitudes, à des points communs, à des rapprochements avec d’autres cultures. L’identité totale et unique se trouve ainsi brisée en mille morceaux renvoyant à d’autre cultures.


Par souci d’objectivité, de globalité, ou pour répondre à des impératifs pratiques, l’intellectuel au service de l’Etat, d’un groupe ou d’une classe sociale, ou l’idéologue bâtisseur de l’identité, tend à négliger la spécificité, l’individualité, la singularité, qu’il sacrifie sur l’autel du jugement global. Lorsqu’il se trouve contraint de s’expliquer ou de se justifier, ce dernier a recours à des exemples quantitatifs empruntés aux statistiques qui se prêtent à toutes les interprétations possibles et imaginables.


L’absence de la notion de l’individu, du singulier, de la personne et du sujet, dans le débat sur l’identité est révélateur de plusieurs failles dans la pensée. Certes, il est rare de trouver, parmi les prétendants à ériger la vérité identitaire, quelqu’un qui commence par une analyse, une sorte d’introspection sur lui-même avant de parler des autres ou au nom des autres. Pourquoi? La réponse peut paraître simple et pourtant sa mise en œuvre comporte le risque de voir l’édifice discursif sur l’identité s’écrouler. En effet, si l’on considère que tout individu est le produit d’au moins deux autres individus et que tout au long de sa vie, il est amené à rencontrer d’autres individus ou groupes, sans oublier les déplacements, les différents moments de sa vie, etc.; peut-il objectivement prétendre faire partie d’une identité unique. On peut en déduire que l’identité en soi ne peut exister et que par conséquent appartenir à une identité en niant toutes les autres est un non sens.


Né dans une petite ville au Maroc, j’ai très tôt parlé quatre langues : l’arabe, le dialecte, l’amazigh et le français; émigré de l’est de la France vers le centre du pays, d’une petite vers une grande ville, j’ai appartenu à des groupes très divers comme tout le monde. J’ai quitté mon pays de naissance pour la France et ai recommencé une autre vie avec tout ce que cela suppose de changement, d’adaptation, de difficultés à surmonter. Etudiant à Besançon, j’ai fait des rencontres avec des étudiants de nombreux pays. Dans la région parisienne, je continue à faire de nouvelles rencontres et elles me paraissent toutes aussi intéressantes les unes que les autres. Mon histoire de vie, comme celle de tout un chacun, est tellement riche qu’il serait dérisoire de l’enfermer dans une identité. Toutes les appartenances se valent: ce n’est pas parce que j’écris en ce moment en français, que je méprise l’arabe, l’amazigh, ou l’anglais par exemple. Mon identité linguistique est multiple. Comme je peux appartenir à plusieurs groupes en même temps, mon identité ethnique est aussi multiple, etc.


Si l’identité doit exister, elle doit être ouverte à l’infini; ce qui laisse la liberté à l’individu, au sujet d’opérer des choix en fonction de sa vie, du plaisir, des sentiments, de la passion, de la création, de projet d’avenir. En niant ces dimensions essentielles dans la vie, la notion d’identité s’éloigne de la réalité et ne peut accéder à l’universalité.  

 

Benyounès Bellagnech

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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /2009 17:30

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L’identité: Question métaphysique (4)


La lutte à mort des identités :


Nous avons fait allusion aux risques d’atteinte à la liberté de la pensée lorsque l’Etat s’empare d’un sujet aussi complexe que l’identité. Lorsque les intellectuels s’occupent du sujet, est-ce pour autant qu’ils ne produisent pas, malgré leur bonne volonté, des idées qui se traduisent par des armes idéologiques aux mains de groupes arborant telle ou telle identité comme vérité absolue et immuable à laquelle il faut adhérer de gré ou de force? La réponse à la question nous conduit à sortir du débat franco-français pour prendre d’autres exemples de débat sur l’identité.


Dans les années soixante-dix, le monde arabe a connu une période fructueuse de débats intellectuels sur l’identité arabe, alors même qu’un sentiment de malaise généralisé se dessinait sur l’avenir de la nation menacée par la crise du développement, par l’absence de démocratie, par le conflit qui s’éternise au Moyen-Orient et par les divisions entre les Etats d’une vingtaine de pays, sans oublier les conflits existant au sein d’un même pays.


Dans ces conditions, les questions du genre : Qui sommes-nous? D’où venons-nous? mènent presque automatiquement à un travail sur l’histoire arabe. Celle-ci a été traversée par une période glorieuse de quelques siècles. Tout naturellement, cette période devient la référence presque unique de ce qui pourrait être l’identité arabe. Cette approche éclectique de l’histoire néglige souvent plusieurs aspects de la civilisation et offre une vision très réductrice du passé.


Ainsi, des réponses faciles aux questions complexes s’imposent : Puisque cela a marché entre le 8ème et 12ème siècle, il n’y a aucune raison que cela ne marche pas de nos jours, il suffit de penser et d’agir comme les ancêtres. Bref, il suffit de reproduire les mêmes schémas pour retrouver l’âge d’or! Le passage du champ de la représentation intellectuelle des élites au champ social et politique se fait plus vite qu’on ne le pense. L’identité retrouvée n’a qu’à s’affirmer. Des réponses faciles sont données aux questions complexes, elles sont trouvées notamment par le biais de la multitude des identités retrouvées : identité religieuse, territoriale, linguistique, moderniste ou passéiste, etc. Une fois chaque identité érigée comme vérité absolue, celle-ci a tendance à nier les autres, voire à les combattre. Ainsi, on assiste à ce que j’appelle la lutte à mort des identités. Le champ politique se transforme en terrain de bataille identitaire.


Si l’enfermement identitaire est plus visible dans le champ religieux, les élites se donnent parfois à cœur joie d’en créer d’autres, notamment dans les domaines de la langue. Ils leur arrivent en effet d’aller fouiller tels les archéologues dans le patrimoine linguistique des peuples pour en dégager une langue parlée et la présenter comme identité à faire revivre coûte que coûte, non pas à côté ou avec les autres langues, mais contre elles. Bien que ce phénomène ne soit pas relaté dans les médias, il crée néanmoins des tensions palpables entre les populations d’un même pays.


L’identitarisme est d’abord une construction au niveau de la représentation mentale et intellectuelle; il est réducteur des faits sociaux et historiques complexes; poussé à l’extrême dans des conditions particulières, il génère des tensions, voire des guerres. Le rempart contre cette tendance que l’on peut rencontrer partout reste la pensée critique affirmative des différents apports humains, dont la tâche principale reste l’édification de passerelles entre les petites, ainsi qu’entre les grandes différences. 


Benyounès Bellagnech

Mis en ligne par Bernadette Bellagnech

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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /2009 11:14

L’identité: Question métaphysique (3)



2 – Identité et idéologie


L’idéologie en soi, l’idéologie pour soi et l’idéologie pour les autres, représentent le triptyque opérationnel pour décrire la tentative de l’Etat de s’approprier une question qui ne lui est pas posée et à laquelle il n’est pas habilité à apporter une réponse. Le problème est donc posé avant le débat, car le fait de créer un ministère alignant l’identité à l’immigration suppose un préalable, un a priori ou un postulat consistant à affirmer, comme on l’entend souvent, qu’un ministère est là pour résoudre les problèmes des citoyens; autrement-dit l’immigration pose problème à l’identité nationale, ce ministère est censé s’en occuper. L’idéologie en soi dans ce cas consiste à affirmer, du moins au début du mandat de ce gouvernement, que l’identité en soi ne pose pas de problème et n’est pas en question; l’identité nationale est en revanche menacée par le problème de l’immigration.


L’initiative de lancer le débat sur l’identité intervient à mi-mandat. Pourquoi? Probablement parce que le ministère cherche une légitimation, un plébiscite, une adhésion à sa thèse farfelue réduisant l’immigration à un soi-disant malaise identitaire. Chacun sait qu’il n’y a pas besoin de faire de longues études dans les grandes écoles pour comprendre que l’immigration, l’émigration, les migrations sont le propre même de l’humain. Qui peut imaginer une histoire ou une civilisation humaine sans ces phénomènes de déplacements des êtres humains sur la planète- terre devenue village? Ce débat sur l’identité, initié, orienté et dirigé par un ministère et des préfectures, n’est ni plus ni moins qu’une manœuvre d’autojustification et de production imaginaire de l’idéologie pour soi, pour l’Etat lui-même.


Ce débat est une sorte d’idéologie pour les autres qui intervient également après avoir aligné l’immigration à la solidarité, dans le cadre de la même invention ministérielle. Cette invention consiste à mettre une touche humaniste pour maquiller le fond moins idéologique et aussi vieux que l’apparition des classes sociales et qui se résume dans les rapports entre les riches et les pauvres. Les premiers se sont toujours méfiés des derniers, que ceux-ci soient étrangers ou non. Cette idéologie pour les autres, cache mal la cible première, c’est-à-dire la chasse aux pauvres venus des pays du sud. Le bouclier de l’identité est dressé contre eux et non pas contre les étrangers riches même venant du sud.


La mystification, la falsification des données réelles tant quantitatives que qualitatives, sont des caractéristiques de l’idéologie fondée sur des préjugés de toutes sortes. Si on y ajoute les moyens faramineux dont dispose un Etat comme celui de la France, on se rend bien compte à la fin comment l’idéologie s’institutionnalise avec les conséquences sur la vie des humains. Le procédé utilisé par le ministère de l’immigration donne l’impression de l’attachement à la liberté d’expression en appelant les citoyens à la réflexion, ce qui en soi ne peut déplaire qu’aux ennemis de la liberté d’expression. Toutefois, et c’est là où l’on peut mesurer la dangerosité de la démarche, c’est lorsque l’Etat impose le sujet de réflexion et les modalités du déroulement du débat qui devrait déboucher sur des mesures concrètes. En effet, enfermer la question de l’identité dans la relation avec l’immigration est une démarche idéologique à laquelle il ne faut surtout pas adhérer au risque de sacrifier le principe fondamental de la liberté de la pensée.


Benyounès Bellagnech 
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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /2009 12:59

L’identité: Question métaphysique

 


1 - Une approche parmi d’autres :


Avant d’essayer de répondre à la question posée de savoir ce que pourrait être l’identité, le philosophe doit prendre une série de précautions se traduisant par d’autres questions préalables: Quelle est l’origine du terme? Quels étaient ou sont les différents usages du mot? Dans quelle discipline et pour quels objectifs? Est-ce que le mot peut être remplacé par l’égalité, la similitude ou l’équivalence? D’entrée de jeu, les questions posées renvoient aux grammairiens, linguistes, philologues et autres spécialistes de la langue. On constate que, plus on avance dans le questionnement, plus le recours à d’autres disciplines et à d’autres approches s’impose à ceux ou à celui qui ne souhaite(nt) pas s’enfermer dans la démagogie, la propagande ou l’idéologie.


Autre question que le philosophe ne peut pas s’empêcher d’évoquer quant à l’auteur ou plus précisément l’initiateur de la question sur l’identité? Là aussi, il se tourne vers les historiens, les ethnologues, les anthropologues, les sociologues, les psychologues, qui abordent les uns comme les autres les questions relatives à l’identité; chacun y apporte un éclairage partiel, certes, mais utile à l’appréhension globale de la question posée.


Une fois n’est pas coutume, ce n’est ni dans le cadre du savoir et encore moins dans le cadre du savoir profane que la question est posée, mais dans un cadre politique et circonstanciel que le débat est enclenché. Dans l’état actuel des choses, nous avons la réponse à la question posée précédemment sur l’initiateur de la question:
C’est L’Etat.


L’Etat, ce monstre froid, qui habituellement, nous dit: la vérité c’est moi et toi tais-toi (René Lourau), cette fois-ci nous dit: la vérité c’est moi et toi tu dois la répéter. Les deux versants de cette posture de l’Etat sont connues différemment selon les degrés de dictature des régimes connus ou moins connus. L’histoire récente a montré que même les régimes démocratiques ont recours à des méthodes peu scrupuleuses pour engager des nations entières dans des aventures ou des guerres comme l’invasion de l’Irak ou la guerre en cours en Afghanistan. Il faut rappeler que certaines figures du gouvernement français actuel étaient favorables à la guerre en Irak, sous couvert de lutte contre le terrorisme. Il n’est pas à exclure qu’elles puissent envisager une aventure d’une autre nature avec des conséquences dramatiques rappelant du déjà vu ou connu. C’est une hypothèse à ne pas négliger, notamment lorsqu’on examine quelques éléments du contexte dans lequel ce gouvernement glisse par petits pas vers des dérives droitières extrémistes telles que cette tentative de se réapproprier la question de l’identité.


Paradoxalement, alors que tout plaide en faveur de l’ouverture, de la globalisation, de l’élargissement de l’Europe, de la préoccupation mondiale de l’environnement, l’Etat français se lance dans un délire identitaire que rien ne légitime, ni le contexte international, ni le contexte national dominé par des questions économiques et sociales et non pas par des interrogations infondées sur l’identité nationale. Beaucoup voient dans cette initiative une manœuvre politicienne de type électoraliste et mettent en garde contre d’éventuels dérapages, mais rares sont ceux qui vont jusqu’au bout dans la logique de dénonciation en remettant en question le principe démocratique de la liberté individuelle et collective d’interroger l’essence de l’Etat et la limitation de son rôle.

Benyounès Bellagnech 
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