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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 10:22

III) L'AI : un chaos kantien ?

 

Malgré l’anti-dogmatisme radical et le refus de toute pensée de système, et la volonté d'affirmation de la pluralité des situations, on ne pourrait pas bien comprendre l'Ai si on ne la percevait que comme "chaotique" dans le sens d'E. Kant. Pour Kant, le chaos, c'est le mécanisme opposé au judicieux, c'est-à-dire l'agir sans plan, l'accidentel, opposé à une pratique tirée des principes de la raison (1). Chez R. Lourau, l'AI se trouve pensée comme désordre, c'est-à-dire en dehors de l'ordre au sens où l'entend Pascal.

 

Par rapport à l'idée que les références des institutionnalistes sont hétérogènes et parfois contradictoires, la proximité de G. Lapassade avec Sartre, celle de R. Lourau et R. Hess par rapport à H. Lefebvre en sont un bon exemple. Sartre et Lefebvre n'ont cessé de se disputer, et leurs élèves de s'affronter. G. Lapassade n'aimera jamais Lefebvre et, d'après G. Lapassade, R. Lourau ne citera jamais Sartre (2)...

 

H. Lefebvre critiquera très violemment le structuralisme d'Althusser durant dix ans. Il sera stupéfait de voir G. Lapassade et R. Lourau de se réclamer d'Althusser dans Les clés pour la sociologie (1971) (3) !...

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

(1) E. Kant, "Uber Pädagogik", Schriften zur Anthropologie, Geschichts Philosophie, Politik und Pädagogik2,Werkausgabe, vol. 12,hrsg.v W. Weischedel, Frankfort, 1977, pp. 691-761.

 

(2) Ce qui n'est pas tout à fait vrai. Voir à ce sujet : R. Lourau, "Préalables sociologiques sur les groupes informels : analyse institutionnelle", in Les groupes informels dans l'Eglise, Hommes et Eglises n°2, Université des sciences humaines de Strasbourg, 1971, pp. 72 à 106. Dans ce texte, R. Lourau montre qu'il connaît bien Sartre et l'utilise (tout particulièrement pp. 93-94).

 

 

(3) Sur ce point précis, voir R. Hess, "La place d'Henri Lefebvre dans le collège invisible, d'une critique des superstructures à l'analyse institutionnelle" postface à la 3° éd. de La survie du capitalisme (2002, pp. 197-214), et plus particulièrement les pages 204-106, sur la dérive althussérienne de R. Lourau.

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