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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 10:20

Le journal

 

Du point de vue de l'analyse institutionnelle, la pratique du journal apparaît comme un outil particulièrement adapté pour articuler exploration des rapports entre champs d'intervention et d'analyse. Tenir un journal est une pratique ancienne, une forme de recueil de données, que celui qui s'y livre utilise pour rassembler, au jour le jour, des notes et des réflexions sur ses expériences (vécu), les idées qui lui viennent (conçu), ses rencontres, ses observations (perçu).

 

La pratique du journal remonte aux origines de l'écriture. Il existe de très nombreuses formes de journaux. Certaines sont davantage comptables (elles consignent au jour le jour des activités d'échange) ou psychosociologiques (rapportant le vécu et le conçu d'un groupe). Le journal est un outil efficace pour celui qui veut comprendre sa pratique, la réfléchir, l'organiser, la changer, la rendre cohérente avec ses idées. L'objectif du journal est de garder une mémoire, pour soi-même ou pour les autres, d'une pensée qui se forme au quotidien dans la succession des observations et des réflexions.

 

En français, le mot "journal" signifie à la fois la pratique d'écriture au jour le jour qui nous intéresse ici, et le "quotidien" national, régional ou étranger dans lequel nous lisons les nouvelles du jour, et par extension la presse non quotidienne. Pour éviter une confusion qui n'existe pas dans d'autres langues (par exemple, en allemand, on distingue Tagebuch et Zeitung), on pourrait utiliser un mot, vieilli, qui permet la distinction. On parle du "diariste" (celui qui tient son journal) ou de "diarisme" (pour parler du phénomène social que représente le fait de tenir un journal). Ces mots viennent de "diaire" (au jour le jour), dont la racine est encore utilisée en anglais dans le mot Diary et en italien Diario qui signifient "journal", au sens de tenir son journal.

 

Le journal est une forme d'écriture à chaud, dans laquelle l'auteur capte ce qui se passe, se vit, se perçoit, se conçoit à un moment m. Mais, c'est en m + 1, ou m + x qu'il va reprendre cet écrit. Entre le moment de l'écriture et le moment de la lecture (d'ici à là), il y a un espace temporel qui crée une distance (permettant une posture critique). Cette distance est structurée par l'espace temporel entre m et m + x. L'écart perceptif entre m et m + x permet une évaluation de m + x, qui devient un présent éclairé par le processus qui s'est développé depuis m. En imaginant le prolongement du développement (m vers m + x) jusqu'à (m + x) + y, le lecteur du journal peut dégager des virtualités (voir ce terme) du présent d'aujourd'hui par rapport à l'advenir.

 

Il existe des formes très diverses de journaux. Nous travaillerons ici quelques dimensions du journal qui ont été particulièrement élaborées et peuvent être une ressource en formation : le journal intime, le journal de voyage, le journal de recherche, le journal institutionnel, le journal pédagogique, le journal de formation, le journal onirique, le journal des moments, le journal philosophique. Mais voyons tout d'abord les aspects communs à tous les journaux.

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org 

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