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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 11:38

 

Cependant, à partir de 1994, le pendule repartit dans l'autre sens. Laurence Gavarini fit capoter le rapprochement R. Hess/A. Savoye, en construisant des dispositifs d'éclatement du travail commun. L'énergie négative fut retenue longtemps par R. Lourau et R. Fonvieille. Mais ces dernières années, et notamment depuis les décès, en 2000, de R. Lourau et Raymond Fonvieille (qui restaient des modérateurs et des médiateurs dans les tempêtes traversées par le mouvement), l'Ai semble traverser une nouvelle crise.

 

De l'extérieur, plusieurs groupes semblent travaillés de manière autonome, laissant de côté les synthèses globales du mouvement. Le mouvement semble se trouver dans une phase de parcellarisation, de morcellement, d'atomisation. Aujourd'hui, R. Hess et A. Savoye, qui furent les artisans principaux du travail commun des années 1980, avec la création de cette première collection d'AI, semblent suivre des voies différentes, travailler au sein d'équipes de recherche concurrentes. De plus, de jeunes institutionnalistes semblent vouloir créer leurs propres lieux de réflexion, se démarquant des premières générations de l'Ai. Les anciens continuent pourtant à produire dans leurs propres lieux. Remi Hess publie, dirige des thèses ; Patrice Ville, avec Christiane Gillon, a créé un groupe actif de socianalyse qui travaille depuis 18 ans (1). Quant à lui, Georges Lapassade, qui a tenté une confrontation entre 1980 et 1990 de l'analyse institutionnelle avec les courants de l'interactionnisme symbolique, de l'ethnométhodologie et de l'ethnographie de l'école, s'appuyant, dans ce charnier, sur P. Boumard, A. Coulon et R. Hess, continue à produire de nouveaux concepts (la dissociation, etc.) (2).

 

Concernant le diagnostic sur la situation présente, l'histoire du mouvement nous fait faire l'hypothèse que celui-ci passe régulièrement par des phases de dispersion auxquelles succèdent des phases de synthèses et de rapprochement. On a vu que les champs d'intervention institutionnalistes peuvent être très étroits, mais que par contre le champ d'analyse est plus large. Si l'on insiste sur les champs d'intervention, on ne peut constater que les pratiques institutionnalistes sont différentes. Par contre, si l'on se place sur le plan du champ d'analyse, les complémentarités apparaissent. Tenir ensemble les deux perspectives ne va pas toujours de soi. Une centration excessive sur le champ d'intervention fait manquer le champ d'analyse. À certains moments, R. Lourau a voulu travailler davantage avec G. Lapassade qu'avec H. Lefebvre. À d'autres moments, ce fut l'inverse. Cela dépendait de la centration sur des objets. H. Lefebvre travaillait plutôt sur le macrosocial et dans l'historicité, G. Lapassade travaillait sur le microsocial et sur l'ici et maintenant. Ce qui est certain, c'est que l'Ai a la vocation d'articuler le macro et le microsocial, l'analyse du présent et sa dialectisation avec le passé et l'advenir. La méthode régressive-progressive prend des formes variées, et la dynamique des groupes aussi ! Une clé théorique de la situation actuelle se trouve peut-être dans un travail d'articulation de la théorie des moments produite par R. Hess, les recherches de R. Lourau sur la transduction et celles de G. Lapassade sur la dissociation. Nous reprendrons cette question dans le chapitre sur l'autre logique.

 

Lors du colloque du juin 2005, deux journées furent consacrées à la présentation des groupes opératifs, inventés dans les années 1960-70 par Pichon-Rivière et Armando Bauleo. Cette méthode très précise, qui s'est diffusée en Europe principalement en Italie, Suisse, Allemagne (3), et issue d'une réflexion sur la psychanalyse et la psychothérapie institutionnelle, propose des groupes de travail centrés sur une tâche. Les groupes se constituent autour d'une tâche et uniquement pour ce but...

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

 

http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

(1) La thèse d'État soutenue en 2001 par P. Ville (850 p.) donne une matière nouvelle à la réflexion socianalytique. Ce doctorat d'État en Lettres et Sciences Humaines a été préparé sous la direction de René Lourau puis Jean François Dégremont. Il s'intitule : "Une socianalyse institutionnelle: gens d'école & gens du tas". Ce travail a été présenté et soutenu publiquement Le 12 septembre 2001 devant Gérard Althabe, Jacques Guigou, Remi Hess, Georges Lapassade, Jacques Pain, Pierre Carlier, Gouverneur Wano Paris Center (World Association of Nuclear Operators), Christian Hullin, ancien DRH du Pôle Industrie d'EDF.

 

(2) G. Lapassade, La découverte de la dissociation, Paris, Loris Talmart, 1998 ; Regards sur la dissociation adolescente, Paris, Anthropos, 2000.

 

(3) Aucun livre n'existe en français sur cette méthode. Voir Armand Bauleo, en espagnol : Ideologia, Grupo y Familia, éd. Folio, Mexico, 1982 ; en allemand : Ideologie, Familie und Gruppe, Zur Theorie und Praxis der operativen Gruppentechnik, Argument, Hamburg, 1988,144 p. ou encore : Erich Otto Graf, Elisabeth von Salis, (Hg), Erfahrungen mit Gruppen, Theorie, Technik und Anwendungen der operativen Gruppe, Seismo, Zürich, 2003,154 p.

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