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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 08:08

 

Lors d'un débat sur cette technique, l'hypothèse a été lancée que les tensions à l'intérieur du mouvement institutionnaliste viendraient des clivages que produiraient à l'intérieur de l'Ai des groupes de travail qui se constituent et qui, à un moment donné, semblent exclure ceux qui n'en sont pas. Dès 1970, le groupe d'analyse institutionnelle de Paris qui fonctionnait comme un groupe informel s'institutionnalisa comme association, créant alors une frontière entre ceux qui en étaient et les autres.

 

Des résidus de cette institutionnalisation s'organisèrent dans d'autres groupes locaux (par exemple le GAI de Reims, le CRI de Charleville, etc.), définissant des critères d'adhésion ressemblant beaucoup à la tâche définie par les groupes opératifs.

 

On pourrait ré-écrire l'histoire du mouvement avec cette grille. Ainsi, pour ne citer que les noms des acteurs de Nanterre, quand Antoine Savoye s'est rapproché de R. Hess en 1985, P. Ville s'est retrouvé marginalisé, de fait. La dissociation entre R. Hess et A. Savoye en 1995 entraînera naturellement un rapprochement entre L. Colin, R. Hess et P. Ville, du fait que L. Gavarini (qui travaillait jusqu'alors avec L. Colin) s'organisait avec A. Savoye sur d'autres tâches, etc.

 

Ces rapprochements et séparations peuvent être compris historiquement par des définitions différentes de la tâche à accomplir à un moment donné. On sait la force instituante de certains rapprochements: le staff Lapassade/Lourau (1963-1976) dans la fondation théorique, le staff Hess/Lefebvre/Lourau (1970-1980) sur l'analyse de l'Etat, le staff Hess/Lapassade/Lobrot/Lourau (1976-2005) sur la pratique du journal, le staff Bizet/Boumard/Coulon/Lapassade sur l'analyse interne et l'entrée dans l'ethnographie, le staff Fillon/Gillon/Ville (1985-2005) dans la socianalyse ; les staffs Hess/Savoye (1988-1995), Colin/Hess (1995-2005), ont produit des collections (Méridiens Klincksieck, Armand Colin, Anthropos), et une dynamique de recherche collective ; le staff Colin/Hess/Weigand a produit une recherche sur l'interculturel, la relation pédagogique, l'histoire de l'Ai (1985-2005), le rapprochement Delory-Momberger/Hess (1999-2005) a produit une dynamique sur les écrits biographiques, le rapprochement Benyounès/Hess/Lapassade/Ville a produit les irrAIductibles (2000-2005), le rapprochement Barbier/Biarnès/Brougère/Colin/ Delory-Momberger/Le GrandWerrier, etc. le centre de recherche Experice, etc. Dans tous ces rapprochements autour d'une tâche, la question de l'intégration de tel ou tel est posée. Ainsi, à la fondation d'Experice, la question de l'intégration du Breton P. Boumard. Le groupe instituant était partagé. Finalement, P. Boumard n'a pas été intégré. Du coup, celui-ci décide de marquer une distance par rapport à Paris 8. Il boycotte le colloque de juin 2005, etc. On a vu ce phénomène à Zurich avec un auteur écarté du collectif ayant produit Erfahrungen...

 

En cours de route, un groupe opératif peut-il intégrer un nouveau membre? Dans la dynamique d'Experice, la question se pose à propos de P. Ville. Y a-t-il sa place? Tant de sa part, que du fait du groupe instituant, la difficulté d'intégrer un nouveau membre se pose. Et cette question se pose avant d'autant plus de difficultés que la personnalité de la personne est marquée.

 

Alors que le mouvement institutionnaliste se présente comme "ouvert", il se ferme pour réaliser certaines tâches. Cette dialectique "ouverture/fermeture" reste à explorer. Mais elle explique, elle aussi, ce qui peut apparaître comme certaines incohérences du mouvement! Cependant, comme le note très justement C. Castoriadis : "Le monde - pas seulement le nôtre - est morcelé Pourtant, il ne tombe pas en morceaux. Réfléchir cela me semble une des premières tâches de la philosophie aujourd'hui (1)".  C'est ce que tente de faire les institutionnalistes, lorsqu'ils investissent le moment de l'autosocianalyse (2).

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

 

http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

(1) C Castoriadis, Le monde morcelle,  Les carrefours du labyrinthe IIIavertissement, p. 7, Paris, Le Seuil, 1990.

(2) R. Hess, dans Centre et périphérie, p. 213, montre qu'il y a un " moment" de l'analyse institutionnelle, un moment socianalytique. Dans la mesure où l'analyse institutionnelle suppose la réunion d'un collectif, elle ne peut pas être permanente dans la vie institutionnelle. Il faut : ou vouloir et organiser le moment socianalytique, ou en profiter lorsque le contexte produit ce moment naturellement.

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